Commerce extérieur du Brésil

Le Brésil garde un excédent commercial en 2019, malgré la baisse des exportations

Selon les statistiques du Ministère du Développement, de l’Industrie, du Commerce (MDIC), le Brésil a enregistré sur les onze premiers mois de 2019, une baisse de ses échanges commerciaux extérieurs par rapport à 2018 (-4,5%), passés de 388,2 Mds USD à 370,7 Mds USD. Ce résultat s’explique tant par la baisse des exportations de 6,4%% (passées de 219,9 Mds USD à 205,9 Mds USD) que par celle des importations de  2,1%% (passées de 168,3 Mds USD à 164,8 Mds USD). Sur les onze premiers mois de l’année 2019, la balance commerciale brésilienne était ainsi excédentaire de 41 Mds USD, en baisse de 10 Mds USD par rapport aux onze premiers mois de 2018.

Le Brésil reste un pays relativement fermé, avec un taux d’ouverture ((Exports + Imports)/2/PIB) de seulement 14% entre le T4 2018 et le T3 2019. Le Brésil, pays de tradition protectionniste, est marqué par la persistance de droits de douanes moyens élevés (13,5% de droit de douane NPF), de pics tarifaires et de barrières non-tarifaires multiples, en plus de règles locales contraignantes dans plusieurs secteurs (impliquant un pourcentage élevé de la valeur ajoutée produite localement). Pour contourner ces barrières, les grands groupes internationaux sont ainsi fortement incités à investir et produire localement, ce qui explique la position flatteuse du Brésil en matière d’attraction des IDE.

 

Le pays reste spécialisé dans les produits à faible valeur ajoutée, alors que les importations de produits manufacturés sont toujours en hausse

Les exportations brésiliennes sont essentiellement des produits de base (52,5% sur les onze premiers mois de 2019), alors que les produits manufacturés ne représentent que 12,7% du total des exportations, et 34,7% pour les produits semi-manufacturés. Le profil des exportations s’oriente de plus en plus vers des produits à faible valeur ajoutée depuis les années 1980, marquant un glissement progressif du Brésil dans la chaîne de valeur mondiale. Les trois principaux produits d’exportation sont le soja non transformé (12% du total), le pétrole brut (10%) et le minerai de fer (10%). Les principaux clients du Brésil sont la Chine (28% du total), les Etats-Unis (13%) et les Pays-Bas (5%). 2019 a été marquée par une baisse des exportations, conséquence de la crise du voisin argentin, importateur important de produits manufacturés brésiliens et notamment de voitures (part de l’Argentine dans le total des exports de 4,4% en 2019, contre 6% en 2018 et 8,1% en 2017), par le ralentissement du commerce mondial, ainsi que par un effet de change inhérent à la dépréciation du real par rapport au dollar américain.

Les importations brésiliennes présentent le profil inverse des exportations : les produits manufacturés prédominent (69% du total) contre 8% pour les produits de base. La part des produits manufacturés ne cessent d’augmenter dans les importations brésiliennes depuis les années 1980, marquant la reprimarisation de l’économie brésilienne. Les trois principaux produits d’importation sont les médicaments (4% du total), les combustibles (4%) et les plateformes pétrolières (3%). Les principaux fournisseurs du Brésil sont la Chine (20% du total), les Etats-Unis (17%) et l’Argentine (6%). La baisse des importations brésiliennes en 2019 est à la fois imputable à un effet de change (dépréciation du real) et à la faiblesse de la demande domestique.

Les perspectives du commerce extérieur brésilien pointent plutôt vers une baisse de l’excédent commercial si le real continue sa dépréciation vis-à-vis des monnaies des pays avancés. En effet, Les exportations du Brésil (composées essentiellement de matières premières) sont relativement peu élastiques au prix, une baisse du prix des exportations brésiliennes n’entraînerait pas nécessairement une hausse plus forte des volumes exportés. En revanche, le prix des importations devrait mécaniquement augmenter, alimentant l’inflation du pays (inflation importée accrue). En conséquence, l’effet prix des importations devrait surpasser l’effet volume des exportations et entraîner une détérioration de la position extérieure brésilienne vis-à-vis des pays avancés.

Cependant, une hausse du cours des matières premières (notamment agricoles) ainsi l’accroissement de la production de pétrole pré-sel pourrait permettre un accroissement des exportations brésiliennes.

 

 

 

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