Synthèse de la relation économique bilatérale

La fiche "Synthèse de la relation économique bilatérale France-Canada" est mise à jour chaque année. La prochaine mise à jour est prévue au printemps 2027

Année record pour le commerce bilatéral France-Canada en 2025

 

Le commerce bilatéral France-Canada a atteint 9,2 Mds EUR en 2025 (+13,8% par rapport à 2024), sous l’effet d’une hausse importante des importations françaises en provenance du Canada (+19%), qui atteignent un point haut historique (4,7 Mds EUR). Les exportations françaises progressent bien (+8,9%) pour atteindre 4,6 Mds EUR et restent tirées par les secteurs des équipements et de l’agroalimentaire. Les importations sont portées par le matériel de transport (livraisons d’avions) et les produits des industries extractives. Fait à noter, les importations de produits agricoles, sylvicoles et de la pêche sont multipliées par 5,5 en raison d’une très forte augmentation des importations de graines de canola (415 M EUR en 2025) qui s’inscrit dans le contexte d’une diversification géographique en cours depuis 2021 sur ce produit. Le Canada reste toutefois un partenaire commercial modeste de la France (27ème rang), dernier des pays du G7   

Des exportations françaises vers le Canada en hausse en 2025, tirées par les équipements et l’agroalimentaire

 

Les exportations françaises vers le Canada réalisent une bonne performance en 2025, augmentant de 8,9%. Selon les Douanes françaises[i], les exportations françaises de biens vers le Canada atteignent 4,6 Mds EUR en 2025, un point haut historique, après deux années à 4,2 Mds EUR en 2023 et 2024. Ce montant représente une croissance de 45% depuis 2017 (entrée en vigueur du CETA) et de 22% par rapport au niveau prépandémique. La croissance de nos exportations vers le Canada est plus rapide que la moyenne française (+2,5% en 2025 et +30% depuis 2017).

Le secteur des équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques devient le premier poste à l’export, dépassant les produits agroalimentaires. Alors que ces deux secteurs se disputent les première et deuxième places chaque année, les équipements mécaniques, électriques et informatiques (978 M EUR, 21,4% du total ; +9,5% par rapport à 2024) se positionnent en tête en 2025, tirés essentiellement par les machines et équipements d’usage général (302 M EUR ; +26,5% par rapport à 2024) et une forte augmentation des exportations d’ordinateurs et d’équipements périphériques (53 M EUR ; +106% par rapport à 2024). Les exportations de produits agroalimentaires (957 M EUR, soit 20,9% du total ; +6,5% par rapport à 2024) arrivent en deuxième position. Parmi celles-ci, les boissons (66% des exportations de produits agroalimentaires ; +4% en un an) restent le principal poste d’exportation, portées par les vins et spiritueux[ii] (580 M EUR ; +4%), suivies par les produits laitiers (7,3% du total ; +11,5%). Le matériel de transport (542 M EUR, soit 11,8% du total) suit en troisième position, en hausse de 11% par rapport à 2024, et constitué à 79% de produits du secteur aéronautique et spatial (+12% en 2025). Les produits chimiques, parfums et cosmétiques (482 M EUR, -1,3%) sont en contraction après un pic en 2024 (488 M EUR ; +5,2%).

La hausse des exportations françaises pourrait être en partie liée à des réorientations de flux logistiques en raison des tensions commerciales, sans qu’il soit possible à ce stade de confirmer une tendance générale. Certains produits français, auparavant exportés via les Etats-Unis, pourraient désormais être acheminés directement vers le Canada. Cette tendance semble se constater dans le secteur des produits du cuir, pour lesquels les exportations françaises vers le Canada ont augmenté de 26% en 2025 (+36 M EUR d’exportations sur un an) tandis qu’elles diminuaient de 5% (-108 M EUR) vers les Etats-Unis. Cette tendance, si elle se confirme dans les prochaines années, traduirait un recours accru de nos exportateur aux préférences tarifaires du CETA.    

Malgré ces bonnes performances, le Canada reste un débouché modeste des exportations françaises. En 2025, le Canada se maintient au rang de 27ème client de la France, représentant en 2025 0,8% du total de nos exportations (0,7% en 2024), un niveau stable depuis 2018. Le Canada se place ainsi devant le Danemark (4,5 Mds EUR) et l’Algérie (4,2 Mds EUR), mais derrière la Hongrie (4,6 Mds EUR) et l’Arabie Saoudite (4,6 Mds EUR ; +28%).

 

Les importations françaises en provenance du Canada ont fortement augmenté en 2025

 

Après une baisse en 2024, les importations françaises augmentent de 19% en 2025. Selon les Douanes françaises, les importations en provenance du Canada se sont établies à 4,7 Mds EUR en 2025, un niveau jamais atteint. Pour mémoire, après une croissance entre 2021 et 2023 (rebond post-pandémique), les importations françaises avaient diminué de 6,8% en 2024 à 3,9 Mds EUR, principalement en raison de l’évolution des prix des matières premières. Ce rebond canadien contraste avec la relative stabilité des importations françaises totales en 2025 (+0,8%).

Les industries extractives et le matériel de transport comptent, à eux seuls, pour 40% des importations françaises en provenance du Canada. Premier poste d’importations françaises, le matériel de transport (1,1 Md EUR ; +19%) représente 24% du total en 2025 (une part stable par rapport à 2024) et est constitué à 96% de produits de la construction aéronautique et spatiale. Les importations de matériel de transport ont fortement augmenté en 2025 (+19%), se rapprochant du niveau de 2023 (1,3 Md EUR), en raison de la poursuite des livraisons d’A220 pour le renouvellement de la flotte Air France. Deuxième poste, les importations d’hydrocarbures naturels et d’autres produits des industries extractives (737 M EUR, soit 16% du total), enregistrent en revanche une baisse de 12% par rapport à 2024. A noter toutefois, la forte augmentation des importations de produits pétroliers raffinés et coke (160 M EUR ; 3,4% du total ; +56% par rapport à 2024), qui s’explique par une augmentation du volume importé (doublement du volume d’importation) et non pas uniquement par un effet prix. Les importations de produits pharmaceutiques (553 M EUR, 12% du total ; +36% en 2025) et celles de produits agricoles, sylvicoles et de la pêche (489 M EUR, 10,5% du total) sont en forte hausse en 2025. Dans ce dernier secteur, elles ont été multipliées par 5,5 en un an (87 M EUR en 2024), faisant des produits agricoles, sylvicoles et de la pêche le 4ème poste d’importations françaises en provenance du Canada. Cette croissance très élevée s’explique par une forte hausse des importations de graines de canola, qui sont passées de 19 M EUR en 2024 à 415 M EUR en 2025 (multiplication par 22). Le Canada a lancé en 2021 une stratégie de diversification commerciale de ce produit (vers l’UE, le Mexique, le Japon), qui semble réussir aujourd’hui.

Le Canada progresse à la 25ème place dans le classement des fournisseurs de la France en 2025. D’après les Douanes françaises, le Canada se place en 2025 derrière l’Algérie (5,2 Mds EUR), la Tunisie (5,3 Mds EUR) et la Hongrie (5,6 Mds EUR ), mais devant la Slovaquie (4,6 Mds EUR), la Norvège (4,3 Mds EUR) et Taiwan (4,2 Mds EUR), qui étaient devant lui au classement 2024. Le Canada est le 2ème pays ayant le plus augmenté ses ventes en France en 2025 (+19%), derrière le Mexique (+45%), parmi les pays qui fournissaient plus de 2 Mds EUR à la France en 2024.

Malgré une croissance des échanges bilatéraux, la France affiche un léger déficit commercial en 2025

Une hausse des importations plus forte que celle des exportations entraine un déficit commercial de 92 M EUR pour la France. En 2025, les échanges bilatéraux de biens entre le Canada et la France s’établissent à 9,2 Mds EUR, en croissance de 13,8% par rapport à 2024 (8,1 Mds EUR), un niveau jamais atteint. Cette augmentation contrebalance largement la légère baisse (-3,2%) enregistrée en 2024. Le commerce entre la France et le Canada est ainsi supérieur de 47% à son niveau précédant l’entrée en vigueur du CETA. L’augmentation plus marquée des importations (+19%) que des exportations (+8,9%) entraine un léger déficit pour la France (92 M EUR), après un excédent record depuis la pandémie de 279 M EUR en 2024. Sur les dix dernières années, la France a connu sept années d’excédent.

Le solde négatif de la France vis-à-vis du Canada en 2025 s’explique par les déficits enregistrés dans les matériels de transport, les hydrocarbures et les produits agricoles. La France est déficitaire dans le secteur des hydrocarbures et des produits des industries extractives (731 M EUR), malgré une réduction de 12% du déficit par rapport à 2024, ainsi que dans le secteur des matériels de transport (577 M EUR). Le déficit dans les hydrocarbures équivaut à 35% du déficit commercial bilatéral. Fait nouveau en 2025, notre déficit commercial dans le secteur des produits agricoles, sylvicoles et de la pêche a fortement augmenté, passant de 72 M EUR en 2024 à 473 M EUR en 2025 (multiplication par 6,5), en raison d’une augmentation importante de nos achats dans ce secteur. A l’inverse, la France affiche un excédent (habituel) dans le secteur de l’agroalimentaire (783 M EUR), ainsi que dans le secteur des équipements mécaniques, informatiques et électriques (333 M EUR ; +21% par rapport à 2024), au 2ème rang de nos secteurs les plus porteurs, dépassant l’industrie textile et de l’habillement (325 M EUR ; +8% par rapport à 2024).

Malgré une augmentation des échanges bilatéraux, le Canada reste un partenaire modeste de la France. En 2025, le Canada gagne une place au classement des partenaires commerciaux de la France, se positionnant au 27ème rang, derrière Singapour (9,3 Mds EUR), l’Algérie (9,4 Mds EUR) et la Hongrie (10,2 Mds EUR), mais devant le Vietnam (9,2 Mds EUR), la Tunisie (8,9 Mds EUR) et l’Arabie Saoudite (8,3 Mds EUR).

 

 

 

Notes de bas de page:

[i] Les données utilisées sont celles des douanes françaises en date de février 2025.

[ii] Les codes SH utilisés sont les codes SH2204, SH2205 et SH2208

 

 

 

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