RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
Les investissements directs étrangers (IDE) en République dominicaine en 2025
Les investissement directs étrangers (IDE) en République dominicaine (RD) ont atteint un niveau record de 5 Md USD en 2025, confirmant l’attractivité du pays et son statut de principal récepteur d’IDE en Amérique centrale et dans les Caraïbes avec le Costa Rica. La France, troisième investisseur européen et huitième investisseur étranger en stock sur la période 2010-2024 (avec 1 Md USD cumulés), a enregistré 181 M USD d’IDE en 2025 [1]. Cette même année est également marquée par l’évolution du classement des investisseurs. L’Espagne devient le premier investisseur étrangers en flux, reléguant l’investisseur étranger historique étasunien à la seconde position. De son côté, l’Union européenne, désormais identifiée comme catégorie distincte dans les statistiques de la Banque centrale dominicaine, confirme parallèlement son rôle d’investisseur stratégique avec 1,805 Md USD d’IDE en 2025.
1. Les investissements directs étrangers atteignent un nouveau record.
En 2025, le flux d’IDE a atteint 5 033 Md USD, soit +11 % par rapport à 2024, notamment grâce au tourisme, à l’énergie et à l’immobilier. Depuis la contraction économique de 2020 (covid-19), les flux d’IDE ont repris leur trajectoire ascendante passant de 2,6 Md USD en 2020 à 5 Md USD en 2025, marquant un 4ème record consécutif pour les IDE entrants. En 2025, les IDE se concentrent principalement sur quatre secteurs. Le tourisme arrive en tête avec 1,29 Md USD, soit 26 % du total, suivi de près par l’énergie qui capte 25 % des flux avec 1,26 Md USD. L’immobilier et le commerce complètent ce tableau, représentant respectivement 18 % (915 M USD) et 12 % (590 M USD) des investissements.
Le secteur minier, bien que ne représentant que 5 % des IDE, a affiché un dynamisme remarquable en 2025, s’imposant comme l’un des principaux moteurs de l’attractivité économique du pays. Les flux d’IDE dans ce secteur sont passés de 38,5 M USD en 2024 à 262 M USD en 2025. Cette performance s’est accompagnée d’une forte progression des exportations minières, qui ont dépassé 2,5 Md USD sur l’année, portées principalement par l’or. Pourtant en 2024, les investissements miniers s’étaient effondrés de 86 % par rapport à 2023, sans doute en raison des retards accumulés dans les projets de la mine d’or de Pueblo Viejo. Cette mine, la plus importante du pays, est exploitée par un consortium formé par l’entreprise canadienne Barrick Gold Corporation, qui en détient 60 %, et l’américaine Newmont, avec 40 % des parts. Le secteur représente désormais près de 2 % du PIB national et 7 % du PIB industriel et plus de 36% des exportations nationales. En 2025, plusieurs projets ont bénéficié de financements destinés à l’exploration de gisements d’or et de terres rares dans un contexte de modernisation du cadre réglementaire et de volonté de placer le pays comme un acteur crédible des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Les autorités dominicaines affichent par ailleurs leur souhait d’attirer davantage d’IDE dans le secteur en 2026.
D’après les données de la CEPALC, la région Amérique latine et Caraïbe a reçu 136 Md USD d’IDE en 2025. Avec 5 Md USD d’IDE enregistrés sur l’année, le pays se positionne, aux côtés du Costa Rica (5,1 Md USD), parmi les principaux récipiendaires d’IDE dans la région Amérique centrale-Caraïbes, devant le Panama.
2. L’Espagne devient le premier investisseur étranger devant les Etats Unis
En 2025, les IDE en République dominicaine ont été dominés par cinq pays, concentrant à eux seuls 60% des flux. L’Espagne se hisse à la première place avec 1,086 Md USD, en forte progression de 63 % par rapport à 2023 (668 M USD). Ces flux représentent environ 22 % du total IDE et sont principalement tirés par les secteurs du tourisme et des énergies renouvelables. Les Etats-Unis, désormais relégués à la deuxième position, poursuivent le repli observé depuis l’année record de 2023, où les flux avaient atteint 1,5 Md USD. En 2025, les investissements étasuniens s’élèvent à 1,043 Md USD d’IDE, orientés principalement vers le tourisme, l’immobilier et l’énergie. L’Italie, elle, s’élève à la troisième position en triplant ses flux d’IDE en un an, passant de 101 M USD d’IDE en 2024 à 372 M USD en 2025 (tourisme, immobilier, commerce). Le Mexique et le Panama complètent ce top cinq, avec respectivement 210 M USD (- 40 % g.a) et 192 M USD (- 22 % g.a). Au total, sur la période 2010-2025, les IDE cumulés en République dominicaine s’élèvent à 49 Md USD. Les États-Unis dominent largement avec 12,8 Md USD (26 % du total), suivis par le Canada (6 Md USD, 12 %) et l’Espagne (5 Md USD, 10 %).
3. L’Union européenne est un investisseur reconnu en République dominicaine
En 2024, le stock total d’investissements européens en Amérique latine et dans les Caraïbes s’élevait à 740 Md EUR. Ces investissements ciblent des secteurs stratégiques tels que le tourisme, les énergies renouvelables, les zones franches et les infrastructures urbaines durables. Plus de 1000 entreprises européennes y sont implantées, créant ainsi plus de 200 000 emplois formels sur le territoire. En 2025, les IDE européens ont atteint 1,8 Md USD, avec 8,3 Md USD d’IDE cumulés entre 2010 et 2025, soit 17% des IDE cumulés sur la même période en RD. Depuis 2026, l’UE bénéficie de sa propre catégorie dans les statistiques de la Banque centrale dominicaine. Cette dynamique est majoritairement tirée par l’Espagne (1 Md USD), puis l’Italie (372 M USD) et la France en troisième position, avec 181 M USD d’IDE.
4. La France gagne une place et devient le sixième investisseur étranger
Avant 2022, la France était peu présente dans les flux d’IDE vers la République dominicaine avec des montants généralement inférieurs à 100 M USD/an, à l’exception notable de 2019, où ils avaient atteint 239,1 M USD. En 2024, elle se hisse à la septième position avec 163 M USD, juste derrière le Panama (192 M USD). En 2025, les IDE français observent une croissance de +11% atteignant 181 M USD, un résultat qui positionne le pays à la sixième place. Avec 1,2 Md USD, le pays occupe la huitième place des flux des IDE cumulés, presque à égalité avec le Panama (1,3 Md USD). Ces capitaux sont principalement concentrés dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, les transports, le commerce ou encore les télécommunications avec des exemples marquants comme Carrefour, TotalEnergies, Vinci Airports ou encore Altice. Ces entreprises emploient environ 6 000 personnes et participent à la modernisation et l’innovation de ces secteurs.
5. Un fort impact des IDE sur l’économie
L’impact des investissements étrangers sur l’économie est très marqué. Une étude de l’ASIEX (Association des investisseurs étrangers) publiée en avril 2024 souligne l’impact des IDE sur le secteur réel, sur la fiscalité et sur la position extérieure de la République dominicaine. En 2024, ils étaient responsables de 63% des exportations de biens, 30% des recettes fiscales et 3,7% du PIB. Selon la Banque centrale dominicaine, 659 entreprises détiennent au moins 10% de capital étranger, 414 d’entre elles sont situées en zones franches et 245 hors zones franches. L’investissement concerne généralement des entreprises de grande taille, 40% d’entre elles employant plus de 150 employés (75% des entreprises dominicaines ont moins de 10 employés). Elles représenteraient moins de 1% de l’ensemble des entreprises de RD. Les entreprises étrangères représentent 80% de l’emploi dans les zones franches et proposent des salaires moyens supérieurs de 37,6% aux salaires pratiqués en RD. 65 000 nouveaux emplois directs ont été créés en 2020-2022.
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La République dominicaine poursuit un objectif ambitieux : doubler ses flux annuels d’IDE pour atteindre 8,3 Md USD d’ici 2028. Cette stratégie repose sur trois principaux piliers : le développement du nearshoring vers le marché nord-américain, le renforcement des zones franches et la consolidation de son projet de hub logistique régional dans la Caraïbe. Toutefois, la réussite de cette stratégie implique une augmentation significative des flux et suppose un accompagnement par des réformes structurelles dans un contexte de stabilité macro-économique. Avec une pression fiscale parmi les plus faibles de la région (15%), la RD dispose de marges limitées pour financer les investissements nécessaires en capital humain et en infrastructures (énergie, assainissement, mobilité urbaine et gestion des déchets). Dans ce contexte, des opportunités pour nos entreprises françaises pourraient émerger dans les secteurs de la transition énergétique (y compris le stockage -BESS) l’assainissement, la gestion des déchets, la mobilité urbaine ou encore le secteur industriel (semi-conducteurs, terres rares).
[1] Dernières données détaillées publiées par la Banque Centrale