Les relations économiques et financières entre la France et le Chili

Malgré la taille limitée du marché chilien (19 millions d’habitants), son niveau de développement (membre de l’OCDE, 2/3 de la population appartiennent à la classe moyenne), son environnement favorable des affaires (doctrine économique claire et stable, sécurité juridique, ...) et son grand degré d’ouverture (29 accords de libres échanges avec 65 économies) en font un pays d’investissement clairement identifié en Amérique latine pour les entreprises françaises. La présence française a connu une forte croissance cette dernière décennie, passant de 160 filiales françaises en 2010, à près de 280 en 2020 (+75% en 10 ans). Cette croissance fait du Chili le second pays d’implantations françaises en Amérique du sud (après le Brésil) et le 3éme en Amérique latine (derrière le Mexique également).

Avec un stock de 2,9 Mds USD, la France détient le 13ème stock d’IDE du pays en 2019 et le 6ème européen (derrière l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Italie, et la Suisse). Elle conforte ainsi son positionnement, face à une concurrence croissante, principalement des pays investisseurs traditionnels (Etats-Unis, Canada, Espagne) mais aussi de nouveaux entrants, comme l’Australie et la Chine, la plupart d'entre eux, à la différence de la France, ayant une présence dans l'industrie extractive minière. 

Avant la pandémie de Covid-19, les échanges entre le Chili et la France avaient connu un extraordinaire essor en 2019, avec une augmentation de 51% des exportations françaises vers le Chili, pour des échanges bilatéraux totalisant 2,6 Mds EUR (+20%) et un excédent record de 626 MEUR pour la France. Cette forte progression était attribuée au secteur aéronautique (1er poste d’exportation), dont les exportations avaient augmenté de 180% sur la période. 

Cette situation s'est profondément dégradée en 2020, les échanges franco-chiliens s’établissant à 1,7 Md EUR, soit une chute de 35% par rapport à 2019, et le solde redevenant déficitaire pour la France, à hauteur de 163 MEUR. Le Chili est ainsi notre 3ème déficit commercial dans la région, mais reste néanmoins notre 3ème client (place gagnée en 2017) et notre 3ème fournisseur latino-américain, derrière le Brésil et le Mexique. Sur cette période, les exportations françaises vers le Chili (759 M EUR) ont diminué de 53% en valeur (-79% pour les produits de la construction aéronautique, -55% pour les véhicules automobiles – 2ème poste d’exportation) et les achats en provenance de ce pays (923 M EUR) ont baissé de 7%. Le Chili demeure notre principal fournisseur de cathodes de cuivre, ce produit représentant 54% de nos achats en valeur (498 MEUR) en 2020, en baisse de 11% par rapport à 2019.

Parmi les nombreuses orientations stratégiques que le Chili et la France ont en commun, celles relatives au climat - dont notamment la décarbonation de l'économie - sont tout particulièrement des vecteurs de rapprochement et de développement de la relation économique entre les deux pays (hydrogène à bas niveau de carbone ; lithium ; cuivre vert ; ville durable ; etc.).

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