Conjoncture

Dépourvu de ressources minières, le Bénin (11,4 millions d’habitants sur 114 760 km2) appartient au groupe des pays les moins avancés, avec un PIB/hab. de 833 USD courants en 2017. Pays membre de la Zone franc, le Bénin représente un peu moins de 10% du PIB de l’UEMOA.Sa position géographique en fait le débouché naturel pour le Niger, le Burkina Faso et plus marginalement le Mali qui vient ainsi de décider d'exporter une partie de son coton par le port de Cotonou . Le commerce avec le Nigéria, le coton et l'anarcarde constituent des points saillants de l'activité économique du pays.

Le Bénin est classé 153ème sur 190 économies dans le rapport Doing Business 2018, perdant deux places mais avec un score global en très légère hausse  (51,42 contre 51,29 un an aupravant).  La création d'entreprise (90,6), l'obtention d'un permis de construire (73,95) et le commerce transfrontalier (68,94) sont les points forts du pays. L'obtention des prêts (30), le raccordement à l'électricité (33,84), l'exécution des contrats (37,27) demeurent les principaux points faibles.

Le secteur primaire représenterait 23% du PIB en 2017. 20% seulement des terres arables sont exploitées. Le coton est la principale recette d’exportation assurant 23,5%, en valeur, des exportations en 2017, chiffre qui pourrait dépasser les 33% en 2018 alors que la campagne cotonnière 2017/2018 a atteint un nouveau record de production (600 000 T de coton graine en hausse de 32% en un an).

Le secteur secondaire représenterait 22% du PIB. Les principaux secteurs industriels, outre le BTP, sont l’agroalimentaire (boissons) et la cimenterie. Le Bénin cherche à développer ses ressources minières et d’hydrocarbures, mais les recherches menées au large des côtes du Bénin sont pour l’instant restées infructueuses. Par ailleurs, après avoir réalisé une couverture aéroportée du territoire qui a identifié des zones à potentialités minières (or, fer, uranium, étain au Nord), les autorités doivent conduire des études terrestres avant de commencer à attribuer des permis d’exploitation.

Le secteur tertiaire, directement et indirectement lié à l’activité portuaire, représente officiellement 55% du PIB et bien plus en tenant compte du secteur informel de réexportation vers les pays limitrophes, en premier lieu le Nigéria, valant au Bénin le qualificatif  d’« Etat entrepôt ». L’activité de réexportation formelle et informelle aurait dû être progressivement affectée depuis la mise en place en janvier 2015 d’un tarif extérieur commun (TEC) au sein de la CEDEAO, mais le maintien de la politique protectionniste du Nigéria sur certaines catégories de marchandises continue d’alimenter ce vaste commerce volatil et cyclique, dépendant  largement de la santé économique de ce grand voisin et des évolutions de la réglementation nigériane.

En 2018, l’économie béninoise poursuit son redressement après la décélération enregistrée en 2015 suite aux effets de contagion de la crise nigériane, avec une croissance estimée à 6,5%, largement portée par la bonne tenue de l'activité agricole et l'investissement public (environ 8,2% du PIB attendu en 2018). En revanche, les activités liées à la consommation courante connaissent une évolution contrastée, souvent, sans avoir retrouvée le niveau de 2015.

 Il est important de noter que la croissance économique au Bénin n’est pas inclusive : entre 2011-2015, alors que le Bénin a connu une croissance économique moyenne de 5,2%, la proportion d’individus vivant sous le seuil de pauvreté s’est accrue, passant de 36,2 % à 40%. Le taux d’inflation reste structurellement faible et se situe, en moyenne annuelle, à 0,10% en 2017 et probablement 1% en 2018, bien en deçà de la limite des 3% prescrite par les critères de convergence de la zone UEMOA.

Concernant la dette publique, l’atteinte en 2003 du point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE) et la mise en œuvre pour le Bénin en 2005 de l’initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM) ont permis au pays de bénéficier d’une réduction très significative de sa dette extérieure. Entre fin 2002 et fin 2006, elle est ainsi passée de 43% à 11% du PIB. Depuis, la tendance s’est inversée et le FMI a reclassé le risque de surendettement du pays de faible à modéré. Au 30 juin 2018, la dette publique béninoise s’élève à 3072,4 Mds XOF -4,7 Mds€-  dont 58,5% de dette interne et 41,5% de dette externe.  Une première opération de reprofilage portant sur 171 Mds XOF est intervenue en novembre 2018. Elle a substitué des emprunts extérieurs plus longs et moins onéreux à des prêts internes, conduisant à un rééquilibrage de la composition de la dette publique qui atteindra globalement 56,8% du PIB fin 2018 avant d’amorcer sa décrue dès 2019.

Selon les statistiques 2017 publiées par le Comité d’Aide au Développement de l’OCDE, les principaux bailleurs de fonds bilatéraux en termes d’APD sont les Etats-Unis (57,4 MUSD), les Pays-Bas (29,7 MUSD), la France (27,5 MSUD), la Suisse (24,3 MUSD) et la Belgique (19,7 MUSD).

Le Bénin a bénéficié en 2006 d’un premier Compact du Millenium Challenge Account des Etats-Unis, arrivé à son terme en 2011. Il a été déclaré éligible pour un deuxième Compact en 2015, entré en vigueur le 22 juin 2017 pour un montant de 403 MUSD (incluant 28 MUSD de contribution locale), et axé sur la production et l’accès à l’énergie.

Un accord triennal pour le Bénin d’une valeur de 151 MUSD (90 % du quota) a été approuvé par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) le 7 avril 2017. Cet accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) a pour objectif de s’attaquer aux besoins prolongés de financement de la balance des paiements du Bénin, ainsi que de réduire les obstacles à une croissance inclusive en créant un espace budgétaire pour l’investissement dans les infrastructures et les dépenses sociales prioritaires.

La mise en œuvre du FEC par le gouvernement béninois en 2017 a été saluée par les services du fonds : tous les critères budgétaires de réalisation ont été atteints, tout comme les repères structurels, reflétant la réelle volonté du gouvernement à assainir durablement ses finances publiques.

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