ALLEMAGNE
Indicateurs et conjoncture
Présentation générale
Avec 83,5 millions d’habitants en 2025, l’Allemagne est le pays le plus peuplé de l’Union européenne (densité de population élevée : 236 hab/km2 en Allemagne contre 108 hab/km2 en France en 2023). La forte croissance démographique observée au cours de ces dernières années (l’Allemagne ne comptait que 81,3 millions d’habitants en 2015) s’explique par l’immigration, le solde naturel s’étant quant à lui dégradé. En 2024, le taux de fécondité s’établit à 1,35 enfant par femme. En 2024, 18,7 % de la population a moins de 20 ans alors que 30,5 % a plus de 60 ans.
Avec un PIB de 4 329 Md€ en 2024 (prix courants), l’Allemagne est passée, en 2023, de 4ème à 3ème puissance économique mondiale derrière les Etats-Unis et la Chine et désormais devant le Japon. En 2023, le PIB (en standard de pouvoir d’achat) par habitant de l’Allemagne est environ 1,2 fois plus élevé que celui de la moyenne de l’UE à 27 pays.
L’économie allemande se caractérise par une forte industrie : l’industrie manufacturière représente 19,7 % de la valeur ajoutée brute (VAB) en 2024 et emploie 23,2 % des personnes employées en 2024. Comme dans tous les pays avancés, le secteur des services constitue cependant le secteur économique majeur (63,9 % de la VAB et 75,6 % des personnes employées en 2024).
L’Allemagne présente également une économie très internationalisée (cf. graphique 1 infra). Ses exportations de biens et services représentent 41,2 % du PIB en 2024. Le pays est classé au troisième rang des exportateurs et des importateurs mondiaux de biens en 2024.
Par ailleurs, le tissu productif allemand se caractérise par (i) la densité de ses entreprises de taille moyenne et intermédiaire (le « Mittelstand ») innovantes et exportatrices, et (ii) la déconcentration des lieux de production et de décision économique sur le territoire.
À l’instar du tissu entrepreneurial, le secteur bancaire allemand est marqué par une forte implantation régionale. Il s’articule autour de trois grands groupes qui se partagent le marché avec quelques établissements financiers étrangers : (i) celui des caisses d’épargne (environ 350 caisses et 5 banques régionales), (ii) celui des banques mutualistes (quelque 700) et (iii) celui des banques commerciales (Deutsche Bank et Commerzbank essentiellement).
Graphique 1 – Exportations de biens et de services en pourcentage du PIB
Indicateurs macroéconomiques
L'Allemagne sort d'une période de stagnation économique. Le pays a connu deux années de récession en 2023 et en 2024 (contraction du PIB de 0,7 % puis de 0,5 %) puis une année d’atonie en 2025 (croissance de 0,3 % selon l'estimation provisoire de Destatits, en données corrigées de la variation du nombre de jours ouvrés). L’activité économique s’établit ainsi à un niveau à peine supérieur à celui d’avant la pandémie.
Le ralentissement économique reflète notamment les difficultés de l'industrie : la production industrielle allemande diminue tendanciellement depuis 2018 (cf. graphique 2 infra), entraînant une érosion de l’emploi industriel (environ -140 000 en 2025, soit -1,8%). La compétitivité de l’industrie est en effet confrontée à de multiples défis : concurrence croissante de la Chine, impact des droits de douane américains, prix élevés de l’énergie, besoins d’investissement massifs pour les infrastructures et la décarbonation, progression des coûts salariaux dans un contexte de pénuries de main d’œuvre aggravées par le vieillissement démographique…
En corollaire, les échanges commerciaux de l'Allemagne marquent le pas. La valeur des exportations allemandes de biens reculent depuis 2023. En particulier, le déficit des échanges de biens de l’Allemagne vis-à-vis de la Chine a fortement augmenté depuis 2019, atteignant 67 Md€ en 2024 contre 13 Md€ en moyenne entre 2011 et 2018 ; le solde bilatéral des échanges de biens d’équipement, historiquement largement excédentaire (17 Md€ en 2019), est devenu déficitaire en 2025.
Graphique 2 – Indices de production industrielle
Finances publiques
La coalition gouvernementale a annoncé en 2025 un assouplissement budgétaire historique. Cet assouplissement est rendu possible par la réforme du cadre budgétaire constitutionnel adoptée en mars 2025, qui a notamment prévu la création d’un fonds pour les infrastructures de 500 Md€ sur douze ans ainsi qu'une exclusion partielle des dépenses de défense de la règle constitutionnelle du « frein à la dette ». La relance budgétaire annoncée par la coalition devrait contribuer de manière déterminante à la reprise progressive de l’activité économique à compter de 2026. A moyen terme, la marge de manoeuvre budgétaire du gouvernement reste néanmoins fondamentalement contrainte par le « frein à la dette », demeurant applicable au-delà du champ d'application de la réforme constitutionnelle, ainsi que par les règles budgétaires européennes.
Liens utiles : Bulletins mensuels du Ministère fédéral des Finaces et du Ministère fédéral de l'Economie et de l'Energie.
Sources : Destatis ; Bundesbank ; Bundesagentur für Arbeit ; OCDE ; OMC.