RELATIONS BILATERALES

Poignée de main entre le président français Emmanuel Macron et son homologue ivioirien Alassane Ouattara

 

Commerce bilatéral

D’après les Douanes françaises, en 2018, les échanges commerciaux entre la France et la Côte d’Ivoire ont baissé de 5,1% à 1,9 Md EUR, mais demeurent favorables à la France qui enregistre un excédent commercial de 281,3 M EUR.

Les exportations françaises vers la Côte d’Ivoire ont diminué de près de 7% en g.a. à 1,1 Md EUR, mettant un terme à la tendance haussière observée depuis la fin de la crise en 2011 (en moyenne +9% par an). Cette baisse est due en grande partie à un effet de base lié à des ventes exceptionnelles d’avions intervenues en 2017 (à la compagnie aérienne Air Côte d’Ivoire) (-110 M EUR). Hors aéronefs, les ventes françaises ont progressé de près de 3%, et ce, malgré (i) un recul des ventes de produits pharmaceutiques (-29,1% à 131,2 M EUR) - qui restent néanmoins le premier poste de ventes (11,8% des exportations françaises) -, une tendance observée sur quasiment l’ensemble des pays de la zone et (ii) une baisse des produits de raffinage du pétrole (-75,1% à 5 M EUR). En revanche, les ventes de céréales sont de retour à la hausse à 82,8 M EUR (+17,7%), devenant ainsi le 2ème produit d’exportations françaises dans la nomenclature détaillée, devant le tabac brut (+6,9% à 79,1 M EUR) et les véhicules automobiles (+121% à 41,5 M EUR).

En 2018, la Côte d’Ivoire reste notre 2ème client en Afrique subsaharienne (11,1% des exportations françaises contre 9,3% en 2017), derrière l’Afrique du Sud (16% des exportations) et devant le Sénégal (8,3%). D’après les Douanes ivoiriennes, en 2018, la France était le 3ème fournisseur de la Côte d’Ivoire avec une part de marché de 10,3%, derrière la Chine (21%) et le Nigéria (12,3 en raison des ventes de pétrole brut). 

Les importations françaises en provenance de Côte d’Ivoire ont quant à elles, reculé mais dans une moindre mesure de 2,7% en g.a. à 820 M EUR, composées principalement de produits agricoles (46% des achats dont le cacao qui représente à lui-seul 35% des importations françaises) et agroalimentaires (44% des achats dont les préparations et conserves à base de poisson). La Côte d’Ivoire est le 3ème fournisseur de la France en Afrique subsaharienne (8,7% de part de marché contre 10,4% en 2017), derrière le Nigéria (39,9% quasi exclusivement des achats de pétrole brut) et de l’Afrique du Sud (14,6% du fait notamment des achats français de véhicules automobiles).

 

Graph

 

Investissements directs étrangers (IDE) et présence française

En 2018, d’après la CNUCED, les flux totaux d’IDE reçus par la Côte d’Ivoire ont atteint 913 M USD, en légère baisse par rapport à l’année record de 2017 (973 M USD). A fin 2018, le stock d’IDE s’établissait ainsi à 10,2 Mds USD, 3ème stock en Afrique de l’Ouest derrière le Nigéria (99,7 Mds USD) et le Ghana (36,1 Mds USD).

La France demeure le premier investisseur dans le pays à la fois en termes de flux (50 M EUR en 2018 d’après la Banque de France) et de stock (1,6 Md EUR). Ces chiffres sont néanmoins à nuancer puisqu’ils ne tiennent pas compte des investissements des entreprises françaises déjà implantées dans le pays, qui renforcent leurs positions.

Les investissements français en Côte d’Ivoire affichent un profil diversifié, contrairement à ceux des autres partenaires du pays. Ainsi, plus de 90% du stock d’investissements français est orienté vers les branches d’activité suivantes : finances, hydrocarbures, électricité et eau, BTP, industrie, agro-industrie, transport, hôtellerie, distribution, télécommunications et audiovisuel. Au total, environ 700 entreprises françaises seraient présentes en Côte d’Ivoire dont près de 200 filiales. Avec un chiffre d’affaires cumulé estimé à environ 30% du PIB du pays, les entreprises françaises contribueraient à hauteur de près de 50% aux recettes fiscales et 60% de la capitalisation boursière régionale (BRVM) relèverait de filiales d’entreprises françaises, majoritairement implantées en Côte d’Ivoire.

Coopération financière

Les instruments d’aide-projet de la DG Trésor

La Côte d’Ivoire est ouverte et éligible à l’ensemble des outils financiers du Trésor depuis la sortie de crise en 2012. Ces derniers ont joué un rôle de premier plan pour positionner le savoir-faire français dans différents secteurs stratégiques et pour accompagner le développement du pays.

Les prêts du Trésor concessionnels ont notamment été mobilisés pour le financement d’une ligne d’adduction d’eau potable dans les villes de Sinfra et Gagnoa, la construction et l’installation de onze ponts métalliques à travers le pays, la fourniture d’équipements médicaux d’une dizaine d’hôpitaux ou encore l’installation d’un supercalculateur dans le Centre national de calcul de l’Université Félix Houphouët-Boigny.

Le Fasep a été utilisé à de multiples reprises depuis 2012 notamment pour la réalisation d’études dans le secteur de l’eau (renforcement de l’adduction d’eau potable dans 17 villes du pays) ou dans celui de l’urbanisme (création d’un schéma directeur pour la mise en place d’un éco-quartier à Marcory, une commune d’Abidjan). De nombreux Fasep sont actuellement en cours d’instruction dans différents secteurs clefs : assainissement, environnement, énergies renouvelables, numérique.

La garantie des crédits exports est également un outil particulièrement sollicité en Côte d’Ivoire dans tous les grands secteurs, notamment pour les grandes infrastructures économiques (eau, route, mobilité, ponts, santé), la défense et le matériel militaire ou encore les infrastructures sportives (stade national pour la CAN 2023 à Yamoussoukro).

Les activités du groupe AFD

Mis en œuvre par l’AFD, le premier Contrat de désendettement et de développement (C2D), qui a été signé en décembre 2012 et portait sur 630 M EUR sur trois ans, a été entièrement engagé. Le second C2D, signé en décembre 2014, porte quant à lui, sur un montant global de 1,13 Md EUR pour la période 2015-2020.

L’AFD a développé un portefeuille de garanties ARIZ avec le secteur financier ivoirien. La Côte d'Ivoire étant redevenue éligible aux prêts souverains en décembre 2016, deux prêts souverains ont été consentis depuis : l’un de 120 M EUR engagé fin 2016 pour abonder le programme d’accès à l’électricité et de production d’énergies renouvelables (réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Buyo, électrification rurale, branchements sociaux…) et l’autre de 120 M EUR, consenti fin 2017 pour la réhabilitation de la route Bouaké-Ferkessédougou. L’AFD a également accordé en décembre 2016 un premier prêt non souverain (PNS) de 110 M EUR à l’Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT) pour la construction d’un backbone de 5 000 km de fibre optique sur le territoire.

Proparco, filiale de l'AFD dédiée au secteur privé, a relancé l’instruction de ses financements dès la fin de la crise. Ses engagements concernent notamment l’énergie, le secteur bancaire, des sociétés agro-industrielles et le transport aérien.

Le dispositif d’assistance technique d’Expertise France

Expertise France a terminé fin 2018 un projet d’appui à la nouvelle Cour des comptes de Côte d’Ivoire sur financement européen. En 2019, ce soutien sera prolongé dans le cadre d'un projet européen d'appui aux institutions de contrôle qui concernera également l'Inspection Générale d'Etat, l'Inspection Générale des Finances, la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance,  la Commission des Affaires économiques et financières et l'Agence Nationale de Régulation des Marchés Publics. Dans le cadre de projets précédents, la France avait financé la création de l'Institut des finances d'Abidjan, et Expertise France avait travaillé sur le Compte unique de Trésorerie et à l’élaboration du schéma directeur « e-finances publiques ».

Dans le domaine scientifique, l'Institut de Recherche et de Développement (IRD) et le CIRAD sont également implantés et actifs dans plusieurs projets de coopération avec des laboratoires et instituts ivoiriens.

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