Présence française au Congo

Notre présence reste conséquente mais s’érode progressivement au profit de la Chine et de nouveaux entrants.

La République du Congo a été durement touchée par la chute brutale des prix pétroliers mi-2014, impactant fortement l’économie du pays à partir de 2016.

Une centaine de sociétés, présentes dans la plupart des secteurs - avec une prépondérance de parapétroliers - et employant directement et indirectement quelque 15 000 salariés (plus de 25 000 en 2015), essentiellement congolais, plus d’une centaine d'expatriés français et quelque 30 Volontaires Internationaux en Entreprise (105 VIE en 2015) représentent les intérêts économiques français, dans un pays où il n’existe aucune structure bilatérale d’affaires opérationnelle, hormis un Club Congo-France Numérique créé en avril 2019 regroupant 36 entités françaises et congolaises à part égale. Le Comité des CCEF, d’une vingtaine de membres, et l’AFD présente au Congo depuis 2010 avec des engagements de financement de 585 M EUR sur une quarantaine de projets, complètent le dispositif français.

La France est un investisseur de premier rang au Congo avec un stock d’IDE qui n’a cessé de progresser depuis 2000 et n’a jamais été aussi important qu’en ces années de crise. Il  pesait en moyenne 2,5 Md EUR entre 2008 et 2013, il a dépassé les 3 Md EUR en 2014 et les 5 Md EUR en 2015 pour atteindre 5,664 Md en 2017, faisant de la France l’un des tout premiers investisseurs étrangers au Congo.

Nous restons le 2ème fournisseur du pays malgré un effondrement de nos flux commerciaux, qui passent de  836 M EUR en 2014 à 338 M EUR en 2018, avec des exportations hexagonales qui ne représentent plus que 303 M EUR contre 635 M EUR en 2014 et 520 M EUR en 2016.

Mais les entreprises françaises, traditionnellement très présentes sur les grands contrats publics, aujourd’hui en grande partie taris,  doivent  désormais s’ouvrir à de nouveaux paradigmes basés sur les partenariats qu’ils soient publics/privés à l’instar de celui de Bolloré pour la gestion du terminal à conteneurs du port autonome de Pointe Noire ou d’Egis pour la gestion des principaux aéroport, avec les entreprises de pays tiers, à l’instar de celui d’Egis sur la concession des RN1 et RN2 avec le Chinois CSCEC, ou franco-congolais pour répondre à des projets d’investissements privés ou publics à l’instar du partenariat entre les startups congolaise et française  WapiCash et Be-Bound ou celui du consortium Tactis/Qwant/Linagora/Cio-Mag avec le Congolais Infranum, dans le secteur du numérique.

En termes d’investissements structurants, il est question de redynamiser le corridor économique Pointe Noire-Kinshasa, de réhabiliter le chemin de fer Congo océane (CFCO) avec le lancement d’études approfondies, et de construire un pont route/rail sur le fleuve Congo entre les deux Congo, qui sera connecté au CFCO. Un certain nombre de routes vont également faire l’objet d’un appel d’offre. Dans le domaine de la fibre optique, de gros travaux d’interconnexion régionale avec le Gabon, le Cameroun et la RCA sont en cours dans le cadre du projet Central african backbone, et plusieurs barrages hydroélectriques sont prévus, sur lesquels se positionnent des  ingénieurs-conseils français.

Les exigences du FMI  (signature d’un accord le 11 juillet 2019) d’un apurement des arriérés commerciaux intérieurs, d’une meilleure gouvernance et d’une transparence accrue et de réformes structurelles, en contrepartie de son intervention, devraient garantir à nos entreprises un environnement des affaires plus serein.

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