Les échanges commerciaux franco-boliviens en 2018

Les échanges commerciaux franco-boliviens ont connu en 2018 une forte hausse de 23,3 % et atteignent un montant de 178,4 M€, soit 0,02 % de nos échanges globaux. Nos exportations ont quelque peu augmenté, se situant  à 66,8 M€ (+5,9 %), composées à 29% d’ « appareils de mesure, d’essai et de navigation » (contrat de radars) et dont la progression est essentiellement liée aux produits pharmaceutiques. Nos importations sont en forte hausse (+ 36,7 %,) à hauteur de 112 M€, composées à 76% de minerais métalliques (argent, or) et se situent, après deux années de récupération, à leur niveau historique le plus élevé. Elles ont été tirées par les cours relativement élevés des matières premières. Le déficit commercial se creuse à hauteur de 44,8 M€, le taux de couverture étant de 60%.

 

Malgré le statut avantageux du SPG+ accordé par l’Union Européenne à la Bolivie, lui permettant d'exporter quasiment en franchise totale de droits de douane vers le marché communautaire, et la forte contribution financière de la France (de l’ordre de 200 M€ de prêts par an depuis l’implantation en 2016 de l’AFD), ce pays reste un partenaire commercial de second ordre pour la France, en raison essentiellement du faible nombre d’implantations françaises sur ce marché de taille modeste, lointain et peu intégré aux accords commerciaux régionaux.

 

 

1) Le faible montant de nos échanges bilatéraux (178,4 M€) se situe néanmoins à un de ses niveaux les plus élevés

 

La baisse de nos échanges de 40% entre 2014 et 2016 a été suivie d’une forte récupération au  cours des 2 années suivantes, pour atteindre 178,4 M€ en 2018, soit une hausse de 23,3% par rapport à 2017 et de 58 % sur 2 ans. Après le record de 2014, il s’agit du niveau le plus élevé de ces 10 dernières années.

 

Le déficit commercial se creuse pour la deuxième année consécutive, se situant à - 44,8 M€, avec un taux de couverture de 60%, en diminution. Il s’agit toutefois de niveaux attendus compte tenant la nature structurellement déficitaire de la relation commerciale franco-bolivienne.

 

Ce petit marché, géographiquement isolé - pas d’accès maritime direct ; une seule liaison aérienne directe avec l’Union Européenne, via Madrid -, dépend très largement des pays frontaliers pour la logistique de son commerce extérieur (Brésil, Argentine, Chili et Pérou). Cette situation limite quelque peu sa porosité aux produits de provenance lointaine, tandis que la plupart des grands groupes étrangers, dont les français, alimentent souvent ce marché par une production assemblée dans des pays tiers d’Amérique latine, la part d’origine française dans ces produits n’apparaissant pas dans les statistiques bilatérales. Par exemple, les importations de voitures de la marque Renault, dont les modèles sont fabriqués et importés de Colombie ou du Brésil.

 

2) Les exportations françaises liées au grand contrat de radars, bien qu’en baisse en 2018, représentent toujours une part majeure de nos ventes

 

Les exportations françaises se sont élevées à 66,8 M€ en 2018, en progression par rapport à 2017 (+5,9%).

 

Le pôle majeur de nos exportations est celui des « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique », traditionnellement fort et qui en 2018, avec 32,6 M€, a couvert 49% du total des exportations, malgré un recul (-8,1%).

 

Hors grands contrats, nos exportations sont seulement de l’ordre de 47 M€. Cela représente toutefois un progrès par rapport à 2017 et signifie une diversification des produits exportés en 2018.

 

Au-delà des grands contrats, les composantes essentielles de nos exportations sont :

- les « autres produits industriels » (27,5 M € ; +22,6 %), qui constituent 41% de nos exportations totales, avec notamment les produits chimiques, parfums et cosmétiques (11,4 M€, +38,6%) [les pesticides et produits agrochimiques contribuent notablement à ce progrès : 4,8 M€, +366%] et les produits pharmaceutiques (6,4 M€, - 23,5 %). On remarque en 2018, un progrès notable des produits en caoutchouc, en plastique et produits minéraux divers (4,4 M€, +445%) grâce spécifiquement aux autres produits en plastique (3,9 M€, +994%).

- les « machines industrielles et agricoles » [partie du pôle « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique »] : qui présentent un déclin de 8% pour se situer à 7,4 M € (en partie dû à la chute de 91% des articles de robinetterie) ;

- les matériels de transport (5 M€, +43,2%) où l’on remarque les véhicules automobiles (3 M€, +11,3%).

 

La Bolivie est notre 129ème client (15ème client en Amérique latine) et ne représente qu’un peu plus de 0,01 % du total de nos exportations.

 

 

3) Nos importations se concentrent de plus en plus sur les produits miniers

 

La Bolivie continue de bénéficier du SPG+ (Système de préférences généralisées de l’Union européenne), régime spécial d'encouragement en faveur du développement durable et de la bonne gouvernance. Ce statut lui permet d'exporter en quasi franchise  de droits de douane ses produits sur le marché communautaire. En contrepartie, la Bolivie doit reconnaitre et appliquer une trentaine de conventions internationales (droit social et du droit du travail notamment).

 

En 2018, nos importations ont atteint 112 M€, en augmentation de 36,7 %.

 

Celles-ci sont fortement concentrées sur 2 catégories de produits qui représentent près de 90 % de nos importations et dont les résultats sont en forte hausse :

 

- Le poste «minerais métalliques » renforce sa première position dans nos importations avec  84,8 M€ (76% du total des importations) en hausse de 61,3% par rapport à 2017 (quintuplé entre 2016 et 2018) et affichant un pic historique. Ce montant est supérieur à l’ensemble des importations vers la France de l’année 2017 (82 M€).

À lui seul, il représente la quasi-totalité du pôle « hydrocarbures naturels, autres produits des industries extractives, électricité, déchets », qui atteint son niveau le plus élevé en 10 ans.

 

- Le pôle «produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » représente 15,8 M€ d’importations, en recul de 17 %.

Au sein de ce pôle, on relève les importations de « céréales » (8,3 M€, - 9,5 %) et les « fruits d’arbres ou à coque » (6,3 M€, - 22,6 %).

 

En revanche, le poste «autres produits chimiques organiques de base», qui par le passé a pu contribuer jusqu’au quart des  importations, connaît sa troisième année de déclin (- 11,4%) et devient négligeable (3,1 M€ ; 2,8% de nos importations).

 

Alors qu’en 2017, la hausse considérable des importations minières s’expliquait par l’envolée des prix des métaux, la bonne santé des importations minières de 2018 repose plutôt sur une production minière plus performante après quelques années de stagnation.

 

La Bolivie occupe le 96ème rang du classement de nos fournisseurs (12ème fournisseur en Amérique latine) et représente à peine 0,02% du total de nos importations.

 

 

 

L’exercice 2018 représente une année typique pour la relation commerciale franco-bolivienne en termes structurels. Nos exportations continuent de reposer sur des produits industriels (chimiques, pharmaceutiques et machines) avec une part variable très significative attribuable aux grands contrats. Nos importations sont toujours concentrées sur les produits agricoles et les métaux dont la valeur repose sur le prix de cours internationaux.

 

Les perspectives de moyen terme apparaissent plus favorables, les financements français massifs (prêts AFD dans un premier temps, complétés éventuellement de financements du Trésor pour lesquels apparaissent actuellement des opportunités) attirant plus de sociétés françaises vers le marché bolivien, notamment dans les secteurs de l’eau-assainissement, de l’énergie et des transports.

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