Situation économique et financière

     Éléments structurels sur l’économie

Avec un PIB estimé à 6,9 Md USD en 2025, le Burundi demeure l'une des plus petites économies de la région. Avec 14 millions d'habitants, le PIB par habitant atteint seulement 478,2 USD, plaçant le Burundi parmi les pays les plus pauvres du continent. L'indice de développement humain (IDH) s'élève à 0,439 (2023), plaçant le Burundi au 187ᵉ rang sur 193 pays.

L'économie burundaise est marquée par une forte informalité et un niveau de pauvreté très élevé. Le secteur informel représenterait près de 37 % du PIB et emploierait plus de 90 % de la population active. Malgré un indice de Gini relativement modéré (0,38), près des deux tiers de la population vivent sous le seuil national de pauvreté, avec des disparités importantes entre les zones rurales et urbaines.

L'économie repose principalement sur l'agriculture (près de 40 % du PIB), qui emploie environ 80 % de la population active. Elle est dominée par les cultures vivrières (maïs, manioc, banane) ainsi que par le café et le thé, principales cultures d'exportation. Les services représentent environ 43 % du PIB, principalement le commerce, les télécommunications et les services publics, tandis que l'industrie (environ 17 %) demeure peu développée et concentrée sur l'agroalimentaire, les matériaux de construction et une activité minière, notamment aurifère, encore limitée et informelle.

Les autorités cherchent à diversifier l'économie en misant sur le développement du secteur minier, notamment du nickel, dont le Burundi détiendrait d'importantes réserves, ainsi que de l'or et des terres rares. Ces perspectives demeurent toutefois contraintes par l'enclavement du pays, le déficit d'infrastructures de transport et encore un accès insuffisant à l’énergie.

 

     Conjoncture et finances publiques

Après plusieurs années de croissance atone, le Burundi connaît une amélioration notable de sa conjoncture. La croissance s'est établie à +4,2 % en 2025 (contre +4,1 % en 2024), portée par la forte hausse des cours du café et de l'or, de bonnes récoltes et une amélioration de l'approvisionnement en électricité. L'inflation a fortement ralenti, revenant de +45,5 % en glissement annuel en avril 2025 à +8,6 % en avril 2026, grâce au reflux des prix alimentaires, à l'arrêt du financement monétaire du déficit depuis juillet 2025 et au resserrement de la politique monétaire. Cette amélioration demeure fragile, reposant largement sur des facteurs conjoncturels favorables. Les perspectives restent positives (+3,8 % de croissance en 2026 selon le FMI), mais étroitement conditionnées à la poursuite des réformes structurelles.

Les autorités ont engagé un important effort de consolidation budgétaire, permettant de ramener le déficit public à -3,0 % du PIB en 2025 (contre -4,8 % du PIB en 2024), principalement grâce à une maîtrise des dépenses. La dette publique a reculé à environ 42 % du PIB, mais le FMI continue de classer le Burundi à risque élevé de surendettement, estimant que cette amélioration reflète davantage la forte croissance du PIB nominal que la résorption des vulnérabilités.

La position extérieure demeure le principal facteur de risque : malgré la réduction du déficit courant (-6,1 % du PIB) grâce au dynamisme des exportations de café et d'or, les réserves de change restent limitées (1,6 mois d'importations) et le système de double taux de change continue d'alimenter les pénuries de devises et de carburants, de décourager les investissements et de freiner le rétablissement durable des équilibres extérieurs. Les effets du conflit au Moyen-Orient restent pour l'heure limités, mais pourraient accroître les tensions via la hausse des prix des carburants, des engrais et des coûts d'importation.

La dette publique a diminué à 42 % du PIB fin 2025 (après 53 % en 2024), principalement sous l’effet de la forte croissance du PIB nominal et du reflux de l’inflation. Cette amélioration masque toutefois des vulnérabilités persistantes. Environ 75 % de la dette est domestique, dont une part importante sous forme d’avances à faible taux accordées par la Banque centrale.

La dette extérieure demeure relativement faible (11 % du PIB) et est principalement détenue par des créanciers multilatéraux. Le FMI maintient néanmoins une évaluation de risque élevé de surendettement dans la dernière analyse de la dette (DSA), tant pour la dette extérieure que pour la dette publique globale. Cette appréciation reflète la faiblesse persistante des exportations, les très faibles réserves de change, l’existence d’arriérés extérieurs ainsi que les les risques liés à la mise en œuvre des réformes économiques.

Publié le