Les échanges commerciaux entre la France et le Botswana en 2020 (mars 2021)

Très logiquement, dans le contexte d’une crise sans précédent, le commerce entre la France et le Botswana a chuté de 73% en 2020, pour atteindre 88 MEUR. La crise de la Covid-19 a porté un coup d’arrêt à la dynamique très positive qui s’était installée dans la relation commerciale avec le Botswana depuis 2015. Toutefois, si nos exportations ont fortement diminué en 2020 (impact de la crise et rééquilibrage suite à l’exécution d’un gros contrat régalien en 2019), leur niveau reste bien supérieur à celui qu’il était au début de la décennie. Par ailleurs, les importations françaises de diamants, qui représentent de très loin l’essentiel du flux, ont subi de plein fouet l’impact de la crise sur le secteur. En conséquence, si notre excédent vis-à-vis du Botswana a nettement diminué en 2020, il se maintient à un niveau significatif (3ième plus important enregistré avec le pays). Le Botswana demeure toutefois un partenaire modeste pour le commerce bilatéral français (184 ième fournisseur et 139 ième débouché de nos exportations) en raison notamment de l’étroitesse de son marché.

  • Les exportations françaises en net recul après deux ans de forte progression

Après avoir plus que doublé en 2019 (+119%) et atteint un point haut historique, les exportations françaises à destination du Botswana ont fortement diminué en 2020 (-65%) pour s’élever à 37 Mds EUR, un niveau qui reste supérieur à la moyenne des dix dernières années.  

La composition de nos exportations a été relativement affectée suite à la crise de la Covid-19. Le poste « matériel de transport » reste, de loin, à la première place des produits exportés vers le Botswana en 2020, mais  en baisse significative par rapport à la moyenne sur la période 2015-2019 : passant de 76% à 65% des exportations. Les « équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques » se maintiennent à leur seconde place (19% contre 21% en moyenne sur 2015-2019) avec notamment d’importantes ventes de matériel de communication, de mesures et d’unités de traitement pour machines automatiques de traitement de l'information. Viennent ensuite les « produits pharmaceutiques » (part sable à 5%). A noter que « les produits de l’édition et de la communication » (disque optique (CD) à 79%) qui occupent habituellement une position importante (3ieme rang en 2019 et 5% des biens français exportés vers le Botswana en moyenne) ne représentent qu’une part insignifiante des ventes en 2020 (moins de 1%).

Le Botswana, qui ne compte que 2,3 millions de consommateurs, demeure un marché à l’importance marginale pour la France. Avec un poids très faible dans le total des exportations françaises, il n’est que notre 139ème débouché (contre 116ième en 2019). La France occupait toutefois une place relativement importante comme fournisseur du pays en 2019 (dernières données disponibles) : elle se positionnait ainsi comme le 6ième fournisseur du pays (3% de part de marché), le 2ième au niveau européen derrière la Belgique (3,3% de part de marché) qui est très lié au Botswana au travers de l’industrie diamantaire, via la multinationale De Beers qui exploite la grande majorité des gisements dans le pays.

 

  • Les importations françaises s’écroulent après une progression significative depuis 2016

Les importations de la France en provenance du Botswana ont enregistré une chute spectaculaire en 2020 (-96%), pour s’établir à 1,5 M EUR, après avoir atteint un niveau record en 2019 (35 M EUR). La mise à l’arrêt forcée de l’industrie diamantaire au Botswana pendant de longs mois en 2020 (annulation de la plupart des sessions de ventes qui se tiennent habituellement dans le pays), ainsi que la baisse de la demande issue de l’industrie européenne du luxe ont entrainé une diminution drastique de nos achats de diamants. En effet, les importations du poste « produits manufacturés divers », (qui se composaient ces dernières années pour environ 95% de diamants travaillés et pour 5% de diamants industriels) a enregistré un recul de 97% en 2020, pour n’atteindre que 1,2 M EUR, expliquant en quasi-totalité la chute du flux bilatéral – contribution négative de 96 points. Les importations de « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » (plantes utilisées dans le secteur cosmétique, ou en parapharmacie,  viande bovine) ont aussi fortement diminué  (-48%), mais avec un impact nettement moins marqué sur le flux (contribution négative de 0,2 points). A noter qu’à l’inverse nos achats d’ « équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques » et  de « matériel de transport », enregistrent des bonnes performances sur l’année (respectivement +22% et +60% – 0,04 et 0,05 point de contribution positive) en lien avec la hausse des importations d’appareil de communication pour le premier et de pièces détachées (hélice, rotors et démarreurs) pour le second.

La structure des importations françaises en provenance du Botswana demeure caractérisée par la prééminence des achats de diamants, du fait de la place prise par le Botswana dans la  l’industrie mondiale de ce produit (second producteur après la Russie, avec une diversification vers l’aval – polissage et taille). Le poste « produits manufacturés divers » a ainsi représenté 84% du total de nos importations – contre 96% en moyenne sur les cinq années précédente. A noter qu’au début de la décennie, la structure de nos importations était très différente, presque exclusivement composées de produits agroalimentaires, qui ne représentaient plus en 2020 que 6% du total des importations (contre 0,5% en moyenne sur les cinq dernières années). On relèvera également la place marginale occupée par les «équipements mécaniques électroniques et informatiques » (5% en 2020 et 0,3% en moyenne sur les cinq dernières années) et les « matériels de transport » (3,5%) dans nos importations.

Le Botswana représente une part très marginale dans les importations françaises totales, ne se classant qu’au 184ième rang de nos fournisseurs au niveau mondial (contre 121ième en 2019) et 46 ème au niveau du continent africain.

 

  • L’excédent commercial bilatéral de la France se maintient à un niveau élevé

En 2020, l’excédent commercial de la France a atteint 36 M EUR, en net recul comparativement à 2019, mais à un niveau qui reste élevé par rapport à ces dernières années – troisième excédent le plus important jamais enregistré avec le Botswana. Alors que dans les années 2010 la France a enregistré des excédents commerciaux vis à vis du pays dont l’ampleur dépendait principalement des grands contrats aéronautiques (comme ce fut le cas en 2009, 2016 et 2018), le fort excédent enregistré en 2020 est attribuable à la chute de nos importations, bien supérieure à celle de nos exportations. Cet excédent reste toutefois modeste, à l’image de nos relations commerciales avec ce pays.

 

A noter enfin que la relation commerciale bilatérale est aussi très dynamique dans le domaine militaire – les contrats militaires génèrent un flux de vente de services et de pièces de rechange de plusieurs dizaines de millions d’euros par an ; dans ce domaine, le Botswana a représenté l’un des plus gros excédents de la France certaines de ces dernières années.     

 

 

 

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