ÉGYPTE
Relations économiques et commerciales bilatérales
Commerce franco-égyptien de biens 2025
En 2025, selon la Douane française, le volume total des échanges de biens entre la France et l’Égypte hors défense s’est établi à 3,07 Md EUR, en hausse de 4% par rapport à 2024 (2,96 Md EUR), soit son deuxième plus haut niveau de la décennie. Malgré l’absence de livraisons d’Airbus, les exportations françaises vers l’Égypte ont augmenté de 3,1% en g.a, atteignant 1,86 Md EUR, un montant toutefois parmi les plus faibles depuis la crise sanitaire. Les importations françaises en provenance d’Égypte ont atteint 1,22 Md EUR (+5,3% en g.a), leur deuxième plus haut niveau de la décennie, soutenues par la compétitivité-prix des produits égyptiens. Dans ce contexte, le solde commercial reste excédentaire en faveur de la France à 637 M EUR, mais connait un léger recul (-0,8% par rapport à 2024). L’Égypte demeure ainsi le deuxième excédent commercial bilatéral de la France en Afrique, derrière le Sénégal (978 M EUR), tout en reculant de deux rangs au niveau mondial, à la 17ème place.
Évolution annuelle des échanges commerciaux bilatéraux entre 2015 et 2025 :
Malgré l’absence de livraisons d’aéronefs, les exportations françaises vers l’Égypte progressent, portées par les équipements mécaniques et les produits agricoles et agroalimentaires
Les exportations françaises vers l’Égypte ont atteint 1,86 Md EUR en 2025, en hausse de 3,1% sur un an, dans un contexte de redressement de la conjoncture économique égyptienne (croissance du PIB de 5,1% en 2025 contre 3,1% en 2024). Cette progression est principalement portée par les équipements mécaniques, en forte hausse, qui représentent 25% des exportations (463 M EUR, +48% en g.a), ainsi que par les produits agricoles et agroalimentaires, qui comptent pour 16% des ventes (302 M EUR, +36%). Dans le détail, les exportations de céréales ont enregistré une hausse significative (111 M EUR, +111% en g.a, 6,1% des ventes), dans un contexte de récolte française élevée (+30% par rapport à 2024) et de regain de parts de marché en Égypte (19% des achats publics de blé entre juillet et décembre 2025/26, contre 2% en 2024/25). La France reste toutefois confrontée à la concurrence des exportateurs de la mer Noire, en particulier la Russie (44% des achats publics sur la première moitié de la campagne 2025/26), bénéficiant d’une capacité à exporter des volumes importants à des prix compétitifs, souvent dans le cadre de contrats de gré à gré avec les acheteurs privés. Les ventes de produits agroalimentaires sont également soutenues par les exportations de produits laitiers et de fromages (69 M EUR, +15% en g.a). Par ailleurs, les exportations de produits chimiques divers (157 M EUR, +20% en g.a, 8% des exportations) et de véhicules automobiles (126,5 M EUR, +11%) contribuent également à cette dynamique. Ces dernières ont bénéficié, en 2025, du rétablissement de l’accès aux devises, et d’un contexte de forte demande pour les véhicules importés en Égypte (+77,1% en 2025). À court terme, la dépréciation marquée de la livre égyptienne (58,2 EGP/EUR en moyenne au premier trimestre 2026, contre 55,7 en moyenne sur la même période de l’année 2025), dans un contexte de conflits au Moyen-Orient, risquerait toutefois de renchérir le coût des produits importés par l’Égypte et, par voie de conséquence, de limiter le rebond observé.
À l’inverse, les deux principaux postes d’exportation traditionnels de la France sont en recul, les ventes de produits de la construction aéronautique et spatiale (244 M EUR, 13% des ventes) et de produits pharmaceutiques (222 M EUR, 12%), ayant respectivement diminué de 32% et 14% en g.a. En effet, attendue fin 2025, la livraison du premier des dix Airbus A350-900 à EgyptAir n’est finalement intervenue qu’en février 2026. Plus largement, les catégories des « autres produits industriels » (649 M EUR, 35% des exportations, -9% en g.a) et des matériels de transport (398 M EUR, 21%, -23% en g.a) reculent malgré, pour cette dernière catégorie, la livraison ponctuelle de deux rames de métro en 2025. Enfin, bien que marginaux (1% des ventes), les hydrocarbures naturels enregistrent une contraction de moitié qui pourrait être attribuable à la réorientation de la demande égyptienne vers des fournisseurs plus compétitifs, notamment du Golfe, dans un contexte de dépréciation de la monnaie, de diversification des approvisionnements et de reprise de la production nationale.
Principaux postes d’exportations françaises vers l’Égypte en 2025 :
Les importations françaises en provenance d’Égypte bénéficient de la compétitivité-prix des produits égyptiens
Les importations françaises en provenance d’Égypte ont atteint 1,22 Md EUR en 2025, en hausse de 5,3% sur un an, soit leur deuxième plus haut niveau de la décennie, dans un contexte de dépréciation de la livre égyptienne (55,7 EGP/EUR en moyenne en 2025 contre 46,2 en 2024), la monnaie ayant perdu environ deux tiers de sa valeur face à l’euro depuis 2020, renforçant la compétitivité-prix des produits égyptiens. La première catégorie d’importations demeure de loin celle des « autres produits industriels » (59% des achats, soit 715 M EUR, +16% en g.a), dominée par les produits chimiques de base, produits azotés, matières plastiques et caoutchouc synthétique (34% des importations, 417 M EUR, +21%), eux-mêmes tirés par les engrais et composés azotés (23%, 284 M EUR, +38%). En 2025, l’Égypte s’est ainsi imposée comme le troisième fournisseur de la France en engrais (en valeur et en volume). Les catégories des produits agricoles et agroalimentaires, qui représentent ensemble 13% de nos achats (162 M EUR), en hausse de 13% en g.a, ont également participé à la hausse des importations françaises, en particulier en raison des produits de la culture et de l’élevage (+9% en g.a) et ceux à base de fruits et légumes (+5% en g.a). Les importations d’articles d’habillement en provenance d’Égypte progressent de 17% en 2025 (156 M EUR, 13% des achats), tout comme celles des produits de l’industrie textile (+12% en g.a), ce secteur constituant le deuxième pilier industriel du pays. Les exportations égyptiennes de prêt-à-porter pourraient atteindre 4,4 Md USD d’ici 2026 (+22%), bénéficiant d’une main-d’œuvre compétitive et des investissements étrangers croissants (Turquie, Chine), notamment dans les zones industrielles et franches (TEDA, SCZone). Enfin, les importations de matériels de transport progressent fortement de 23% pour atteindre 95 M EUR (8% des achats), soutenues en partie par des livraisons ponctuelles de produits aéronautiques (26 M EUR en 2025 contre 2 M EUR en 2024).
À l’inverse, les importations d’hydrocarbures naturels (3% des importations, 34 M EUR, -36% en g.a) et de produits pétroliers raffinés et coke (3%, 31 M EUR, -60% en g.a) poursuivent leur contraction significative enclenchée en 2023. Si le recul des cours du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) a pu y contribuer, la baisse de la production égyptienne demeure le principal facteur explicatif, en lien avec les difficultés rencontrées sur le champ gazier de Zohr en Méditerranée orientale, qui représente environ 74% de la production nationale. Ainsi, malgré une stabilisation de la production du champ en 2025 (autour de 1,2 Md pcj, contribuant à une production total égyptienne d’environ 6 Md pcj), celle-ci demeure inférieure à la consommation intérieure (6,4 Md pcj). Cette tendance prolonge la baisse de la production gazière observée depuis 2023 (-11,5%), qui avait alors atteint son plus bas niveau depuis 2017. Par ailleurs, les équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques, qui représentent 15% des importations et constituent la deuxième catégorie d’achats, enregistrent un léger recul de 1% en g.a (182 M EUR contre 183 M EUR en 2024), en lien notamment avec la baisse des appareils électroménagers (-2 M EUR).
Principaux postes d’importations françaises en provenance d’Égypte en 2025 :
Présence économique et investissements français
Avec environ 180 filiales qui emploient directement plus de 50 000 personnes pour un stock d'investissement total estimé à environ 7 Md EUR, les entreprises françaises ont su s'inscrire durablement dans le paysage économique égyptien avec une présence diversifiée :
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Construction et industrie : Air Liquide, Arkema, Bouygues, Consolis, Saint-Gobain, Vicat, Vinci, etc.
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Eau et assainissement : Veolia, Suez, etc.
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Énergie : TotalEnergies (distribution et Total Eren), Engie, Voltalia, EDF Renouvelables, etc.
- Transports : Alstom, RATP Dev, Colas Rail, ETF, Systra, Poma, Thalès, Valéo, NGE-TSO, etc.
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Industrie manufacturière (équipements électriques, électroménagers, automobiles) : Schneider Electric, Legrand, Nexans, Groupe SEB, Groupe Atlantic, etc.
- Grande distribution : Carrefour, Décathlon, etc.
- Agroalimentaire : Lactalis, Danone, Bel, Savencia, Lesaffre, Soréal, etc.
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Logistique : CMA CGM, Bolloré, etc.
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Industrie pharmaceutique et cosmétique : Servier, Ceva, L’Oréal, Sanofi, etc.
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Services : Orange, Crédit Agricole, AXA, Téléperformance, Atos, Cegedim, Gide, etc.
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Tourisme : Air France, Groupe Accor, etc.
- Franchises : Paul, Brioche Dorée, 5àSec, Fauchon, Yves Rocher, GoSport, Intersport, etc.
Retrouvez en vidéo davantages d'informations sur 18 des principaux investissements d'entreprises françaises en Égypte ces 3 dernières années d'un montant de près de 2 Md EUR : cliquez ici !