Relations bilatérales

En 2017, les exportations françaises à destination du Bénin baissent de 14,6%, pour se situer à 182,9 MEUR, en raison d’une conjoncture sous-régionale et nigériane défavorable, pesant sur la demande de réexportation de produits béninois.

Les exportations béninoises à destination de la France restent marginales (3,1 M EUR) et sont également en baisse, de -32,4%.

Notre excédent commercial se contracte de 14,2%, passant de 209,5 à 179,8 MEUR. Notre part de marché est en recul : de 11,7% en 2015, elle passe à 10,1% en 2016, faisant perdre à la France sa place de 1er fournisseur du Bénin, aux dépends de l’Inde et de la Thaïlande, la part de la Chine étant notoirement sous-évaluée.

I – Forte baisse des exportations vers le Bénin et du solde excédentaire de la balance commerciale

Les exportations françaises à destination du Bénin s’élèvent en 2017 à 182,9 MEUR (valeur FAB), contre 214,1 MEUR en 2016, soit une baisse conséquente de -14,6% (-31,2 MEUR). Elle confirme la tendance observée depuis 2015, quand la France exportait pour 256,1 MEUR de marchandises ; le recul atteint 28,6% en deux ans.

Il souligne la conjoncture sous-régionale défavorable depuis deux ans, en dépit de la timide reprise de l’activité au Nigéria[i], principal débouché et partenaire du Bénin[ii].

Les exportations béninoises vers la France sont également en recul de 32,4%, passant de 4,6 à 3,1 MEUR (valeur CAF[iii]). Elles demeurent marginales et focalisées sur les produits non transformés ou semi-transformés du secteur primaire.

Au final, notre excédent commercial se contracte de 14,2% à 179,8 MEUR contre 209,5 MEUR en 2016.

 

II – Analyse de nos exportations

Les produits des industries agroalimentaires constituent le premier poste d’exportation, avec 58,4 MEUR en 2017, représentant près d’un tiers (32%) de nos ventes. La variation sur 2016 est quasi-nulle (+0,2% ou + 0,01 MEUR). 

Viennent ensuite les produits pharmaceutiques (20% de nos ventes) à 36,9 MEUR contre 37,4 MEUR en 2016, soit une légère baisse de -1,3%.

1er poste d’exportation en 2016, les ventes d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique reculent de 40%, passant de 59,8 à 35,7 MEUR (-40,3%). Les équipements électriques et ménagers (-53%) et les machines industrielles et agricoles (-44%) sont les plus affectées.

Les ventes de produits chimiques, parfums et cosmétiques restent stables en 2017, pour atteindre 13,9 MEUR (+0,9 MEUR). Enfin, les ventes de matériel de transport continuent de chuter, en s’établissant à 7,3 MEUR, contre 11,1 MEUR en 2016 et 15,3 MEUR en 2015. Cette tendance tient principalement à la fermeture du marché nigérian aux véhicules d’occasion.

 

III – Analyse de nos importations

Sur un total de 3,1 MEUR d’importations, l’achat de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture pour 1,1 MEUR est en fort recul sur 2016 (-2,5 MEUR ou -70,3%) ; la baisse pourrait s’expliquer par certaines interdictions à l’export de produits béninois, notamment l’ananas[iv].

 

IV – Parts de marchés des exportations françaises

Le Bénin représente 0,0395% des exportations françaises et constitue notre 95ème client. Les importations du Bénin ne représentent quant à elles que 0,00057% de la valeur totale de nos importations avec le reste du monde, hissant le pays au 172ème rang de nos pays fournisseurs.

Au sein de l’UEMOA, le Bénin se situe au 6ème rang des pays clients de la France et au 7ème rang au niveau des échanges (import + export), avec 186 MEUR (soit une part de 4%), loin derrière la Côte d’Ivoire (2 021 MEUR, 44% de nos échanges dans la zone) et le Sénégal (19%).

Selon les dernières données disponibles de COMTRADE, en 2016, la France reste sur le podium des pays fournisseurs du Bénin, 3ème avec une part de marché de 10,1%, devant la Chine (8,4%) mais derrière la Thaïlande (12,4%) et l’Inde (14,9%). On peut cependant douter de la fiabilité des données, tant le décalage est manifeste entre les données miroirs des ventes chinoises, largement minorées dans les statistiques du Bénin.

 

Echanges bilatéraux France Bénin en 2017


[i] Récession nigériane en 2016 (-1,6%) et légère reprise de la croissance en 2017 (0,8%). Les services du FMI projettent un taux de 2,1% pour 2018, qui se situerait autour de 2% jusqu’en 2023 (contre une moyenne de 6,5% de croissance sur la période 2005-2015).

 

[ii] 20% du PIB béninois est alimenté par le commerce de réexportation à destination du voisin nigérian.

La demande de réexportation nigériane est fonction de plusieurs variables :

- Degré de protectionnisme du Nigéria (montant des droits de douane et autres droits indirects)

- Cours Naïra/FCFA, lui-même dépendant de la conjoncture économique

- Degré de protectionnisme du Bénin

- Facilités administratives du Port Autonome de Cotonou

 

[iii] Les importations sont recensées d’après leur valeur en douane sur la base des factures CAF (Coût, Assurance, Fret) : au prix du produit lui-même sont ajoutés les frais de transport et d’assurance nécessaires à son acheminement sur le territoire.

 

[iv] Les autorités béninoises avaient décidé d’auto-suspendre, le 15 décembre 2016, l’exportation de l’ananas coloré par traitement à l’éthéphon vers le marché européen. De nouvelles mesures ont été prises pour garantir un meilleur contrôle de la qualité du produit à l’export, à travers l’Agence Béninoise de Sécurité Sanitaire des Aliments (ABSSA) et le Laboratoire Central de Sécurité Sanitaire des Aliments (LCSSA). En date du 2 août 2017, par décision du Conseil des Ministres, l’exportation de l’ananas coloré a pu reprendre. Environ 2% de ce produit sont exportés vers le marché européen contre 40% d’exportation au Nigéria et 35% en consommation locale.

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