RELATIONS BILATERALES

Poignée de main entre le président français Emmanuel Macron et son homologue ivioirien Alassane Ouattara

 

Commerce bilatéral

D’après les Douanes françaises, les échanges commerciaux entre la France et la Côte d’Ivoire se sont élevés à 2 Mds EUR, en progression de 6% en g.a., en raison de l’augmentation des importations françaises de près de 15% à 940,2 M EUR alors que les exportations françaises vers la Côte d’Ivoire sont quant à elles restées stables à 1,1 Md EUR.

La Côte d’Ivoire demeure le 2ème client de la France en Afrique subsaharienne (52ème au niveau mondial), derrière l’Afrique du Sud (43ème mondial avec des ventes de 1,7 Md EUR), mais est talonnée par le Sénégal (53ème mondial avec des exportations de 1,07 Md EUR, dynamisées notamment par les ventes liées au projet du TER de Dakar). Pris dans leur ensemble, les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique représentent toujours un peu plus d’1/4 des ventes, suivis des produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et d’aquaculture (20% des ventes). D’après la nomenclature plus détaillée, les préparations pharmaceutiques demeurent le premier poste de ventes françaises (11,7% des exportations françaises), en très léger recul de 1% en g.a. à 129,7 M EUR. La Côte d’Ivoire est le 2ème client de la France en Afrique subsaharienne pour les préparations pharmaceutiques. Suivent les céréales (110,5 M EUR, +33,4%) et le tabac brut (103,3 M EUR, +30,6%) qui représentent respectivement 10% et 9,4% des ventes françaises.

Grâce à ses ventes de produits agricoles, notamment le cacao et l’anacarde, pour lesquelles le pays est le premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire est le 3ème fournisseur de la France en Afrique subsaharienne (57ème mondial), derrière le Nigéria (achats français d’hydrocarbures) et l’Afrique du Sud (importations françaises de véhicules automobiles). Le cacao constitue à lui-seul 1/3 de nos achats, suivent les fruits tropicaux et les plantes à boisson. Nos achats de pétrole brut ont fortement progressé (+62,4% en g.a. à 112,8 M EUR) pour constituer 12% de nos achats.

En 2019, l’excédent commercial français s’est mécaniquement réduit passant de 281,2 M EUR en 2018 à 161,8 M EUR.

 Commerce bilat

Investissements directs étrangers (IDE) et présence française

En 2018, d’après la CNUCED, les flux totaux d’IDE reçus par la Côte d’Ivoire ont atteint 913 M USD, en légère baisse par rapport à l’année record de 2017 (973 M USD). A fin 2018, le stock d’IDE s’établissait ainsi à 10,2 Mds USD, 3ème stock en Afrique de l’Ouest derrière le Nigéria (99,7 Mds USD) et le Ghana (36,1 Mds USD).

La France demeure le premier investisseur dans le pays à la fois en termes de flux (50 M EUR en 2018 d’après la Banque de France) et de stock (1,6 Md EUR). Ces chiffres sont néanmoins à nuancer puisqu’ils ne tiennent pas compte des investissements des entreprises françaises déjà implantées dans le pays, qui renforcent leurs positions.

Les investissements français en Côte d’Ivoire affichent un profil diversifié, contrairement à ceux des autres partenaires du pays. Ainsi, plus de 90% du stock d’investissements français est orienté vers les branches d’activité suivantes : finances, hydrocarbures, électricité et eau, BTP, industrie, agro-industrie, transport, hôtellerie, distribution, télécommunications et audiovisuel. Au total, environ 700 entreprises françaises seraient présentes en Côte d’Ivoire dont près de 200 filiales. Avec un chiffre d’affaires cumulé estimé à environ 30% du PIB du pays, les entreprises françaises contribueraient à hauteur de près de 50% aux recettes fiscales et 60% de la capitalisation boursière régionale (BRVM) relèverait de filiales d’entreprises françaises, majoritairement implantées en Côte d’Ivoire.

Coopération financière

Les instruments d’aide-projet de la DG Trésor

La Côte d’Ivoire est ouverte et éligible à l’ensemble des outils financiers du Trésor depuis la sortie de crise en 2012. Ces derniers ont joué un rôle de premier plan pour positionner le savoir-faire français dans différents secteurs stratégiques et pour accompagner le développement du pays.

Les prêts du Trésor concessionnels ont notamment été mobilisés pour le financement d’une ligne d’adduction d’eau potable dans les villes de Sinfra et Gagnoa, la construction et l’installation de onze ponts métalliques à travers le pays, la fourniture d’équipements médicaux d’une dizaine d’hôpitaux ou encore l’installation d’un supercalculateur dans le Centre national de calcul de l’Université Félix Houphouët-Boigny.

Le Fasep a été utilisé à de multiples reprises depuis 2012 notamment pour la réalisation d’études dans le secteur de l’eau (renforcement de l’adduction d’eau potable dans 17 villes du pays) ou dans celui de l’urbanisme (création d’un schéma directeur pour la mise en place d’un éco-quartier à Marcory, une commune d’Abidjan). De nombreux Fasep sont actuellement en cours d’instruction dans différents secteurs clefs : assainissement, environnement, énergies renouvelables, numérique.

La garantie des crédits exports est également un outil particulièrement sollicité en Côte d’Ivoire dans tous les grands secteurs, notamment pour les grandes infrastructures économiques (eau, route, mobilité, ponts, santé), la défense et le matériel militaire ou encore les infrastructures sportives (stade national pour la CAN 2023 à Yamoussoukro).

Les activités du groupe AFD

Mis en œuvre par l’AFD, le premier Contrat de désendettement et de développement (C2D), qui a été signé en décembre 2012 et portait sur 630 M EUR sur trois ans, a été entièrement engagé. Le second C2D, signé en décembre 2014, porte quant à lui, sur un montant global de 1,13 Md EUR pour la période 2015-2020.

L’AFD a développé un portefeuille de garanties ARIZ avec le secteur financier ivoirien. La Côte d'Ivoire étant redevenue éligible aux prêts souverains en décembre 2016, plusieurs prêts souverains ont été consentis depuis, parmi lesquels un prêt de 120 M EUR engagé fin 2016 pour abonder le programme d’accès à l’électricité et de production d’énergies renouvelables (réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Buyo, électrification rurale, branchements sociaux…) et un autre de 120 M EUR, consenti fin 2017 pour la réhabilitation de la route Bouaké-Ferkessédougou. L’AFD a également accordé en décembre 2016 un premier prêt non souverain (PNS) de 110 M EUR à l’Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT) pour la construction d’un backbone de 5 000 km de fibre optique sur le territoire.

Proparco, filiale de l'AFD dédiée au secteur privé, a relancé l’instruction de ses financements dès la fin de la crise. Ses engagements concernent notamment l’énergie, le secteur bancaire, des sociétés agro-industrielles et le transport aérien.

Le dispositif d’assistance technique d’Expertise France

Expertise France a terminé fin 2018 un projet d’appui à la nouvelle Cour des comptes de Côte d’Ivoire sur financement européen. En 2019, ce soutien sera prolongé dans le cadre d'un projet européen d'appui aux institutions de contrôle qui concernera également l'Inspection Générale d'Etat, l'Inspection Générale des Finances, la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance,  la Commission des Affaires économiques et financières et l'Agence Nationale de Régulation des Marchés Publics. Dans le cadre de projets précédents, la France avait financé la création de l'Institut des finances d'Abidjan, et Expertise France avait travaillé sur le Compte unique de Trésorerie et à l’élaboration du schéma directeur « e-finances publiques ».

Dans le domaine scientifique, l'Institut de Recherche et de Développement (IRD) et le CIRAD sont également implantés et actifs dans plusieurs projets de coopération avec des laboratoires et instituts ivoiriens.

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