CANADA
Économie du Québec et relations économiques France-Québec
Avec 21,8% de la population du Canada et 19,8% du PIB canadien, le Québec se situe au 2ème rang des provinces canadiennes, derrière l’Ontario. Très ouverte sur l’extérieur, l’économie de la province est secouée par la guerre tarifaire lancée par son voisin et principal partenaire commercial, les États-Unis. La province a connu une croissance modérée en 2024 et, malgré les incertitudes et un ralentissement au 2ème trimestre, la croissance du PIB s’est maintenue en territoire positif (+0,7%) en 2025.
Avec plus de 400 filiales, la présence française est visible dans presque tous les domaines. Le Québec conserve en 2025 son rang de principale province partenaire de la France au Canada en concentrant 45% des échanges de biens entre les 2 pays .
Chiffres clés
Présentation générale
Le Québec est la 2ème province la plus peuplée du Canada, avec 9,1 millions d’habitants. 75% de sa population a pour langue maternelle le français selon le dernier recensement de 2021. Sa superficie est équivalente à 3 fois celle de la France. Québec est la capitale de la province (environ 600 000 habitants) et Montréal, le centre économique (2 millions d’habitants).
Le Québec est gouverné par la Première ministre Christine Fréchette de la Coalition Avenir Québec (CAQ) qui a pris ses fonctions le 13 avril 2026 suite à la démission de François Legault en janvier 2026. Les prochaines élections provinciales auront lieu le 5 octobre 2026.
Longtemps fondée sur l’exploitation de ses importantes ressources naturelles, l’économie québécoise est devenue une économie de services, secteur qui représente aujourd’hui 76% de son PIB. Le secteur manufacturier représente cependant toujours 12% du PIB. En 2024, le PIB du Québec a atteint 617 Mds CAD (391 Mds EUR) et représente 19,8% du PIB canadien.
Une économie tournée vers l’extérieur
Face à un marché interne de taille modeste, l’économie québécoise se caractérise par son ouverture. La balance commerciale du Québec affiche un solde négatif depuis 2003. En 2025, la diminution de 2,2% des exportations québécoises (121,6 Mds CAD, soit 77,0 Mds EUR) et la hausse de ses importations (+6,7%) (136,8 Mds CAD, 86,7 Mds EUR) ont entrainé une augmentation du déficit commercial de la province par rapport à 2024, qui s’élève à 15,2 Mds CAD (9,6 Mds EUR). Malgré des efforts depuis plusieurs années pour diversifier les relations commerciales québécoises, notamment en essayant de tirer profit des accords de libre-échange conclus par le Canada, les États-Unis restent, de loin, le premier partenaire commercial du Québec (et unique pays avec lequel la province affiche un solde commercial excédentaire parmi ses 10 premiers partenaires), totalisant 69,8% de ses exports et 30,4% de ses imports (48,9% des échanges totaux). Les exportations du Québec à destination des États-Unis baissent de 6,9% en 2025 sous l’effet de la politique commerciale américaine. Bien que deuxième partenaire commercial du Québec, la Chine reste un partenaire nettement moins important que les États-Unis, représentant 3,9% des exportations de la province et 10,5% de ses importations (7,4% des échanges totaux).
Les catégories de produits les plus exportées par le Québec sont les véhicules aériens (destinés à 53,8 % au marché états-unien et à la France (4,7%), l’aluminium sous forme brute (principalement à destination des États-Unis (81,5%)), et les turboréacteurs. Les cinq produits les plus importés en 2025 sont les camions légers, les fourgonnettes et les véhicules sport, sans moteur électrique (12,5 Mds CAD – 7,9 Mds EUR), les pièces pour l’industrie aéronautique (9,8 Mds CAD – 6,2 Mds EUR), les produits pharmaceutiques et médicinaux (6,3 Mds CAD – 4 Mds EUR), le pétrole brut classique (4,3 Mds CAD – 2,7 Mds EUR provenant exclusivement des États-Unis), ainsi que les camions légers, les fourgonnettes et les véhicules utilitaires sport avec moteurs électrique et hybride (3,3 Mds CAD – 2,1 Mds EUR).
L’accord de libre-échange nord-américain, l’ACEUM (Accord Canada - États-Unis - Mexique) est entré en vigueur en juillet 2020. Cet accord garantit le maintien des dispositions existantes dans le cadre de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain en vigueur entre 1994 et 2020), mais modernise certaines dispositions notamment sur les procédures de douanes et sur le commerce numérique. Ce nouvel accord qui permettait d’assurer la stabilité nécessaire au développement des affaires est remis en cause par les États-Unis. A partir du 4 mars 2025 des tarifs sont imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) pour les produits non conformes à l’ACEUM, remplacés en février 2026 par un tarif Section 122 après l’invalidation par la Cour suprême des Etats-Unis des tarifs IEEPA. Certains secteurs font également l’objet de tarifs spécifiques (acier, aluminium, véhicules automobiles, cuivre, bois d’œuvre...). (Pour plus de détails voir : Tarifs douaniers américains et mesures tarifaires canadiennes en vigueur | Gouvernement du Québec). L’ACEUM prévoit un examen conjoint du fonctionnement de l’accord par les trois pays en 2026.
Bien que le Québec accorde une importance primordiale à sa relation économique avec son voisin américain, il est également désireux d’approfondir ses relations commerciales avec l’Union européenne, en s’appuyant notamment sur l’Accord Economique et Commercial Global (AECG-CETA) entre l’UE et le Canada, entré en application provisoire depuis septembre 2017. Entre 2017 et 2025, les échanges entre l’UE et le Québec ont augmenté de 62,6% (+ 56,2% pour les exportations québécoises vers l’UE et +65,6% pour les importations de produits européens vers le Québec). Sur cette même période, les échanges entre le Québec et les États-Unis et le Québec et la Mexique ont augmenté respectivement de 35,8% et 63,8%.
La nouvelle vision économique du Québec face aux bouleversements mondiaux
Dévoilé le 10 novembre 2025, la « nouvelle vision économique » pour le Québec est axée sur l’adaptation aux bouleversements mondiaux, notamment le retour du protectionnisme américain. Intitulé Le pouvoir québécois - Réponse au nouveau contexte mondial, ce document présente les grands axes de la nouvelle stratégie de développement économique de la province. Au cœur de cette nouvelle stratégie, on retrouve l’électricité et Hydro-Québec présentées comme levier principal de la croissance alors qu’un plan d’investissement massif jusqu’en 2035 a été dévoilé par la société d’État en charge de la production d’électricité en 2023. Le gouvernement officialise également son appui à 2 secteurs stratégiques : les minéraux critiques et surtout la défense, qui n’avait jusqu’alors jamais été placée dans les priorités économiques de la province. Comme au niveau fédéral, la province souhaite accélérer les grands projets en mettant en place une « voie rapide » pour les plus stratégiques et en réduisant la bureaucratie. Le gouvernement compte mobiliser les acteurs financiers de la province pour stimuler l’économie locale en valorisant des « champions québécois », ces PME qui pourraient devenir de nouveaux moteurs économiques à propriété québécoise.
Perspectives économiques
La relative résilience de l’économie conduit à des estimations de croissance modérées
L'économie québécoise aborde l'exercice 2026-2027 dans un environnement mondial profondément perturbé : montée du protectionnisme américain, révision imminente de l'ACÉUM, tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et accélération des transformations technologiques. Ces vents contraires ont pesé sur la croissance en 2025, le PIB réel du Québec n'a progressé que de 0,7% contre 1,7% en 2024. Le choc a été brutal au T2 2025, avec une contraction annualisée de 2,4 %, la plus importante depuis la crise de 2009, principalement imputable à une chute de 17,2% des exportations. Si la demande intérieure a fortement soutenu la croissance économique en 2025, le commerce extérieur a contribué négativement à la hausse du PIB réel (1,4 point de pourcentage). Le Québec reste en effet, avec l’Ontario, la province la plus touchée par les droits de douane américains.
Malgré ce repli conjoncturel, les perspectives présentées par le gouvernement du Québec pour 2026 et 2027 sont optimistes. Le ministère des Finances anticipe une accélération du PIB réel à 1,1% en 2026 et à 1,4% en 2027, soutenue par la consommation des ménages et la reprise des exportations. Ces prévisions reposent toutefois sur l'hypothèse d'une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient et d’une stabilisation du taux effectif moyen des droits de douane américains, une hypothèse soumise à l'issue des négociations de l'ACÉUM, prévues en 2026 .
Le marché de l’emploi du Québec maintient une position enviable à l'échelle nationale malgré une légère dégradation
En 2025, le taux de chômage s'établissait à 5,6% (contre 5,4% en 2024), le deuxième plus bas au Canada après la Saskatchewan (5,2%), alors que la moyenne nationale atteignait 6,8 %. En outre, le taux d'emploi des 15 à 64 ans s'élevait à 77,4%, le plus élevé de toutes les provinces, contre une moyenne canadienne de 74,2%. Dans le contexte actuel de vieillissement démographique, des gains de productivité seront nécessaires pour continuer à soutenir la croissance économique. Ces indicateurs témoignent de la bonne santé du marché du travail québécois, bien qu'un ralentissement des embauches et une hausse du taux de chômage des 15-24 ans à 9,9% signalent les fragilités actuelles de l’économie. Le secteur public a été le principal moteur des créations d’emploi au Québec en 2025 (+3,1 %), tandis que le secteur privé stagnait (-0,2%). À l'échelle canadienne, le secteur privé s'est montré plus dynamique (+1,4%).
La contrainte démographique devrait rester un frein à la hausse du PIB réel. Entre 2026 et 2029, la population en âge de travailler diminuera pour la première fois depuis plus d’un siècle, conséquence du vieillissement démographique et de la politique migratoire plus restrictive depuis 2025. Des gains de productivité et des taux d’emploi plus élevés seront nécessaires pour compenser la contribution négative de la démographie à la croissance.
Un taux d’inflation maitrisé
La croissance de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) devrait s'établir en moyenne à 2,3% en 2026 et à 2,1% en 2027, et rester dans la fourchette cible de 1% à 3% de la Banque du Canada. Les pressions les plus persistantes proviennent des coûts du logement, dont la hausse reste plus rapide qu'ailleurs au Canada. Un rééquilibrage du marché locatif est toutefois amorcé, le taux d'inoccupation des logements locatifs étant passé de 1,8 % en 2024 à 2,7% en 2025. Le retrait de la taxe sur le carbone pour les consommateurs canadiens à l’exception du Québec le 1er avril 2025 a accentué temporairement la baisse des prix de l’essence ailleurs au Canada. Au cours des prochains mois, l’inflation au Québec devrait retrouver un rythme de croissance comparable à celui observé au Canada, l’effet temporaire dû à la taxe sur le carbone au Canada devant se dissiper dès avril 2026.
Pour plus de détails, consulter la fiche province jointe ci-dessous.