Les échanges commerciaux France-Bolivie en 2016

En 2016, les échanges commerciaux franco-boliviens ont baissé de 23,9 % pour atteindre un montant de 112,6 M€ en raison de la forte chute de nos importations. Nos exportations, qui s’élèvent à 61,6 M€, augmentent de 11,2 % mais, hors matériel aéronautique, elles seraient en baisse d’environ 25 %. Nos importations s’effondrent de 44,9 %, à hauteur de 51 M€, du fait surtout de la baisse de nos achats de minerais métalliques. Ainsi la balance commerciale devient excédentaire pour la France pour la première fois depuis 2007 avec un solde positif de 10,6 M€. La Bolivie reste un partenaire commercial très modeste (seulement de l’ordre de 0,01 % de nos échanges globaux). L’isolement géographique de ce petit marché, enclavé au milieu du continent sud-américain, explique la faiblesse de nos ventes directes, car bon nombre de produits français présents en Bolivie sont importés et distribués à partir de pays voisins ou pays tiers. 

 

 

 

1) Les échanges commerciaux bilatéraux sont d’un faible montant et enregistrent à nouveau un recul marqué en 2016

 

Après une baisse de nos échanges en 2015 (- 21 %), les échanges commerciaux entre la France et la Bolivie ont encore nettement reculé en 2016 avec une baisse de 23,9 %. Ils atteignent un total de seulement 112,6 M€ revenant ainsi au niveau de 2012. Pour la première fois depuis 2007, la France dégage un excèdent commercial qui s’élève à 10,6 M€, soit un taux de couverture de 120,6 %.

Il faut souligner que ce petit marché, géographiquement isolé et difficile d’accès, dépend très largement des pays frontaliers pour la logistique de son commerce extérieur (Brésil, Argentine, Chili et Pérou). En effet, il ne dispose pas d’accès maritime direct et n’a qu’une seule liaison aérienne directe avec l’Union Européenne, via Madrid.

 Certains produits ou équipements français, présents en Bolivie, sont donc importés au travers de pays tiers et n’apparaissent pas dans les statistiques bilatérales. C’est notamment le cas des importations de voitures de la marque Renault, dont les modèles sont  fabriqués et/ou importés de Colombie ou du Brésil.

 

 

 

2) Nos exportations augmentent de 11 % en 2016 en raison de nos ventes aéronautiques sans lesquelles elles auraient reculé d’environ 25 % car tous nos autres postes d’exportation sont à la baisse

 

Les exportations françaises se sont élevées à 61,6 M€ en 2016, en hausse de 11,2 %. Cependant celle-ci s’explique uniquement par le résultat de nos exportations aéronautiques qui passent de 3 M€ en 2015 à 24,7 M€ en 2016 (en raison du paiement de la vente d’hélicoptères Super Puma) sans lesquelles nos exportations auraient baissé d’environ 25 %.

 Le pôle « matériel de transport » avec un montant de 24,7 M € représente 40 % de nos exportations totales en 2016. Le résultat de nos exportations dans ce secteur est très fluctuant d’une année sur l’autre et conditionne totalement l’évolution annuelle de nos exportations, du fait du faible niveau de nos exportations globales.

 En dehors de ce pôle « matériel de transport » tous les postes d’exportation sont à la baisse.

- Le deuxième pôle d’exportation est « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique » (22,6 M € ; 25 % du total des exportations ; - 20 %). [Au sein de ce pôle, le principal poste est le suivant : « machines industrielles et agricoles » (16,9 M €, - 16 %)] ;

- Le troisième pôle est « autres produits industriels » (13,8 M € ; 22 % du total ; - 38 %). [Au sein de ce pôle les principaux postes sont : « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (6,5 M€,  - 53 %) et les produits pharmaceutiques (4,4 M€, - 6 %)].

 La Bolivie est notre 123ème client (15ème client en Amérique latine) et ne représente qu’un peu plus de 0,01 % du total de nos exportations.

 

 

 

3) Nos importations de produits boliviens, concentrées sur les produits miniers, la chimie organique et les produits agricoles sont en contraction de 45 % en 2016

 

En 2016, nos importations atteignent 51 M€ et chutent de 44,9 %. Celles-ci sont fortement concentrées sur 3 catégories de produits qui représentent près de 90 % de nos importations et  dont les résultats sont en forte baisse :

- Le poste « minerais métalliques » reste en première position de nos importations mais il s’effondre de 65 % pour atteindre 16,9 M€.

- Le poste «produits chimiques organiques » représente 12,8 M€ d’importations, en baisse de 22 %.

- Le pôle «produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » représente 15,8 M€ d’importations, en recul de 23 %. [Au sein de ce pôle, on relève les importations de « céréales » (principalement du quinoa, pour un montant de 9,9 M€, - 34 %) et les « fruits d’arbres ou à coque » (4,3 M€, en hausse de 20 %)].

 La baisse marquée de nos importations est en partie imputable à l’effet prix qui a affecté la valeur des importations de minerais et des produits agricoles. Un même impact s’observe au niveau des exportations globales de la Bolivie qui sont également en recul.

 La Bolivie occupe ainsi le 120ème rang du classement de nos fournisseurs (16ème fournisseur en Amérique latine) et représente un peu plus de 0,01% du total de nos importations.

 

 

  

Le résultat de nos échanges bilatéraux avec la Bolivie en 2016 est décevant aussi bien à l’exportation qu’à l’importation puisque quasiment tous les postes sont à la baisse. La hausse de nos exportations est en trompe l’œil puisqu’elle est due uniquement à nos exportations aéronautiques et à une seule opération d’envergure.

 De petite taille et difficile d’accès, le marché bolivien ne constituait pas jusqu’à présent un enjeu prioritaire pour les entreprises françaises. Nos échanges commerciaux directs restent très modestes et concentrés sur quelques produits. Dans un cadre juridique et fiscal peu propice aux investissements étrangers, la présence française se limite encore à l’exploitation de ressources naturelles et agricoles (gaz, minerai d’or et quinoa).

 Toutefois, l’évolution économique du pays, ses besoins d’infrastructures et d’équipements peut susciter l’intérêt de nos entreprises pour ce pays, notamment celles disposant de filiales implantées dans les pays voisins. Quelques groupes français suivent actuellement de gros projets en Bolivie et le groupe Total monte en puissance, ce qui pourrait dans les années à venir entrainer un flux d’exportations plus important.

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