Relations bilatérales

Commerce bilatéral

 Le Cameroun est le 1er partenaire commercial de la France en Afrique centrale, mais son 70e client avec 0,1% des exportations françaises totales

Selon les données des douanes françaises, les échanges de biens (hors matériel militaire) entre la France et le Cameroun se sont élevés à 1,3 Md EUR en 2025, en hausse de 25 % par rapport à 2024 et de 26 % par rapport à la moyenne sur dix ans. Bien que le Cameroun ne représente que 0,1 % de nos exportations totales, il demeure notre premier partenaire commercial en Afrique centrale avec 42 % des échanges, devant le Gabon (24 %), le Congo (20 %) et le Tchad (11 %). En 2024, le Cameroun a été notre 70ème client, reculant d’une place par rapport à 2024, et notre 69ème fournisseur, progressant de 3 places. D’après les dernières données disponibles de l’Institut National de la Statistique (INS) du Cameroun qui concernent 2024, la France a été relégué à la quatrième place des fournisseurs du Cameroun (5,9 % des parts de marché contre 7,6 % en 2023), derrière la Chine (22% en 2024 contre 19 % en 2023,  l’Inde (7,1 % après 11,6 % en 2023) et la Belgique (6,1%)[1].

Après une parenthèse excédentaire en 2024, le solde commercial de la France avec le Cameroun est redevenu déficitaire en 2025, atteignant -176 M EUR, après +60 M EUR en 2024. Le pays est passé du 68ème rang en terme d'excédent commercial de la France en 2024 au 50ème rang en terme de déficit commercial en 2025.

Un léger rebond des exportations françaises, repositionne le Cameroun comme 1er débouché en CEMAC devant le Gabon

Les exportations françaises vers le Cameroun ont légèrement progressé en 2025 (+2 %) en glissement annuel pour s’établir à 563 M EUR, tout en demeurant en deçà de leur niveau historique d’il y a dix ans (631 M EUR). Ceci traduit à la fois une certaine érosion en valeur sur longue période et une évolution des spécialisations.

  • Les industries agroalimentaires (IAA) 1e poste, soit 26% des exportations totales (142M EUR) malgré un recul de 4 % en 2025. Ce repli conjoncturel ne remet toutefois pas en cause la tendance de fond : les flux se situent à un niveau nettement supérieur à celui du début de période (105 M EUR), confirmant la montée en puissance durable de ce segment et le glissement progressif de notre spécialisation vers des exportations davantage tirées par la demande finale. Cette catégorie inclut notamment les vins, le champagne et les préparations alimentaires. Il est intéressant de noter que dans un contexte de guerre tarifaire imposée par les Etats-Unis, la Côte d’Ivoire et le Cameroun constituent de nouveaux débouchés pour les grands crus français, avec une dynamique qui reste à confirmer dans le long terme.
  • Les équipement mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques, 2e poste (22% des exportations, 119M EUR) sont restés quasi stables, principalement composées de machines industrielles et agricoles. Sur longue période, ce segment enregistre en revanche un recul marqué par rapport à son niveau de 2016 (167 M EUR), traduisant une érosion graduelle de notre positionnement sur ce pilier traditionnel et, plus largement, un affaiblissement relatif des exportations à plus fort contenu technologique dans la structure de nos ventes au Cameroun.
  • Les produits pharmaceutiques, 16 % du total des exportations, ont poursuivi leur repli (-2 % à 91 M EUR) à un niveau désormais inférieur à celui observé dix ans auparavant (112 M EUR), après une phase d’expansion continue jusqu’en 2023.
  • Les produits chimiques, parfums et cosmétiques, qui comptent pour 8 % du total des exportations, ont également contribué à la dynamique des exportations avec un rebond de 9 % (à 45 M EUR) en 2025, tout en restant légèrement en deçà de leur niveau du début de période (49 M EUR), traduisant une évolution globalement atone sur longue période.
  • Les matériels de transport (véhicules automobiles) représentent désormais près de 7 % des exportations et ont affiché une croissance de 52 % pour s’élever à 39 M EUR, soit leur plus haut niveau sur l’ensemble de la période et un montant supérieur à celui observé il y a une décennie (33 M EUR). Cette dynamique pourrait être liée au développement des investissements du secteur privé dans les infrastructures logistiques et le secteur minier.
  • Les produits agricoles, qui représentent près de 7 % du total des exportations, enregistrent une baisse (-7 % à 41 M EUR sur un an), les flux se situant désormais en deçà de ceux enregistrés au début de la période (54 M EUR), hors pic exceptionnel de 2022 (effets de la guerre en Ukraine).
La forte hausse des importations françaises est tirée par le cacao et le rebond des hydrocarbures, confirmant la concentration des approvisionnements français en produits primaires

En 2025, les importations françaises en provenance du Cameroun ont fortement progressé pour atteindre 739 M EUR, en hausse de +50 % en g.a, dépassant nettement leur niveau d’il y a dix ans (277 M EUR en 2016). Cette expansion marque un retournement après le point bas de 2024 et s’inscrit dans une trajectoire de long terme caractérisée par une volatilité élevée et une dépendance croissante à un nombre limité de produits, en particulier le cacao et les hydrocarbures.

  • Les industries agroalimentaires, 1e poste (50 % des importations) ont poursuivi leur progression à un rythme soutenu (+50%, 369 M EUR) atteignant un niveau record sur l’ensemble de la période, contre 55 M EUR en 2016. Cette hausse reflète un effet prix lié à la flambée des cours internationaux (prix du cacao : +6 % sur un an et +170 % sur dix ans) et une meilleure rémunération des produits transformés (pâte, beurre, chocolat). La filière cacao bénéficie d’investissements industriels qui ont conduit à l’augmentation de la capacité de transformation locale à 109Kt (+27,7%) en présence, notamment, de 5 unités de transformation.
  • Les produits agricoles, sylvicoles et de la pêche ont également augmenté (148 M EUR, +41 %), retrouvant des niveaux proches de leurs plus hauts historiques et confirmant leur tendance haussière depuis 2020.

En conséquence, l’ensemble de la filière agro-industrielle représente désormais près de 70 % des achats français, contre 20 % en moyenne 2022-2023, plus bas niveau historique.

  • Les hydrocarbures naturels et produits extractifs, 26 % du total, ont plus que doublé en 2025 pour atteindre 193 M EUR (+110 %), après leur forte contraction en 2024. Sur longue période, ce poste apparaît comme le principal facteur de volatilité des échanges, avec des niveaux très faibles jusqu’en 2021, un pic exceptionnel en 2022 sous l’effet du GNL (756 M EUR), puis un ajustement marqué. Le rebond observé en 2025 correspond surtout à un rattrapage des flux dans un contexte énergétique international moins porteur qu’en 2022.
  • Le bois, papier et carton sont restées quasi stables (23 M EUR, -6 %) et nettement en deçà de leur niveau du début de période (30 M EUR en 2016), illustrant une érosion tendancielle de cette filière historiquement importante, dans nos approvisionnements due sans doute, à une réglementation environnementale plus contraignante et une concurrence des pays asiatiques sur les produits de bois transformés.

Evolution du commerce entre la France et le Cameroun (M EUR) 

Evolution du commerce entre la France et le Cameroun (M EUR) entre 2016-2025

Source : Douanes françaises

Investissements directs étrangers et présence française

Avec un total de 1,6 Md EUR en 2024, le stock d’IDE français au Cameroun est le deuxième d’Afrique centrale, derrière le Congo (2,6 Mds EUR) qui bénéficie d’importants investissements pétroliers.

Environ 200 entreprises (une centaine de filiales de groupes français et une centaine d’entreprises détenues par des ressortissants français) sont en activité au Cameroun  dans plusieurs secteurs d’activités : l’énergie (TotalEnergies, Perenco (franco-britannique), EDF, Parlym, Schneider, RTE) ; l’agro-industrie/bois (Castel, PHP, SABC, Pallisco) ; les banques et assurances (Société Générale[2], AXA, Olea) ; le BTP (Razel Bec, Bouygues, Egis, Sogea Satom) ; les télécommunications (Canal+, Orange), la santé/pharmaceutique (Laborex, Sanofi) ; le transport et la logistique (AGS, Air France, AGL, Camrail, CMA CGM) ; la distribution (CFAO, Carrefour, Super U). Selon les dernières informations de l’INSEE, les entreprises françaises présentent au Cameroun ont réalisé en 2021 un chiffre d’affaires total de 2,8 Mds EUR et employé près de 18 000 personnes.

Par ailleurs, les entreprises françaises se sont positionnées sur des projets d’envergure, comme EDF, actionnaire principal et opérateur du barrage hydroélectrique de Nachtigal (1,2 Md USD). L’entreprise française a par ailleurs signé en 2021 un accord de développement avec le Gouvernement du Cameroun pour le barrage hydroélectrique de Kikot (500 Mw/h) qui devrait être mis en service en 2030.  La France mobilise également des financements, comme un premier prêt concessionnel de 50 M EUR mis en œuvre en 2023 au profit du Corps national des sapeurs-pompiers. Enfin, un prêt concessionnel de 15 M EUR a été octroyé en mars 2024 pour la mise en place d’un système de gestion et d’appels d’urgences. Plusieurs autres projets en cours pourraient être financés ou garantis par la France.

 Evolution du stock d'IDE français au Cameroun (M EUR)

 

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

2023

2024

Stock d'IDE

760

649

1 000

976

844

968

1 013

1 020

1 567

1 622

Source : Banque de France, août 2025



[1] Principalement imputable aux réexportations de véhicules automobiles depuis le port d’Anvers.

[2] La Société Générale a signé un accord avec l’État camerounais qui prévoit la cession totale des parts du groupe (58,08%) dans Société Générale Cameroun. L’Etat camerounais, déjà actionnaire, détiendrait ainsi 83,68% des parts de Société Générale Cameroun. Selon les engagements pris, l’État camerounais reprendrait la totalité des activités opérées par cette filiale, ainsi que l’intégralité des portefeuilles clients et l’ensemble des collaborateurs de cette entité.

 

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