Indicateurs et conjoncture

L’archipel, isolé, sans ressources naturelles et pauvre en eau douce, est largement dépendant de l’extérieur tant pour ses ressources financières (sur les trois dernières années, les IDE représentent en moyenne 3% du PIB, les transferts de la diaspora 10%, l'aide au développement 6,7% en 2018, 12,1% prévu pour 2019%) que pour ses approvisionnements (déficit commercial structurel, qui atteint 34,5% du PIB en 2018). En raison de la faiblesse des activités d’origine domestique, le PIB (1,68 Md EUR en 2018) est dominé par le tourisme et le commerce d’importation. Le secteur primaire (6% du PIB) tend à se développer mais demeure loin de satisfaire les besoins domestiques : ne disposant que de 10% de terres arables, le Cap-Vert importe 85% de ses besoins alimentaires. L’industrie (18% du PIB) est à la recherche de débouchés extérieurs pour des activités de sous-traitance (secteurs aéronautique et pharmaceutique notamment). Le secteur tertiaire (62% du PIB) est porté par le tourisme (25% du PIB et 376 MEUR de recettes en 2018) et les services financiers.

Le Cap-Vert a cependant su s’imposer comme l’un des pays les plus dynamiques de la région, voire un modèle pour l’ensemble de l’Afrique : croissance annuelle moyenne de près de 7% au début des années 2000, bonne gouvernance et faible niveau de corruption, PIB par habitant trois fois plus élevé que la moyenne d’Afrique subsaharienne, 13ème indice de développement humain en Afrique et premier d’Afrique de l’Ouest – 163ème sur 228 au classement général de 2019.

Evolution de la croissance économique

Après une période de faible croissance du PIB (1,8% en moyenne entre 2010 et 2015), une reprise s’est amorcée en 2016 avec une croissance de 4,7% puis 4% en 2017. La bonne tenue du secteur touristique a permis au pays d’échapper à la récession sur les six dernières années. La croissance du PIB a atteint 5,5% en 2018, tirée par l’investissement privé. Les perspectives à moyen terme sont bien orientées, avec une croissance du PIB prévue à 5% en 2019 et à moyen terme, tirée par le tourisme, l’industrie et les transports.

Au plan extérieur, le déficit courant a diminué à 4,5% du PIB en 2018 en raison de la hausse des recettes touristiques et du secteur de la pêche, ainsi que des remises de migrants, après 6,2% en 2017.  

Les autorités ont adopté en 2017 un  nouveau « Plan économique de développement durable ». L’accent est mis sur la promotion du secteur privé, la diversification de l’économie pour la rendre plus résiliente aux effets du changement climatique, le renforcement de l’intégration régionale au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Finances publiques

Depuis 2009, la conjugaison de dépenses de soutien à l’activité économique et de recettes minées par le ralentissement de la croissance se traduit par un déficit budgétaire important atteignant 9,3% du PIB en 2013. Suite aux recommandations du FMI, des efforts de consolidation budgétaire ont permis de ramener le déficit à 3,0% en 2017 et 2,8% du PIB en 2018.

Cependant la trajectoire de la dette publique reste préoccupante : elle est passée de 115,9% du PIB en 2014 à 123,9 % du PIB à la fin de 2018, principalement du fait de la croissance de la dette extérieure pour financer les infrastructures. Elle devrait commencer à diminuer à 121,4% du PIB en 2019. Le FMI classe la dette publique en risque « élevé », même si elle est pour l’instant soutenable du fait de son profil, très majoritairement concessionnel et portant sur de longues maturités (moyenne de 18 ans estimée).

Le Cap-Vert a bénéficié d'un instrument de soutien à la politique économique (ISPE) entre 2006 et 2012. Le Conseil d’administration du 15 juillet 2019 a accueilli favorablement la demande d'un instrument de coordination des politiques (ICPE de 18 mois sans décaissement). Ce programme vise une amélioration de la mobilisation des recettes - en luttant contre l'évasion fiscale, en élargissant l'assiette fiscale et en rationalisant les exonérations - et la poursuite de la compression des dépenses, en particulier, l'élimination des transferts budgétaires aux entreprises publiques. La situation financière de certaines entreprises publiques a, d’ores et déjà, conduit l’Etat à engager des réformes. En 2019, il a ainsi finalisé le processus de privatisation de la compagnie aérienne nationale TACV, qui avait cumulé une dette de plus de 100 MEUR.

Environnement des affaires

Le gouvernement a entamé en 2018 la deuxième phase de son Plan Stratégique pour un Développement Durable dont l’objectif est (i) transformer le pays en hub maritime et aérien, (ii) garantir la soutenabilité économique, (iii) réduire la pauvreté et les inégalités et (iv) renforcer les institutions démocratiques et la diplomatie. En outre, la plan vise à réduire la dépendance au pétrole de via la construction d’infrastructures productrices d’énergie renouvelable et de produits agricoles (dont 80% sont aujourd’hui importés) en investissant dans la formation et les machines.

Même s’il reste une marge de progression (notamment sur la réglementation de l’insolvabilité), le niveau de gouvernance économique, atteint par le Cap Vert demeure exceptionnel relativement au reste de la sous-région. Le pays est classé 131ème/190 au classement Doing Business 2019, 15ème à l’échelle de l’Afrique subsaharienne et 2ème en Afrique de l’Ouest (derrière la Côte d'Ivoire).

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