BURUNDI
Relations économiques bilétarales entre le Burundi et la France
Le partenariat économique bilatéral entre la France et le Burundi s’améliore, porté par les investissements privés et les investissements solidaires et durables de la France. La France, 4e bailleur bilatéral parmi les pays membres de l’OCDE, soutient le développement du pays à travers le groupe AFD, qui finance des projets structurants. La France est également présente à travers ses entreprises, qui se positionnent sur les secteurs de l’électricité et des transports. Les relations commerciales sont limitées, mais les importations françaises en provenance du Burundi enregistrent une forte hausse, tirée par les produits agricoles.
Les investissements solidaires et durables de la France – 4ème bailleur bilatéral – sont structurants au développement du Burundi
Présent au Burundi depuis 1976, le groupe AFD concentre son action au service d’un développement inclusif et résolument tourné vers le renforcement du capital humain et la résilience économique. Selon l’OCDE, le Burundi a reçu 618,9 M USD d’Aide publique au développement (APD) nette en 2024. Les investissements solidaires et durables de la France ont plus que doublés depuis 2015, lui permettant de se placer comme le 4e bailleur bilatéral du Burundi parmi les pays membres de l’OCDE. La France soutient le développement du Burundi à travers un portefeuille d’environ 115 M EUR, représentant 30 projets, principalement mis en œuvre sous forme de subventions. Elle joue un rôle structurant dans l’appui aux secteurs sociaux et au renforcement de la résilience du pays. L’intervention de l’AFD est fortement concentrée sur le secteur de l’éducation et de la formation professionnelle (73 % du portefeuille), ainsi que sur la santé, l’énergie et la gouvernance, contribuant au renforcement des bases de la résilience économique et sociale.
Le Groupe AFD joue un rôle moteur dans l’approche européenne, en mobilisant des financements délégués et en renforçant les partenariats, notamment avec l’Union européenne et le Partenariat Mondial pour l’Education.
L’AFD a participé au financement de projets structurants pour le Burundi, comme par exemple :
- Les projets Twige Neza et PAQABU (46,9 M USD et 68,2 M USD du Partenariat mondial pour l’éducation dont 20,8 M USD géré par l’AFD et 4 M EUR France), visant à améliorer l’accès et la qualité des apprentissages.
- Le projet de réhabilitation et d’extension du réseau d’électricité (10 M EUR, financé par l’AFD), contribuant à améliorer l’accès à l’énergie dans la capitale et à préparer l’extension du réseau vers les zones rurales.
- Le projet de formation professionnelle (9 M EUR), visant à renforcer les compétences et l’employabilité des jeunes.
- Le projet de soutien au développement local (7 M EUR financé par l’UE et 2 M EUR financé par la France) qui vise à renforcer et professionnaliser le monde associatif burundais, renforcer le dialogue avec l’Etat ainsi que la participation citoyenne.
Une présence française ciblée dans un environnement d’investissement encore contraint
La présence française opère dans un environnement d’investissement encore contraint. Le niveau d’Investissements Directs Etrangers (IDE) au Burundi reste modeste, reflétant la taille réduite de l’économie et un environnement des affaires encore peu attractif. Le stock total d’IDE est estimé à 315 M USD selon la CNUCED ce qui représente 6,7 % du PIB. Les investissements étrangers sont principalement orientés vers les secteurs de l’agro-industrie, des télécommunications et de l’énergie. Le niveau d’IDE français au Burundi reste encore limité, mais la France est l’un des seuls pays membres de l’OCDE à investir au Burundi (4,1 M USD en 2024, quatre fois le niveau de 2015).
Des entreprises françaises sont présentes dans le secteur de l’électricité et des transports. Par exemple, Hydroneo, via sa filiale DNG Industrie, développe trois projets de centrales au Burundi : les projets de Mpanda (10 MW, financement AfDB et BII), Kabu23 (16,5 MW) et Ruvubu (16 MW). L’offre française a pu se placer sur le segment de l’amélioration des réseaux de transport et de distribution avec un contrat d’environ 30 M USD remporté par Vinci énergies/Omexon, pour la construction des sous stations connectant les projets Jiji Mulembwe au réseau (subventions Banque africaine de développement (BAD), Banque mondiale, Union européenne). Sogea Satom est présent au Burundi sur financement de la BAD sur un projet de réhabilitation de la route Rumonga-Gitaza.
L’outil du Fonds d’études et d’aide au secteur privé (FASEP) constitue également un levier structurant au Burundi. L’inauguration d’un FASEP porté par l’entreprise Graviwater, qui a permis à plus de 300 000 burundais d’avoir accès à une eau propre et désinfectée, a eu lieu en novembre 2025. Grâce à la technologie « gravikit », qui repose sur un système de désinfection à énergie gravitaire, l’entreprise Graviwater a transformé 33 abductions d’eau potable en abductions d’eau traitée. La continuité du projet est assurée par l’Agence Burundaise de l’Hydraulique et de l’Assainissement en Milieu Rural (AHAMR), dont le personnel a reçu des formations théoriques et pratiques pour pouvoir garantir la maintenance de l’ensemble des installations.
Des échanges commerciaux modestes et en recul, mais structurés autour de flux spécifiques
Les échanges avec le Burundi restent limités. La somme totale des biens échangés s’élevait à 9,6 M EUR en 2025, une baisse de -25,9 % par rapport à 2024. Depuis 2017, ils se sont stabilisés autour de 11 M EUR en moyenne, avec une exception en 2023 (16,8 M EUR). Le solde commercial entre les deux pays est structurellement excédentaire au bénéfice de la France : en 2025, celui-ci s’élevait à 4,2 M EUR (cf. graphique 1).
Les importations françaises depuis le Burundi ont fortement augmenté depuis 2017 (+67,6 %, soit une augmentation annuelle moyenne de +5,9 %). Elles restent relativement stables en 2025 (2,8 M EUR). Elles sont portées par les importations de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture, principalement du café (78,1 % du total, en hausse de +7,1 % par rapport à 2024), des textiles, habillement, cuir et chaussures (11,0 % du total, en hausse de +80,0 %) et des bois, papier et carton (5,4 % du total, en hausse de 127,4 %).
Les exportations françaises se composent principalement de produits à forte valeur ajoutée. Leur composition a fortement changé au cours des 10 dernières années. Jusqu’en 2016, le premier poste d’exportations françaises était les produits pharmaceutiques (39,8 % du total des exportations). En 2025, ces produits ne représentent plus que 7,5 % des exportations totales. Les exportations françaises enregistrent une forte baisse en 2025 (6,9 M EUR, -32,0 % par rapport à 2024). En 2025, les exportations reposent sur :
- Les produits informatiques, électroniques et optiques (16,9 % du total),
- Les machines industrielles et agricoles, machines diverses (15,9 % du total)
- Les produits des industries agroalimentaires (15,8 % du total).