Les relations économiques entre la France et l'Allemagne

En 2017, l’Allemagne demeure, de loin, le premier partenaire commercial de la France alors que la France n’est plus que le quatrième partenaire de l’Allemagne. Le recul des exportations françaises vers l’Allemagne en 2017 (-4,0%) accentue le déficit commercial français de -14,2 Md€ à -17,2 Md€. La relation bilatérale est caractérisée par la densité des relations entre entreprises, qui perçoivent peu de barrières au commerce et à l’investissement, compte tenu de la proximité des réglementations économiques.

 

1. L’Allemagne est le premier partenaire de la France alors qu’inversement celle-ci n’est que son quatrième partenaire.

 

En 2017, l’Allemagne demeure, de loin, le principal partenaire commercial de la France même si la part des échanges bilatéraux est la plus faible depuis 2008. En 2017, les échanges franco-allemands (exportations + importations) représentent 15,4% des échanges totaux de la France. Cette part se situe loin devant celle des échanges avec l’Italie (7,6%) et l’Espagne (7,0%) les deuxième et troisième partenaires commerciaux de la France en 2017, mais est tout de même la plus faible de ces dix dernières années (16,5% en 2016). Par ailleurs, l’Allemagne concentre environ 33% des échanges français avec la zone euro (contre 35% en 2016) et 26% de ceux avec l’Union européenne (contre 28% en 2016).

 

L’Allemagne est, de loin, le premier client et fournisseur de la France. En 2017, les exportations françaises vers l’Allemagne représentent 14,8% (contre 16,2% en 2016) des exportations totales françaises et les importations en provenance d’’Allemagne 15,8% (contre 16,9% en 2016) des importations françaises totales. L’Allemagne devance ainsi amplement, en tant que client de la France, l’Espagne, l’Italie et les Etats-Unis (part comprise entre 7 et 8% dans chacun des cas) et, en tant que fournisseur de la France, la Chine (9,0%), et l’Italie (7,6%).

 

Le déficit commercial de la France avec l’Allemagne s’accroît en raison d’une baisse des exportations. Les exportations françaises vers l’Allemagne s’élèvent à 68,6 Md€ en 2017. Elles reculent de 2,9 Md€ par rapport à 2016. Les importations de la France en provenance d’Allemagne s’élèvent à 85,8 Md€ et restent ainsi quasiment inchangées par rapport à l’année précédente. Le déficit commercial se creuse de 3,0 Md€ en comparaison annuelle ; il s’élève à -17,2 Md€, soit le deuxième déficit commercial le plus élevé de la France après celui avec la Chine.

 

La dépendance commerciale de l’Allemagne à la France est moindre. Selon Destatis, l’office allemand de la statistique, la France perd des places en 2017 en tant que partenaire commercial. Face à la forte progression de ses concurrents, elle n’est plus, avec 7,3% des parts, que le quatrième partenaire commercial de l’Allemagne derrière la Chine (8,1%), les Pays-Bas (7,7%) et les Etats-Unis (7,5%). La France a cédé la place de premier partenaire commercial de l’Allemagne, qu’elle a occupée sans interruption jusqu’en 2014, aux Etats-Unis en 2015 et à la Chine en 2016. La France reste, comme en 2016, le troisième fournisseur de l’Allemagne, derrière la Chine, les Pays-Bas et devant les Etats-Unis et son deuxième client derrière les Etats-Unis.

 

2. Les échanges franco-allemands sont marqués par la prédominance des matériels de transport

 

Les échanges de la France avec l’Allemagne (exportations + importations) sont composés à 95% de produits manufacturiers. Il s’agit essentiellement de matériels de transport (principalement aéronautique et automobile) (30% en 2017), de produits chimiques, parfums et cosmétiques (12%), de machines industrielles et agricoles, machines diverses (11%), de produits métallurgiques et métalliques (9%), de produits des industries agroalimentaires (7%), de produits informatiques, électroniques et optiques (5%), de produits en caoutchouc et en plastique, produits minéraux divers (5%), d’équipements électriques et ménagers (4%) et de produits pharmaceutiques (4%). Sur le long terme (2008-2017), ces parts sont relativement stables. Entre 2016 et 2017, elles ont peu varié à l’exception des matériels de transports. La part des matériels de transports a en effet chuté de 34% en 2016 à 30% en 2017, la part de l’aéronautique, premier secteur d’échanges entre les deux pays (cf. tableaux 2 et 3), ayant plongé de 19% à 14%. La part des véhicules automobiles et des composants automobiles, qui constituent avec l’aéronautique les principales sous-catégories des matériels de transport, restent en revanche stables (10% et 4% respectivement).

Le secteur aéronautique est marqué par la coopération sur Airbus, dont la chaine de valeur est dispersée dans toute l’Europe, et qui est véritable un marqueur de la relation économique franco-allemande.

 

3. Les investissements entre la France et l’Allemagne sont nombreux et variés

 

Au-delà des échanges commerciaux, la relation franco-allemande est marquée par la densité des investissements croisés, qui démontre la confiance des entreprises françaises et allemandes dans l’économie et les règles du pays voisin. Ces investissements sont fortement encouragés par les gouvernements des deux pays, en particulier dans la mesure où ils permettent d’avoir des groupes européens de grande taille capables d’être compétitifs sur les marchés internationaux.

En 2017, l’Allemagne était le deuxième investisseur créateur d’emploi en France, avec 208 projets, générant 5789 emplois en France, soit 22% de plus qu’en 2016. Ces chiffres permettent de dynamiser la relation franco-allemande alors que les entreprises allemandes en France sont déjà 4 500 environ, et représentent un stock d’investissement de 60,5 Mds€ et emploient 310 000 personnes. EN ce qui concerne la présence française en Allemagne, ce sont environ 4 000 entreprises présentes, pour  près de 400 000 emplois et un chiffres d’affaire de 250 Mds€.

La relation franco-allemande est marquée par la croissance des investissements croisés (+16% en 2017) et l’augmentation de rapprochements majeurs, tels que le rachat de Siemens IT par Atos en 2011, le rachat d’Opel par PSA finalisé en 2017, ou le rapprochement entre l’activité ferroviaire de Siemens et Alstom annoncé en 2017. Au-delà de ces opérations importantes, la relation franco-allemande est marquée par de nombreux projets de plus petite taille, par exemple en zone frontalière, qui permet l’intensification de la coopération économique franco-allemande, et contribue à importer en France le succès du modèle du Mittelstand.

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