Indicateurs et conjoncture

Fort d’une économie complètement dollarisée, avec un PIB de l’ordre de 100 Mds USD et un marché de plus de 17 millions d’habitants, l’Equateur possède d’abondantes ressources naturelles (pétrole, minerais, produits agricoles et aquacoles) et un secteur exportateur dynamique, qui lui confèrent une place de premier ordre parmi les principaux exportateurs de bananes, de crevettes, de roses et de cacao fin dans le monde.

Après une décennie d’une croissance relativement élevée (en moyenne 4,2% entre 2007 et 2014), le modèle économique équatorien, financé les revenus pétroliers puis par une politique d'endettement non-soutenable, a atteint ses limites en 2015 lorsque les prix du pétrole se sont effondrés sur les marchés internationaux. En 2016, la croissance a été négative (-1,2%) pour la première fois depuis la crise financière de 1999, avant de rebondir à 2,4% en 2017 puis enregistrer une croissance modérée de 1,4% en 2018. La croissance a à nouveau reculé en 2019 à -0,5% et le FMI prévoit une récession de 9,5% en 2020 en raison des mesures de confinement mises en place dans le pays, particulièrement touché dès mars par la propagation rapide de la pandémie de coronavirus (les autorités ont rapidement instauré des mesures de restriction de déplacement sévères, préservant néanmoins les entreprises exportatrices). En outre, l’Equateur a été fortement affecté par la chute des cours des hydrocarbures aggravé par la baisse de sa production causée par la rupture des deux oléoducs. L’impact global de la crise sur les recettes publiques est évalué à 7,9 Mds USD en 2020, une des plus fortes baisses de la région (-22%).

L’Equateur traverse une période de transition politique et économique depuis l’élection du Président Lenin Moreno en avril 2017, qui se traduit notamment par une réouverture du pays vers l’extérieur et la volonté d'accorder une place prépondérante au secteur privé dans le développement du pays. Le gouvernement s'est engagé dans une politique visant à améliorer les fondamentaux macroéconomiques et assainir durablement les finances publiques, afin d’établir un cadre favorable à une croissance soutenable permettant de poursuivre les programmes sociaux qui ont permis de réduire la pauvreté et les inégalités et de préserver la dollarisation de l’économie. Les élections générales prévues en février 2021 marqueront la fin de cette transition et la nouvelle direction que prendra le pays.

Les bailleurs internationaux (FMI, CAF, BID, Banque mondiale et AFD) ont annoncé leur soutien à cette politique, dans un contexte de crise sanitaire. L’Equateur avait obtenu un programme FMI associé à un paquet d’aide international conséquent (10,2 Mds USD, soit près de 10% du PIB) en mars 2019 accompagnant une réorientation de son modèle économique devenu insoutenable après la chute des cours des matières premières. Le programme FMI initial prévoyait de défendre la dollarisation de l’économie, améliorer la gouvernance et restaurer la soutenabilité des finances publiques tout en renforçant le soutien aux populations vulnérables. Les manifestations sociales déclenchées suite à l'annonce de la suppression des subventions aux combustibles en octobre 2019 et les difficultés du gouvernement à faire adopter son agenda de réformes ont conduit les autorités et le FMI à mettre le programme off-track en mai 2020.

L’Equateur a été contraint à la renégociation de sa dette commerciale (17,3 Mds USD, un tiers de la dette totale) qui s’est conclue favorablement en août 2020, permettant de repousser à après 2025 le remboursement du capital et de réduire drastiquement le risque-pays. De façon concomitante, le pays a conclu un nouveau programme avec le FMI le 30 septembre 2020 avec accès exceptionnel (6,5 Mds USD). Les décaissements versés en 2020 (4 Mds USD) devraient permettre de combler les besoins de financement jusqu’alors non-couverts. En parallèle, les négociations avec la Chine, premier bailleur bilatéral avec 5,5 Mds USD de dette, ont permis de décaler les engagements de remboursements à après 2022.

Après l’abandon du précédent programme le gouvernement a poursuivi – certes avec difficultés et progressivement - l’agenda de réformes prévu, notamment avec une refonte du système de fixation des prix des carburants, permettant une réduction progressive des subventions et la réforme du code des finances publiques améliorant les pratiques de gestion publique et fixant une trajectoire soutenable et réaliste de la dette. Trois réformes en particulier sont estimées prioritaires : la réforme du marché du travail, la réforme fiscale (objectif du programme pour septembre 2021) et la réforme du système de sécurité sociale. Le soutien au secteur privé et le développement de l’investissement étranger sont également considérés comme essentiels afin d’atteindre à terme une croissance potentielle de 4%.

En ce qui concerne la politique commerciale, l’Equateur a adhéré à l’accord de libre-échange entre l’UE, la Colombie et le Pérou qui améliore l’accès au marché équatorien aux PME et ETI. Il est également devenu membre associé de l'Alliance du Pacifique, qui regroupe le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili.

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