Indicateurs et conjoncture

Situation politique

La Centrafrique est un PMA profondément affecté par trois années de guerre civile (2013-2016). Sur cette période, son indice de développement humain a reculé du 159ème au 188ème et avant-dernier rang mondial. Son PIB par habitant a chuté de 432 USD à 276 USD entre 2012 et 2013 ; il atteignait 399 USD en 2019. La situation sécuritaire reste volatile, avec des incidents sporadiques qui continuent de se manifester dans les provinces. Des violences se sont également déclenchées en avril 2018 à Bangui, faisant une dizaine de morts, avant un retour au calme quelques semaines plus tard.

Le défi pour les autorités centrafricaines est celui du rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, préalable indispensable à une reprise progressive de l’activité économique. Des espoirs sont placés dans l’accord de paix signé entre le Président Touadéra et 14 groupes armés en février 2019. Il appelle à un gouvernement plus inclusif, à l’accélération des efforts de décentralisation et à la co-gestion des ressources naturelles. Les élections présidentielle et législatives sont programmées pour le 27 décembre 2020.

 

Situation économique

La Centrafrique a connu une période de croissance économique relativement soutenue entre 2015 et 2017, qui reflétait avant tout un phénomène de rattrapage après l’effondrement de -36,7 % observé en 2013. A partir de 2018, le rythme de croissance s’est ralenti à 3,8 % puis à 3,0 % en 2019, ce qui a néanmoins permis à la Centrafrique de retrouver le niveau d’activité d’avant-crise, avec un PIB estimé à 1 356 Mds FCFA (environ 2,1 Mds EUR).

Le ralentissement de l’activité depuis 2018 s’explique par la chute de la production officielle de diamants après le départ du dernier bureau d’achat et par les performances décevantes de la filière bois liées à l’arrêt temporaire de la production en novembre et décembre en réaction à une hausse des impôts. La production de bois a repris depuis, augmentant de 11,4 % en glissement annuel au premier trimestre 2019. La production de diamants pourrait se redresser à la faveur des vérifications menées par le processus de Kimberley pour élargir la zone verte. Les secteurs du coton et du café, qui constituaient jadis les principales cultures de rente du pays, sont tributaires de l’évolution de la situation sécuritaire dans les bassins de production. L’agriculture de subsistance représente toujours la principale source d’activité économique (plus de la moitié du PIB).

La croissance pour 2020, qui été prévue à 5,0 % en début d’année, devrait s’établir à -1,0 % selon les prévisions de FMI établies au mois de juin. L’économie centrafricaine, très dépendante des importations, est affectée par les difficultés d’approvisionnement sur le corridor Douala-Bangui. Les exportations de bois, qui représentent près des deux tiers des exportations totales, devraient également souffrir du ralentissement de la demande mondiale.

Sur le plan budgétaire, la Centrafrique reste fortement dépendante des financements extérieurs en raison d’un taux de prélèvement fiscal extrêmement faible (8,7 % du PIB en 2019). Avec des dépenses publiques représentant 16,9 % du PIB en 2019, la Centrafrique a enregistré un déficit budgétaire (hors dons) de 8,2 %. En tenant compte des appuis extérieurs apportés par les bailleurs de fonds, équivalant à 9,6 % du PIB, la Centrafrique a réussi à dégager un excédent budgétaire de 1,4 %.

 

Croissance du PIB (prix constants)

Croissance du PIB

Source : FMI

 

Relations avec la communauté financière internationale

La Centrafrique était engagée depuis juillet 2016 dans un programme avec le FMI appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant initial de 118,1 M USD, porté à 189 M USD au terme de deux augmentations successives. Ce programme visait notamment à l’apurement des arriérés intérieurs (sociaux et commerciaux) et extérieurs. Il supposait un assainissement de l’environnement des affaires, une augmentation des recettes internes et une amélioration des procédures de dépenses. Il prévoyait également une très stricte limitation de l’endettement du pays qui devait privilégier la mobilisation de dons annoncés à la conférence des bailleurs de fonds de Bruxelles de novembre 2016. La dette centrafricaine, qui s’inscrit certes en baisse depuis 2015, est toujours considérée à risque de soutenabilité élevé par le FMI. La sixième et dernière revue de ce programme a été validée au mois de juillet 2019 et a permis le décaissement de 31,7 M USD.

Un nouveau programme triennal appuyé par la FEC, d’un montant de 83,6 M DTS (soit 75 % du quota), a été conclu en décembre 2019. Il vise à appuyer les réformes structurelles en faveur d’une meilleure mobilisation des ressources domestiques via notamment la réduction de la parafiscalité, renforcer la lutte contre la corruption et favoriser le développement du secteur privé.

Dans le cadre de la stratégie gouvernementale de riposte au Covid-19, la Centrafrique bénéficie de l’appui de nombreux partenaires extérieurs (Banque mondiale, Banque africaine de développement, France, Union européenne). Le FMI a accordé une Facilité de crédit rapide (FCR) d’un montant de 27,9 M DTS et une annulation pour six mois des créances qui lui sont dues. La Centrafrique bénéficie également du moratoire sur la dette extérieure bilatérale accordé par les pays du G20 et du Club de Paris.

 

Présence économique française

Le stock des IDE français en République centrafricaine s’établissait à 179 M EUR en 2019, en baisse de 29 % par rapport à 2018. En dépit des crises successives les entreprises françaises traditionnellement présentes ont maintenu des implantations en Centrafrique : Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons), Somdiaa (sucre), Total (distribution de produits pétroliers), Orange, Air France, etc.

Les exportations françaises vers la Centrafrique ont connu une accélération en 2019 (+14,7 %) suite à la faible reprise de 2018 (+2,9 %). Elles atteignent 34,1 M EUR, encore loin derrière leur niveau de 2015 (44,7 M EUR). Les importations françaises sont restées stables entre 2018 et 2019 à 5,2 M EUR (+0,2 %), suite à leur forte augmentation entre 2017 et 2018 (+62,9 %). Le premier poste des importations françaises, le bois brut, diminue de 9 %, passant de 4,4 M EUR à 4 M EUR. Au total, le renforcement des exportations françaises sur ses postes historiques et la stagnation des importations centrafricaines améliorent notre excédent commercial, qui s’établit à 28,9 M EUR en 2019, en hausse de 17,8 % par rapport à l’année 2018.

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