Le commerce extérieur et le commerce bilatéral avec la France en 2021

Résumé : L’année 2021 a vu se poursuivre le rebond des échanges commerciaux amorcé au 2d semestre 2020, après le net recul observé du printemps 2020 lié au Covid. Ainsi, en 2021, le rythme du commerce extérieur tchèque a retrouvé sa tendance d’avant-crise Covid. Les exportations ont été supérieures de 7,6% par rapport à 2019 (+10,9% par rapport à 2020) et les importations de 11,4% (+15,8% par rapport à 2020). Pour autant, cette reprise des flux commerciaux a été freinée par les perturbations des chaînes de valeur et flux logistiques mondiaux, perturbant la production industrielle nationale et réduisant l’offre disponible à l’export. Pénalisé également par la hausse des coûts de l’énergie en fin d’année, l’excédent commercial tchèque s’est au total nettement réduit en 2021 (-29,6% par rapport à 2020) à 336,5 Mds CZK (13,14 Mds EUR).

En ce qui concerne les échanges commerciaux bilatéraux avec la France, qui s’étaient particulièrement contractés en 2020, les exportations comme les importations ont retrouvé des niveaux d’avant-crise, sans marquer de gains de parts de marché. D’autres partenaires commerciaux (Allemagne, Slovaquie, Pologne par exemple) ont connu de meilleures performances. Le déficit commercial bilatéral de la France avec la République tchèque, qui s’était réduit en 2020 sous l’effet de la crise, se creuse à nouveau de 8%, à -2,7 Mds EUR, mais reste néanmoins meilleur que celui d’avant-crise (-3,3 Mds EUR en 2019). La plupart des secteurs ont retrouvé un niveau d’avant-crise. La  reprise des échanges dans le secteur des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique et le secteur des matériels explique une grande partie de la hausse des échanges bilatéraux franco-tchèques.

 

 1. Commerce extérieur de la Tchéquie en 2021 : les perturbations d’approvisionnements ont contraint la production industrielle et la capacité exportatrice du pays, conduisant à un net recul de l’excédent commercial.

L’excédent commercial de la République tchèque, qui tendait ces dernières années à s’accroître, s’est nettement contracté en 2021 (-29,6%) à 336,5[1] Mds CZK (13,14 Mds EUR[2])[3], en raison d’une hausse des exportations (à 4 927 Mds CZK soit 192,5 Mds EUR, +10,9% par rapport à 2020 et +7,6% par rapport à 2019) plus modérée que celle des importations (à 4 590 Mds CZK soit 179,3 Mds EUR soit+15,8% par rapport à 2020 et +11,4% par rapport à 2019). Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale, dont dépend l’industrie tchèque, ont conduit à des baisses de production dans certains secteurs et par conséquent, à un repli de la capacité exportatrice (baisse de l’offre à l’export). En outre, la facture énergétique s’est alourdie avec la hausse des prix de l’énergie en fin d’année 2021. (cf. graphique 1) Le solde des biens de la balance des paiements[4], affiche quant à lui un léger déficit de 1,46 Mds CZK (60,3 M EUR), une première depuis 11 ans. Par ailleurs, la reprise des échanges commerciaux tchèques a été comparativement plus faible que pour l’UE dans son ensemble (exportations : +14% par rapport à 2020 pour la République tchèque et +17% pour l’UE ; importations : 19% par rapport à 2020 pour la République tchèque et +21% pour l’UE – Eurostat, cf. tableau 4).

En termes géographiques (cf. tableau 1), les échanges intra-UE s’élèvent à 80% du total en 2021 (83 % en 2020 et 74% en 2019). Les exportations intra-UE (80% du total des exportations) sont en hausse de 8,9 % par rapport à 2019 et de 11,8% par rapport à 2020, soit une dynamique plus forte que vers les pays extra-UE reflétant la persistance des perturbations logistiques intercontinentales. Dans le détail, les exportations ont surtout progressé vers l’Allemagne, 1erclient avec 32% des exportations (+9,5% par rapport à 2019 et +10,1% par rapport à 2020), la Slovaquie, 2ème client avec 8% des exportations (+14,4% / +17,3%), la Pologne, 3ème client avec 6,7% des exportations (+19,4% / +19,4%),  l’Italie (+9,1% / 11,1%) ou encore l’Autriche (+12,4% / +19,7%). Les exportations vers la France (4ème client avec 4,6% des exportations tchèques, contre 5,1% en 2019) ont également augmenté, de +9,3% par rapport à 2020, vers restent inférieures de 3,4% par rapport à 2019, comme avec le Royaume-Uni (-8,3%) ou l’Espagne (-15,8%). Ces classements sont les mêmes qu’en 2019 et 2020, avec des parts de marché tchèques à l’export relativement stables.

Les importations augmentent notamment depuis l’Allemagne, 1er fournisseur avec 22,5% des importations (+1,5% par rapport à 2019 et +11,3% par rapport à 2020), la Pologne, 3ème fournisseur avec 8,2% des importations (+18,9% / +19,9%), la Slovaquie avec 4,5% des importations (+12,5% / +25,4%), l’Italie avec 4,2% des importations (+14,7% / +20,6%) ou encore l’Autriche (+12,6% / +21,9%). Les importations depuis la France (7ème fournisseur, 2,9% des importations tchèques) ont également retrouvé leur niveau d’avant-crise (+3,0% / +13,8%). Hors UE, la Chine assoit sa position de 2ème fournisseur avec 16,8% des importations (+17,9% / +6,9%) et les importations de Russie (3% des importations, 6ème rang), quant à elles, ont doublé (+102,8% par rapport à 2020).

Le principal excédent bilatéral de la République tchèque demeure l’Allemagne (à 569,2 Mds CZK, +7,9% par rapport à 2020) tandis que le principal déficit bilatéral reste la Chine (-701,6 Mds CZK, en augmentation de +7,8% par rapport à 2020). Avec la France, la Tchéquie dégage un excédent de 96 Mds CZK soit son 4ème excédent bilatéral (après Allemagne, Slovaquie et Royaume-Uni).

Au niveau sectoriel, presque tous les grands postes contribuent à la hausse des exportations tchèques et ont retrouvé leur niveau d’avant-crise. Les machines et matériel de transports (56% des exportations) sont faiblement en hausse (+6% par rapport à 2020 et +2% par rapport à 2019 ; cf. tableau 2), pénalisées par les perturbations dans les approvisionnements d’intrants. Du côté des importations, tous les principaux postes contribuent à la hausse. La plupart des soldes sectoriels se dégradent. Le principal excédent sectoriel demeure celui des machines et matériel de transports  (à 621,0 Mds CZK, -1% par rapport à 2020) tandis que le principal déficit sectoriel reste celui des produits chimiques (-203,4 Mds CZK, en augmentation de +26% par rapport à 2020).

 

2. Commerce bilatéral FR-CZ : les exportations françaises ont retrouvé leur niveau d’avant-crise Covid, tandis que les importations françaises restent à la peine par rapport à 2019, permettant de limiter le creusement du déficit bilatéral de la France.

Selon les douanes françaises, nos exportations vers la République tchèque ont augmenté de 17% en 2021 par rapport à 2020, à 4,9 Mds EUR (soit 1,0% de nos exportations totales et 1,9% de nos exportations intra-UE), et ont retrouvé leur niveau d’avant-crise (+5% par rapport à 2019 ; cf. graphique 4).

Nos importations en provenance de République tchèque, ont augmenté de 14% en 2021 par rapport à 2020, à 7,6 Mds EUR (soit 1,3% de nos importations totales et 2,4% de nos importations intra-UE), mais n’ont néanmoins pas retrouvé leur niveau d’avant-crise (8,1 Md€ en 2019) en raison d’une baisse au second semestre 2021 (-15% par rapport au 1er semestre 2021). Le déficit commercial bilatéral (au détriment de la France), qui s’était réduit en 2020, à - 2,5 Md€, se creuse de 8%, à -2,7 Md€[5], mais reste néanmoins meilleur que celui d’avant-crise de 19% (-3,3 Md€ en 2019).

La reprise des exportations françaises vers la République tchèque concerne pratiquement tous les secteurs (cf. tableau 3) mais s’explique principalement par les secteurs suivants : (i) pour 23% par les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique : +14,2% en 2021, à 1,341 Mds EUR ; (ii) pour 20% par les produits métallurgiques et métalliques : +35,8% en 2021, à 552,7 M EUR ; (iii) pour 20% par les produits chimiques et pharmaceutiques et (iv) pour 18% par les matériels de transports : +23,9% par rapport à 2020, à 684,2 M EUR.

Enfin, la hausse des importations françaises en provenance de République tchèque concerne tous les grands secteurs, mais plus particulièrement les matériels de transport (pour 35%) : +12,7% à 2,837 Mds EUR, ainsi que les équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques (pour 24%) : +9,8% par rapport à 2020, à 2,452 Mds EUR.

 
 

[1] Source : office statistique tchèque. Méthodologie douanière (sont comptabilisés les biens franchissant la frontière)

[2] Taux de change 2021 de la CNB : 1 EUR = 25,645 CZK

[3] Ce solde commercial se décompose entre un excédent intra-UE de 1242,7 Md CZK (+5,1% par rapport à 2020 et +10% par rapport à 2019) et un déficit extra-UE de -906,2 Md CZK (qui s’est détérioré de 29% par rapport à 2020 et de 38% par rapport à 2019).

[4]Le compte des biens de la balance des paiements (compte des transactions courantes) intègre des données de commerce retraitées à partir des données douanières pour respecter le critère du changement de propriété économique (et non de franchissement de frontière) ; ces chiffres intègrent donc par exemple certaines transactions commerciales sans franchissement de frontière (telles que le négoce international) et excluent des mouvements sans changement de propriété (mouvements de produits semi-finis au sein d’un même groupe multinational par ex).

[5] contre -3,75Md€ pour l’office statistique tchèque et -3,69Md€ pour Eurostat.



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