RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Relations économiques et commerciales entre la France et la République Démocratique du Congo
1. SYNTHÈSE DES ÉCHANGES BILATÉRAUX ENTRE LA FRANCE ET LA RDC
Après une progression soutenue ces dernières années, les exportations françaises vers la RDC ont reculé en 2025 pour s’établir à 190 M€, contre 209 M€ en 2024. Cette baisse est principalement imputable au secteur manufacturier (équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique) dont la contribution à la variation des exportations est de ‑68,0 %. Les produits agricoles (céréales, conserves, malt) contribuent également négativement (‑27,6 %), tandis que les hydrocarbures naturels apportent une faible contribution positive (+0,3 %).
Sur la même période, les importations françaises en provenance de RDC bondissent à 217,5 M€ en 2025, contre 141 M€ un an plus tôt. Cette hausse spectaculaire est portée par l’industrie manufacturière (industrie agro-alimentaire, métaux, produits métallurgiques), dont la contribution atteint +111,6 %. À l’inverse, seuls les produits agricoles (café, bois, conserves) freinent la progression, avec une contribution négative de ‑22,8 %.
Le solde commercial, historiquement excédentaire pour la France (68 M€ en 2024), devient déficitaire en 2025 : ‑27,6 M€. Ce retournement traduit une forte accélération des achats français de produits manufacturés et d’hydrocarbures congolais, tandis que les ventes françaises de biens d’équipement et de produits agricoles s’essoufflent.
Figure 1 : Evolution du solde commercial France-RDC entre 2017 et 2025
Note : Les données se rapportent aux exportations nettes d'importations de la France vers la RDC, exprimées en millions d'euros. Source : Douanes françaises.
Figure 2 : Contributions à la dynamique des échanges entre 2024 et 2025, par type de produits
Note : Pour chaque type de produits, la contribution à la variation nette entre 2024 et 2025 est calculée en divisant la variation en valeur du poste par la variation totale absolue du volume des échanges (exportations ou importations). Cet indicateur permet d’identifier les groupes de produits qui ont tiré (contribution positive) ou freiné (contribution négative) la croissance globale des flux commerciaux. La somme des contributions est égale à +100% en cas d’augmentation des flux, ou -100% en cas de diminution des flux. Source : Douanes françaises.
2. PRÉSENCE ÉCONOMIQUE ET INVESTISSEMENTS FRANÇAIS EN RDC
Eu égard à la taille du marché, les entreprises françaises restent peu nombreuses en comparaison de leur présence dans d’autres pays francophones de la sous-région. Près de 65 filiales françaises (y compris les entreprises de français de l’étranger) sont implantées en RDC, cette présence s’est développée récemment (elles étaient une dizaine il y a 10 ans). Par le nombre de filiales, la présence française hors secteur minier est à la première place des Etats-membres de l’UE. Du fait de son histoire en RDC, la Belgique affiche moins de filiales mais nettement plus d’entreprises locales de grande taille contrôlées par des Belges.
Les principales entreprises françaises présentes sont Orange qui poursuit son investissement dans les infrastructures de télécommunications, Perenco (exploitation pétrolière off-shore et onshore), Total (logistique pétrolière et stations-services), le groupe Accor en forte croissance avec plusieurs nouvelles ouvertures d’hôtels prévues à Kinshasa et en province, AGL (Africa Global Logistics), Bureau Veritas, Castel (brasseries), Canal+, Schneider, Cegelec (Vinci Energies) Eiffage, Eutelsat, Bouygues-TP, CMA-CGM, Havas, Decathlon, Servair, AGS sont également présents en RDC.
Pour accompagner les entreprises françaises, la Team France Export s’appuie sur l’ambassade de France mais aussi sur la Chambre de Commerce et d’industrie France-RDC (CCIFC), sur le bureau de Business France (basé à Luanda), sur les Conseillers du Commerce Extérieur (CCE), sur le Medef International, sur l’Agence Française de Développement (AFD), Expertise France (groupe AFD) et sur Proparco (groupe AFD).
3. AIDE BILATÉRALE DE LA FRANCE EN RDC
La coopération financière bilatérale s’est fortement développée via l’AFD qui a engagé plus de 550 M€ sur la période 2022-2025 et envisage en format Groupe un niveau d’octroi du même ordre pour la période à venir. À partir de 2021, le groupe AFD augmentait fortement son activité qui auparavant se limitait au contrat de désendettement et de développement (C2D) dont le premier fut signé en 2013 pour 106 M€, le second en 2019 pour 65 M€ et à des dons et à des délégations d’autres bailleurs. La conclusion en 2021 d’un programme avec le FMI a permis un réengagement massif de l’AFD via des prêts souverains à l’Etat (290 M€ sur la période 2022-2025). En outre, Proparco développe son portefeuille en RDC (37 M€ d’engagements avec un objectif de 50 M€/an sur la période à venir) et Expertise France a un portefeuille de 10 projets d’un montant de 95 M€ mis en œuvre avec 65 collaborateurs.
L’aide budgétaire globale de 15 M€ octroyé en 2024 à la RDC a eu un effet marqé auprès de nos partenaires. Cet appui s’inscrivait à la suite de la visite du Président Macron en RDC en mars 2023 pour marquer le soutien de la France dans la mise en place du précédent programme FMI et a été salué par le ministre des Finances et les services du Fonds.