Indicateurs et conjoncture

Après trois années de guerre civile ayant entrainé un effondrement de l’économie, Faustin Archange Touadera, a été élu Président de la République en février 2016 dans des conditions jugées satisfaisantes par la communauté internationale. La situation sécuritaire reste précaire. Elle s'est dégradée en avril 2018 avec des violences à Bangui faisant un dizaine de morts, puis un retour au calme quelques semaines plus tard. La République centrafricaine est un PMA, considéré comme « État fragile », et dont les conditions de vie des populations se sont dégradées progressivement. Son indice de développement humain a reculé du 159ème au 196ème rang en 2016 et remonte au 188ème rang en 2018. Après avoir atteint 4,5 % en 2016, le taux de croissance du PIB centrafricain s’est ralenti à 4,0 % en 2017 et devrait rebondir légèrement à 4,3% en 2018 selon le FMI. Cette croissance relativement soutenue reflète avant tout un phénomène de rattrapage incomplet après l’effondrement de 2013 (-36,7 %).

L’agriculture (vivriers, café, coton, palmier à huile, forêt) contribue à 40,6 % du PIB centrafricain en 2017. L’industrie – industries extractives (or et diamants) et industries de transformation (boissons, sucre, cigarettes, tôles.) – contribue à 9,8 % du PIB. Les services (banques, commerce, hôtellerie, télécommunications) représentent 34,7 % du PIB.

La République centrafricaine est engagée depuis juillet 2016 dans un programme du FMI appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant initial de 118,1 M USD, porté  à 189 M USD au terme de deux augmentations successives. Le taux de prélèvement fiscal de la République centrafricaine (9,2 % du PIB en 2018, pour des dépenses de 15,8 % du PIB) la place dans une forte dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure (FMI, Banque mondiale, BAD, France, UE). Ce programme vise notamment à l’apurement des arriérés intérieurs (sociaux et commerciaux) et extérieurs. Il suppose un assainissement de l’environnement des affaires, une augmentation des recettes internes et une amélioration des procédures de dépenses. Il prévoit une très stricte limitation de l’endettement du pays qui doit privilégier la mobilisation de dons annoncés à la conférence des bailleurs de fonds de Bruxelles de novembre 2016. La dette centrafricaine, qui représente 52,8 % du PIB en 2017 (dont 25,1 % de dette intérieure), est considérée à risque de soutenabilité élevé par le FMI.

La cinquième revue du programme a permis l'approbation en décembre 2018 du versement de 33 M USD.

 

Publié le