RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Situation macroéconomique et financière de la République Démocratique du Congo
1. Économie réelle
Malgré un environnement sécuritaire particulièrement dégradé, l'économie de la RDC a fait preuve d'une résilience remarquable en 2025. Après une croissance de 6,1 % en 2024, l'activité économique a progressé de 5,7 % en 2025 et devrait se maintenir à un niveau élevé en 2026 (5,6 %). Cette dynamique repose principalement sur la vigueur du secteur extractif, mais également sur la bonne tenue des secteurs des télécommunications, du commerce, de l'agriculture, de la construction et de l'industrie manufacturière. Le ralentissement observé en 2025 s'explique principalement par une progression moins rapide de la production minière (+8,6 %, contre +11,9 % en 2024), partiellement compensée par l'accélération des activités hors secteur extractif (+4,7 % en 2025 après +4,1 % en 2024). La hausse de la production de cuivre (+10,4 % en 2025) a été contrebalancée par la suspension temporaire des exportations de cobalt, tandis que les conséquences du conflit dans l'Est du pays sont demeurées concentrées sur certaines cultures d'exportation et sur le secteur financier.
Figure 1 : Évolution de la croissance du PIB et de l'inflation
Source : Fonds Monétaire International (WEO)
L'inflation a connu une chute spectaculaire, passant de 11,7 % en fin 2024 à 2,3 % en décembre 2025. Cette baisse s'explique principalement par l'appréciation de 25 % du franc congolais (CDF) intervenue en octobre 2025, combinée à une politique monétaire restrictive maintenue jusqu'au début de l'année 2026. En effet, la Banque centrale (BCC) a réduit son taux directeur de 250 points de base en janvier 2026 (à 15,0 %) puis de 150 points supplémentaires en avril (à 13,5 %), tout en baissant le coefficient des réserves obligatoires sur les dépôts en devises.
Les perspectives restent exposées à des risques baissiers significatifs. Un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait perturber les approvisionnements en intrants miniers (acide sulfurique, carburant) et faire perdre jusqu'à 1,9 point de croissance au PIB en 2026. Une correction des cours du cuivre, actuellement à des niveaux historiquement élevés, aurait des conséquences majeures sur les recettes d'exportation et les finances publiques. Sur le plan domestique, la persistance du conflit à l'Est, la tension politique autour du calendrier électoral de 2028 et l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola (déclarée en mai 2026) pèsent lourdement sur les perspectives macroéconomiques.
2. Finances publiques
Les finances publiques subissent une pression considérable liée aux dépenses sécuritaires. En 2025, le déficit budgétaire global s'est établi à -2,4 % du PIB, contre un objectif initial de -2,1 %, en raison principalement de l'augmentation des dépenses de sécurité consécutives à la dégradation de la situation dans l'Est du pays. L'intensification des efforts diplomatiques, le renforcement des opérations de renseignement ainsi que les transferts destinés aux provinces concernées ont pesé sur l'exécution budgétaire.
Figure 2 : Évolution du déficit budgétaire et de la dette publique (en % du PIB)
Source : Fonds Monétaire International (WEO)
Néanmoins, l'effort de mobilisation des recettes a été poursuivi, soutenu par la hausse des cours du cuivre et le redémarrage des exportations de cobalt. En parallèle, le recours au marché intérieur des titres publics s'est intensifié, tandis que la RDC a procédé, en avril 2026, à sa première émission obligataire internationale, d'un montant de 1,25 Md USD, destinée au financement de projets d'infrastructures prioritaires.
Le niveau de la dette publique demeure relativement faible, en dessous de la médiane d'Afrique subsaharienne (60 % du PIB). Grâce à l'appréciation du franc congolais et au maintien d'une politique d'endettement prudente, l'encours de la dette publique devrait se stabiliser autour de 20 % du PIB au cours des prochaines années. D'après l'analyse de viabilité de la dette menée par les services du FMI, le risque global de surendettement reste modéré en RDC, avec une marge pour absorber les chocs extérieurs, laquelle est toutefois fragilisée par la forte exposition du pays à la volatilité des prix des matières premières.
Tableau 1 : Indicateurs économiques clés
|
|
2024 |
2025 |
2026 (prév) |
|
PIB nominal (Md USD) |
76,7 |
92,8 |
120,4 |
|
PIB/habitant (USD courants) |
743,5 |
871,2 |
1 121,7 |
|
Croissance du PIB réel |
6,1 |
5,7 |
5,3 |
|
Croissance démographique (%) |
3,2 |
3,2 |
3,2 |
|
Inflation en glissement annuel (%) |
11,7 |
2,3 |
6,1 |
|
Solde budgétaire (% du PIB) |
-2,1 |
-2,4 |
-2,8 |
|
Balance du compte courant (% du PIB) |
-0,6 |
-1,8 |
-1,3 |
|
Réserves de change (en semaines d'imports) |
10,0 |
11,7 |
12,9 |
|
Service de la dette (% du PIB) |
1,9 |
2,2 |
3,2 |
|
Dette publique totale (% du PIB) |
24,0 |
18,1 |
20,5 |
|
Dette extérieure (% du PIB) |
14,1 |
11,8 |
13,3 |
|
IDE (% du PIB) |
3,9 |
2,1 |
n.d. |
|
Notation OCDE |
7 |
7 |
7 |
|
Notation Moody’s/S&P |
Caa1 / B- |
B3 / B- (stable) |
B3 / B- (positive) |
Source : Banque mondiale (WDI) & Fonds Monétaire International (WEO)