Conjoncture

Dépourvu de ressources minières, le Bénin (10,6 millions d’habitants) appartient au groupe des pays les moins avancés, avec un PIB/hab. de 833 USD courants en 2017. Pays membre de la Zone franc, le Bénin représente un peu moins de 10% du PIB de l’UEMOA. Il constitue cependant, grâce au port de Cotonou, un centre de transit important pour la desserte commerciale du Niger, du Burkina Faso, et surtout du Nigéria, pour lequel le Bénin est un partenaire privilégié.

Le Bénin est classé 151ème sur 190 économies dans le rapport Doing Business 2017, malgré un score assez élevé en matière d’obtention de permis de construire (46ème), ou de facilité de création d’entreprise (56ème). Il réalise ses plus mauvais scores en termes de raccordement à l’électricité (174ème) et de paiement des taxes et impôts (174ème). Depuis de nombreuses années, les tarifs élevés de l’énergie couplés au manque de fiabilité de l’approvisionnement (coupures régulières) handicapent les entreprises. Cependant, la prise en main rapide de cette problématique par le nouveau gouvernement nommé le 6 avril 2016, ainsi que le lancement de nombreux projets d’investissements dans le secteur (240 MW dans le thermique et 100 MW dans le solaire) devraient améliorer l’accès à l’énergie pour les entreprises à l’horizon 2019.

Le secteur primaire représenterait 25% du PIB en 2017. 20% seulement des terres arables sont exploitées. Le coton est la principale recette d’exportation (23,5% de la valeur des exportations en 2017), avec une production record de 453 000 tonnes de coton graine sur la campagne 2016/2017.

Le secteur secondaire représenterait 23% du PIB. Les principaux secteurs industriels, outre le BTP, sont l’agroalimentaire (boissons) et la cimenterie. Le Bénin cherche à développer ses ressources minières et d’hydrocarbures, mais les recherches menées au large des côtes du Bénin sont pour l’instant restées infructueuses. Par ailleurs, après avoir réalisé une couverture aéroportée du territoire qui a identifié des zones à potentialités minières (or, fer, uranium, étain au Nord), les autorités doivent conduire des études terrestres avant de commencer à attribuer des permis d’exploitation.

Le secteur tertiaire, directement et indirectement lié à l’activité portuaire, représente officiellement 52% du PIB et bien plus en tenant compte du secteur informel de réexportation vers les pays limitrophes, en premier lieu le Nigéria, valant au Bénin le qualificatif  d’« Etat entrepôt ». L’activité de réexportation formelle et informelle aurait dû être progressivement affectée depuis la mise en place en janvier 2015 d’un tarif extérieur commun (TEC) au sein de la CEDEAO, mais le maintien de la politique protectionniste du Nigéria sur certaines catégories de marchandises continue d’alimenter ce vaste commerce.

En 2017, l’économie béninoise poursuit son redressement après la décélération enregistrée en 2015 suite aux effets de contagion de la crise nigériane, avec une croissance estimée à 5,6% contre 2,1% en 2015, grâce notamment au dynamisme des activités commerciales et à l’augmentation de la production cotonnière. La dépense gouvernementale en capital joue également un rôle de catalyseur de la croissance, en augmentation de +3,4 points de PIB de 2016 à 2017, pour s’établir à 9,3% du PIB.

 Il est important de noter que la croissance économique au Bénin n’est pas inclusive : entre 2011-2015, alors que le Bénin a connu une croissance économique moyenne de 5,2%, la proportion d’individus vivant sous le seuil de pauvreté s’est accrue, passant de 36,2 % à 40%. Le taux d’inflation reste structurellement faible et se situe en 2017 à 0,14 % (respectivement -0,8 % en 2016 et 0,3 % en 2015), bien en deçà de la limite des 3% prescrite par les critères de convergence de la zone UEMOA.

Concernant la dette publique, l’atteinte en 2003 du point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE) et la mise en œuvre pour le Bénin en 2005 de l’initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM) ont permis au pays de bénéficier d’une réduction très significative de sa dette extérieure. Entre fin 2002 et fin 2006, elle est ainsi passée de 43% à 11% du PIB.

Le risque de surendettement du Bénin s’est récemment accru, passant de « faible » à « modéré » (DSA septembre 2017), en raison de la trajectoire soutenue d’endettement public de 2015 à 2016 (+7 points de PIB). Au 31 décembre 2017, le ratio de dette publique du Bénin rapporté au PIB s’élevait à 54,6%, encore en forte progression en glissement annuel (+5 points de PIB), mais demeure inférieur au plafond fixé par l’UEMOA (70%). Cette évolution a principalement été tirée par la dette intérieure qui a fortement augmenté au rythme des émissions de titres sur le marché financier régional. Celle-ci est passée de 8,6% du PIB en 2013 à 33,6% en 2017, et représente désormais 60% de l’encours global de la dette béninoise.

Selon les statistiques 2017 publiées par le Comité d’Aide au Développement de l’OCDE, les principaux bailleurs de fonds bilatéraux en termes d’APD sont les Etats-Unis (57,4 MUSD), les Pays-Bas (29,7 MUSD), la France (27,5 MSUD), la Suisse (24,3 M) et la Belgique (19,7 M).

Le Bénin a bénéficié en 2006 d’un premier Compact du Millenium Challenge Account des Etats-Unis, arrivé à son terme en 2011. Il a été déclaré éligible pour un deuxième Compact en 2015, entré en vigueur le 22 juin 2017 pour un montant de 403 MUSD (incluant 28 MUSD de contribution locale), et axé sur la production et l’accès à l’énergie.

Un accord triennal pour le Bénin d’une valeur de 151 MUSD (90 % du quota) a été approuvé par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) le 7 avril 2017. Cet accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) a pour objectif de s’attaquer aux besoins prolongés de financement de la balance des paiements du Bénin, ainsi que de réduire les obstacles à une croissance inclusive en créant un espace budgétaire pour l’investissement dans les infrastructures et les dépenses sociales prioritaires.

La mise en œuvre du FEC par le gouvernement béninois en 2017 a été saluée par les services du fonds : tous les critères budgétaires de réalisation ont été atteints, tout comme les repères structurels, reflétant la réelle volonté du gouvernement à assainir durablement ses finances publiques. Le FMI se montre confiant sur la possibilité de maintenir à fin 2019 la valeur actualisée nette (VAN) de l’endettement public à 50% du PIB et de faire passer le déficit budgétaire, dons compris, sous la barre communautaire des 3% du PIB (déficit de 5,9% PIB pour l’exercice 2017).

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