Commerce extérieur égyptien sur 2024/25

Le volume des échanges commerciaux de l’Égypte a rebondi de 26% sur l’exercice budgétaire 2024/25 (juillet à juin), pour atteindre 131,4 Md USD. Le déficit commercial, structurel depuis les années 1960, s’est creusé de 29% à -51 Md USD, un niveau inédit depuis 2012/13, représentant 14,6% du PIB (contre 10,3% en 2023/24). Cette dégradation s’explique principalement par la hausse historique de 46% des importations d’hydrocarbures, qui a porté le déficit de la balance énergétique à -13,9 Md USD. Ce déficit ne doit toutefois pas masquer la hausse significative des exportations égyptiennes de 19%. L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial de l’Égypte, mais les pays arabes deviennent le premier débouché (32% des exportations), portés par l’envolée des prix de l’or. Les pays d’Asie conservent, pour le cinquième exercice consécutif, leur rang de premier fournisseur (26% des importations totales). Au niveau bilatéral, les Émirats arabes unis et les États-Unis conservent leurs rangs de premier et deuxième client (16% et 11% des exportations). Si la Chine reste le principal fournisseur de l’Égypte (12% des importations), la part de marché des États-Unis connaît un quasi-doublement portée par ses exportations de gaz de pétrole, au détriment des pays européens. La France reste le troisième fournisseur de l’Égypte au sein de l’UE, derrière l’Allemagne et l’Italie, avec une part de marché à 2%, en recul par rapport à l’an dernier (2,2%).

Le creusement du déficit commercial est porté par l'énergie

En 2024/25, le déficit commercial s’est creusé de 29% pour atteindre -51 Md USD, représentant 14,6% du PIB contre 10,3% sur l’exercice précédent, un niveau inédit depuis 2012/13. Cette dégradation s’explique par une progression des importations de 26% à 91,2 Md USD, elle-même portée par une hausse historique de 46% des importations énergétiques à 19,5 Md USD, nettement supérieure à celle des exportations. Dans ce contexte, le déficit de la balance énergétique s’est creusé de 82% pour atteindre -13,9 Md USD (contre -7,6 Md USD en 2023/24), tiré en particulier par l’augmentation des importations de produits pétroliers (11,1 Md USD, +18% en g.a) et de gaz naturel (6,7 Md USD, +141%). Cette trajectoire s’explique par la combinaison d’une hausse de la demande intérieure et d’un affaiblissement de l’offre intérieure, liée au ralentissement de l’exploration et de la production d’hydrocarbures, ainsi qu’aux difficultés techniques sur le mégachamp gazier Zohr. En parallèle, le volume des exportations a progressé à un rythme plus modéré de 23% pour atteindre 40,2 Md USD en 2024/25, contre 32,6 Md USD en 2023/24. Cette dynamique a été pénalisée par le recul des exportations énergétiques à 5,6 Md USD, contre 5,7 Md USD en 2023/24, sous l’effet de la diminution des volumes exportés de pétrole brut et de gaz naturel, partiellement compensée par la hausse de 1,1 Md USD des produits pétroliers raffinés. Dans l’ensemble, le volume des échanges commerciaux de l’Égypte a enregistré un net rebond de 26% pour atteindre 131,4 Md USD, son niveau le plus élevé des douze derniers exercices.

Évolution annuelle du commerce extérieur de l'Égypte :

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Évolution et décomposition annuelle de la balance énergétique de l'Égypte :

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Hors hydrocarbures, la structure des échanges reste marquée par des importations alimentaires incompressibles et des exportations à faible valeur ajoutée, mais en forte augmentation

Le volume des échanges hors hydrocarbures progresse de 24% par rapport à l’exercice précédent, atteignant 105,2 Md USD. Les importations hors hydrocarbures augmentent de 22% à 70,9 Md USD (58,2 Md USD en 2023/24), principalement portées par les importations incompressibles de denrées alimentaires et de céréales – notamment le blé, le soja et le maïs – représentant 21% du total des importations, en hausse de 38% (19,1 Md USD), en raison des prix élevés sur les marchés internationaux. Les autres postes contribuant à cette dynamique comprennent les machines électriques, équipements et pièces détachées (15% des importations totales, +13% en g.a) ; les produits chimiques (10% du total, +8%), en particulier les produits pharmaceutiques ; ainsi que les métaux de base (9% du total, +16%), notamment le fer et l’acier. Hors hydrocarbures, les exportations progressent de 29% à 34,3 Md USD (contre 26,7 Md USD en 2023/24), tirées par les denrées alimentaires et les céréales (8,4 Md USD, 21% des exportations totales, +31% en g.a) – en particulier les légumes, les fruits et les noix – ainsi que par les produits chimiques (12% du total, +2%), notamment les engrais ; et les matériaux textiles (9% du total, +16%). Cette composition reflète la structure du tissu productif égyptien, encore largement centré sur des secteurs à plus faible valeur ajoutée. Ainsi, le déficit commercial hors hydrocarbures s’est creusé de 16% pour atteindre -36,5 Md USD en 2024/25, contre -31,4 Md USD sur l’exercice précédent, représentant 10,5% du PIB.

Évolution annuelle du commerce extérieur hors hydrocarbures et de la balance énergétique de l’Égypte : 

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La structure des partenaires commerciaux de l’Égypte est marquée par la montée en puissance des clients arabes et par l’ancrage des fournisseurs asiatiques

Les pays arabes détrônent l’Union européenne comme premier client de l’Égypte, absorbant 32% de ses exportations en 2024/25, soit 13 Md USD (+50% par rapport à 2023/24). Cela est attribué à la hausse en valeur des exportations d’or, dans un contexte d’envolée historique des cours, désormais le premier produit d’importation en provenance d’Égypte des Émirats arabes unis. L’Union européenne voit ses importations d’Égypte totaliser 10,9 Md USD (+15% en g.a). Les autres pays d’Europe - catégorie incluant notamment la Turquie et la Suisse - se classent au troisième rang avec 17% des exportations (6,9 Md USD, +19% sur un an). Au niveau bilatéral, les Émirats arabes unis conservent leur rang de premier client, avec 6,6 Md USD d’importations en provenance d’Égypte (16% du total), suivis des États-Unis (4,5 Md USD, 11%), de l’Italie (2,7 Md USD, 7%), du Royaume-Uni (2,5 Md USD, 6,2%) et de la Suisse (2,4 Md USD, 5,9%). La France, toujours 9ème client de l’Égypte (959 M USD, 2,4% des exportations), demeure le deuxième débouché pour les produits égyptiens au sein de l’UE. Les principaux membres des BRICS+, rejoints par l’Égypte au 1er janvier 2024, affichent un poids limité voire en recul : Brésil (0,8%), Chine (0,8%), Inde (0,7%) et Russie (0,5%).

En 2024/25, les pays d’Asie, surtout la Chine, conservent leur place de premier fournisseur de l’Égypte pour le cinquième exercice consécutif, représentant 26% des importations totales (24 Md USD, +38% en g.a). Les pays arabes deviennent le deuxième fournisseur, avec 19,2% des importations (17,5 Md USD, +23% en g.a), devant l’Union européenne, qui représente 18,7% du total (17,1 Md USD, +8% en g.a). Au niveau bilatéral, la Chine maintient son rang de premier fournisseur, avec une part de marché de 12%, son niveau le plus élevé depuis 2012/13 (10,7 Md USD). Les États-Unis se hissent au deuxième rang des fournisseurs (8,7 Md USD, 9,5% des importations), avec un quasi-doublement de leur part de marché, principalement porté par le triplement des exportations américaines de gaz de pétrole et autres hydrocarbures gazeux à destination de l’Égypte, au détriment des fournisseurs européens. Ils sont suivis de l’Arabie saoudite (8,2 Md USD, 9%), des Émirats arabes unis (6 Md USD, 6,5%), du Brésil (4,5 Md USD, 5%) et de l’Allemagne (4,1 Md USD, 4,5%). La France demeure le troisième fournisseur de l’Égypte au sein de l’Union européenne, derrière l’Allemagne et l’Italie, avec une part de marché de 2%, en léger recul par rapport à l’exercice précédent (2,2%), pour un montant de 1,8 Md USD d’importations, contre 1,6 Md USD en 2023/24.

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