Indicateurs et conjoncture

Le Cameroun est un pays d’Afrique centrale dont la population était estimée à environ 24,9 millions de personnes en 2018. Le Président Paul Biya, au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, a été réélu en octobre 2018 pour un nouveau mandat de sept ans. Les élections législatives et municipales, qui devaient initialement se tenir en 2019, devraient avoir lieu en février 2020. Le pays est affecté par les agissements de Boko Haram au Nord et par des troubles dans les deux régions de l’Ouest anglophone.

L’économie camerounaise est la plus diversifiée de la région : elle représente plus de 40 % du PIB de la CEMAC et le PIB par tête atteint 1 556 USD en 2018. L’économie reste toutefois très dépendante de productions non transformées : produits agricoles (cacao, café, coton, huile de palme, etc.), bois, hydrocarbures, etc. Après une phase de décélération suite à la crise des matières premières de 2014, la croissance de l’économie camerounaise s’est légèrement raffermie en 2018 pour atteindre 4,1 % (contre 3,5 % en 2017). Elle devrait se stabiliser autour de 4 % en 2019. La production pétrolière est depuis de nombreuses années orientée à la baisse. Elle n’atteignait plus que 70 000 barils/jour en 2018. Des espoirs sont néanmoins placés dans la mise en exploitation des réserves de gaz. Un premier gisement de gaz naturel destiné à l’exportation, dont la capacité de production maximale en année pleine est estimée à 35 000 équivalent barils/jour, a été mis en exploitation en mars 2018 au large de Kribi. Un autre projet est actuellement à l’étude mais il ne devrait pas voir le jour avant plusieurs années. L’activité dans le secteur non-pétrolier est restée relativement dynamique malgré la crise mais son rythme de croissance a sensiblement ralenti (4,3 % attendu en 2019 contre 5,3 % en 2016) en raison de la persistance de conditions économiques difficiles (baisse de la commande publique, lenteurs dans le processus d’apurement des arriérés de paiement de l’État, dégradation des conditions sécuritaires et du climat des affaires). La croissance camerounaise a été tirée par l’investissement public, moyennant un endettement en augmentation rapide qui devrait porter la dette à 40,5 % du PIB en 2018 (contre 21,5 % en 2014). Cette croissance apparaît peu inclusive : le taux de pauvreté est passé de 39,9 % en 2007 à 37,5 % en 2014 (dernières données disponibles), soit un taux comparable à celui des PMA.

Le Cameroun a conclu le 26 juin 2017 un programme de Facilité élargie de crédit (FEC) de trois ans avec le FMI d’un montant de 483 M DTS (175 % du quota), conformément aux résolutions du Sommet extraordinaire des Chefs d’État de la CEMAC qui s’est tenu le 23 décembre 2016 à Yaoundé. Les principaux objectifs de ce programme sont de restaurer les équilibres macroéconomiques qui se sont dégradés sur la période récente, et d’enrayer la chute des réserves de devises (centralisées à l’échelle de la CEMAC). Le Cameroun respecte pour l’instant dans les grandes lignes les objectifs négociés avec le Fonds. Le déficit budgétaire (dons inclus) s’est établi à 2,5 % en 2018 contre 4,9 % en 2017 et 6,1 % en 2016. L’objectif pour 2019 est d’atteindre un déficit de 2,0 %. Les réserves de change de la CEMAC se sont également partiellement reconstituées : elles atteignaient 4 280 Mds FCFA à fin juillet 2019 (+63 % sur deux ans), soit un niveau équivalent quasiment à trois mois d’importations. Le programme FMI implique également une limitation de l’endettement non concessionnel et il doit permettre d’apurer les arriérés intérieurs accumulés.

La présence commerciale française au Cameroun est très diversifiée et est le fait d’environ 200 entreprises, dont près de 130 filiales, le solde représentant des entreprises de droit local appartenant à des ressortissants français. Elle est significative dans l’exploitation pétrolière, l’agro-industrie et le bois, le BTP, la banque, les assurances, les services de transport et de logistique ou encore la distribution. Le stock d’IDE français au Cameroun s’élevait à 1,1 Md EUR en 2018, en hausse de 3,3 % sur un an. Les exportations françaises vers le Cameroun ont atteint 504,8 M EUR en 2018, soit une baisse de 6,1 % par rapport à 2017.

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