Le commerce extérieur et le commerce bilatéral avec la France en 2020

Résumé : Dans le contexte de la crise de la Covid-19, le commerce extérieur tchèque a été fortement impacté au 1er semestre 2020, puis les échanges ont rebondi et ont rattrapé une bonne partie de leur retard au 2ème semestre. Ainsi, sur toute l’année 2020, les exportations tchèques n’ont au total reculé que de 3,1% par rapport à 2019 et les importations de 4,3% (contre respectivement -11,1 % et -8,8 % sur un an au 1er semestre 2020). La France est l’un des partenaires commerciaux de la République tchèque avec lesquels les échanges ont le plus reculé : selon les douanes tchèques, les exportations tchèques vers la France ont reculé de 11,6% et les importations tchèques en provenance de France de 10,6% (respectivement -3,3% et -6,8% pour les échanges tchèques avec l’Union européenne dans son ensemble) ; les statistiques douanières françaises donnent des évolutions de même ampleur. Au niveau sectoriel, la plupart des secteurs sont touchés et le secteur automobile, dont le poids dans l’économie tchèque est très important (9% du PIB), contribue le plus fortement à la baisse des échanges.

 

1. Les échanges tchèques ont globalement rattrapé une bonne partie de leur retard au 2ème semestre 2020, mais accusent un repli important avec la France.

L’excédent commercial tchèque, qui est relativement élevé depuis plusieurs années, a continué à augmenter en 2020 (+7,1%) à 494,2 Mds CZK, en raison d’une baisse des importations plus forte (de -176,4 Mds CZK) que celle des exportations (-143,6 Mds CZK). L’année 2020 met donc fin à la hausse ininterrompue des exportations et importations tchèques depuis 2009.

Ce recul des exportations et des importations est toutefois à relativiser dans la mesure où le commerce extérieur tchèque a surtout été fortement impacté au 1er semestre 2020, tandis que les échanges ont rebondi et ont rattrapé une bonne partie de leur retard le reste de l’année. Ainsi, au total sur l’ensemble de l’année, les exportations tchèques ont reculé de 3,1% par rapport à 2019 et les importations tchèques de 4,3% ([1]) (contre respectivement -11,1% et -8,8% sur un an au 1er semestre 2020). Par ailleurs, cette baisse des exportations et importations tchèques est moins forte que celle observée pour l’UE dans son ensemble ([2]).

Les exportations tchèques vers les Etats membres de l’Union européenne, qui constituent les principaux partenaires commerciaux de la République tchèque, se sont repliées de 3,3% sur l’année et les importations de 6,8% (cf. tableau 1 en annexe). La France explique à elle seule près de 13% de la baisse des échanges (exportations et importations confondues). Plus précisément, les exportations tchèques ont plus fortement chuté vers l’Espagne (-21,4% par rapport à 2019 ; 7ème client), vers le Royaume-Uni (-14,2% ; 5ème client) et vers la France (-11,6% ; 4ème client). Celles vers l’Allemagne, le principal client (avec 32,6% des exportations tchèques), reculent de seulement 0,9%. Les importations tchèques reculent quant à elles surtout en provenance de France (-10,6% ; 7ème fournisseur), de Slovaquie (-10,5% ; 4ème fournisseur) et d’Allemagne (-9,5% ; 1er fournisseur). Hors UE, on pourra noter qu’elles ont fortement reculé en provenance de Russie (-41,6%) ; en revanche, elles ont augmenté en provenance de Chine, mais un peu moins fortement qu’au cours des 3 années précédentes (+9,8% en 2020, après +14,7% en moyenne sur 2017-2019). Le principal excédent bilatéral de la République tchèque demeure l’Allemagne (à 527,9 Mds CZK, en augmentation de 18,5% par rapport à 2019) tandis que le principal déficit bilatéral reste la Chine (-652,3 Mds CZK).

Au niveau sectoriel, la majeure partie des secteurs est touchée par le recul des exportations, hormis les produits alimentaires, le tabac, les produits désinfectants, certains articles de textiles ou encore certaines machines électriques. Sans surprise, le secteur automobile explique à lui seul 59% de la baisse des exportations tchèques ; au total elles reculent de 9,2% dans ce secteur. Du côté des importations tchèques, là aussi, la plupart des secteurs sont touchés, mis à part le secteur alimentaire, les produits pharmaceutiques ou certaines machines électriques. Le secteur automobile est là aussi le secteur qui contribue le plus fortement, pour près de 35%, à ce recul.

2. La France maintient sa position de 4ème client de la République tchèque, mais perd de très peu une place comme fournisseur et passe au 7ème rang.

Les Etats membres de l’Union européenne concentrent 83% des échanges tchèques en 2020 (74% en 2019). Parmi ces Etats, l’Allemagne est de loin le principal client de la République tchèque avec 32,6% de ses exportations en 2020, suivie par la Slovaquie (7,6%), la Pologne (6,2%) et la France (4,7% ; cf. graphique 2). Ces positions sont les mêmes qu’en 2019, année sans crise covid, avec des parts de marché qui ont été relativement peu modifiées. La France conserve donc sa position de 4ème client de la République tchèque, avec toutefois une part de marché en baisse, à 4,7% des exportations tchèques (contre 5,1% en 2019).

Inversement, l’Allemagne a conservé son rang de premier fournisseur de la République tchèque (23,2% en 2020). On trouve, ensuite, la Chine (18,1%), la Pologne (7,9%), la Slovaquie (4,1%), l’Italie (4%), les Pays-Bas (2,91%) et enfin la France (2,88% ; cf. graphique 3). Hormis la France qui perd une place, ces positions sont les mêmes qu’en 2019 et les parts de marché sont relativement peu modifiées. La Chine voit toutefois sa part de marché augmenter à 18,1% (contre 15,8% en 2019) et la part de marché de la France s’est réduite à 2,9% (3,1% en 2019).

3. Le recul des échanges avec la France concerne presque tous les secteurs, au premier rang desquels l’automobile. Les produits pharmaceutiques sont l’un des rares produits à voir leurs échanges augmenter.

Les statistiques douanières françaises donnent une image relativement similaire aux données de l’office statistique tchèque concernant les relations commerciales bilatérales entre les deux pays ([3]).

Ainsi, selon les données des douanes françaises, nos exportations vers la République tchèque ont reculé de 11% en 2020 (cf. graphique 2 en annexe), à 4,2 Mds EUR, et nos importations de 16,8%, à 6,7 Mds EUR. Au total, le déficit commercial de la France avec la République tchèque, qui avait tendance à se creuser ces dernières années, s’est amélioré de 25% en 2020 et s’est élevé à 2,5 Mds EUR. Il reste néanmoins le premier déficit commercial de la France en Europe centrale.

Le recul des exportations françaises vers la République tchèque concerne pratiquement tous les secteurs, sauf les produits pharmaceutiques dont les exportations augmentent significativement (+13,4%, à 550,7 M EUR), les ordinateurs et les parfums. Parmi les secteurs les plus touchés, on trouve l’automobile (véhicules et équipements automobiles) qui explique 30% du recul des exportations : -25,6% en 2020, à 453,1 M EUR. Dans une moindre mesure, les machines industrielles et agricoles et les produits métallurgiques et métalliques contribuent à hauteur de 22,3% et 12,8% respectivement à la baisse des exportations de la France vers la République tchèque.

Inversement, nos importations en provenance de la République tchèque reculent là aussi dans presque tous les secteurs (hormis la pharmacie et les produits alimentaires), mais c’est toujours le secteur automobile (en fait essentiellement les équipements) qui contribue le plus au recul des importations, pour 31% (équipements automobiles : -37%, à 711 M EUR). Les produits informatiques, les équipements électriques et les machines industrielles contribuent eux aussi fortement au recul de nos importations (respectivement pour 19,1%, 12,8% et 10,9%).

 


([1]) Source : douanes tchèques.

([2]) Les statistiques européennes publiées par Eurostat sont exprimées en Mds EUR (cf. tableau 3 en annexe). Pour 2020, ces données indiquent une baisse des exportations de l’UE de 9,4% par rapport à 2019 et une baisse des importations de l’UE de 11,6% (contre respectivement -6% et -7% pour les exportations et importations tchèques).

([3]) Les écarts s’expliquent par l’unité des statistiques (CZK pour l’office statistique tchèque et EUR pour les douanes françaises) ainsi que par certaines différences méthodologiques.

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