Les relations commerciales entre la France et l'Allemagne

En 2019, l’Allemagne demeure de loin, le premier partenaire commercial de la France alors que la France n’est que le quatrième partenaire de l’Allemagne. Le déficit commercial de la France avec l’Allemagne s’est contracté. La relation bilatérale est caractérisée par la densité des relations entre entreprises, qui perçoivent peu de barrières au commerce et à l’investissement, compte tenu de la proximité des réglementations économiques.

1. L’Allemagne est le premier partenaire de la France alors qu’inversement celle-ci n’est que son quatrième partenaire.

L’Allemagne demeure, de loin, en 2019, le principal partenaire commercial de la France. Les échanges franco-allemands représentent 14,5 % des échanges totaux de la France ; ils se situent loin devant les quelque 7 % que réalise la France avec chacun de ses partenaires suivants (Italie, Etats-Unis, Espagne, Chine et Belgique en ordre décroissant). Par ailleurs, l’Allemagne représente environ 32 % des échanges de la France avec la zone euro et 25 % de ses échanges avec l’Union européenne.

L’Allemagne est, de loin, le premier client et fournisseur de la France. En 2019, les exportations françaises vers l’Allemagne constituent 14,1 % des exportations françaises totales et les importations en provenance d’Allemagne 14,9 % des importations françaises totales. L’Allemagne devance ainsi amplement, en tant que client de la France, les Etats-Unis (8,5 %) et, en tant que fournisseur, la Chine (9,2 %).

Le déficit commercial de la France avec l’Allemagne diminue du fait d’un recul plus net des importations que des exportations. Les exportations françaises vers l’Allemagne s’élèvent à 69,8 Md€ en 2019 ; elles diminuent de 0,9 Md€ par rapport à 2018. Les importations vers la France en provenance d’Allemagne s’élèvent à 84,8 Md€ en 2019, soit -1,8 Md€ en comparaison avec l’année précédente. Le déficit commercial se réduit ainsi de 0,9 Md€ par rapport à 2018 pour atteindre 15,1 Md€. Exportations et importations sont légèrement inférieures à la moyenne de ces dix dernières années. Le solde correspond, comme cela est régulièrement le cas, au deuxième déficit commercial le plus élevé de la France après celui avec la Chine.

La dépendance commerciale de l’Allemagne à la France est moindre. Selon Destatis, l’office fédéral de la statistique, la France se maintient depuis 2017 en quatrième position des échanges commerciaux de l’Allemagne (7,1 % des échanges allemands totaux en 2019) derrière la Chine (8,5 %), les Pays-Bas (7,8 %) et les Etats-Unis (7,8 %). La France a cédé la place de premier partenaire commercial de l’Allemagne, qu’elle a occupée sans interruption jusqu’en 2014, aux Etats-Unis en 2015 et à la Chine en 2016. La France constitue le quatrième fournisseur de l’Allemagne, derrière la Chine, les Pays-Bas et les Etats-Unis et son deuxième client derrière les Etats-Unis.  

2. Les échanges franco-allemands sont marqués par la prédominance des matériels de transport. 

L’Allemagne joue un rôle primordial dans les principaux secteurs d’échanges de la France. En 2019, elle constitue son premier partenaire commercial dans le secteur de l’automobile (part de 20 % des échanges totaux de véhicules automobiles de la France), des autres parties et accessoires pour véhicules automobiles (24 %) et des parfums et produits pour la toilette (12 %). L’Allemagne se situe en deuxième position des échanges d’aéronefs et engins spéciaux (20 % derrière les Etats-Unis 23 %) et de préparations pharmaceutiques (12 % derrière les Etats-Unis 14 %).

Les échanges de la France avec l’Allemagne sont composés à plus de 95 % de produits manufacturiers. Il s’agit principalement d’aéronefs et engins spatiaux (13 % en 2019), de produits chimiques, parfums et cosmétiques (11 %), de machines industrielles et agricoles, machines diverses (11 %), de véhicules automobiles (10 %), de produits métallurgiques et métalliques (9 %), de produits des industries agroalimentaires (7 %), de produits informatiques, électroniques et optiques (6 %) de produits en caoutchouc et en plastique, produits minéraux divers (5 %), d’équipements électriques et ménagers (5 %), de produits pharmaceutiques (4 %) et d’autres parties et accessoires pour véhicules automobiles (4 %). Les quatre premiers secteurs d’exportations et d’importations sont identiques : aéronefs et engins spatiaux, véhicules automobiles, autres parties et accessoires pour véhicules automobiles et préparations pharmaceutiques.

La coopération aéronautique dans l'entreprise Airbus est un véritable marqueur de la relation économique franco-allemande. 

3. Les investissements entre la France et l’Allemagne sont nombreux et variés.

Au-delà des échanges commerciaux, la relation franco-allemande est marquée par la densité des investissements croisés, qui démontre la confiance des entreprises françaises et allemandes dans l’économie et les règles du pays voisin. Ces investissements sont fortement encouragés par les gouvernements des deux pays, en particulier dans la mesure où ils permettent d’avoir des groupes européens de grande taille capables d’être compétitifs sur les marchés internationaux.

En 2017, l’Allemagne était le deuxième investisseur créateur d’emploi en France, avec 208 projets, générant 5789 emplois en France, soit 22% de plus qu’en 2016. Ces chiffres permettent de dynamiser la relation franco-allemande alors que les entreprises allemandes en France sont déjà 4 500 environ, et représentent un stock d’investissement de 60,5 Mds€ et emploient 310 000 personnes. EN ce qui concerne la présence française en Allemagne, ce sont environ 4 000 entreprises présentes, pour  près de 400 000 emplois et un chiffres d’affaire de 250 Mds€.

La relation franco-allemande est marquée par la croissance des investissements croisés (+16% en 2017) et l’augmentation de rapprochements majeurs, tels que le rachat de Siemens IT par Atos en 2011, le rachat d’Opel par PSA finalisé en 2017, ou le rapprochement entre l’activité ferroviaire de Siemens et Alstom annoncé en 2017. Au-delà de ces opérations importantes, la relation franco-allemande est marquée par de nombreux projets de plus petite taille, par exemple en zone frontalière, qui permet l’intensification de la coopération économique franco-allemande, et contribue à importer en France le succès du modèle du Mittelstand.

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