L'économie de la RD Congo

Un sous-sol d’une exceptionnelle richesse en matières premières

Avec 9 pays frontaliers, 2,3 millions de km², une population estimée à 89 millions d’habitants, la RDC occupe une position centrale sur le continent.  1er pays francophone au monde en nombre d’habitants et le 2ème pays d’Afrique par la superficie, la RDC est dotée d’un potentiel hydroélectrique gigantesque (100 000 MW) soit le tiers du potentiel du continent et 60% de sa superficie est composée de forêts. La RDC est considérée comme un véritable « scandale géologique » tant son sous-sol, très riche, regorge de ressources minérales (cuivre, premier producteur en Afrique ; cobalt, premier producteur mondial ; coltan, or, diamants). Son économie est le reflet du phénomène de « syndrome des matières premières » : celui d’un faible développement de son économie et d’une pauvreté persistante en dépit de l’exploitation de ses richesses naturelles.

 

Des indicateurs de développement à la traine

La RDC est un PMA, 7ème plus pauvre pays de la planète. La RDC n’a rempli aucun des objectifs du millénaire. Avec un PIB 2017 de 41,62 Mds $ soit 466 $ / habitant, ses indicateurs de développement restent très à la traine. Si le taux de pauvreté s’est amélioré passant de 71,4% en 2005 à 63,4% en 2012, la RDC n’a pas marqué de progrès pour son classement mondial de l’IDH de 176ème sur 188 pays en 2016, qui reste inférieur à la moyenne de l’Afrique sub-saharienne. L’espérance de vie à la naissance n’est que de 48,7 ans et le taux d’enrôlement scolaire brut de 55%.

 

L’économie de la RDC, très spécialisée, reste vulnérable

Plus de 90% de ses exportations sont des matières premières (minerais et pétrole) et 40% le sont à direction de la Chine, ce qui rend son économie très dépendante à la fois de l’évolution du cycle des matières premières et de la demande chinoise.

 

En 2015, l’agriculture représentait 20,6%[1] du PIB, l’industrie (y inclus activités extractives) 32,5%, et les services 46,9%.

  • Le secteur minier est marqué par une présence chinoise de plus en plus forte et représente, avec le secteur pétrolier, 90% des exportations de la RDC. L’artisanat minier représente encore entre 15 et 20% de la production totale (soit 1 Mds$). Cette production peu réglementée est localisée dans les provinces du Haut Katanga et du Lualaba (sud-est de la RDC). Ceci rend nécessaire la traçabilité des minerais ainsi produits afin d’assurer une chaîne d’approvisionnement responsable avec un risque correspondant aux critères de l’OCDE de « diligence raisonnable ». Plusieurs initiatives soutenant un approvisionnement libre de tout travail forcé des enfants se développent. La chambre de commerce chinoise des métaux minéraux avec d’autres sociétés internationales ont mis en place, sur une base volontaire, une initiative pour un « cobalt responsable ». Elle ne repose pas sur un cadre contraignant comme l’initiative européenne en matière d’approvisionnement responsable dans les zones de conflits, qui ne concerne que les minerais « 3T » (Tungstène-étain-tandalite).

     

  • Les productions agricoles d’exportation (coton, café, cacao, sucre, thé et caoutchouc) sont déclinantes et peu productives. Le café qui occupait une part non négligeable des exportations congolaises dans les années 80 est aujourd’hui réduit à une portion congrue (17 M$, pour 9000T). Les cultures vivrières (manioc, plantain, maïs, arachide, et riz) peinent à satisfaire la demande locale. Le maïs importé occupe désormais une place importante dans les consommations des ménages urbains.

     

     

  • La production d’électricité reste insuffisante. La production électrique installée est de 2 500 MW. Les deux barrages entrés en service dans les années 1970, Inga I et Inga II, en cours de réhabilitation, ont une production de 1 000 MW pour une capacité de 1 800 MW. Ce déficit énergétique constitue un frein au développement économique du pays, 9 % seulement de la population congolaise a accès à l’électricité. Un très ambitieux projet, Inga III, doit permettre de produire 4 800 MW, soit l'équivalent de trois réacteurs nucléaires de troisième génération. Le coût total du projet est évalué à 12 Mds $ : comprenant la construction du barrage et de la centrale (11 turbines), l’édification de la ligne à haute tension reliant Inga III à l’Afrique du Sud, via Kolwezi dans la province du Katanga.

     

  • Le secteur industriel (19% du PIB en 2015), jadis plus développé que dans la plupart des autres pays africains, est aujourd’hui en crise. Les productions industrielles traditionnelles - industries alimentaires, les cimenteries, une raffinerie et des industries diverses (plastique, chimie) – ont pâti d’une conjoncture déprimée depuis 2015 sous l’effet de la chute de la dépense publique, de la perte de pouvoir d’achat des ménages et des disparités monétaires qui faussent les échanges transfrontaliers. La montée des importations frauduleuses d’Angola désorganisent certaines productions. La forte différence entre le taux de change officiel et parallèle de la devise angolaise (le Kwanza) permet d’acheter des marchandises à bon prix après change de dollars sur le marché parallèle, puis de les réimporter de façon frauduleuse avec une marge très importante en les revendant en dollars. Si la production de farine augmente (+18%), la production de bière et boissons gazeuses baisse de 4%, celle de ciment s’est effondrée en 2016 (-48%). L’entrée en service de deux nouvelles cimenteries a fait s’envoler la production en 2017 (+255%), dont PPC Barnet DRC qui détient une capacité de production de 1 000 000 t/an.

     

  • Les activités de services sont présentes : le secteur bancaire compte 20 banques dont 5 à capitaux locaux ; le secteur des assurances est en voie d’ouverture à la concurrence ; le secteur des télécommunications compte 5 opérateurs (dont Orange) ; le secteur de la santé où de nombreuses cliniques privées sont présentes; le secteur hôtelier encore peu pénétré par les grandes chaines (Accor est présent), le secteur aérien est encore peu structuré ; le secteur de la distribution marqué par la présence de nombreux indépendants ; le secteur de la distribution automobile (CFAO est présent) est de plus en plus concurrencé par les « grey dealers » (véhicules directement réimportés du moyen orient, en dehors des réseaux de distributions officiels).

     

  • Les importations et les exportations du Port de Matadi sont en baisse de 22,4% et 10,7% en 2016, une tendance qui s’est accentuée en 2017 avec -40% en volume (sur les importations et les exportations). L’ouverture en 2016 du nouveau port Matadi Gateway Terminal, appartenant à un consortium philippin pourrait expliquer cette forte chute.

     

 

 



[1] Source : Banque mondiale, WDI

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