Commerce extérieur et investissements directs étrangers

Suite à une hausse des importations plus élevée que celle des exportations, le déficit commercial des biens s’est aggravé en 2018, ce qui s’explique également par la hausse de la consommation interne. En revanche, lе compte courant était toujours excédentaire (4,6% du PIB), confortant les réserves de change et la crédibilité de l’ancrage du lev à l’euro. L’UE dans son ensemble reste le premier partenaire de la Bulgarie, suivie des pays des Balkans occidentaux. Les investissements étrangers jouent un rôle important dans l’économie bulgare, le stock d’IDE est évalué à 43 Mds EUR fin 2018, soit 78 % du PIB. Il a modestement progressé de +1,1 % après +4,4 % en 2017. En 2018, les flux entrants d’IDE ont diminué de 25 % et atteignent 1,7 Mds EUR. Les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne sont les trois premiers investisseurs en Bulgarie, détenant à eux seuls  34,9 % du stock.

1 - Malgré la hausse du déficit commercial, le compte courant est toujours excédentaire

L’activité commerciale de la Bulgarie a connu une accélération en 2018. Les exportations ont augmenté de 1,2%, s’établissant à 28,2 Mds EUR. Les importations se sont quant à elles accrues de 6,2% pour atteindre 32,2 Mds EUR. En conséquence, le déficit commercial des biens a augmenté, atteignant 3,9 Mds EUR ou 7% du PIB.

Ce déficit s’explique surtout par l’importation d’hydrocarbures, notamment en provenance de Russie (90% du gaz et 75% du pétrole importés par la Bulgarie). Le solde commercial hors énergie étant positif, le pays n’est pas dépendant de l’extérieur pour satisfaire sa demande interne.

Malgré l’accroissement du déficit commercial, le compte courant est toujours excédentaire, s’établissant à 4,6% du PIB, porté en grande partie par l’excédent des services (+6,2% du PIB), notamment dans le tourisme, les télécommunications et l’informatique.

2 - Les échanges extérieurs de la Bulgarie sont dominés par les matières premières et les biens d’investissement

La Bulgarie exporte principalement des matières premières et matériaux, qui représentent 39,7 % des exports (soit 11,2 Mds EUR), incluant notamment les métaux non-ferreux (9,7% du total) et les matières premières pour l’industrie alimentaire (6,9% du total). A noter la présence dans le pays de grandes entreprises exportatrices de matières premières. Les biens d’investissement forment le deuxième poste d’exportation de la Bulgarie, comptant pour 25,2% des ventes totales avec une valeur de 7,1 Mds EUR, se situant pratiquement au même niveau que l’année précédente (7 Mds EUR). Le pays dispose également d’une raffinerie qui exporte près de 50% de sa production. Une grande partie des échanges est composée d’échanges intra-firmes, notamment dans l’industrie automobile. Des  sociétés de renommée mondiale ont choisi la Bulgarie pour y développer une partie de leurs activités. A noter également la présence d’entreprises locales et internationales exportatrices de produits alimentaires.

Parallèlement, les importations bulgares sont dominées par les matières premières, qui comptent pour 36,8% du total (11,8 Mds EUR). Au second rang se trouvent les biens d’investissement, dont les imports s’élèvent à 8,6 Mds EUR, représentant 26,6% du total, dont 2,8 Mds EUR pour les machines et appareils. Les importations de gaz et pétrole, principalement originaires de Russie, demeurent en 2018 le premier groupe de produits importé, avec plus de 10% du total des importations en valeur.

3- L’UE demeure le premier partenaire commercial de la Bulgarie

L’UE reste la première destination des exportations bulgares, en absorbant 68,2%, proportion en légère hausse par rapport à 2017. Les exportations vers l’Allemagne (1er rang en 2017 et 2018) ont augmenté de 16,2% en ga. La France est le 6ème client de la Bulgarie en 2018, important 4% de ses exportations, contre 3,9% en 2017. Les pays des Balkans occidentaux arrivent en deuxième position, avec 11,8% des exportations bulgares qui leur sont destinées. Les exportations vers la Turquie ont baissé de 12,9% en ga (2ème pays client en 2017 et 4ème en 2018). Celles vers la Chine se sont accrues de 10% (10ème pays client en 2017 et 9ème en 2018). Les exportations vers la Russie (9ème pays client en 2017) ont baissé de 48,5% en 2018 (19ème).

L’UE est à l’origine de 51,1% des importations bulgares, une part identique à celle en 2017. L’Allemagne occupe également la première place des fournisseurs de la Bulgarie, avec une part de marché de 11,2% (+8% en ga). La France, elle, demeure en 2018 le 9ème fournisseur de la Bulgarie, avec une légère progression de 1,7% en ga.

Là aussi, les pays des Balkans occidentaux arrivent en deuxième position avec 9,5% des importations contre 9,6% en 2017.  Les importations en provenance de Russie sont restées pratiquement au même niveau (+0,5% en ga) (2ème pays fournisseur en 2017 et 2018). Les achats en provenance de Chine se sont accrus de 14,4% en ga (3ème pays fournisseur en 2017 et 2018) et ceux de Turquie de 7,5% (5ème pays fournisseur en 2017 et 2018).

 4- Les firmes étrangères occupent une place significative dans l’activité économique en Bulgarie

Les investissements étrangers en Bulgarie sont importants, le stock total d’IDE cumulé en Bulgarie fin 2018 s’élève à 43 Mds EUR selon la BNB[1], soit 78 % du PIB. La Bulgarie a bénéficié d’importants investissements avant la crise de 2008, le stock d’IDE ayant quadruplé entre 2004 et 2008 mais n’augmente que modestement depuis. Fin 2018, les principaux investisseurs en termes de stock d’IDE sont les Pays-Bas (1er avec 18,1 % du stock d’IDE), l’Autriche (2ème avec 9,4 %), l’Allemagne (3ème avec 7,3 %), l’Italie (4ème avec 5,9 %) et le Royaume Uni (5ème avec 5,5 %). A noter que les IDE chinois restent très faibles (0,2 % du stock avec à peine plus de 105 M EUR), tout comme les IDE russes (4,9 %), bien que certains de ces investissements sont susceptibles de passer par d’autres pays[2], notamment les Pays-Bas, le Royaume-Uni et Chypre.

Le stock d’IDE se répartit, fin 2018, entre les secteurs suivants : l’immobilier (23,2 % du stock, stable), l’industrie manufacturière (18,6 %, en hausse de 1,3 pp), les activités financières et d’assurance (17,7 %, +1 pp) suivis par le commerce à hauteur de 13,5 %.  Lukoil (société russe dont la holding se trouve aux Pays Bas), Aurubis (producteur de cuivre, Allemagne), AES Maritza Est I (Etats-Unis) et ContourGlobal Maritza Est III (Etats-Unis) sont parmi les plus grandes sociétés étrangères implantées en Bulgarie. A noter que les banques étrangères détiennent 77,5 % des actifs bancaires début 2019.

En 2018, les flux entrants d’IDE se sont élevés à 1,7 Mds EUR, soit 3,1 % du PIB. Les principaux investisseurs en termes de flux ont été les Pays Bas (1,2 Mds EUR), la Hongrie (590 M EUR), l’Allemagne (185 M EUR), suivis de la Norvège, de la Belgique et de la France (46 M EUR). A noter que la Suisse a désinvesti en Bulgarie en 2018 (- 101 M EUR), tout comme la Tchéquie (- 90 M EUR) et le Royaume-Uni (- 85 M EUR). Les secteurs ayant attiré le plus d’IDE ont été l’industrie manufacturière (73,5 % des flux) et les activités financières (33,5 %) alors que le secteur de l’immobilier a été désinvesti de 8,5 %.



[1] Bulgarian National Bank, la banque centrale Bulgare

[2] La Banque centrale de Bulgarie utilise la méthode de l’investissement direct et non ultime, ce qui conduit à sous-estimer la part de la Russie (7ème investisseur avec 5% du stock d’IDE) en faveur de pays « plateforme d’investissements » comme les Pays-Bas (1er investisseur avec 18%).

 ANNEXES

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