Indicateurs et conjoncture

1. Avec le 8e PIB mondial, le Brésil demeure un géant doté d’un vaste marché et d’une économie diversifiée

Cinquième pays du monde par sa superficie (8,5 millions de km²) et sa population (208 millions d’habitants, dont 82% en zone urbaine), le Brésil est un géant économique doté du 8e PIB mondial (1 900 milliards USD en 2017).

Le Brésil demeure un marché profond avec une classe moyenne représentant plus de 100 millions d’habitants, résultat d’une politique de redistribution conduite sous la présidence de Lula (2002-2010), durant laquelle 31 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté. Le Brésil n’en demeure pas moins un pays aux fortes inégalités, dont le coefficient de Gini est supérieur à 0,5.

La diversification de l’économie demeure un atout majeur du pays. Le secteur primaire fait du Brésil un géant agricole, (5,7% du PIB en 2017 après une année record pour la résulte des grains notamment du soja) lui permettant d'être le 3e exportateur agricole mondial avec 7% des parts de marché mondiales, alors qu’il ne représente environ qu’1,4% du commerce mondial. L’agro-négoce, dans son ensemble, demeure un secteur particulièrement performant, représentant plus de 23 % du PIB Brésilien. Le pays est en effet le premier producteur et exportateur mondial de café, de jus d’orange, de sucre, 2e producteur de soja, de viande bovine et de viande de poulet (1er exportateur mondial de viande bovine et de poulet). 3ème producteur et exportateur mondial de maïs. Enfin, le Brésil est déjà le 10e producteur de pétrole en 2016 avec une production de 2,6 millions de barils/jour selon l’AIE et pourrait passer au 6e rang mondial d’ici 2035.

Le Brésil est également doté d’une industrie diversifiée (machines outil, énergie, matériels de transport, automobile, aéronautique, électronique) dont les fleurons sont Embraer (4e constructeur aéronautique mondial) et le géant pétrolier Petrobras et d’une économie de services moderne dotée elles aussi de géants sectoriels (dans la banque, l’assurance, la distribution ou la construction). 

2. Malgré une sortie de récession en 2017, la reprise économique devrait s’avérer timide en 2018

Le Brésil est sorti de récession en 2017 : le PIB a progressé de 1,0 % en glissement annuel au T4 2017 (après +1,4 % au T3 2017) après deux années consécutives de récession (−3,8 % en 2015 et -3,6% en 2016), conformément aux anticipations des marchés. Côté offre, l’activité a été essentiellement tirée par l’agro-alimentaire en 2017 qui a connu une envolée de +13,0 % sous l’effet combiné prix-volume (après −6,6 % en 2016) alors que la production est restée stable pour l’industrie, +0,0 %, tandis que les services ont très faiblement progressé (+0,3%). Côté demande, l’activité a été caractérisée par une légère hausse de la consommation des ménages (+1,0 % en 2017 après −4,3 % en 2016), traditionnel moteur de l’économie brésilienne, tandis que l’investissement poursuit sa baisse (−1,8 % après −10,3 %), malgré une politique monétaire accommodante. Surtout, le commerce extérieur contribue positivement à la croissance en raison d’une hausse des exportations (+4,7 % après +1,9 %) légèrement inférieure à celle des importations (+5,1 % après −10,2 %), permettant un excédent commercial record de +67 Mds R$.

Malgré les attentes, le début d’année 2018 ne pousse pas à l’optimisme quant à la vigueur de la reprise. La dégradation du marché du travail (12,9% de chômage en avril 2018) et l’incertitude électorale, qui bloque l’investissement et contrarie toute capacité de réforme du parlement, sont identifiées comme les principales causes de ce ralentissement économique et facteurs de fortes volatilité des marchés. Malgré ce début d’année difficile, la croissance devrait s’accélérer en 2018 par rapport à 2017 sous l’effet du maintien des prix des matières premières et de l’assouplissement monétaire orchestré en 2017. La faiblesse de l’inflation (à 2,8 % en mars 2018 soit légèrement en-deçà de sa cible à 4,5 ± 1,5 pts) a permis à la Banque Centrale de continuer le rythme de son assouplissement monétaire en 2018 (baisse du taux directeur de 775 pdb depuis octobre 2016, qui s’établit aujourd’hui à 6,50%), ce qui devrait à terme stimuler le crédit et l’investissement, même si son impact sur l’accès au crédit reste encore imparfait en raison de la défaillance des canaux de transmission de la politique monétaire à l’économie réelle.

Au demeurant, ce niveau de taux directeur devrait être difficile à tenir à terme dans la mesure où le lent dévissage du Réal (BRL) par rapport au Dollar (USD), +14,8% pour l’USD entre janvier et juin 2018, pourrait s’amplifier au gré du resserrement monétaire de la Fed, induisant une inflation importée accrue, notamment sur les produits manufacturés. La Banque Centrale a d’ailleurs indiqué en mai 2018 que son cycle d’assouplissement monétaire était terminé. Les prévisions de croissances (+1,7 à +2,1 %) sont bien en dessous des hypothèses retenues pour le budget fédéral (+2,8%) et dont les recettes s’avèrent très pro-cycliques. Ainsi, cette croissance molle risque de contraindre le gouvernement à des arbitrages budgétaires délicats, notamment en cette période pré-électorale.

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