Indicateurs et conjoncture

Depuis 2008, le Président Raul Castro mène des réformes visant à ouvrir, en partie, le modèle économique socialiste centralisé et planifié cubain. Des exemples récents de ces réformes, mises en place « sans hâte, mais sans pauses », sont la nouvelle loi d’investissements étrangers, la création d’une zone de développement économique spéciale autour du port de Mariel, l’ouverture graduelle du secteur privé ou la création de marchés automobile et immobilier nationaux. L’Accord du Club de Paris de décembre 2015 a enfin permis à Cuba de résoudre le problème de la dette contractée envers 14 pays créanciers (dont la France) et ainsi d’ouvrir la voie à une réinsertion du pays dans le système financier international.

Malgré l’embargo américain, persistant depuis plus de 50 ans, et le maintien de politiques économiques difficilement soutenables, Cuba est la première économie de la Caraïbe et possède un niveau de développement plus qu’honorable. Cependant l’économie cubaine reste très fragile et dépendante de quelques secteurs clés exportateurs qui permettent de financer son modèle socio-économique. Affectée par les difficultés que traverse actuellement son plus grand partenaire, le Venezuela, Cuba doit faire face à une contrainte de liquidité qui a provoqué en 2016 la première récession depuis 25 ans (évolution de -0,9% du PIB). Les autorités ont cependant annoncé une reprise dès cette année avec 2% de croissance, reprise dont les ressorts restent cependant méconnus.

En dépit de ce contexte, l’annonce historique d’un rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, l’assouplissement de l’embargo et le fort intérêt des investisseurs étrangers pour ce pays ainsi que l’essor considérable du tourisme depuis quelques années offrent des perspectives encourageantes. Cependant, le poids et la lenteur de l’administration, la complexité du cadre macroéconomique, la forte centralisation des décisions et les difficiles conditions de financements du fait du maintien de l’embargo américain continuent d’être des entraves non-négligeables à l’installation des entreprises étrangères.

 

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