Relation bilatérale

  • Commerce bilatéral

    Si nos exportations connaissent une baisse de 46% sur les 8 premiers de l’année 2020 en raison du contexte sanitaire mondial,  l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange (ALE) avec l’Union Européenne en janvier 2017 a porté ses fruits et s’est traduit par une augmentation de nos exportations vers l’Equateur de 30% et 24% en 2018 et 2019. Le dernier comité du commerce qui s’est tenu en novembre dernier a montré que l’ALE se met en place de manière progressive et satisfaisante. Les barrières au commerce recensées sont de moins en moins nombreuses et sont liées surtout à la mise en place des procédures prévues par l’ALE pour l’exportation de produits agricoles.  

    En 2019, les effets de l’accord de libre-échange avec l’UE ont continué à porter leurs fruits. Nos exportations ont enregistré une augmentation de 24,2%, atteignant 171 MEUR. Deux secteurs ont bénéficié en particulier de cet élan et ont contribué significativement à l’augmentation globale des exportations : l‘automobile (15,1 MEUR ; +58,4%)  et l‘agroalimentaire (21,8 MEUR ; +80,6%). Il s’agit des secteurs qui bénéficient de la diminution des entraves aux échanges portée par l’ALE. A noter que les produits chimiques, parfums et cosmétiques bénéficient, traditionnellement, de bonnes conditions d’accès au marché équatorien. Ils enregistrent une augmentation de 17,6%. Notre solde bilatéral demeure largement déficitaire (-199 MEUR) du fait de l’importance des exportations agricoles et agroalimentaires équatoriennes vers la France, soit le deuxième déficit parmi les pays latino-américains et de la Caraïbe, derrière le Pérou. En 2019, les exportations équatoriennes vers la France poursuivent leur baisse (-1,2%) atteignant 370 MEUR (-7,1% en 2018), retrouvant leur niveau de l’année 2016. L’Equateur devient ainsi notre 70ème fournisseur (0,07% de nos importations totales), juste derrière l’Argentine mais devant la Colombie. Les ventes équatoriennes vers la France sont très peu diversifiées et sont composées quasi-exclusivement de produits agricoles (77 MEUR contre 77,6 MEUR en 2018).

    A terme, l'ALE devrait continuer à offrir de meilleures perspectives pour nos exportations vers l’Equateur, même si elles seront fortement impactées par la récession économique (-9,5% prévue par le FMI) en 2020 et par la crise sanitaire

    Source : douanes françaises

 

  • Investissements et présence française.

     

    Les IDE perçus par l’Equateur sont historiquement faibles (650 MUSD en moyenne par an au cours des 10 dernières années). En 2019, ils ont atteint 950 MUSD (1,4 Mds USD en 2018) du fait essentiellement des investissements dans les secteurs pétroliers et miniers.

    Le stock d’investissements français est relativement faible. Il est estimé par le SER à environ 300 MUSD en 2019 sur un stock global estimé (CEPAL) de l’ordre de 17 Mds USD (2018). La France se positionne toutefois comme le 3ème investisseur européen au cours des 20 dernières années (derrière les Espagnols et les Allemands). Selon les chiffres de la Banque Centrale équatorienne, l’investissement français en flux est négatif en 2019 (4 MUSD contre 28 MUSD en 2018).

    L’Etat souhaite donner une place prépondérante aux investisseurs privés, notamment étrangers, pour développer des partenariats public-privé dans des projets d’infrastructures (ports, aéroports, routes,) y compris des projets dans des secteurs stratégiques (production d’énergie) dans un contexte budgétaire complexe. La loi des partenariats publics privés, qui prévoit des avantages fiscaux pour les nouveaux investisseurs et la création de zones de développement spéciales (ZEDES) avec des abattements fiscaux plus importants et la loi des Partenariats Publics Privés, ont été adoptées par l’Assemblée Nationale donnant ainsi un cadre juridique aux IDE, faute d’accords de protection des investissements. L’Equateur a dénoncé en 2017 l’ensemble des accords de protection des investissements, à la suite d’une décision de la Cour Constitutionnelle qui a déclaré la clause d’arbitrage international comme anticonstitutionnelle. Les investissements français sur place restent protégés pour une durée de 16 ans à partir de la date de dénonciation. Les potentiels nouveaux investissements étrangers sont désormais face à un vide juridique qui leur est préjudiciable, raison pour laquelle le gouvernement équatorien souhaite négocier de nouveaux accords. Pour attirer de nouveaux IDE, la question de l’accès à un arbitrage international neutre est fondamentale.

    Le développement du secteur minier permettra par ailleurs l’arrivée de nouveaux IDE à moyen et long terme. Ce secteur est appelé à prendre le relais du secteur pétrolier et les autorités locales travaillent à l’attribution des concessions. Le gouvernement a ainsi attribué la concession de 5 projets stratégiques (IDE attendus de l’ordre de 7 Mds USD entre 2018 et 2022) à des sociétés chiliennes, canadiennes, australiennes et américaines.

 

  • Outils de coopération économique.

     

    Présente depuis 2015 en Équateur, l’AFD a engagé plus de 800 millions de dollars à travers d’une dizaine de prêts à des entités publiques dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement, de l’énergie, de la reconstruction post-séisme, de l’éducation et du transport, ainsi que des prêts de politique publique pour mitiger les effets du changement climatique.

    Outre ces prêts, le Trésor a financé le lot de matériel roulant, pose des voies et installations électriques du projet de tramway de Cuenca ainsi que l’assistance à maître d’ouvrage de ce projet à travers deux crédits concessionnels du Trésor d’un montant total de 96,5 MEUR.

    Un FEXTE (Fonds d’expertise technique, mis en place par le Trésor et l’AFD) est actuellement en cours dans le domaine des transports urbains, d’un montant de 550 000 EUR. Cet instrument permet de financer des actions (échanges d’expériences, ateliers avec des experts français) avec le ministère des transports, en particulier des actions couvertes par une lettre d’intention en matière de transports ferroviaires et alternatifs signée entre le MTES et le ministère des transports équatorien

    Des fonds européens LAIF sont également disponibles via l’AFD qui a mis en place une dizaine de millions d’euros pour appuyer des investissements dans les secteurs eau/environnement et gestion des déchets. Un FASEP (Fonds d’Aide au Secteur Privé) est en cours d’exécution pour la construction d’un démonstrateur permettant de transformer des larves d’insecte en aliment pour crevette.

     

 

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