Le commerce extérieur du Brésil

Le commerce extérieur du Brésil recule en 2020, sous l’effet de la pandémie de Covid-19 et le repli sans précédent de l’activité économique et des échanges commerciaux mondiaux.

Les exportations de biens, largement dominées par les produits agricoles et agroalimentaires, ont diminué de 6,9% pour atteindre 210 Mds USD. Ce repli a toutefois été amorti par le dynamisme des ventes agricoles à destination de l’Asie, en particulier de la Chine, 1er client du Brésil qui établit un nouveau record à 68 Mds USD. Ce rebond de la demande chinoise a contrebalancé les moindres performances enregistrées avec les autres partenaires commerciaux.

Les importations peinent pour leur part à se redresser et enregistrent une baisse marquée de 10,4% du fait d’une demande domestique atone. La balance commerciale enregistre un excédent de 51 Mds USD, en hausse de 2,9 Mds USD par rapport à 2019.

Avec 2,2% de part de marché, la France est le 9ème fournisseur du Brésil et son 26ème client.

 
Une baisse marquée des échanges commerciaux dans un contexte de repli global

Selon les statistiques du Secrétariat du Commerce Extérieur et Affaires Internationales (SECINT), le Brésil a enregistré en 2020 une chute marquée de ses échanges commerciaux par rapport à 2019 (-8,4%), passant de 402,7 Mds USD à 368,7 Mds USD. Il s'inscrit ainsi dans la moyenne de la baisse du commerce mondial pour 2020, estimée entre 7 et 9% par la CNUCED.

Avec des exportations de biens qui atteignent 209,8 Mds USD (-6,9%) et des importations qui s’établissent à 158,9 Mds USD (-10,4%), la balance commerciale affiche un excédent de 50,9 Mds USD en 2020.

 

Avec la pandémie, la Chine renforce sa position de partenaire privilégié

Les exportations brésiliennes sont principalement composées de produits de base : le secteur agricole et agroalimentaire domine largement, avec 100,8 Mds USD soit 48% de la valeur des exportations, tandis que les biens issus des industries extractives représentent 23% des ventes. Les principaux produits d’exportation sont le soja (14% des exportations totales, en progression de 9,5% grâce une demande tirée par la Chine), le minerai de fer (12%) et les huiles brutes de pétrole (9,3%).

La résilience des exportations a été fortement influencée par le rythme de reprise post « première vague » de la pandémie en Asie (47% des exportations, en progression de 6,3% en 2020), et notamment de la Chine, qui absorbe 32,3% des exportations (et marque, avec 67,7 Mds USD, un nouveau record), s’affirmant plus que jamais comme le client principal du Brésil. En revanche, les exportations ont pâti des conséquences de la crise chez les autres partenaires traditionnels, lesquels importent traditionnellement des produits manufacturés : les ventes à destination des Etats-Unis, qui représentent 10,2% des exportations totales, ont diminué de 28%. L’Argentine, 3ème client du Brésil avec 4% des exportations et grand importateur de véhicules et pièces automobiles brésiliens, a pour sa part réduit ses achats en provenance du Brésil de 13%.
 

La valeur des exportations a en outre souffert de l’effet de change, dans un contexte de forte dépréciation de la devise brésilienne.

 

Les importations reculent fortement avec la dépréciation du réal et une demande domestique atone

Les importations brésiliennes présentent le profil inverse des exportations, avec une large prédominance des produits transformés (93%). En hausse de 123%, les plateformes pétrolières, deviennent le principal poste d’importations du Brésil en 2020, avec 10,2 Mds USD, une tendance aussi atypique que fictive qui révèle en réalité une vague de nationalisations due à l’expiration au 31 décembre 2020 du régime Repetro.

Les principaux fournisseurs du Brésil sont la Chine (23,3%), les Etats-Unis (16,5%), l’Allemagne (5,9%) et l’Argentine (5,3%). 

Même si la consommation est parvenue à relativement se maintenir à la faveur des mesures d’aide du gouvernement brésilien, elle n’en est pas moins restée morose et a fait, tout comme la faiblesse des investissements, pression à la baisse sur le volume des importations.

Publié le