Commerce bilatéral entre la France et les pays de l’UEMOA en 2019

L’année 2019 a été marquée par une progression des échanges entre la France et l’UEMOA de 9,4% en glissement annuel, à 4,5 Mds EUR. Les exportations françaises vers les pays de la zone ont augmenté de 4,2% en g.a. à 3,2 Mds EUR, aux 2/3 à destination de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. La Côte d’Ivoire demeure le 1er client de la France en UEMOA (2ème en Afrique subsaharienne), mais est talonnée par le Sénégal où nos exportations ont été fortement dynamisées par les ventes de matériels ferroviaires et aéronautiques. Les importations françaises en provenance de la zone ont également progressé de 26% en g.a. à 1,2 Md EUR, en provenance aux ¾ de Côte d’Ivoire et principalement composées de produits agricoles et de produits des industries agro-alimentaires. La France maintient un excédent commercial de 2 Mds EUR avec les pays de la zone, même si cet excédent s’est légèrement réduit (-5,7% en g.a.) ; en 2019, la moitié de cet excédent relevait de la balance commerciale avec le Sénégal.

Les exportations françaises vers les pays de l’UEMOA se sont élevées à 3,2 Mds EUR, aux 2/3 à destination de la Côte d'Ivoire et du Sénégal

L’UEMOA réceptionne près d’1/3 des ventes françaises à l’Afrique subsaharienne

Les exportations  de la France vers les pays de l’UEMOA atteignent 3,2 Mds EUR, en progression de 4,2% en g.a.. Cela correspond à ¾ des exportations de la France vers la communauté CEDEAO (4,3 Mds EUR). A titre indicatif, ce montant est près de 2,3 fois supérieur à celui des ventes françaises à la zone CEMAC (1,4 Md EUR) et est à peine inférieur aux échanges avec la zone SADC (3,4 Mds EUR), qui abrite pourtant le premier client de la France en Afrique subsaharienne, à savoir l’Afrique du Sud (1,7 Md EUR).  L’espace UEMOA réceptionne 31,3% des ventes françaises à l’Afrique subsaharienne (10,4 Mds EUR), mais reste très loin des montants enregistrés en Afrique du Nord (15,5 Mds EUR). Ainsi, les ventes consolidées aux pays d’Afrique du Nord sont près de 5 fois supérieures à celles aux pays de l’UEMOA et à titre indicatif, les seules ventes à la Tunisie (3,3 Mds EUR), 3ème client de la France en Afrique du Nord, sont légèrement supérieures à celles à l’union monétaire ouest-africain.

Tableau

La Côte d’Ivoire demeure le 1er client de la France en UEMOA, mais est talonné par le Sénégal avec des exportations dynamisées par les ventes de matériels ferroviaires et aéronautiques

La Côte d’Ivoire demeure le 1er client de la France en UEMOA avec des exportations françaises de 1 102 M EUR quasi stables par rapport à 2018. En revanche, ce pays est à présent talonné par le Sénégal avec des ventes françaises à hauteur de 1 072 M EUR, en forte croissance de 30,6% en g.a.. Les ventes au Sénégal ont été particulièrement dynamisées par les livraisons de matériel ferroviaire dans le cadre du projet de TER de Dakar ainsi que par celles d’aéronefs à la société Air Sénégal. La Côte d’Ivoire et le Sénégal ont réceptionné respectivement 34% et 33,1% des ventes françaises à l’UEMOA. Suivent le Mali (10,3% des ventes françaises) et le Burkina Faso (8,7%).

Les deux pays qui ont enregistré les plus importants reculs de nos ventes sont le Togo (-70,6 M EUR, -29,5% à 168,7 M EUR) et le Bénin (-59,9 M EUR, -26,9% à 162,8 M EUR). S’agissant du Togo, cette baisse est principalement le fait d’un recul des ventes de produits pétroliers raffinés (de 60 M EUR à 1,3 M EUR). Au Bénin, les postes en repli sont plus diffus et concernent notamment les moteurs et turbines (-32 M EUR, -98,7% à 430,8 M EUR) et les viandes de volaille (-6,8 M EUR, -31,5% à 14,8 M EUR, toujours 2ème poste de ventes).

Les produits pharmaceutiques constituent toujours le 1er poste de ventes françaises à la zone

Les principaux produits exportés par la France à l’UEMOA sont les produits pharmaceutiques (13,5%), les produits des industries agro-alimentaires (13,3%) et les produits agricoles (11,8%). Les ventes de produits pharmaceutiques ont progressé de 3,2% en g.a., à 438,4 M EUR. Il s’agit du premier poste de ventes pour la majorité des pays de la zone ; au Bénin et au Mali, par exemple, ces ventes représentent plus de 20% de nos exportations.

En termes nominaux, la plus forte progression concerne le matériel de transport (+108 M EUR, +7,3% en g.a. à 334,9 M EUR) qui représente à présent 10,3% de nos ventes ; ¾ de ce montant relève de ventes au Sénégal, fortement dynamisées par les livraisons de matériel ferroviaire roulant (projet de TER de Dakar) et d’aéronefs (Air Sénégal). La 2ème progression la plus forte concerne les produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (+95 M EUR, +33,1% en g.a., à 381,4 M EUR) qui représentent 11,8% des ventes françaises. Près de 60% de ces ventes sont destinées à la Côte d’Ivoire, qui a importé notamment des céréales pour plus de 110 M EUR.

A contrario la baisse le plus importante a concerné les ventes de matériels industriels et agricoles (-54 M EUR, -12,5% à 376,9 M EUR) ; c’est au Bénin que la baisse a été la plus forte à hauteur de 63,5% en g.a. avec des ventes qui sont établies à 19,6 M EUR en 2019 (12% des exportations) contre 53,7 M EUR l’année précédente (24,1% des ventes). Les produits des industries agroalimentaires ont également baissé (-45,6 M EUR, - 9,2% à 428,9 M EUR) et représentent 13,3% de nos ventes à la zone ; les premiers clients demeurent la Côte d’Ivoire et le Sénégal avec des ventes à respectivement 155 M EUR (produits de la pêche, laitiers, vins, etc.) et 104,5 M EUR (produits laitiers, plats préparés, etc.). Enfin, les produits pétroliers raffinés ont enregistré le recul relatif le plus important de près de 60% pour s’établir à 34,7 M EUR (-43,5 M EUR, -56,8% à 34,7 M EUR) ; ce recul tient principalement à la dégringolade des ventes de ces produits au Togo qui sont passées de 60 M EUR en 2018 à 1,3 M EUR en 2019 ; le premier client dans la zone est devenu le Sénégal avec des exportations françaises de 15,1 M EUR en progression de 113,7%.

Les importations françaises en provenance de la zone UEMOA ont augmenté de plus de 25% à 1,2 Md EUR, principalement composées de matières premières en provenance à ¾ de Côte d’Ivoire

Moins de 13% des importations françaises en provenance d’Afrique subsaharienne proviennent de la zone UEMOA

Les importations françaises  en  provenance  de  l’UEMOA s’établissent à 1,2 Md EUR, en augmentation de 26% en glissement annuel. Ce montant correspond à 21,1% des flux en valeur en provenance de la CEDEAO (68,5% des achats français à la zone proviennent du Nigéria en raison de nos importations d’hydrocarbures) et 12,7% d’Afrique subsaharienne. A titre indicatif, ce montant est 3 fois plus important que nos importations en provenance de la CEMAC.

La Côte d’Ivoire est à l’origine de plus de ¾ des importations françaises en provenance de l’Union

La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur de la France en UEMOA à l’origine de 77,2% (cacao, fruits tropicaux, pétrole brut, produits de la pêche) de nos importations en provenance de l’union ; cette part était de 84,7% en 2018. Le deuxième fournisseur de la zone est le Togo (9,2% des importations françaises en provenance de zone) avec des ventes ont forte progression, principalement de produits du raffinage du pétrole. Ce pays est suivi du Sénégal à 6,5% (produits de la pêche) et du Niger à 4,2% (uranium).

Tous les pays de la zone enregistrent une augmentation des achats français, hormis le Sénégal (-12,6% en g.a.) et le Bénin (-12,1%).

Les importations françaises en provenance des pays de l’UEMOA se composent principalement de produits agricoles et de produits des industries agro-alimentaires

Les importations françaises en provenance des pays de l’UEMOA se composent principalement de produits agricoles (41,6%) et de produits des industries agro-alimentaires (34,2%). Les achats de produits agricoles ont progressé de 14,4% en g.a. quand ceux des produits des industries agroalimentaires ont augmenté de 3,8%.

En termes nominaux, le poste ayant enregistré la progression la plus forte concerne les importations de produits pétroliers raffinés dont les achats sont passés de 5985 EUR à 82,5 M EUR et représentent à présent 6,8% de nos achats à la zone. Ces achats ont été effectués auprès du Togo et représentent près de ¾ de nos importations à ce pays.

Les achats français de produits métallurgiques et métalliques ont également très fortement augmenté passant de 4,1 M EUR à 49 M EUR. Il s’agit quasi exclusivement d’achats de combustibles nucléaires traités du Niger, qui sont passés de 2,4 M EUR en 2018 à 48,4 M EUR en 2019 ; ces achats représentent près de 74% de nos importations de ce pays.

La balance commerciale demeure excédentaire pour la France à 2 Mds EUR, l’excédent commercial avec le Sénégal y contribuant pour moitié

La France enregistre un excédent commercial avec l’ensemble des pays de l’UEMOA. Ainsi, au niveau consolidé, cet excédent s’élève à 2 Mds EUR, en léger recul de 5,7% en glissement annuel. La moitié de cet excédent tient à la balance commerciale avec le Sénégal, 1er excédent de la France dans la zone à hauteur de 992,3 M EUR. Il s’agit également du 1er excédent commercial de la France en Afrique subsaharienne comme en 2018 et du 14ème au niveau mondial (16ème l’année précédente).

Tous les excédents sont en recul hormis ceux avec le Sénégal (+36%) et la Guinée Bissau (+58,5% mais avec un volume d’échanges marginal de 5,6 M EUR). Dans la zone, la France enregistre son 2ème excédent  avec le Mali à hauteur de 324,7 M EUR et le 3ème avec le Burkina Faso à hauteur de 241,5 M EUR. En termes nominaux, les deux principaux replis concernent le Togo avec un excédent qui est passé de 219,6 M EUR en 2018 à 56,6 M EUR en 2019 et la Côte d’Ivoire de 281,2 M EUR à 161,8 M EUR sur la même période.

 

 

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