Présence française au Congo

 

Notre présence s’érode progressivement au profit de la Chine et de nouveaux entrants mais reste conséquente

 La République du Congo a été durement touchée par la chute brutale des prix pétroliers mi-2014, impactant fortement l’économie du pays à partir de 2016 et laissant le pays dans une situation financière préoccupante et nos entreprises, très présentes sur la commande publique, en situation d’arriérés importants vis-à-vis de l’Etat. Selon la Caisse nationale de Sécurité sociale CNSS, 189 entreprises étrangères ont été mises en situation d’abandon en 2018, provoquant un manque à gagner de 10Md FCFA.

Les intérêts économiques français reposent sur une centaine de sociétés opérant dans la plupart des secteurs -avec une prépondérance de sociétés du parapétrolier et du BTP, qui emploient directement et indirectement quelque 15 000 personnes (plus de 25 000 en 2015), essentiellement congolaises, plus d’une centaine d'expatriés français et encore une vingtaine de Volontaires Internationaux en Entreprise (105 VIE en 2015). Il n’existe aucune structure bilatérale d’affaires opérationnelle, hormis le Club Congo-France Numérique créé en avril 2019, regroupant 36 entités françaises et congolaises à part égale et l’association France Alumni regroupant les Congolais ayant fait leurs études supérieures en France. Le Comité des CCEF, d’une vingtaine de membres, et l’AFD présente au Congo depuis 2010 avec des engagements de financement à hauteur de 585 M EUR sur près de 40 de projets, complètent le dispositif français.

 La France est un investisseur de premier rang au Congo avec un stock d’IDE qui n’a cessé de progresser depuis 2000 et n’a jamais été aussi important que pendant les années de crise. Il  pesait en moyenne 2,5 Md EUR entre 2008 et 2013, avant de dépasser les 3 Md EUR en 2014, puis les 5 Md EUR en 2015 et connaitre un repli progressif à partir de 2017 (4,24 Md en 2017 et 3,11 Md en 2018).

 Nous restons le 2ème fournisseur du pays malgré un effondrement de nos flux commerciaux, qui passent de  836 M EUR en 2014 à 303 M EUR en 2018, avec des exportations hexagonales qui ne représentent plus que 303 M EUR contre 635 M EUR en 2014 et 520 M EUR en 2016. La tendance des flux reste à la baisse en 2019 même si notre solde progresse du fait d’importations françaises en sensible repli.

 Les entreprises françaises, traditionnellement très présentes sur les grands contrats publics, aujourd’hui en grande partie taris,  doivent  désormais s’ouvrir à de nouveaux paradigmes de coopérations, qu’ils s’agisse de PPP, à l’instar de celui de Bolloré concessionnaire du terminal à conteneurs du port autonome de Pointe Noire ou d’Egis qui gère en DSP les 3 principaux aéroports du pays, d’association d’expertises avec des entreprises de pays tiers, à l’instar du consortium  franco-chinois Egis / CSCEC sur le contrat de concession des routes nationales 1 et 2, ou de partenariats franco-congolais pour répondre à des projets privés ou publics à l’image des startups congolaise et française  WapiCash et Be-Bound ou du contrat Folan / Infracom, dans le secteur du numérique.

 

Des mesures en faveur d’une relance de l’économie que les entreprises françaises pourraient mettre à profit

La signature d’un programme économique et financier avec le FMI, le 11 juillet 2019, au titre d’une facilité élargie de crédit, a vocation à rétablir la stabilité macroéconomique (rééquilibrage budgétaire et restructuration de la dette publique) du pays et à relancer une économie inclusive. Les exigences du FMI  d’un apurement des arriérés commerciaux intérieurs qui permettra au secteur bancaire fortement impacté par les créances en souffrance de reprendre son rôle de moteur de réinjecter du crédit dans l’économie, de réformes structurelles d'envergure permettant de renforcer les bonnes pratiques de gouvernance, la transparence des finances publiques et l'amélioration des services publics (notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie et des télécommunications), en contrepartie de son intervention, devraient désormais garantir la diversification de l’économie.

A ce titre, le gouvernement a mis en place une politique de diversification de l’économie nationale (PND 2018-2022) en misant notamment sur la création en 2017 de 4 zones économiques spéciales (ZES)  dotées d’avantages fiscaux et sur les secteurs de l’agriculture, de l'agro-industrie, de la transformation du bois, du tourisme et de l'artisanat. Il est accompagné par la Chine pour la ZES de Pointe Noire et par la Banque mondiale (Projet d’appui au développement des entreprises et à la compétitivité PADEC), et de  l'Union européenne (Programme de renforcement des capacités commerciales et entrepreneuriales –PRCCE). La BAfD intervient également au travers de son Projet d’appui au climat des investissements et à la gouvernance forestière PACIGOF et a récemment validé un Projet de développement intégré des chaines de valeurs agro-industrielles PROVIDAC pour les filières maïs (alimentation animale, humaine et brasserie), manioc (farine et autres produits), aviculture (poulets de chair et œufs), l’aquaculture et la pisciculture (poissons frais et poissons salés, fumés). L’AFD intervient dans le cadre de la ville durable : organisation, gestion foncière, fiscalité locale, planification, entretien et maintenance des réseaux ; des prestations spécifiques visant à structurer et développer les filières de gestion des déchets solides et des eaux usées. Dans le secteur du numérique, les besoins exprimés dans le PND 2018-2022, axés sur l’e-gouv, l’e-business et l’e-citoyen peuvent trouver appui sur la plateforme Congo-France Numérique qui permet de proposer une expertise commune.

  En termes d’investissements structurants, il est question de redynamiser le corridor économique Pointe Noire-Kinshasa, de réhabiliter le chemin de fer Congo océane (CFCO) avec le lancement d’études approfondies, et de construire un pont route/rail sur le fleuve Congo entre les deux Congo (BAfD), qui sera connecté au CFCO. Un certain nombre de routes vont également faire l’objet d’un appel d’offre. Dans le domaine de la fibre optique, de gros travaux d’interconnexion régionale avec le Gabon, le Cameroun et la RCA sont en cours dans le cadre du projet Central african backbone (CAB, financé par la BAfD), et plusieurs barrages hydroélectriques sont prévus, sur lesquels se positionnent des  ingénieurs-conseils français. L’AFD reste très présente sur les projets d’infrastructures qui intéressent les nombreuses entreprises françaises du BTP et les bureaux d’études français implantés au Congo qui pourront répondre aux appels d’offres des marchés d’étude et de travaux.

 

 

 

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