Brèves economiques de RD Congo

Juin 2018

 

  • Report de la revue article IV du FMI en RD Congo

Le 15 juin, le conseil d’administration du FMI s’est réuni en session informelle pour examiner la situation économique et financière de la RD Congo. Cette réunion répondait à la procédure concernant les Etats membres en défaut par rapport à leurs obligations au titre de l’Article IV. De fait, deux missions de surveillance prévues dans ce cadre avaient été annulées l’année dernière, à la demande des autorités. La revue Article IV présente désormais un retard de 18 mois. Lors de la session de printemps, les autorités congolaises avaient fait savoir qu’elles reportaient leur demande de mission de surveillance après les élections.

  • Stabilisation de la situation macro-économique

Le document des services du FMI, préparé à l’occasion du Conseil d’administration réuni en session informelle, fait ressortir une certaine amélioration de la situation économique depuis la fin 2017 grâce, notamment, à la forte croissance des prix et des volumes exportés dans les secteurs du cobalt et du cuivre, ce qui se traduit par un rééquilibrage du compte des paiements courants (prévu en léger excédent cette année). Ceci a permis une stabilisation de la devise, de renforcer les réserves de change (supérieures à un mois d’importations) et a contribué à la décélération de l’inflation. Au niveau budgétaire, le fonctionnement du budget de l’Etat en base caisse s’accompagne d’un retrait des opérations de financement de l’Etat par la Banque centrale. Dans ce contexte, les arriérés de paiement se sont accrus. La dette publique externe demeure à un niveau faible (15% du PIB) et ses échéances sont honorées. La dette publique domestique est estimée à 4% du PIB. Alors que la stabilisation économique et financière est à peine initiée et demeure fragile, les services du FMI s’interrogent sur l’incertitude entourant la tenue des élections en fin d’année comme sur la qualité du processus électoral à venir.

  • Secteur minier : les multinationales continuent de s’opposer au nouveau code minier

Dans un courrier, adressé au Ministre des mines le 28 mai dernier, les sept principales entreprises du secteur continuent de plaider pour que des dispositions d’application transitoires entre les deux codes soient arrêtées et que la clause de stabilité soit maintenue. En l’absence de réponse formelle à leur proposition et à l’application forcée du code, elles envisageraient « de recourir à toutes voies y compris juridiques pour faire valoir leurs droits ».

  • Secteur minier : KCC poursuivra ses activités dans la production de cobalt

La société minière d’Etat congolaise -Gécamines- avait demandé au tribunal de commerce de Kolvezi la dissolution de KCC une entreprise commune qu’elle détient à hauteur de 25% avec Glencore, la multinationale suisse. Il s’agissait de reprendre le contrôle de ses licences minières. Une transaction est intervenue entre Gécamines et Glencore, celle-ci acceptant de transformer une partie de la dette de KCC en la convertissant en une nouvelle participation. L’accord prévoit, en outre, un versement d’indemnités à Gécamines contre lequel elle se verra offrir une compensation financière sur les réserves minérales à hauteur de 285M$. KCC pourra ainsi poursuivre son activité dans la production de cobalt, une matière première stratégique pour les productions de batterie.

  • Secteur minier : important contrat d’approvisionnement entre Glencore et GEM

GEM, le géant chinois spécialisé dans le raffinage et le recyclage de batteries, achètera 1/3 de la production de Cobalt de Glencore en RDC entre 2018 et 2020, soit 52.800 tonnes en trois ans. Glencore dont la nouvelle mine de cobalt devrait entrer prochainement en production espère augmenter sa production de cobalt de + 67 %  durant cette période.

 

  • Semaine minière de Lubumbashi (13-15 juin) : un pavillon britannique

Cette manifestation, la principale pour le secteur minier en RD Congo, a réuni une centaine de d’exposants du secteur minier dont 31 entreprises sud-africaines, 11 entreprises du Zimbabwe et, pour la première fois  un pavillon anglais de 8 entreprises. http://www.drcminingweek.com/exhibitors2018

 

  • Secteur électrique : inauguration de la centrale de Zongo II

Située à une centaine des kilomètres de Kinshasa, dans la province du Kongo central (Ouest), cette centrale hydro électrique, dont les travaux avaient débuté en 2012, sera, dans l’immédiat, interconnectée au réseau vers Kinshasa par une ligne de 132 KV existante, en attendant que la construction de ligne de transfert de 220 KV d’une longueur totale de 140 Kms ne soit achevée, d’ici 2020. D’une capacité installée de 150 MW, SYNO-HYDRO (Chine), estime le coût total des travaux -financés par EXIM-Bank de Chine- à 360 M$.

 

  • Présence française : Semaine française de Kinshasa (13-15 juin)

La 5° édition, organisée par la Chambre de commerce franco-congolaise, a réuni une cinquantaine d’exposants du 13 au 15 Juin. Le thème des tables rondes était « la sécurisation de l’environnement des affaires en RD Congo, une nécessité et un défi » ; elles ont réuni des intervenants de haut niveau et ont, ainsi, été consacrées au financement et à la protection juridique des entreprises, à la formation professionnelle et aux accords commerciaux. http://www.ccife-rdcongo.org/single-news/n/semaine-francaise-de-kinshasa-du-13-au-16-juin-2018/

 

  • Coopération bilatérale : modernisation de l’hôpital Monkole

Inauguration d’un bloc opératoire et du service de réanimation pour lesquels l’AFD, en lien avec la coopération espagnole et belge, a contribué à hauteur de 8 M€. Ces installations ultra-modernes fonctionnent avec des équipements et des personnels de soins référencés selon les standards internationaux.

 

  • Vers une exploitation pétrolière dans les parcs naturels du Nord-Est et du centre ?

Le gouvernement de la RD Congo projette déclasser la protection dans les parcs naturels des Virunga (nord-est) et de la Salonga (centre) au profit d'une « zone à intérêt pétrolier ». Le premier des deux parcs, le plus ancien d'Afrique, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La zone d'intérêt pétrolier concernerait 21,5% de sa surface (soit plus de 170 000 hectares). Le ministre des Hydrocarbure a demandé "l'autorisation de constituer, avec son Collègue de l'Environnement et du Développement Durable, une commission interministérielle" afin de préparer les deux décrets de déclassement.

 

 

Mai 2018

  • Le cobalt et le lithium éveillent l’intérêt des grandes entreprises minières

La région de Manono dans la province de Tanganyka s’est récemment révélée être une des réserves de lithium les plus importantes au monde. Plusieurs permis d’exploitations ont d’ores et déjà été octroyés depuis la fin 2017 à des entreprises canadiennes et australiennes.

Le cobalt, matière première stratégique pour la fabrication des batteries automobiles dont la demande mondiale est très forte, éveille l’intérêt des multinationales minières. La Chine, premier producteur mondial de cobalt raffiné (50% du marché) est la première destination de la production congolaise. De grands groupes chinois sont déjà en phase de production (Sicomines, China Molybdenum). D’autres devraient entrer sur le marché tels Shenzhen Green Eco-Manufacture Hi-Tech (GEM Co) qui vient de signer un accord d’approvisionnement avec Glencore de 52000 T sur 3ans. Plusieurs entreprises japonaises et coréennes, surtout présentes en Australie et au Canada, montrent un intérêt croissant pour le cobalt congolais.

 

  • Vers une traçabilité des minerais artisanaux ?

L’artisanat minier représente encore entre 15 et 20% de la production totale (soit 1 Mds$). Cette production, peu réglementée, est localisée dans les provinces du Haut Katanga et du Lualaba (sud-est de la RDC). Ceci rend nécessaire la traçabilité des minerais ainsi produits afin d’assurer une chaîne d’approvisionnement responsable avec un risque correspondant aux critères de l’OCDE de « diligence raisonnable ». Plusieurs initiatives soutenant un approvisionnement libre de tout travail forcé des enfants se développent actuellement en RDC. La chambre de commerce chinoise des métaux minéraux avec d’autres sociétés internationales ont mis en place, sur une base purement volontaire, une initiative pour un « cobalt responsable ». Celle-ci ne repose pas sur un cadre contraignant comme l’initiative européenne en matière d’approvisionnement responsable dans les zones de conflits, qui ne concerne que les minerais « 3T » (Tungstène-étain-tandalite).

 

  • Le renouvellement des permis d’exploitation pétrolier

De 25000 barils/jour, la production pétrolière de la RDC reste faible du fait qu’elle concerne d’exploitation de puits en fin de vie. Elle est extraite en off-shore au large de Mouanda par Perenco qui a vu sa concession renouvelée en début d’année. A l’est du pays, Total dispose d’un permis d’exploitation du bloc III dans la région du lac Albert. Le groupe français gère ce bloc en partenariat avec les groupes Cnooc (Chine) et Tullow (UK) puisqu’il contrôle aussi la part ougandaise de ce bloc, où 1,7 Mds de barils exploitables ont déjà été découverts. A ce stade, Total n’a pas encore dévoilé ses intentions quant au calendrier de mise en production.

  • Intégration régionale et commerce transfrontalier

La reprise du trafic ferroviaire entre Dilolo et le port angolais de Lobito est effective depuis le mois de mars après l’achèvement de la réhabilitation du corridor ferré de 1300 kms reliant les provinces minières de l’ex Katanga à l’Angola. Les exportations de minerais du Katanga devraient être facilitées.

 

Signature en avril d’un protocole de coopération douanière avec l’Ouganda afin de simplifier le commerce transfrontalier et de renforcer la coopération douanière bilatérale. Cet accord prévoit l’élimination des barrières non tarifaire, une coopération douanière et sur les questions d’immigration.

 

Depuis avril, interdiction d’importations de certains produits tels que les bières et boissons gazeuses, le sucre brun et les barres de fer afin de protéger les industries locales. Une évaluation du dispositif sera faite sous 6 mois.

  • Publication du décret relatif à la révision du SMIG

Publication du décret N018/017 du 22 mai 2018 qui fixe le nouveau SMIG et les allocations familiales.

  • Publication du décret relatif à la création de l’Autorité de Régulation de la sous-traitance dans le secteur Privé

Publication du décret N018/019 du 28 mai 2018 relatif à la création de l’Autorité de Régulation de la sou- traitance dans le secteur Privé

 

  • Publication du décret relatif à l’application de la loi sur la sous-traitance

Publication du décret N018/018 du 24 mai 2018 relatif à l’application de la loi N° 17/001 du 8 février 2017 relatif à sous-traitance dans le secteur Privé

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