Indicateurs et conjoncture

L'économie Cap-verdienne est actuellement dans une phase de reprise économique après un ralentissement du à la crise économique en Europe qui a réduit les recettes touristiques du pays. L'embellie s'accompagne d'une amélioration des fondamentaux macroéconomiques, notamment le niveau de l'inflation, de la dette publique et de l'emploi. Néanmoins, l'augmentation de la consommation creuse le déficit extérieur, commercial et courant, qui reste le principal point de surveillance.

1. L’embellie économique se confirme

La reprise de la croissance du PIB amorcée en 2016 (3,8%), s’est confirmée en 2017 (4%) et la tendance devrait selon toute vraisemblance s’accentuer, sous l’effet notamment de la dynamique du tourisme (qui représente plus de 20% du PIB). En 2018, le croissance devrait approcher 5% du PIB. Comme en 2017, l’inflation devrait rester stable autour de 1% en 2018, validant a posteriori la baisse de 200 pdb (de 3,5% à 1,5%) du taux directeur de la BCV, à l’été 2017.

Le crédit au secteur privé aurait cru de 6,8% en 2017, pour une croissance globale de 7,5% du crédit à l’économie (qui inclut notamment les entreprises d’Etat). Outre l’accès aux financements, le climat des affaires demeure perfectible, notamment en termes de prix de l’électricité (parmi les plus élevés d’Afrique de l’Ouest), de fiscalité et de réglementation de l'insolvabilité. Classé 127ème au classement Doing Business 2018,  la Cap Vert est 1er à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest et 14ème à l'échelle de l'Afrique subsaharienne.

Les créations d'emplois sont en ligne avec ces bonnes performance économiques : elles ont cru de 3,9% en 2017 et devrait continuer au même rythme en 2018 (prévision de 3,8%), le taux de chômage demeurant dans une fourchette entre 10 et 11% malgré la reprise. Cette croissance de l’emploi est avant tout tirée par le tourisme, le commerce et la petite industrie, qui ont compensé la sécheresse responsable du ralentissement de l'activité dans le secteur agricole.

2. La dette publique demeure un point sensible, malgré un profil relativement favorable.

La consolidation budgétaire devrait se poursuivre en 2018, avec un déficit de l’Etat prévu à 3,2%, en ligne avec l’exécution budgétaire de 2017 (3%). Ce déficit devrait toutefois se creuser à nouveau à partir de 2019 (à 5,9% selon le FMI), sous l’effet du coût des réformes des entreprises publiques. En tout état de cause, il ne reflète pas le besoin de financement total de la sphère publique, qui excède chaque année 15% du PIB.

La dette publique, classée en risque "élevé" par le FMI, a amorcé une décrue, de 129,5% du PIB en 2016 à 126% du PIB en 2017. A 68% externe, elle devrait continuer à diminuer pour tendre vers 124% du PIB en 2018. Souscrite aux trois-quarts à des conditions concessionnelles, cette dette est de maturité longue (18 ans en moyenne), son taux moyen est inférieur à 1% et ses intérêts n’absorbent que 11% des recettes domestiques.

3. Sur le plan extérieur, des déséquilibres se creusent légèrement

En 2017, les exportations de biens ont observé une baisse de -17,98% par rapport à l'année dernière. En parallèle, les importations de biens ont augmenté de 16,30% par rapport à 2016. En conséquence, le déficit de la balance commerciale a augmenté de 19,68% sur la période, pour atteindre 42,52% du PIB en 2017, après 36,98% en 2016. En parallèle, le déficit de la balance courante est estimé à 8,08% du PIB (soit-136 MEUR).

Au plan extérieur, le déficit courant devrait s’accroître en 2018, à 9,5% du PIB, contre 8,8% en 2017. L’amélioration de la balance des services - grâce au tourisme et transferts d’expatriés - ne compense pas le creusement du déficit commercial. Les modestes exportations du pays restent dépendantes à 97% du débouché de l’UE et sont concentrées sur les produits de la pêche transformés à destination du marché espagnol. Le niveau des réserves demeure satisfaisant, à plus de 5 mois d'importation ne laissant aucun doute sur la stabilité à court terme de l’Escudo cap-verdien (CVE).

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