Les échanges commerciaux France-Bolivie en 2017

 

Malgré le statut avantageux SPG+ accordé par l’Union Européenne à la Bolivie, lui permettant d'exporter en franchise totale de droits de douane vers le marché communautaire, et la forte contribution financière de la France - de l’ordre de 200 M€ de prêts par an - depuis l’implantation en 2016 de l’AFD, ce pays reste un partenaire commercial de second ordre pour la France en raison essentiellement de son isolement géographique, de la taille modeste de son économie et du faible nombre d’implantations françaises.

 En 2017, les échanges commerciaux franco-boliviens, en forte progression, +28,2 %, atteignent un montant de 144,5 M€, soit 0,01 % de nos échanges globaux.

 Nos exportations ont été stables à 63,1 M€ (+2,4 %), composées aux 2/5ème d’ « appareils de mesure, d’essai et de navigation » (contrat de radar), ce poste se substituant en 2017 à celui du « matériel de transport » (contrat d’hélicoptères) qui avait pris une part similaire en 2016.

 Nos importations, 81 M€, en croissance de +59,4 %, composées à 65% de minerais métalliques, retrouvent, après avoir marqué un seuil en 2016 dû à des cours de matières premières particulièrement déprimés, un niveau proche des années précédentes. 

 L’excédent ponctuel de 2016 laisse la place à un solde négatif de 18,3 M€, le taux de couverture étant de 77%.

 

1) Le niveau des échanges en 2017 est égal à la moyenne des années précédentes

Après une baisse de nos échanges de 40% en deux ans, les échanges commerciaux entre la France et la Bolivie, de 144,5 M€ en 2017, ont augmenté de +28,2 % et retrouvent ainsi un niveau légèrement supérieur à la moyenne des années précédentes.

Après une année 2016 exceptionnellement bénéficiaire, la balance commerciale, -18,3 M€, redevient déficitaire en 2017, soit un taux de couverture de seulement 77%.

Ce petit marché, géographiquement isolé - pas d’accès maritime direct ; une seule liaison aérienne directe avec l’Union Européenne, via Madrid -, dépend très largement des pays frontaliers pour la logistique de son commerce extérieur (Brésil, Argentine, Chili et Pérou). Cela limite sa porosité aux produits de provenance lointaine, tandis que la plupart des grands groupes étrangers, dont les Français, alimentent souvent ce marché par une production assemblée dans des pays tiers d’Amérique latine, la part d’origine française dans ces produits n’apparaissant pas dans les statistiques bilatérales – par exemple, les importations de voitures de la marque Renault, dont les modèles sont fabriqués et importés de Colombie ou du Brésil -.

 

2) En 2016 et 2017, de l’ordre de 40 % de nos exportations résultent d’un seul grand contrat.

 Les exportations françaises se sont élevées à 63,1 M€ en 2017, quasiment stables par rapport à 2016 (+2,4 %). 

 Le substrat de nos exportations relève des « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique », poste traditionnellement fort et tout particulièrement en 2017, où, avec 35,4 M € (+56,5%), il a couvert 56 % du total des exportations. Cette part exceptionnellement élevée s’explique par le poste « instruments et appareils de mesure, d’essai et de navigation » - correspondant en grande partie à l’achat d’un radar à Thales -, qui est passé de 0,9 M€ en 2016 à 24,4 M€ en 2017, soit 38,7% de nos exportations.

 On notera que ce dernier poste se substitue à celui du « matériel de transport » qui ne représente plus que 5% de nos exportations en 2017 contre 40% l’année précédente (ventes d’hélicoptères Airbus).

 Au-delà des grands contrats, les composantes essentielles de nos exportations sont :

  • les « autres produits industriels » (22,4 M € ; +62,4 %), qui constituent 36% de nos exportations totales, avec notamment les produits pharmaceutiques (8,4 M€, + 90,9 %) et les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (8,2 M€,  + 25,1 %).
  • les « machines industrielles et agricoles » [partie du pôle « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique »] : 8 M € malgré une chute de - 52,7 % en 2017 ;
  • les véhicules automobiles [partie également du pôle « équipements mécaniques, … »] : 2,7 M€ en 2007, contre 0,1 M€ en 2016.

 La Bolivie est notre 124ème client (13ème client en Amérique latine) et ne représente qu’un peu plus de 0,01 % du total de nos exportations.

 

 3) Nos importations sont concentrées sur les produits miniers et agricoles

Au 1er janvier 2018, 9 pays bénéficient du Système de préférences généralisées (régime spécial d'encouragement en faveur du développement durable et de la bonne gouvernance) octroyé par l’Union Européenne, appelé aussi SPG+. Ce statut permet aux pays bénéficiaires d'exporter en franchise totale de droits de douane des produits sur le marché communautaire. La Bolivie figure dans cette liste.

En 2017, nos importations ont atteint 81 M€, en augmentation de 59,3 %.

 

Celles-ci sont fortement concentrées sur 2 catégories de produits qui représentent près de 88 % de nos importations et  dont les résultats sont en forte hausse :

 

- Le poste «minerais métalliques » reste en première position de nos importations avec  52,5 M€ (65% du total des importations) en hausse de 210%.

À lui seul, il représente la quasi-totalité du pôle « hydrocarbures naturels, autres produits des industries extractives, électricité, déchets », qui atteint son niveau le plus élevé en 10 ans.

 

- Le pôle «produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » représente 18,9 M€ d’importations, en progression de 19 %, et regagne les niveaux de 2014.

Au sein de ce pôle, on relève les importations de « céréales » [principalement du quinoa] (9,1 M€, - 8,6 %) et les « fruits d’arbres ou à coque » (8 M€, + 81,9 %).

 

En revanche, le poste «produits chimiques organiques », qui par le passé a pu contribuer jusqu’au quart des  importations, connaît sa deuxième année de déclin (- 72,4%) et tombe à 3,6 M€ (4,4% de nos importations).

 

L’essor de nos importations semble s’expliquer en grande partie par l’effet prix qui dope la valeur des minerais exportés par la Bolivie.

 

La Bolivie occupe ainsi le 105ème rang du classement de nos fournisseurs (14ème fournisseur en Amérique latine) et représente un peu plus de 0,01% du total de nos importations.

 
 

Après une année atypique et bénéficiaire en 2016, nos échanges bilatéraux avec la Bolivie sont revenus, en 2017, à un volume et à un déficit tous les deux représentatifs de l’état de notre commerce avec ce pays.

 Les perspectives de moyen terme sont plus favorables, les financements français massifs (prêts AFD dans un premier temps, complétés éventuellement de financements du Trésor pour lesquels apparaissent actuellement des opportunités) attirant plus de sociétés françaises vers le marché bolivien notamment dans les secteurs de l’eau-assainissement, de l’énergie et des transports.

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