Brèves economiques de RD Congo

Brèves économiques du mois de Septembre 2018

 

égradation des comptes publics en Août

Le comité de politique monétaire du 21 septembre fait état d’un déficit en août de 111 Mds CDF (68 M$), son plus mauvais résultat mensuel depuis le début de l’année. La BCC l’explique par « la faiblesse des recettes (baisse du cours des matières premières) conjuguée à la hausse des dépenses, notamment celles liées au processus électoral ». Depuis le début de l’année, en cumul, le solde reste excédentaire de 376 Mds CDF (229 M$). Dans le même temps, le CPM observe la relative stabilité du CDF/$ ; la reconstitution des réserves de changes (4 semaines et 4 jours d’importations) ; un taux de croissance de + 4,1% (tiré par les secteurs primaires et tertiaires) ; un taux d’inflation, en baisse, de + 21% en rythme annuel qui pourrait être de +8,3% en fin d’année. Le CPM qui « estime faible à court terme les risques de perturbation du cadre macro-économique » laisse inchangé le taux directeur (+14%).

 

Préparation du budget 2019

Du retard semble avoir été pris sur le calendrier initial de préparation du budget 2019. Aucun projet de loi de finances n’a, formellement, été déposé dans le cadre de la préparation de la session ordinaire du parlement au 15 Septembre. Une baisse des dépenses publiques serait envisagée (4,3 Mds en 2019, contre 5,6 Mds$ en 2018), selon les prévisions du ministère du budget.

 

Conférence minière de Kolwezi (12 au 14 septembre)

Ouverte par SE le Président Kabila, la 3° édition de la conférence minière était organisée à Kolwezi, la capitale mondiale du cobalt. Cette manifestation a réuni 800 représentants. Une dizaine de ministres et une large palette d’intervenants de qualité (responsables d’entreprises, représentants de la société civile, bailleurs) ont animé les débats. Plusieurs coups de projecteurs sur les principaux enjeux du secteur minier (caractère stratégique du cobalt ; nouveau code minier ; artisanat minier) comme sur ses difficultés (déficit d’infrastructures, la traçabilité des minerais, la RSE des grands groupes) ont été donné lors de différents panels et tables rondes.

 

Conférence d’affaires Sultani Makutano (15-17 Septembre)

Ce réseau d’affaires qui a pour vocation de mettre en contact les acteurs du savoir-faire local entrepreneurial congolais, a, pour sa 4° édition, réuni 250 participants, chefs d’entreprises, ministres, responsables du monde des affaires, avocats d’affaires sur le thème du « Local content ». Ses travaux, qui se sont déroulé entre Brazzaville et Kinshasa ont, cette année, été clôturés par l’ancien Président du Ghana, SE John Dramani Mahama.

 

Perenco envisage de se lancer dans l’investissement d’une centrale thermique à gaz de 80 MW

Cette centrale thermique à gaz, qui serait financée sur fonds propres et localisée à Muanda, serait la première du genre en RDC. Son entrée en production est prévue fin 2020. Elle sera alimentée en gaz naturel par les concessions gazières de Perenco en on-shore (30 à 50 puits seront forés) et offshore (par récupération des gaz associés de ses puis pétroliers). La première tranche, de 80 MW sera raccordée au réseau par une ligne de haute tension (220 KV) de 180 Kms qui la raccordera au réseau jusqu’à Inga. Sa production sera revendue aux sociétés minières du Haut Katanga. Les contrats d’achat d’électricité et le cadre contractuel avec l’Etat doivent encore être finalisés.

 

 

Orange-RDC lance le service 4G, suite à l’acquisition d’une licence

Ce service a été officiellement lancé à l’issue d’une cérémonie le 13 septembre en présence du Vice-Président Orange Afrique Moyen Orient et du Ministre des télécommunications.

 

Traçabilité du cobalt

Bien comprise pour les minerais de conflits (les 3 T) exploités de façon informelle dont les revenus servent à alimenter les bandes armées qui sévissent dans l’est du pays, la question de la traçabilité est plus nouvelle concernant le cobalt exploité artisanalement dans la province du Lualaba. Suite à la conférence de Davos en 2018, la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement responsable (« Global Battery alliance »), excluant le travail des enfants, a été décidée pour le minerai de cobalt. Les ONG humanitaires sont montées en puissance sur ces questions et l’OCDE lui a marqué son intérêt. Sur le terrain, on peut s’attendre à des probables résistances des « ramasseurs » qui profitent de l’opacité actuelle. Une initiative (« touche pas à mon cobalt »), fortement relayée durant la conférence minière de Kolwezi, critique les surcoûts de traçabilité imposés aux creuseurs.

 

Risque de pénurie de carburants :

Les entreprises du secteur de la distribution de produits pétroliers discutent depuis plusieurs semaines d’une actualisation des paramètres de calculs des structures de prix de vente au détail des carburants. Du fait de ce retard dans la mise à jour, 300 M$ d'arriérés auraient été accumulés. Les entreprises ont clairement indiqué, qu'à défaut d'un recalcul de la formule, elles ne seraient plus en mesure d’assurer la poursuite de leurs approvisionnements.

 

Brèves économique du mois d'Août 2018

 

  • Baisse du cours des matières premières

Les cours mondiaux des principaux produits de base et matières intéressant l’économie et les rentrées fiscales congolaises sont orientés à la baisse depuis la fin du mois de juin. Cette tendance baissière a bien été notée par le CPM du 21 août. Le cours du cuivre a enregistré une baisse mensuelle de près de 10% s’établissant en moyenne à 6 267,68 USD la tonne métrique. Quant à celui du cobalt il a atteint en moyenne 88 500,90 USD soit un repli de 6,58 %.

 

  • Stabilisation du cadre macroéconomique au 2° trimestre

La relative stabilité du cadre macroéconomique et la reprise économique observés au 1° trimestre se sont confirmés au deuxième trimestre 2018. Une hausse de la production minière a été observée, même si les cours des principales matières exportées par la RDC (Cuivre, cobalt[1]) se sont stabilisés à la baisse après la forte hausse des cours au premier trimestre 2018. L’inflation en recul avec un cumul annuel de 5,2% à fin juin, contre 20,7% à la même période de 2017, soit environ +10% en rythme annuel en fin d’année. Le Franc Congolais (CDF) se maintient stable avec une dépréciation par rapport au $ en moyenne de 3% en 2018 contre 22% sur la même période de 2017. Suite au CPM de début juillet, le taux directeur et les coefficients de réserves obligatoires « sont maintenus inchangés étant donné la persistance des risques inflationnistes liés aux diverses incertitudes en période électorale ». Dans ce contexte, le baromètre de conjoncture (solde d’opinion des chefs d’entreprises) est à la hausse, particulièrement dans le secteur minier, avec 40,5% de solde d’opinions favorables fin juin pour une moyenne intersectorielle de 26,4%.

 

  • Financement des élections

Dans son discours sur l’Etat de la nation du 19 juillet devant le Parlement, le Président de la République M. Kabila a réaffirmé que la RDC financerait entièrement sur ressources propres les élections générales du 23 décembre 2018, excluant toute intervention des bailleurs. A la mi-juillet 2018 203 M$ auraient été versés à la CENI sur les 435 M$ prévus pour ce processus. Le montant des élections est estimé à plus de 1 Md$ par la communauté des bailleurs. La MONUSCO (mission des nations unies pour la stabilisation du Congo) a indiqué se tenir à disposition des autorités pour leur fournir un soutien logistique en cas de besoin.

 

  • Fiscalité de la téléphonie mobile

L’association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA) dans son rapport annuel https://www.gsma.com/mobileeconomy/sub-saharan-africa/ plaide en faveur d’un cadre fiscal plus incitatif pour les opérateurs télécoms en RD Congo « afin de promouvoir l’accessibilité des populations au mobile et favoriser l’inclusion numérique ». Ce rapport souligne que la charge fiscale sur les opérateurs en RDC figure actuellement parmi les plus élevées d’Afrique sub-saharienne, au détriment des consommateurs à faible revenu. Le secteur contribue pour 20% des recettes fiscales alors qu’il ne représente que 3,5% du PIB. Le rapport propose une réduction des droits d’accise sur les services mobiles (de 10% à 3%), une réduction de la taxe sur la numérotation et une suppression de la taxe sur le chiffre d’affaire des établissements de monnaie électronique.  

 

  • Africom Commodities assigne la RD Congo devant la cour d’arbitrage internationale de Paris

L’ancien partenaire du parc agro-industriel, Africom Commodities, a assigné le Gouvernement de la RDC devant la Cour internationale d’arbitrage à Paris, lui réclamant 19 M$. En 2014, cette société avait été chargée de la gestion d’un projet pilote d’une superficie de 800 Km2 qui devait regrouper 22 parcs agro-industriels dans la province du Kwango. Ce projet s’est révélé non viable et a définitivement cessé son activité après trois ans faute de récoltes et de revenus suffisants.


[1] Cours moyen du cuivre de 6649$/T ; cours moyen du cobalt de 93820$/T

 

Juillet 2018

 

  • Reconstitution des réserves de changes de la BCC

Selon le Comité de politique monétaire du 10 juillet, les réserves de change fin juin correspondraient à 5 semaines d’importations, soit 347 M$ de plus qu’en janvier. Par ailleurs, poursuite du processus de décélération de l’inflation qui, selon le CPM pourrait être ramenée à 10,6% en fin d’année contre 48% fin 2017 (le FMI prévoit 25%). Stabilisation du taux de change avec l’USD : dépréciation mensuelle de 0,29% et faible écart de change avec le marché parallèle.

 

  • Baisse du RNB par habitant de la RD Congo en 2017

En 2017, le RNB par habitant est passé de 460$ à 450$ selon la nomenclature Atlas de la Banque mondiale. 

 

  • Sanctions américaines à l’encontre de personnes portant atteinte aux droits de l’homme

Le congrès américain a adopté une loi  prévoyant des sanctions judiciaires et financières à l’encontre des responsables politiques, de l’armée, de la police et des services spéciaux qui seraient considérés comme commanditaires ou auteurs d’actes de nature à entraver le processus électoral et à porter atteinte aux droits de l’homme. Le texte prévoit que le président des Etats unis soumettra un rapport  sur chaque personne pouvant faire l’objet de sanctions d’ici 120 jours. Ce régime de sanctions sera réexaminé si la situation évolue vers la tenue d’élections libres et équitables et que sont respectées la liberté de la presse, d’expression et de réunion, la tenue d’élections présidentielles libres et équitables conformément à la Constitution de la RD Congo avec un président démocratiquement élu ayant été assermenté et ayant pris ses fonctions. Les autres régimes de sanctions restent en vigueur[1].

 

  • Ouverture d’une enquête du DOJ à l’encontre de Glencore

Le Département de la justice des Etats-Unis (DoJ) a assigné la société de négoce minier suisse Glencore,  dans le cadre d’une enquête pour soupçons de corruption dans trois pays dont la RD Congo. En application du « Foreign Corrupt Practices Act » -la loi américaine sur les pratiques de corruption à l’étranger- des juges fédéraux américains ont demandé à Glencore de leur fournir de nombreux documents sur ses activités dans ces pays entre 2007 et aujourd’hui.

 

  • Loi sur la sous-traitance : publication des textes d’application

La loi de 2017 sur la sous-traitance dans le secteur privé, applicable depuis le mois de mars 2018, a vu certaines de ses dispositions précisées par des décrets d’applications signés par le Premier Ministre. Outre la création d’une autorité de régulation, la notion d’entreprises congolaises promue par des Congolais (qui bénéficient de « l’exclusivité » de la sous-traitance) a été clarifiée. Entre-temps, des mesures de contrôle sont déjà en cours d’application dans certaines Provinces (notamment celle du Lualaba) sous l’égide des Gouverneurs de Province.

 

  • Nouveau salaire minimum (SMIG) : publication des décrets

Par décret du 22 mai 2018, publié en juin 2018, le SMIG augmente et passe, pour un manœuvre ordinaire à 7.075 FC par jour (1.680 FC, soit à  peu près 1$ avant cette augmentation). Il s’agit de la première augmentation du SMIG depuis 2008. Cette augmentation devrait cependant être effectuée en trois tranches, à savoir au 1er janvier 2018, au 1er juillet 2018 et au 1er janvier 2019.

 

  • Congo Airways formalise son adhésion  à l’IATA

Au terme d’un audit organisé par l’IATA, la compagnie aérienne congolaise a été déclarée apte à son adhésion qui lui permettra de signer des accords de partages de segments pour certains vols (« code share »). A ce stade, elle reste inscrite sur la liste noire des compagnies qui l’empêchent de voler dans l’espace européen.



[1] Décret 13671, relatif à la prise de mesures pour faire face à l’urgence nationale en ce qui concerne le conflit en RDC et le Décret 13413 relatif au blocage des biens de certaines personnes contribuant au conflit en RDC

 

 

Juin 2018

 

  • Report de la revue article IV du FMI en RD Congo

Le 15 juin, le conseil d’administration du FMI s’est réuni en session informelle pour examiner la situation économique et financière de la RD Congo. Cette réunion répondait à la procédure concernant les Etats membres en défaut par rapport à leurs obligations au titre de l’Article IV. De fait, deux missions de surveillance prévues dans ce cadre avaient été annulées l’année dernière, à la demande des autorités. La revue Article IV présente désormais un retard de 18 mois. Lors de la session de printemps, les autorités congolaises avaient fait savoir qu’elles reportaient leur demande de mission de surveillance après les élections.

  • Stabilisation de la situation macro-économique

Le document des services du FMI, préparé à l’occasion du Conseil d’administration réuni en session informelle, fait ressortir une certaine amélioration de la situation économique depuis la fin 2017 grâce, notamment, à la forte croissance des prix et des volumes exportés dans les secteurs du cobalt et du cuivre, ce qui se traduit par un rééquilibrage du compte des paiements courants (prévu en léger excédent cette année). Ceci a permis une stabilisation de la devise, de renforcer les réserves de change (supérieures à un mois d’importations) et a contribué à la décélération de l’inflation. Au niveau budgétaire, le fonctionnement du budget de l’Etat en base caisse s’accompagne d’un retrait des opérations de financement de l’Etat par la Banque centrale. Dans ce contexte, les arriérés de paiement se sont accrus. La dette publique externe demeure à un niveau faible (15% du PIB) et ses échéances sont honorées. La dette publique domestique est estimée à 4% du PIB. Alors que la stabilisation économique et financière est à peine initiée et demeure fragile, les services du FMI s’interrogent sur l’incertitude entourant la tenue des élections en fin d’année comme sur la qualité du processus électoral à venir.

  • Secteur minier : les multinationales continuent de s’opposer au nouveau code minier

Dans un courrier, adressé au Ministre des mines le 28 mai dernier, les sept principales entreprises du secteur continuent de plaider pour que des dispositions d’application transitoires entre les deux codes soient arrêtées et que la clause de stabilité soit maintenue. En l’absence de réponse formelle à leur proposition et à l’application forcée du code, elles envisageraient « de recourir à toutes voies y compris juridiques pour faire valoir leurs droits ».

  • Secteur minier : KCC poursuivra ses activités dans la production de cobalt

La société minière d’Etat congolaise -Gécamines- avait demandé au tribunal de commerce de Kolvezi la dissolution de KCC une entreprise commune qu’elle détient à hauteur de 25% avec Glencore, la multinationale suisse. Il s’agissait de reprendre le contrôle de ses licences minières. Une transaction est intervenue entre Gécamines et Glencore, celle-ci acceptant de transformer une partie de la dette de KCC en la convertissant en une nouvelle participation. L’accord prévoit, en outre, un versement d’indemnités à Gécamines contre lequel elle se verra offrir une compensation financière sur les réserves minérales à hauteur de 285M$. KCC pourra ainsi poursuivre son activité dans la production de cobalt, une matière première stratégique pour les productions de batterie.

  • Secteur minier : important contrat d’approvisionnement entre Glencore et GEM

GEM, le géant chinois spécialisé dans le raffinage et le recyclage de batteries, achètera 1/3 de la production de Cobalt de Glencore en RDC entre 2018 et 2020, soit 52.800 tonnes en trois ans. Glencore dont la nouvelle mine de cobalt devrait entrer prochainement en production espère augmenter sa production de cobalt de + 67 %  durant cette période.

 

  • Semaine minière de Lubumbashi (13-15 juin) : un pavillon britannique

Cette manifestation, la principale pour le secteur minier en RD Congo, a réuni une centaine de d’exposants du secteur minier dont 31 entreprises sud-africaines, 11 entreprises du Zimbabwe et, pour la première fois  un pavillon anglais de 8 entreprises. http://www.drcminingweek.com/exhibitors2018

 

  • Secteur électrique : inauguration de la centrale de Zongo II

Située à une centaine des kilomètres de Kinshasa, dans la province du Kongo central (Ouest), cette centrale hydro électrique, dont les travaux avaient débuté en 2012, sera, dans l’immédiat, interconnectée au réseau vers Kinshasa par une ligne de 132 KV existante, en attendant que la construction de ligne de transfert de 220 KV d’une longueur totale de 140 Kms ne soit achevée, d’ici 2020. D’une capacité installée de 150 MW, SYNO-HYDRO (Chine), estime le coût total des travaux -financés par EXIM-Bank de Chine- à 360 M$.

 

  • Présence française : Semaine française de Kinshasa (13-15 juin)

La 5° édition, organisée par la Chambre de commerce franco-congolaise, a réuni une cinquantaine d’exposants du 13 au 15 Juin. Le thème des tables rondes était « la sécurisation de l’environnement des affaires en RD Congo, une nécessité et un défi » ; elles ont réuni des intervenants de haut niveau et ont, ainsi, été consacrées au financement et à la protection juridique des entreprises, à la formation professionnelle et aux accords commerciaux. http://www.ccife-rdcongo.org/single-news/n/semaine-francaise-de-kinshasa-du-13-au-16-juin-2018/

 

  • Coopération bilatérale : modernisation de l’hôpital Monkole

Inauguration d’un bloc opératoire et du service de réanimation pour lesquels l’AFD, en lien avec la coopération espagnole et belge, a contribué à hauteur de 8 M€. Ces installations ultra-modernes fonctionnent avec des équipements et des personnels de soins référencés selon les standards internationaux.

 

  • Vers une exploitation pétrolière dans les parcs naturels du Nord-Est et du centre ?

Le gouvernement de la RD Congo projette déclasser la protection dans les parcs naturels des Virunga (nord-est) et de la Salonga (centre) au profit d'une « zone à intérêt pétrolier ». Le premier des deux parcs, le plus ancien d'Afrique, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La zone d'intérêt pétrolier concernerait 21,5% de sa surface (soit plus de 170 000 hectares). Le ministre des Hydrocarbure a demandé "l'autorisation de constituer, avec son Collègue de l'Environnement et du Développement Durable, une commission interministérielle" afin de préparer les deux décrets de déclassement.

 

 

Mai 2018

  • Le cobalt et le lithium éveillent l’intérêt des grandes entreprises minières

La région de Manono dans la province de Tanganyka s’est récemment révélée être une des réserves de lithium les plus importantes au monde. Plusieurs permis d’exploitations ont d’ores et déjà été octroyés depuis la fin 2017 à des entreprises canadiennes et australiennes.

Le cobalt, matière première stratégique pour la fabrication des batteries automobiles dont la demande mondiale est très forte, éveille l’intérêt des multinationales minières. La Chine, premier producteur mondial de cobalt raffiné (50% du marché) est la première destination de la production congolaise. De grands groupes chinois sont déjà en phase de production (Sicomines, China Molybdenum). D’autres devraient entrer sur le marché tels Shenzhen Green Eco-Manufacture Hi-Tech (GEM Co) qui vient de signer un accord d’approvisionnement avec Glencore de 52000 T sur 3ans. Plusieurs entreprises japonaises et coréennes, surtout présentes en Australie et au Canada, montrent un intérêt croissant pour le cobalt congolais.

 

  • Vers une traçabilité des minerais artisanaux ?

L’artisanat minier représente encore entre 15 et 20% de la production totale (soit 1 Mds$). Cette production, peu réglementée, est localisée dans les provinces du Haut Katanga et du Lualaba (sud-est de la RDC). Ceci rend nécessaire la traçabilité des minerais ainsi produits afin d’assurer une chaîne d’approvisionnement responsable avec un risque correspondant aux critères de l’OCDE de « diligence raisonnable ». Plusieurs initiatives soutenant un approvisionnement libre de tout travail forcé des enfants se développent actuellement en RDC. La chambre de commerce chinoise des métaux minéraux avec d’autres sociétés internationales ont mis en place, sur une base purement volontaire, une initiative pour un « cobalt responsable ». Celle-ci ne repose pas sur un cadre contraignant comme l’initiative européenne en matière d’approvisionnement responsable dans les zones de conflits, qui ne concerne que les minerais « 3T » (Tungstène-étain-tandalite).

 

  • Le renouvellement des permis d’exploitation pétrolier

De 25000 barils/jour, la production pétrolière de la RDC reste faible du fait qu’elle concerne d’exploitation de puits en fin de vie. Elle est extraite en off-shore au large de Mouanda par Perenco qui a vu sa concession renouvelée en début d’année. A l’est du pays, Total dispose d’un permis d’exploitation du bloc III dans la région du lac Albert. Le groupe français gère ce bloc en partenariat avec les groupes Cnooc (Chine) et Tullow (UK) puisqu’il contrôle aussi la part ougandaise de ce bloc, où 1,7 Mds de barils exploitables ont déjà été découverts. A ce stade, Total n’a pas encore dévoilé ses intentions quant au calendrier de mise en production.

  • Intégration régionale et commerce transfrontalier

La reprise du trafic ferroviaire entre Dilolo et le port angolais de Lobito est effective depuis le mois de mars après l’achèvement de la réhabilitation du corridor ferré de 1300 kms reliant les provinces minières de l’ex Katanga à l’Angola. Les exportations de minerais du Katanga devraient être facilitées.

 

Signature en avril d’un protocole de coopération douanière avec l’Ouganda afin de simplifier le commerce transfrontalier et de renforcer la coopération douanière bilatérale. Cet accord prévoit l’élimination des barrières non tarifaire, une coopération douanière et sur les questions d’immigration.

 

Depuis avril, interdiction d’importations de certains produits tels que les bières et boissons gazeuses, le sucre brun et les barres de fer afin de protéger les industries locales. Une évaluation du dispositif sera faite sous 6 mois.

  • Publication du décret relatif à la révision du SMIG

Publication du décret N018/017 du 22 mai 2018 qui fixe le nouveau SMIG et les allocations familiales.

 

  • Publication du décret relatif à la création de l’Autorité de Régulation de la sous-traitance dans le secteur Privé

Publication du décret N018/019 du 28 mai 2018 relatif à la création de l’Autorité de Régulation de la sou- traitance dans le secteur Privé

 

  • Publication du décret relatif à l’application de la loi sur la sous-traitance

Publication du décret N018/018 du 24 mai 2018 relatif à l’application de la loi N° 17/001 du 8 février 2017 relatif à sous-traitance dans le secteur Privé

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