Les échanges commerciaux entre la France et le Botswana en 2019 (mars 2020)

Résumé: Le commerce bilatéral (hors matériel militaire) entre la France et le Botswana continue d’augmenter rapidement (+120% en 2019 après +380% en 2018), il s’est élevé à 142 MEUR en 2019. D’une part, les exportations de la France à destination du pays – nettement moins dépendantes du secteur aéronautique que les années précédentes  – ont doublé en 2019 pour atteindre le montant historique de 106 MEUR, confirmant la dynamique très positive que l’on observe depuis 2015. D’autre part, les importations en provenance du pays sont passées de 16 MEUR en 2018 à 35 MEUR en 2019 – forte progression des achats de diamants. La France enregistre ainsi un excédent commercial bilatéral de 71 MEUR, soit le plus important jamais réalisé, en augmentation de 115% par rapport à 2018.

 

  • En 2019, les exportations françaises augmentent fortement pour la deuxième année consécutive

Après une augmentation de plus de 500% en 2018, les exportations françaises (hors matériel militaire) à destination du Botswana ont plus que doublé (+119%) pour s’élever à 106 MEUR, un point haut historique. Si l’on omet la chute observée en 2017, les exportations françaises sont sur une dynamique très positive depuis 2015 (voir graphique en annexe).

En 2019, on a observé une modification profonde de la composition de nos exportations vers le Botswana. Tout d’abord, les ventes de produits aéronautiques qui représentent généralement le plus gros des exportations bilatérales (75% en 2018) ont chuté à un niveau presque nul (0,8 MEUR, contre 36 MEUR en 2018). Ensuite, les ventes d’automobiles – habituellement inexistantes – ont grimpé à 71 MEUR en 2019, pour devenir notre premier poste d’exportation vers le pays sur l’année, avec 66% du total. Enfin, les exportations d’équipements mécaniques, électriques et électroniques ont aussi augmenté très fortement en 2019 pour atteindre 22 MEUR (+306%) – second poste d’exportation depuis plusieurs années, sa part dans le total est passée de 11% en 2018 à 20% en 2019. De manière plus anecdotique, on observe aussi une augmentation des exportations de matériels de production audio et vidéo pour un montant de 6 MEUR (+490%).

Malgré ces bons résultats, il convient de ne pas perdre de vue que le marché botswanais  reste très secondaire pour la France, en raison de son étroitesse – il ne représente que 2,3 millions de consommateurs. Avec un poids quasi-nul dans le total des ventes françaises, il ne représente que notre 116ième débouché.

 

  • Les importations de la France en provenance du Botswana augmentent de manière très significative depuis 2016

En 2019, et pour la troisième année consécutive, les importations de la France en provenance du Botswana sont en forte augmentation. Elles ont plus que doublé par rapport à 2018 (passant de 16 MEUR à 35 MEUR) – année au cours de laquelle elles avaient déjà enregistré un niveau record. Cette augmentation s’explique par la forte progression de nos achats de diamants (de 3,5 MEUR à 35 MEUR en 2019), illustrant le lien grandissant entre les grandes entreprises du luxe français et l’industrie diamantifère botswanaise – en fin d’année, Louis Vuitton a ainsi signé une collaboration avec l’entreprise Lucara afin de tailler un des plus gros diamants extrait au Botswana ces dernières années. Cette évolution est à rebours des exportations totales de diamants du pays qui ont diminué de 15% en 2019. Dans le même temps, nos importations de matériels aéronautiques ont chuté pour devenir presque nulles, alors qu’elles s’élevaient à 12 MEUR en 2018.

On observe aussi une forte évolution dans la structure des importations françaises en provenance du Botswana. Au début de la décennie, elles étaient presque exclusivement composées de produits agroalimentaires, dont le montant est quasi nul en 2019. Depuis le milieu de la décennie, du fait de la place prise par le Botswana dans la production diamantifère mondiale (second producteur, avec une diversification vers l’aval – polissage et taille), nos importations d’articles de joaillerie et de bijouterie ont fortement progressé, représentant en moyenne deux-tiers des achats de la France chaque année depuis 2015. En 2018, la forte progression des importations de matériels aéronautiques (77% du total) avait relégué la joaillerie/bijouterie au second plan (22% des importations), mais il s’agissait d’un flux très conjoncturel lié à la reprise d’anciens appareils d’Air Botswana par ATR. L’importance de ce poste est redevenue minime en 2019.

Le Botswana représente une part marginale dans les importations françaises, il se classe au 121ième rang de nos fournisseurs au niveau mondial et 25ième au niveau de l’Afrique sub-saharienne.

 

  • L’excédent commercial bilatéral de la France atteint un niveau historique

 En 2019, l’excédent commercial de la France a atteint 71 MEUR, dépassant largement le record de 40 MEUR atteint en 2009. Alors que lors des dix dernières années la France a enregistré des excédents commerciaux avec le Botswana dont l’ampleur dépendait principalement des grands contrats aéronautiques (comme ce fut le cas en 2009, 2016 et 2018), le fort excédent commercial enregistré en 2019 est attribuable à une hausse des exportations d’autres catégories (automobiles et équipements mécaniques, électriques et électroniques).

Cet excédent reste toutefois modeste (63ième excédent de la France  à l’échelle mondiale), à l’image de nos relations commerciales avec ce pays. A noter que la relation commerciale bilatérale est aussi très dynamique dans le domaine militaire – les contrats militaires génèrent un flux de contrats de services et de pièces de rechange de plusieurs dizaines de millions d’euros par an ; dans ce domaine, le Botswana a représenté l’un des plus gros excédents de la France certaines de ces dernières années.

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