Situation économique et financière (décembre 2017)

 

L’économie de Bahreïn présente un profil diversifié, disposant notamment d’un secteur financier développé et de plusieurs complexes industriels

 

L’économie bahreïnienne est l’une des plus diversifiées de la région, le développement de son industrie et des services financiers étant au cœur de ses priorités économiques depuis les années 1970.

 

Les hydrocarbures demeurent néanmoins le premier secteur de l’économie avec une part de 19,3 % du PIB en 2016, la plus basse parmi les économies de la Péninsule arabique, mais un poids encore très élevé dans les recettes budgétaires (78 % dans le budget 2017-2018) et dans les exportations (52 % en 2016). La production pétrolière, qui s’élève à environ 200 000 barils/jour, est principalement réalisée depuis le champ off-shore d’Abou Safaa cédé par l’Arabie saoudite, ainsi que le champ on-shore d’Awali (dont la production avoisine 50 000 barils/jour). Une raffinerie d’une capacité de 260 000 barils/jour est implantée à Sitra. Environ 21 Mds m3 de gaz naturel sont produits chaque année depuis le réservoir de Khuff.

 

Les services financiers constituent le deuxième secteur de l’économie avec une part de 15 % du PIB en 2016. Le secteur bancaire est particulièrement développé (plus d’une centaine de banques) et se démarque comme un centre de la finance islamique. 25 compagnies d’assurance opèrent dans le Royaume, dont onze filiales étrangères et neuf spécialisés dans les instruments financiers islamiques. La Bourse de Bahreïn, qui a commencé à opérer en 1987, affichait une capitalisation de près de 21 Mds $ en août 2017.

 

Le secteur manufacturier du Royaume représente 14,4 % du PIB en 2016. Les complexes industriels les plus importants sont la fonderie d’Aluminium of Bahrain (Alba), la raffinerie de pétrole de Bahrain Petroleum Company (BAPCO) et le complexe pétrochimique de Gulf Petrochemical Industries Co.

 

Le fonds souverain Mumtalakat disposait de 10,3 Mds $ d’actifs fin 2016, principalement investis à long terme (participations dans Gulf Air, Alba, Batelco, Mc Laren, circuit de Bahreïn, aéroport de Bahreïn, BAPCO, etc).

Les nouvelles priorités de la diversification et du développement économique sont le tourisme (12,3 millions de visiteurs en 2016, dont 88 % en provenance d’Arabie saoudite), les TIC et les infrastructures logistiques.

Une croissance de 2,5% est attendue en 2017, soutenue par de grands projets d’investissement


Bahreïn devrait enregistrer une croissance de 2,5 % en 2017, légèrement inférieure à 2016 (3 %) mais sensiblement plus élevée que les autres pays du CCEAG (0,5 % en moyenne). Selon les prévisions du FMI, confirmées par les chiffres de croissance des deux premiers trimestres de 2017 (progression du PIB non pétrolier de 4,4% et 4,3% en glissement annuel), l’activité devrait de nouveau être soutenue par le segment « hors hydrocarbures » de l’économie. Bahreïn bénéficie d’un montant significatif de projets d’investissements (évalués par le Bahrain Economic Development Board à 30 Mds $ à moyen terme), soutenus par le fonds d’assistance financière de 10 Mds $ octroyé par le CCEAG en 2011, ainsi que les montants affectés au développement des infrastructures dans le budget 2017/2018 (1,86 Md $) :

  • la rénovation et l’extension de la fonderie d’Aluminium of Bahrain pour un montant estimé à 3 Mds $ ;
  • l’extension de l’aéroport international de Bahreïn (construction du « Passenger Terminal ») pour un investissement estimé à 1,1 Md $ ;
  • l’expansion de la raffinerie de Sitra, dont la capacité devrait passer de 260 à 360 000 barils/jour pour un investissement évalué à 5 Mds $, et une extension des capacités de stockage du site (100 M $) ;
  • la construction d’un terminal gazier flottant, d’un montant de 400 M $.

 

L’inflation devrait s’établir à 0,9 % en 2017 après 2,8 % en 2016. La remontée ponctuelle de l’inflation observée en 2016 faisait suite à la baisse de subventions publiques : essence, eau et électricité pour les expatriés, etc.

 

Le taux de chômage des Bahreïniens s’élève à 4,3 % en 2016, en hausse par rapport à 2015 (3,5 %). La part des étrangers dans la population active s’établit à 80 % en 2016, mais l’inclusion des Bahreïniens sur le marché du travail a considérablement progressé depuis 10 ans (leur taux de chômage s’élevait à 15 % en 2015). La situation sur le marché du travail est caractérisée par de fortes disparités entre le secteur public (qui emploie plus de personnes et propose des salaires de l’ordre de 70 % plus élevés) et le secteur privé.

Le Royaume affiche des déficits jumeaux significatifs depuis 2015

 

Le solde courant est passé d’un excédent de 4,6 % du PIB en 2014 à un déficit de 4,7 % du PIB en 2016. Cette dégradation rapide a été induite par une baisse des exportations d’hydrocarbures de 50 % en valeur entre 2014 et 2015, alors qu’elles représentaient 62 % des exportations totales du Royaume à la fin de l’année 2014. La hausse tendancielle des remises des travailleurs expatriés vers leurs pays d’origine de l’ordre de 2,4 Mds $ en 2016 pèse aussi négativement sur la balance courante.

                                                                                                                                   

Le déficit public devrait atteindre -13,2 % du PIB en 2017, après avoir atteint -18,4 % du PIB en 2015. Cette amélioration résulte en partie d’une série de mesures de consolidation budgétaire mise en place en 2016 (hausse des taxes sur le tabac et l’alcool, taxes sur les services gouvernementaux, réduction de subventions), mais également d’une baisse de dépenses en capital. L’introduction d’ici début 2019 d’une TVA de 5 % commune à tous les membres du CCEAG devrait être avoir un impact modeste dans un premier temps.

Les autorités parviennent à assurer leurs besoins de financement sur les marchés internationaux au prix de rendements élevés, entraînant une progression soutenue de la dette

 

La dette publique de Bahreïn a doublé entre 2014 (44 % du PIB) et 2017 (90,7 % du PIB projeté selon le FMI) et devrait continuer d’augmenter à un rythme soutenu à moyen terme. Cette détérioration a été sanctionnée par les agences de notation : Bahreïn est le seul pays du CCEAG dont la notation souveraine est classée en catégorie « spéculative » par l’ensemble des agences. Pour autant, le Royaume a émis 4 obligations internationales depuis la dégradation de sa notation en catégorie spéculative par S&P en février 2016, pour un montant total de 6,2 Mds $.

 

La dégradation des déficits jumeaux fait émerger de nouvelles difficultés :

  • Maintien de l’ancrage du dinar bahreïni au dollar conduit par la Banque centrale : les réserves en avoirs extérieurs détenus par la Banque centrale se sont rapidement asséchées, passant de 6,05 Mds $ (soit 3,2 mois d’importations de biens et services) à la fin d’année 2014 à des niveaux particulièrement bas en février 2017 et en août 2017 (entre 0,7 mois et 0,8 mois d’importations de biens et service). Les autorités doivent donc régulièrement transférer une part du produit des émissions souveraines au bilan de la Banque centrale pour reconstituer ces réserves ;
  • Progression rapide du service annuel de la dette publique : les intérêts payés au titre du service de la dette sont passés de 600 M $ en 2014 (soit 1,8 % du PIB) à 960 M $ en 2016 (3 % du PIB). Ils devraient, selon le FMI, atteindre 1,6 Md $ en 2018, soit 4,5 % du PIB.
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