CÔTE D'IVOIRE
Commerce extérieur de la Côte d'Ivoire en 2024
Selon les données provisoires en valeur des douanes ivoiriennes, les échanges commerciaux de la Côte d’Ivoire avec le reste du monde se sont élevés à 34 Md EUR en 2024, contre 32,7 Md EUR en 2023. La balance commerciale des biens a enregistré un excédent de 3,1 Md EUR en 2024, après 0,1 Md EUR en 2023, marquant une deuxième année consécutive d’excédent. Cette évolution s’explique par la progression des exportations en valeur, en hausse de 12,8 % à 18,8 Md EUR, conjuguée à un recul des importations en valeur de 5 %, à 15,8 Md EUR, dans un contexte de termes de l’échange favorables, caractérisé par une baisse des prix des importations, en lien avec l’évolution des cours mondiaux du pétrole, ainsi qu’à la hausse des prix des principaux produits d’exportation (cacao, or, notamment).
Une nouvelle hausse des exportations en 2024, à 18,8 Md EUR, soit +12,8 % sur un an
En 2024, les exportations de marchandises ont atteint 18,8 Md EUR, en augmentation de 12,8 % par rapport à 2023. Elles sont principalement composées de produits issus de l’agriculture industrielle et d’exportation (39 % du total des exportations), suivis des produits de première transformation (22,1 %), des produits extractifs (20,1 %) et des produits manufacturés (17,4 %). En valeur, les produits de l’agriculture industrielle et d’exportation ont progressé de 14,7 %, malgré une baisse de 11,5 % en volume. Les produits extractifs et les produits de première transformation ont enregistré des hausses respectives en valeur de 29,3 % et 25,2 %, tandis que les produits manufacturés ont diminué de 13,4 % par rapport à 2023.
Graphique 1 : Structure des exportations de la Côte d'Ivoire
Source : Douanes ivoiriennes. Calculs SER d'Abidjan
Le cacao représente 35,2 % des exportations totales en valeur, soit 6,7 Md EUR (+23,6 %), avec des ventes de fèves s’élevant à 3,7 Md EUR (+19,9 %) et de cacao transformé à 3 Md EUR (+28,6 %). Cette progression en valeur résulte de la hausse des cours internationaux du cacao, malgré une baisse des volumes de 20,9 % pour les fèves et de 5,4 % pour le cacao transformé. Les autres principaux produits d’exportation incluent l’or (15,4 %), les produits pétroliers et le pétrole brut (14,4 %), le caoutchouc naturel (12,1 %) et le cajou (5,9 %, noix et amandes). Ces ventes ont également enregistré des hausses significatives en valeur, avec l’or en progression de 33,5 % et le pétrole brut de 23,5 % par rapport à 2023. Il convient de souligner la baisse des exportations de noix de cajou brutes (-23,8 %) compensée par la hausse des ventes d’amande de cajou (+94,9 %), en lien avec les efforts de transformation locale et les investissements récents dans la filière.
Graphique 2 : Dix principaux produits exportés en valeur par la Côte d'Ivoire, 2023-2024 ( M EUR)
Source : Douanes ivoiriennes. Calculs SER d'Abidjan
En 2024, la Suisse devient le premier client de la Côte d’Ivoire avec 13,5 % des exportations, suivi des Pays-Bas (12,3 %) et du Mali (7,9 %). Les ventes à destination de la Suisse s’élèvent à 2,5 Md EUR, en hausse de 740 M EUR (+41,3 %) portées principalement par la progression des ventes d’or (+730 M EUR), lesquelles représentent la quasi-totalité des exportations. Les Pays-Bas, client historique grâce aux exportations de cacao et plus récemment de pétrole brut, repassent en 2e position avec des ventes de 2,3 Md EUR. En Afrique, le Mali est le premier client de la Côte d’Ivoire avec 1,5 Md EUR, principalement grâce aux ventes de produits pétroliers hors pétrole brut (1,1 Md EUR). Parmi les autres principaux clients, on note une progression des exportations vers l’Espagne (+311,9 M EUR), l’Allemagne (+201,2 M EUR), la Belgique (+193,6 M EUR) et les Etats-Unis (+142,8 M EUR). En particulier, les Etats-Unis et l’Allemagne se classent respectivement au 4e et 5e rang, contre au 8e et 10e rang en 2023. Le Vietnam se positionne au 6e rang avec 770 M EUR, dont 580 M EUR de noix de cajou, faisant du pays le premier client de cajou. En revanche, la Malaisie, en recul de 183 M EUR en raison de la baisse des ventes de caoutchouc naturel, passe du 4ᵉ au 12ᵉ rang. La France gagne une place et se positionne au 8e rang des clients de la Côte d’Ivoire avec 720 M EUR[1] (3,8 % des exportations), en hausse de 16,2 %, dont 420 M EUR de cacao transformé.
Les importations s’établissent à 15,8 Md EUR en 2024, en baisse de 5 % en valeur sur un an
En 2024, les importations de marchandises se sont établies à 15,8 Md EUR, en recul de 5 % en valeur par rapport à 2023. Elles se composent principalement de biens intermédiaires (30,6 % du total des importations), suivies des autres biens de consommation (30,1 %), des produits alimentaires (20,9 %) et des biens d’équipement (18,4 %). En valeur, les biens d’équipement enregistrent une baisse de 17 % tandis que les produits alimentaires progressent de 10 %. À l’inverse de l’évolution en valeur, les importations augmentent de 2,9 % en volume sur l’année, tirées par les autres biens de consommation (+22,2 % en volume).
Graphique 4 : Structure des importations de la Côte d'Ivoire
Source : Douanes ivoiriennes. Calculs SER d'Abidjan
Le pétrole brut représente 14,2 % des importations, suivi des autres produits pétroliers (12,8 %), des machines mécaniques (7,6 %), du riz (5,9 %) et du poisson frais (5 %). La baisse des importations (-830 M EUR) est principalement imputable au recul des importations en valeur de pétrole brut (-420 M EUR, soit -15,9 %) en raison des baisses des prix internationaux et d’une baisse des volumes importés (-9,9 %), de matériel de transport de navigation maritime (-440 M EUR, -81,2 %), de matériel de transport routier (-110 M EUR, -16,8 %) et d’engrais (-110 M EUR, -32,8 %). A l’inverse, les importations de riz (+260 M EUR, +39,2 %) et les autres produits pétroliers (+250 M EUR, +14,2 %) sont en hausse. En volume, le clinker, constituant du ciment, demeure le produit le plus importé avec 21,4 % des importations (contre une part de 1,4 % en valeur).
Graphique 5 : Dix principaux produits importés en valeur par la Côte d'Ivoire, 2023-2024 ( M EUR)
Source : Douanes ivoiriennes. Calculs SER d'Abidjan
En 2024, la Chine demeure le premier fournisseur de la Côte d’Ivoire (depuis 2016), représentant 15,7 % des importations, suivi du Nigéria (13,6 %) et de la France (6,3 %). Les importations en provenance de la Chine reculent à 2,5 Md EUR (-120 M EUR, soit -4,5 %), avec le recul notamment des importations des machines électriques (-48,2 M EUR) et de matériels de transport routier (-22 M EUR), tout comme celles en provenance du Nigéria (-310 M EUR, -12,5 %) en lien avec le recul des importations de pétrole brut (-360 M EUR), ainsi que celles en provenance de l’Inde (-160 M EUR, -17,8 %, dont -29 M EUR de riz), ce pays passant du 4e rang au 6e rang des fournisseurs. A l’inverse, les importations en provenance de la France progressent de 2,6 % pour atteindre 1 Md EUR, dont 130 M EUR de produits pharmaceutiques (+17,5 %). Les importations en provenance de la Belgique augmentent de 200 M EUR (+33,2 %) pour s’établir à 800 M EUR, portées par les produits pétroliers hors pétrole brut (650 M EUR, +45,3 %), ce qui permet au pays de gagner deux places et d’atteindre le 4ᵉ rang des fournisseurs. Par ailleurs, les importations depuis les États-Unis enregistrent une hausse portée par les ventes de produits pétroliers hors pétrole brut (400 M EUR, +18,2 %), de même que les importations de riz depuis le Vietnam qui progressent (320 M EUR, +10,1 %).
En conséquence, la Côte d’Ivoire enregistre un excédent commercial de près de 3,1 Md EUR en 2024
En 2024, la balance commerciale de la Côte d’Ivoire demeure excédentaire, avec un solde commercial de 3,1 Md EUR, après un excédent de 100 M EUR en 2023, et un déficit de 1,3 Md EUR en 2022. Les excédents bilatéraux les plus élevés sont enregistrés avec la Suisse (+2,5 Md EUR) et les Pays-Bas (+2 Md EUR). À l’inverse, les déficits commerciaux les plus importants concernent le Nigéria (-2 Md EUR) et la Chine (-1,8 Md EUR). La balance commerciale avec la France demeure également déficitaire, à -275,1 M EUR en 2024, après -350,8 M EUR en 2023.
Sources : Douanes ivoiriennes. Calculs SER d'Abidjan
[1] Selon les données des douanes françaises, la France a importé 1,4 Md EUR de biens en provenance de la Côte d’Ivoire. Cette différence s’explique en partie par le moment et la manière dont chaque pays enregistre les échanges : la Côte d’Ivoire compte les biens quand ils quittent le pays, en se basant sur leur coût de production, tandis que la France les enregistre quand ils arrivent sur son territoire, en incluant aussi l’assurance et le transport jusqu’au port français, ce qui crée des écarts.