RELATIONS BILATERALES

 

Au-delà des liens historiques, la France entretient une relation étroite avec la Côte d’Ivoire sur le plan économique comme sur le plan de la coopération bilatérale. La Côte d’Ivoire est le 2e marché français en Afrique Subsaharienne. Le pays est le 1erclient de la France en Zone franc et son 1er fournisseur dans cette Zone. 1er investisseur en Côte d’Ivoire à la fois en flux (90 M€) et en stock (2,5 Mds€), la France intervient aussi au travers d’une aide bilatérale significative. Des prêts concessionnels du Trésor et les interventions de l'Agence Française de Développement (AFD) avec ses financements propres ou au titre du Contrat de désendettement et de développement (C2D) permettent de financer de nombreux projets dans des secteurs très variés. Expertise France mobilise également une assistance technique importante dans le domaine des finances publiques.

 

Poignée de main entre le président français Emmanuel Macron et son homologue ivioirien Alassane Ouattara

Relations économiques avec la France

Commerce bilatéral

Après la légère baisse de 2016, les exportations françaises vers la Côte d’Ivoire ont augmenté de 10% (1 181 M€) en 2017, grâce à la vente d’avions (112 M€), aux produits pharmaceutiques qui continuent leur progression (+3,9%, 183 M€) et au secteur des machines industrielles et agricoles (+6%, 122 M€). Les ventes de blé ont poursuivi leur recul (- 35%) à cause de la mauvaise récolte en France. Les importations françaises continuent également de croître (+6,8% à 840 M€, après +2% en 2016). Les échanges demeurent favorables à la France, avec un excédent de 340 M€, et un taux de couverture des importations par les exportations de 140,4%.

Depuis 2016, la Chine (18%) est le premier fournisseur de la Côte d’Ivoire devant la France (13%). En Afrique sub-saharienne, la Côte d’Ivoire est devenue le deuxième marché français après l’Afrique du Sud et devant le Nigéria. Premier client de la France en Zone franc, la Côte d’Ivoire reste par ailleurs son premier fournisseur dans cette Zone.

Evolution du commerce bilatéral entre la France et la Côte d'Ivoire sur la période 2008-2017

Investissements directs étrangers (IDE) et présence française

En 2016, les flux d’IDE  reçus par la Côte d’Ivoire ont atteint 464 MUSD, soit une hausse de 4% par rapport à 2015. Il s’agit d’un ralentissement par rapport à ce qui a été observé depuis ces dernières années (+10% en moyenne annuelle depuis 2012), sans doute en raison de l’atténuation des effets de rattrapage dont a bénéficié l’économie ivoirienne depuis la fin de la crise en 2012. Le stock d’IDE atteint 7,6 Mds USD à fin 2016. La France demeure le premier investisseur du pays à la fois en flux (90 M€) et en stock (2,5 Mds €). Ces chiffres sont néanmoins à nuancer, puisqu’ils ne tiennent pas compte des investissements des entreprises françaises déjà implantées dans le pays, qui renforcent leurs positions. Les investissements français en Côte d’Ivoire sont très diversifiés, contrairement à ceux des autres partenaires du pays. Plus de 90% du stock français sont orientés vers les branches d’activité suivantes : finance, hydrocarbures, électricité, eau, BTP, industrie, agro-industrie, transport, hôtellerie, distribution, télécommunications et audiovisuel. Au total, il existe environ 700 entreprises françaises en Côte d’Ivoire, dont près de 200 filiales. Elles contribuent à hauteur de près de 50% aux recettes de l’Etat en matière de TVA, de redevances et d’impôts sur les sociétés. Leur chiffre d’affaires cumulé représente environ 30% du PIB du pays.

Coopération bilatérale

Aide du Trésor

La France a été le premier bailleur à intervenir en Côte d’Ivoire dans le processus de sortie de crise. Le Trésor a accordé une garantie à un prêt de l’AFD de 350 M€. Le pays est éligible aux prêts concessionnels du Trésor qui ont été récémment mobilisés pour quatre projets, d'un montant cumulé de 88,6 M€, dans le domaine de l'eau et de l'assainissement (lignes d'adduction d'eau), des infrastructures de transport (ponts métalliques), de la santé (équipements médicaux), et de la recherche (supercalculateur). 

Activités du groupe AFD

Le premier Contrat de désendettement et de développement (C2D) a été signé le 1er décembre 2012. Il porte sur 630 M€ sur trois ans et a entièrement été engagé. Le second C2D, signé en décembre 2014, porte sur un montant global de 1,13 Md€ pour la période 2015–2020.

L’AFD a également développé un portefeuille de garanties ARIZ avec le secteur financier ivoirien. La Côte d'Ivoire étant redevenue éligible aux prêts souverains en décembre 2016, deux prêts souverains ont été consentis depuis : l’un de 120 M€ engagé fin 2016 pour abonder le programme d’accès à l’électricité et de production d’énergies renouvelables (réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Buyo, électrification rurale, branchements sociaux…) et l’autre de 120 M€, consenti fin 2017 pour la réhabilitation de la route Bouaké-Ferkessédougou. L’AFD a également accordé en décembre 2016 un premier prêt non souverain (PNS) de 110 M€ à l’Agence nationale du service universel des télécommunications pour la construction d’un backbone de 5 000 kms de fibre optique sur le territoire.

Proparco a relancé l’instruction de ses financements dès la fin de la crise. Ses engagements concernent notamment l’énergie, le secteur bancaire , des sociétés agro-industrielles et le transport aérien.

Assistance technique

La France déploie un dispositif d’assistance technique en Côte d’Ivoire qui a conduit notamment à la création de l’Institut des finances d’Abidjan, chargé de la modernisation et de la formation continue des agents des administrations économiques et financières. Ce projet a été financé grâce à une subvention du Trésor, à hauteur de 1 M€. Expertise France réalise actuellement un projet d’appui à la nouvelle Cour des comptes de Cote d’Ivoire sur financement européen susceptible d’être renouvelé. Par ailleurs, l’agence vient d’achever deux projets sur le Compte unique de Trésorerie. Elle a également participé récemment à l’élaboration du schéma directeur « e-finances publiques ».

Dans le domaine scientifique, l'Institut de Recherche et de Développement (IRD) et le CIRAD sont également implantés et actifs dans plusieurs projets de coopération avec des laboratoires et instituts ivoiriens.

 

Publié le