Indicateurs et conjoncture

Éléments structurels de l’économie

Avec un PIB estimé à 4,6 Md USD en 2025, Djibouti demeure la plus petite économie de la Communauté d'Afrique de l'Est et la 44ᵉ économie d'Afrique. Sa population atteint 1,2 million d'habitants, portant le PIB par habitant à environ 4145 USD. Le pays est classé parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (PRITI) depuis 1990 selon les critères de la Banque mondiale.

Le modèle de développement repose sur la valorisation de sa position stratégique au débouché de la mer Rouge. Depuis le début des années 2010, Djibouti a investi massivement dans les infrastructures portuaires, ferroviaires et logistiques, principalement grâce à des financements chinois (au prix d'un endettement important), afin de renforcer sa position stratégique de plateforme régionale de commerce et de transit. L'économie est dominée par les services (85 % du PIB), en particulier les activités portuaires et logistiques, qui dépendent largement du commerce avec l'Éthiopie. L'industrie représente environ 14 % du PIB, tandis que l'agriculture demeure marginale (1 %), contraignant le pays à importer près de 90 % de ses besoins alimentaires. Les autorités cherchent à diversifier l'économie vers le numérique, les services financiers, les énergies renouvelables et le tourisme, mais les entreprises publiques conservent une place prépondérante dans les secteurs stratégiques (ports, télécommunications, eau, électricité), où elles représenteraient près de 20 % du PIB selon la Banque mondiale.

Enfin, la croissance reste peu inclusive. Le chômage demeure élevé (26 % en 2025), notamment chez les jeunes (70%), tandis que la pauvreté reste importante malgré un niveau élevé d'aide publique au développement par habitant. Le développement du secteur privé constitue ainsi l'un des principaux défis structurels du pays.

Conjoncture économique, finances publiques et dette publique

L'économie djiboutienne est restée dynamique en 2025 (+6,0 %, après +7,0 % en 2024), portée par les activités portuaires et logistiques, les télécommunications, l'énergie, le commerce et les travaux publics, malgré un ralentissement du trafic de conteneurs. L'inflation est devenue légèrement négative (-0,3 % en moyenne annuelle), sous l'effet de la baisse des prix internationaux de l'énergie et de l'alimentation, ainsi que du régime de caisse d'émission qui ancre le franc djiboutien au dollar étasunien. Le conflit au Moyen-Orient a toutefois ravivé les tensions inflationnistes en 2026 via la hausse des prix du pétrole et des coûts logistiques. À moyen terme, la croissance devrait rester proche de 6 %, soutenue par le rôle stratégique de Djibouti comme plateforme logistique régionale et par la reprise attendue du transport maritime. Le secteur bancaire demeure globalement résilient, avec une amélioration de la qualité des actifs (NPL : 3,3 %) et de la solvabilité (21 %), malgré une baisse de la liquidité.

Les finances publiques se sont améliorées en 2025, le déficit budgétaire se réduisant à -0,7 % du PIB (contre -2,7 % en 2024), grâce aux efforts de mobilisation des recettes et de maîtrise des dépenses. Cette amélioration ne remet toutefois pas en cause la principale vulnérabilité macrofinancière du pays : une dette publique jugée insoutenable ("debt distress") par le FMI et placée depuis 2025 en situation de surendettement.

La position extérieure demeure également fragile. L'excédent courant s'est réduit à +10,2 % du PIB en 2025 (après +14,6 % en 2024), sous l'effet de la normalisation des revenus exceptionnels tirés des activités portuaires liées aux perturbations en mer Rouge et de la reprise des importations. Les réserves de change ont poursuivi leur baisse (0,6 mois d'importations, contre 1,2 mois en 2024), très en deçà du seuil recommandé par le FMI, dans un contexte de besoins élevés de financement extérieur.

La dette publique djiboutienne demeure la principale vulnérabilité macrofinancière du pays. Elle a fortement augmenté depuis 2013 (+34,0 points de PIB), pour atteindre 68,9 % du PIB en 2024. Cette dette est exclusivement extérieure et détenue à 49,8 % par la Chine. Cette dynamique résulte principalement du recours massif des entreprises publiques – dont la dette représente 76 % de l'encours total, pour moitié liée au secteur portuaire – à des emprunts garantis par l'État afin de financer les grands projets d'infrastructures, souvent à des conditions peu concessionnelles. Le FMI considère la dette djiboutienne comme insoutenable depuis 2022 et classe désormais le pays en situation de surendettement («debt distress »). La charge de la dette continue de s'alourdir : le service de la dette a atteint 2,6 % du PIB en 2024 (contre 1,2 % en 2023) et devrait avoisiner 5 % du PIB à l'horizon 2028. L'accord conclu avec Exim Bank China en 2023, qui prévoit un rééchelonnement partiel de certains remboursements, a permis d'atténuer temporairement les tensions de liquidité, sans modifier le diagnostic de soutenabilité du FMI. Un second moratoire est en cours de négociation avec la Chine.

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