Indicateurs et conjoncture

 

La Colombie a affiché une croissance solide et régulière sur la décennie 2007-2017. Avec un PIB nominal à 305,8 Mds USD en 2017 (environ 6204 USD par habitant), la Colombie se positionne comme la 4e économie d’Amérique Latine (6e en PIB par habitant). En 2017, la croissance du PIB a atteint +1,8% (après +2% en 2016). Après un ralentissement à +1,6% en glissement annuel au 4e trimestre 2017, la croissance a rebondi au 1er trimestre 2018, à +2,2%. L’inflation converge pour sa part vers la cible de la Banque centrale (3%, ±1%), ce qui a permis une baisse progressive des taux à 4,25% (onze baisse de taux depuis décembre 2016).

 

Les disparités de revenu se réduisent lentement, le coefficient de Gini s’améliore pour la 7e année consécutive, passant de 0,56 en 2010 à 0,508 en 2017 (0,517 en 2016). Le pays reste toutefois parmi les 15 pays les plus inégalitaires au monde. En 2017, le taux de pauvreté monétaire (revenus mensuels inférieurs à 250.620 COP soit environ 72 EUR) est passé de 28% à 26,9% de la population. L’extrême pauvreté (revenus mensuels inférieurs à 116.330 COP (environ 33 EUR) a également diminué (de 8,5% à 7,4%). Ce chiffre recouvre cependant de fortes disparités régionales, avec des taux de pauvreté monétaire allant de 48% à 12% selon les villes. La Colombie compte encore 5 millions de déplacés du fait du conflit interne et le secteur informel continue de rassembler 47% de la population active (13 principales métropoles). L'informalité a néanmoins considérablement diminué ces dernières années, grâce à l'amélioration de l'éducation et à la réforme fiscale de 2012 qui a entériné la baisse des cotisations salariales de 29,5% à 16%, en les remplaçant par un impôt sur les bénéfices.

 

Le pays dispose d’importantes ressources en matières premières énergétiques : environ 7 ans de réserves en pétrole (la production est en baisse de 3,5% en moyenne en 2017 par rapport à la moyenne de l’année 2016, à 854.000b/j) ; 30 ans de réserves en charbon (11ème producteur et 5ème exportateur mondial) avec une production de 89,4 Mt en 2017, après un record à 90,5 Mt en 2016. En dépit du poids des matières premières, l’économie présente un degré croissant de diversification. Le potentiel agricole et agroalimentaire de la Colombie restant à exploiter demeure très important. L’agriculture représente 6,5% du PIB et emploie 16% de la population active totale (60% en zone rurale). La fin du conflit armé pourrait grandement faciliter l’intensification du modèle d’exploitation et la progression dans la chaîne de valeur (sous réserve des investissements adéquats dans la chaîne logistique et les infrastructures routières). En outre, le tourisme pourrait devenir une source importante de revenus pour le pays. La Colombie a vu arriver sur son sol 3,31 millions de touristes internationaux en 2016 selon l’Organisation mondiale du tourisme, soit une hausse de 11% par rapport à 2015, engendrant 4,7 Mds USD de recettes.

 

Le déficit budgétaire s’est établi en 2017 à -3,6% contre -2,4% en 2014, dû en parti à la baisse de la rente pétrolière, les recettes publiques issues de ce secteur ne pesant plus que 0,5% du PIB, contre encore 3,3% en 2014. Cela a conduit à une augmentation de la dette publique nette de l’Etat central à 43,6% du PIB en 2017, soit une hausse de 1 p.p. par rapport à 2016.

 

Le compte courant, structurellement déficitaire, s’est amélioré en 2017, à -3,3%  du PIB (-4,3% du PIB en 2016 et -6,6% en 2015). Le déficit commercial s’est également réduit en 2017, à 4,8 Mds USD contre 9,2 Mds USD en 2016. Ce résultat est dû à la croissance des exportations, qui s'explique par le rebond des cours mondiaux des matières premières, plus accusé que la croissance des importations. A 39,4 Mds USD, les exportations colombiennes ont en effet progressé de 15,8% en 2017 (contre +2,3% pour les importations). L’ensemble des postes clés ont progressé : +32% (à 20,4 Mds USD) pour les hydrocarbures, +5% (à 2,6 Mds USD) pour le café, +13% (à 2 Mds USD) pour les pierres et métaux précieux, +7% (à 1,4 Md USD) pour la floriculture, +6% (à 1,4 Md USD) pour les matières plastiques et +4% (à 1,1 Md USD) pour les fruits.

 

 

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