Le commerce extérieur de l'UEMOA en 2019

D’après la BCEAO, en 2019, les échanges commerciaux de biens de l’ensemble des pays de l’UEMOA se sont élevés à 55,6 Mds EUR, en augmentation de +5,3% en g.a.. Malgré une légère hausse des importations (+3% à 28,4 Mds EUR), l’année 2019 a été marquée par une forte régression du déficit commercial de la zone (de -2,9 Mds EUR en 2018 à -1,1 Md EUR en 2019) sous l’effet d’une augmentation notable des exportations (+10,6% en g.a. à 27,3 Mds EUR), notamment des ventes de de cacao (+14,7%) et d’or (+13,5%) – dans un contexte de bonne tenue des cours – et des produits pétroliers (+25,3%). L’augmentation des ventes de ces trois produits, déjà premiers postes d’exportations de l’Union, aboutit à une légère détérioration du degré de diversification des exportations de l’UEMOA en 2019. Comme l’année précédente, le principal client de la zone est la Suisse (18,7% des achats, principalement pour l’or) et son principal fournisseur est la Chine (16,5% des ventes). La France est le 6ème client et le 2ème fournisseur de l’Union, avec des parts respectives de 6,1% et 13,5%. Les échanges intracommunautaires demeurent faibles autour de 14,9%, une part en légère baisse, largement en deçà de l’objectif communautaire de 25%.

Une progression des exportations (27,3 Mds EUR, +10,6% en g.a.) dans un contexte de bonne tenue des cours de l'or et du cacao, conjugué à une hausse des ventes de produits pétroliers

Des exportations composées quasi-exclusivement de matières premières ou de produits faiblement transformés

En 2019, les exportations de biens des pays de l'UEMOA sont ressorties à 27,3 Mds EUR, en hausse de 10,6% en g.a.. Elles sont composées quasi-exclusivement de matières premières ou de produits faiblement transformés, au premier rang desquels l'or (23,4%) et le cacao (16,2%), suivis des produits pétroliers (10,3%), du coton (5,8%) et de l'anacarde (4,3%). L'analyse de l'indicateur de diversification des exportations (indice de Theil[1]) montre une légère détérioration du degré de diversification des produits exportés par l'Union par rapport à l’année 2018, en lien avec la hausse des parts de l'or et des produits pétroliers dans les exportations totales. D’après l’indice, le Sénégal et le Togo restent les pays dont les ventes sont les plus diversifiées de la zone, tandis que la Guinée-Bissau est le pays dont les exportations sont les moins diversifiées. A l’exception de la Guinée-Bissau et du Burkina Faso qui ont vu leur indice se détériorer, le degré de diversification des autres pays de l’Union est demeuré quasi-stable sur la période 2016-2019.

La forte progression des exportations est largement imputable à la hausse des ventes d'or (+13,5%, soit +757 M EUR à 6,4 Mds EUR au total) – une vente record en valeur, tirée uniquement par une augmentation des cours – ainsi que celles du cacao (+14,7% soit +565 M EUR à 4,4 Mds EUR) et du caoutchouc (+22,7% soit +171 M EUR à 0,8 Mds EUR) – qui bénéficient d’une production en hausse et de cours favorables. Les exportations de produits pétroliers ont également progressé (+25,3% soit +568 M EUR à 2,8 Mds EUR) malgré la baisse des cours internationaux, grâce à des ventes en hausse de 30% en lien avec l’entrée en activité de l'unité de production de la Société Ivoirienne de Raffinage (qui avait été endommagée en 2017). Dans une moindre mesure, ces augmentations ont été modérées par le net recul des exportations de noix de cajou (-23,7%, à 1,1 Md EUR) dans un contexte marqué par une baisse des cours internationaux.

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Des exportations originaires de Côte d’Ivoire à près de 41%

L'analyse des parts des exportations par pays fait ressortir la prédominance de la Côte d'Ivoire, qui représente 40,7% des ventes extérieures de l’UEMOA en 2019 – une part pourtant à son plus bas niveau ces 10 dernières années. Elle est suivie du Mali (14,9%), premier producteur d’or de la région, qui passe devant le Sénégal (14,4%) et le Burkina Faso (12,9%).

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Des ventes toujours principalement destinées à l’Europe malgré l’augmentation du poids des géants asiatiques

Les ventes de l’UEMOA sont principalement destinées à l’Europe (46,6% dont 6,1% à la France), mais la part de l’Asie dans les exportations de la zone est en constante augmentation depuis 2009, passant de 10,8% à 23,3% en 2019 (dont 7,7% rien que pour l’Inde, qui importe notamment de l’anacarde et de l’or, mais seulement 3,2% pour la Chine). La Suisse (18,7%) et l’Afrique du Sud (7,5%) – importateurs d’or – ainsi que le Nigéria (8,4%) – importateur de pétrole raffiné –  et les Pays Bas (6,3%) – importateur de cacao – sont les principaux clients de la région.

Une augmentation des importations (28,4 Mds EUR, +3% en g.a.) liée à la mise en œuvre de plusieurs projets d’infrastructures, qui reste atténué par le recul de la facture énergétique

Des pays qui continuent d’importer la large majorité de leurs biens de consommation finale et intermédiaires

Les importations de biens des pays de l’UEMOA sont ressorties à 28,4 Mds EUR en 2019, en hausse de 3% en g.a.. Le premier poste est constitué de biens de consommation (10,5 Mds EUR, soit 31,5% des importations totales, dont 55,8% de produits alimentaires), que les pays de la région produisent encore en faible quantité du fait de la faible diversification de leurs tissus productifs, et qu’ils sont par conséquent contraints d’importer dans leur majorité. Les biens d’équipement représentent ensuite 21,9% des importations totales, les produits énergétiques 19,5% et les biens intermédiaires (principalement des matériaux de construction et des produits chimiques) 18,9%, sans que le document de la BCEAO ne fournisse de nomenclature précise sur la typologie de ces biens. La hausse des importations est imputable aux augmentations des achats enregistrés pour les biens d’équipements (+12,3%) et les biens intermédiaires (+8,3%), liées notamment à plusieurs projets d'infrastructure au Bénin et aux travaux de construction et de rénovation dans les domaines aéroportuaires et hôteliers au Niger. Ces hausses ont été modérées par le repli des approvisionnements en biens de consommation (-1,0%) et en produits énergétiques (-0,8%), dans un contexte de recul des cours mondiaux du pétrole. Alors que l’achat de produits énergétiques avait largement participé au creusement du déficit commercial de l’Union l’année précédente, la part de ces produits dans les importations totales recule d’1 point de pourcentage en 2019.

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Poids lourds économiques et démographiques de la sous-région, la Côte d’Ivoire (9,5 Mds EUR) et le Sénégal (7,2 Mds EUR) réceptionnent à eux seuls plus de 50% des importations de l’UEMOA.

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Depuis 2016, un maintien de la Chine au rang de 1er fournisseur de la zone (16,5% des importations), devant la France (13,5%)

Les pays de la région s’approvisionnent principalement en Chine (16,5% des importations totales, en augmentation de 1,1 point en g.a.) et en France (13,5%, en hausse de 0,4 points), devant le Nigéria (6,7%) et l’Inde (5,3%). La part des importations en provenance des autres pays de la CEDEAO dans les importations totales de l’UEMOA a diminué de 0,4 points en 2019, s'établissant à 9,1%. A noter que les achats extérieurs de l'Union en pétrole brut se sont effectués à 92,9% au Nigéria en 2019, tandis que les achats de produits pétroliers raffinés se sont effectués à 32,9% auprès de l’Union européenne.

Une amélioration notable du déficit commercial de l’UEMOA de -2,9 Mds EUR en 2018 à -1,1 Md EUR en 2019

Le déficit commercial de l'Union en 2019 s'est établi à -1,1 Md EUR, contre -2,9 Mds EUR en 2018, traduisant une réduction de 1,3 point de pourcentage du PIB totale de la zone. La Côte d’Ivoire (+1,6 Md EUR) est le seul pays de l’Union à réaliser un excédent commercial, en hausse de près d’1 Md EUR par rapport à 2018. Le Sénégal (-3,3 Mds EUR, contre -3,6 Mds EUR en 2018) enregistre pour sa part le plus gros déficit de la région.

Des échanges intercommunautaires limités, reflet de la faiblesse de l’intégration commerciale régionale

Les échanges intra-UEMOA en 2019 sont estimés à 3,9 Mds EUR (dont 29% de produits pétroliers), en hausse de +3,8% par rapport à l’année précédente, soit 14,9% des exportations totales de la région – une part en baisse de 0,5 p.p., les exportations totales ayant progressé à un rythme plus soutenu. La Côte d'Ivoire et le Sénégal, dont les tissus industriels sont les plus développés, sont ainsi logiquement les principaux fournisseurs intra-régionaux, avec respectivement 35,5% et 24% des exportations intra-régionales totales en 2018. A l’inverse, le Mali et le Burkina – pays géographiquement enclavés – occupent les 1ère et 2ème places des importateurs intra-communautaires, avec respectivement 35,6% et 22,4% des approvisionnements.

La part des échanges intracommunautaires demeure faible et très en deçà de l’objectif de 25% fixé par le programme régional de développement des échanges commerciaux dans l’espace UEMOA. Plusieurs facteurs expliquent cette faiblesse au premier rang desquels l’homogénéité des biens et services échangés dans cet espace ; cette intégration souffre du manque de complémentarité entre les économies nationales, du fait de la similarité des biens exportés (matières premières brutes ou produits faiblement transformés) et importés (biens de consommation finale et intermédiaires) par chaque pays, reflétant la faible diversification de leurs tissus productifs. Par ailleurs, outre la faiblesse des infrastructures routières, les échanges sont contraints par les nombreux contrôles effectués sur les corridors, des prélèvements illicites et autres faux frais ainsi que de longs délais pour le transport des marchandises. La zone se caractérise également par des distorsions en matière de concurrence et en particulier, des difficultés pour certaines entreprises à avoir accès aux marchés, notamment publics, de certains pays de l’Union.



[1] L’indice de Theil prend en compte le nombre de produits exportés par un pays et le degré de concentration de la structure des exportations sur quelques produits. Il est compris entre 0 et 1

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