Le commerce extérieur de l’Espagne en 2018

Le déficit commercial de biens de l’Espagne se dégrade de 29 % en 2018 par rapport à l’année antérieure, pour atteindre 33,8 Md €. Cette détérioration résulte d’une croissance des importations en valeur (+5,4% a/a) plus soutenue que celle des exportations (+3,2 % a/a), du fait notamment du dynamisme de la demande interne et de la hausse du cours du pétrole.

Même si la croissance des exportations espagnoles connait un ralentissement notable en 2018, celles-ci augmentent pour tous les secteurs, surtout pour les biens semi-manufacturés.                                                                                                                                            

La situation commerciale hors énergie s’est nettement dégradée puisque l’Espagne enregistre un déficit commercial hors énergie de 8,7 Md € en 2018 (contre 5,6 Md € en 2017).

 

 

1. Le déficit commercial se creuse sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie

En 2018, le solde commercial de biens se dégrade pour s’établir à -33,8 Md €, les exportations ayant été moins dynamiques que les importations (cf. annexes 1 et 2). La croissance des exportations a été nettement plus faible qu’en 2017, à un taux (+3,2 %) qui reste néanmoins similaire aux niveaux observables depuis 2012 (cf. annexe 4). L’augmentation des importations en 2018 résulte principalement de la hausse des prix des produits pétroliers.

 

 

2016

2017

2018

Montant

Variation

Montant

Variation

Montant

Variation

 

        Total

Exportations

256,4

6,6

276,1

19,7

285,0

8,9

Importations

273,8

-1,0

302,4

28,6

318,9

16,5

Solde

-17,4

7,6

-26,3

-8,9

-33,8

-7,5

 

Total hors énergie

Exportations

242,6

5,4

256,3

13,7

262,4

6,1

Importations

243,3

7,0

262,0

18,7

271,2

9,2

Solde

-0,8

-1,6

-5,6

-4,8

-8,7

-3,1

Source : Douanes espagnoles. Données provisoires pour 2018. Montant et variation en Md€.

 

Hors secteur énergétique, le déficit commercial se dégrade également, passant de 5,6 Md € à 8,7 Md € (cf. annexes 1 et 2). Par secteur, les soldes commerciaux se sont améliorés pour les biens manufacturés, les matières premières et pour l’ensemble regroupant les « autres marchandises » (cf. annexe 3). Les exportations espagnoles hors énergie, peu dynamiques (+2,4 % a/a), ont crû à un rythme plus modéré que les importations hors énergie (+3,5 a/a). Ces dernières ont été tirées par une demande intérieure soutenue[1] reposant sur une consommation des ménages dynamiques en 2018. 

La croissance du commerce extérieur de l’Espagne en 2018 s’explique principalement par le dynamisme des échanges dans le secteur de l’énergie puisque celui-ci est le premier contributeur à la croissance des importations et le second pour les exportations. Les secteurs traditionnels (produits alimentaires et secteur automobile notamment) contribuent en revanche assez faiblement à ce dynamisme, hormis les biens semi-manufacturés (1e contributeur à la croissance des exportations et 2nd pour les importations) (cf. annexe 5).

Au niveau géographique, la principale destination des exportations espagnoles reste la zone euro, destination de plus de la moitié des exportations en 2018. Le solde commercial hors énergie vis-à-vis de la zone euro est excédentaire et stable par rapport à l’année précédente (5,5 Md €). Par ailleurs, en 2018 comme en 2017, le poids de la Chine dans les importations espagnoles diminue après plusieurs années consécutives de hausse (cf. annexe 8) ; elle reste de loin le pays avec lequel l’Espagne enregistre le déficit commercial le plus élevé –la Chine représentant près des deux tiers du déficit espagnol–, suivie de l’Allemagne (cf. annexe 7). En raison de la hausse du prix du pétrole, le déficit espagnol avec les pays de l’OPEP s’est fortement dégradé (+ 37 % g.a atteignant 15,4 Md € en 2018).   

 

2. Les exportations dans le secteur automobile repartent à la hausse alors que les échanges en produits alimentaires se stabilisent en 2018.

En 2018, les exportations espagnoles relèvent principalement des produits semi-manufacturés (25 %), des biens d’équipement (20 %), des produits alimentaires (16 %) et le secteur automobile (16 %) (cf. annexe 6).

Alors que sa part dans les exportations espagnoles avait augmenté chaque année depuis 2011, le secteur alimentaire perd du poids dans les exportations totales espagnoles pour la deuxième année consécutive et ne contribue pas à leur croissance en 2018 (cf. annexe 5. Les exportations dans le secteur automobile, elles, augmentent de nouveau en 2018 (+1,2 %) après la baisse de l’année précédente (-2,9 %)[2]. Les principaux contributeurs à la croissance des exportations sont les produits dérivés du pétrole (contribution de 1,0 pp), suivis des produits chimiques (0,7 pp). Ces derniers constituent la première catégorie de produits exportés par l’Espagne, principalement sous la forme de médicaments et de plastiques, représentant 14,3 % des exportations espagnoles totales.  

La hausse des importations en 2018 (+5,4 %) s’explique principalement par l’augmentation de la facture énergétique (passant de 40,5 Md € à 47,7 Md €) (cf. annexe 5). Pour la 2e année consécutive, les importations espagnoles souffrent en effet de la remontée du prix du baril de pétrole. En 2018, le secteur énergétique représente 15 % du total des importations contre 13 % en 2017 et 11 % en 2016.

Les importations hors énergie progressent à un rythme moindre. Les importations hors énergie (271,2 Md €) ont progressé également (+3,5 %) mais à un rythme moins soutenu que l’année antérieure (+7,7 %). La contribution des biens manufacturés de consommation et des produits alimentaires est quasiment nulle alors que ce sont les biens semi-manufacturés qui ont porté la croissance des importations en 2018 et plus précisément les produits chimiques (principalement médicaments). Ce fléchissement des importations hors énergie concerne les principaux partenaires commerciaux de l’Espagne (hormis le Portugal) et surtout les Etats-Unis, dont les exportations à destination de la péninsule ibérique sont en baisse en 2018 (-3,0 %) (cf. annexe 7).  

 

3. Les pays de l’UE diminuent leurs parts de marché en Espagne en 2018

Malgré une augmentation des échanges de biens entre l’Espagne et l’UE (de 343 Md € en 2017  à 353 Md € en 2018), leur part dans le total du commerce extérieur espagnol a baissé pour la 3e année consécutive (64,5 % des exportations espagnoles et 53,2 % de ses importations).

Les principaux fournisseurs de l’Espagne sont l’Allemagne, la France, la Chine, l’Italie et les Etats-Unis (cf. annexe 8). La Chine est le premier fournisseur de produits manufacturés et de biens de consommation durable, et le deuxième concernant les biens d’équipement (derrière l’Allemagne). La France se positionne sur des secteurs variés (1er fournisseur en produits alimentaires et matières premières) mais est devancée par l’Allemagne notamment dans les secteurs des biens semi-manufacturés, des biens d’équipement et de l’automobile. L’Allemagne bénéficie en effet de la demande espagnole d’importations en produits chimiques, en machines et en véhicules, qui constituent le cœur de son activité économique.

Les principaux clients de l’Espagne sont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et le Royaume-Uni (cf. annexe 8). La France représente un partenaire central pour l’Espagne puisqu’elle est le premier pays de destination des exportations espagnoles dans tous les secteurs, hormis le secteur automobile (l’Allemagne est en tête).



[1] +2,9 p.p. de contribution à la croissance du PIB en 2018, selon la première donnée avancée de l’INE.

[2] La hausse des exportations en 2018 dans le secteur automobile est due aux composants automobiles et non aux véhicules automobiles et motos, dont les ventes sont restées stables par rapport à 2017.

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