Commerce extérieur et IDE en Bulgarie en 2020

En 2020, la baisse des importations (-9,1 % du PIB) plus importante que celle des exportations (-6,5 %) a induit une baisse du déficit commercial qui s’établit à -1,8 Md EUR (-3,1 % du PIB). Pour la première fois depuis 2016, le compte courant est déficitaire s’établissant -400 M EUR (‑0,7 % du PIB). La Bulgarie exporte principalement des matières premières qui représentaient, en 2020, 41,6 % des exportations (soit 11,6 Mds EUR). L’UE dans son ensemble et surtout l’Allemagne reste le premier partenaire de la Bulgarie. Le stock d’IDE a progressé de +3,7 % en 2020 pour s’établir à 48,7 Mds EUR, soit 80,4 % du PIB. Les Pays-Bas, l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et la Suisse sont les principaux investisseurs directs en Bulgarie détenant 42,7 % du stock d’IDE.

1 - Un compte courant qui devient déficitaire malgré une réduction du déficit commercial

En 2020, le solde commercial était négatif atteignant -1,9 Md EUR (-3,1 % du PIB) contre-3,4 Mds EUR en 2019 (-5,7% du PIB), en raison d’une diminution plus importante des exportations (-6,5 %, s’établissant à 27,2 Mds EUR) que des importations (-9,1 % à 29,1 Mds EUR).

Pour la première fois depuis 2015, le compte courant est déficitaire s’établissant -400 M EUR soit -0,7 % du PIB contre +1,2 Md EUR soit +1,8 % du PIB en 2019. Ceci s’explique principalement par une baisse de l’excédent des services qui s’élevait à 8,0 % du PIB en 2019 contre 4,9 % du PIB en 2020 et du tourisme passant de 3,6 % à 0,8 %.

2 - Les échanges extérieurs de la Bulgarie principalement composés de matières premières

 A) La structure des exportations est restée stable

La Bulgarie est dotée d’un indice de complexité[1] économique assez faible (0,61).

La Bulgarie exporte principalement des matières premières qui ont représenté, en 2020, 41,6 % des exportations (11,6 Mds EUR) sensiblement au même niveau qu’en 2019. Elles comprennent notamment des métaux non-ferreux (9,1% du total des exportations soit 2,5 Mds EUR)[2], des matières premières pour l’industrie alimentaire (8,1 % soit 2,2 Mds EUR) et des matières plastiques et caoutchouc (4,2% soit 1,2 Md EUR).

Les biens de consommation ont été le 2ème poste d’exportation de la Bulgarie, représentant 27,3 % (7,6 Mds EUR) du total des exportations et se situant pratiquement au même niveau que l’année précédente. Le pays a exporté des aliments (6,7 % des exportations totales soit 7,6 Mds EUR), des vêtements et chaussures (4,9 % soit 1,4 Md EUR) ainsi que des médicaments et des produits cosmétiques (4,8 % soit 1,3 Md EUR).

Les biens d’investissement, en baisse de -5,2 %, ont été le 3ème poste d’exportation (24,7% des ventes, soit 6,9 Mds EUR). Ils incluent les machines et appareils (6,2% soit 1,7 Md EUR), les pièces de rechange et équipements (6,2% soit 1,7 Md EUR) et les machines électriques (4,0 % soit 1,1 Md EUR). Une grande partie des échanges sont issus des échanges intra-groupes de l’industrie automobile.

B) La part des produits énergétiques ont baissé significativement dans les importations

Les importations bulgares ont principalement été composées de matières premières, qui comptent pour 37,8 % du total (11,6 Mds EUR). Parmi celles-ci la Bulgarie a importé des minerais (6,1 % des achats totaux soit 1,9 Md EUR), des matières plastiques et caoutchouc (5,7 % soit 1,7 Md EUR) et des matières premières pour l’industrie alimentaire (3,5 % soit 1,1 Md EUR).

Les biens d’investissement ont formé le 2ème poste d’importation, s’élevant à 8,4 Mds EUR, soit 27,3 % du total des achats, et en baisse de -7,7 % par rapport à 2019. Ils comprenaient notamment les machines et appareils (2,7 Mds EUR soit 8,8 %), les pièces de rechange et équipements (5,3 % soit 1,6 Md EUR) et les machines électriques (4,4 % soit 1,4 Md EUR).

Au 3ème poste, ont figuré les biens de consommations représentant 24,6 % des importations totales (7,6 Md EUR), parmi lesquelles les produits alimentaires, les boissons et le tabac (8,4 % soit 2,6 Mds EUR), les médicaments et produits cosmétiques (5,2 % soit 1,6 Md EUR), les meubles et appareils ménagers (3,3 % soit 1,0 Md EUR).

Alors qu’en 2019 les importations de produits énergétiques, principalement originaires de Russie, représentaient environ 15 % du total des importations en valeur, ils ne représentaient plus que 9,6 % en 2020 enregistrant une baisse de -44,5 % des importations de carburant et de -49,2 % des importations pétrole brut et gaz naturel.

3- L’UE demeure le premier partenaire commercial de la Bulgarie

L’UE est restée la première destination des exportations bulgares en 2019, en absorbant 65,5 % (18,3 Mds EUR), proportion en légère baisse par rapport à 2019. Les exportations vers l’Allemagne (1er rang en 2019 et 2020) ont augmenté de +1,7 % en g.a. pour atteindre 4,5 Mds EUR, soit 16,0% du total des exportations. En 2ème position on retrouve la Roumanie (2,5 Mds EUR, soit 9,1 % du total des exportations), suivie de l’Italie (1,9 Mds EUR, soit 6,9 %). La Grèce se retrouve cette année à la 4ème position (1,9 Mds EUR soit 6,7 Mds EUR), en raison d’une diminution de -17,0 % en g.a. des exportations vers la Turquie (4ème destination d’exportation en 2019 et 5ème en 2020 avec 1,8 Md EUR soit 6,4 %).  En 2020, la France reste le 6ème client de la Bulgarie absorbant 3,8 % de ses exportations soit 1,0 Md EUR en 2020.

Les Etats membres de l’UE ont été les premiers fournisseurs de la Bulgarie en 2020, avec 60,8 % de ses importations (18,7 Mds EUR), une part similaire à celle en 2019 (61,0 %). Le 1er fournisseur du pays a été l’Allemagne avec 3,7 Mds EUR (12,1 % des achats). La Roumanie a été le 2ème fournisseur de la Bulgarie comptant pour 7,3 % des importations bulgares soit 2,3 Mds EUR, suivie de la Turquie (2,2 Mds EUR soit 7,1 %) et de l’Italie (2,2 Mds EUR soit 7,1 %). La Russie, alors qu’elle était le 2ème fournisseur de la Bulgarie en 2019, se place désormais au 5ème rang. La France est le 11ème fournisseur de la Bulgarie avec 869 M EUR (2,9% des achats).

 4- La hausse du stock d’IDE se poursuit en 2020

La Loi de promotion des investissements[3] régule les conditions et les procédures d’investissement dans le pays. Les projets d’importance, titulaires de certificats délivrés par l’Agence pour les investissements (organisation gouvernementale rattachée au ministère de l’Economie), bénéficient du soutien prioritaire de l’Etat. La compagnie nationale « Zones industrielles », créée en 2009 pour améliorer le climat de l’investissement en Bulgarie et faciliter la réalisation des projets, gère actuellement sept zones industrielles : Sofia, Bourgas, Vidin, Roussé, Svilengrad, Varna, et Stara-Zagora (trois autres sont en développement[4]).

Selon la Banque centrale de Bulgarie, le stock d’IDE a progressé de +3,7 % en 2020, en léger ralentissement par rapport à 2019 (+6,6 %). Le stock d’IDE s’établit à 48,7 Mds EUR, soit 80,4 % du PIB. Les Pays-Bas sont le premier investisseur direct[5] en Bulgarie, avec 14,6 % du stock d’IDE. L’Autriche figure au  2ème rang, avec 9,5 % du stock, suivis par l’Allemagne (7,4 %). A la 4ème place, se situe l’Italie, avec 5,8 % du stock d’IDE suivi de la Suisse (5,4 %). La France est le 13ème investisseur en Bulgarie avec 2,6 % du stock d’IDE.

Les principaux secteurs récipiendaires d’IDE sont l’immobilier (22,3 % du stock d’IDE en 2020), l’industrie manufacturière (18,1 %), les activités financières et d’assurance (18,0 %), les activités du commerce et de la réparation automobile (15,5 %) et la distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné (6,0 %).

En 2020, les flux nets d’IDE se sont élevés à 2,1 Mds EUR, soit 3,5 % du PIB, et ont ainsi largement couvert le déficit le courant (-0,7 % du PIB).



[1] Il s’agit ici d’un indicateur synthétique, établi par l’Observatoire de la complexité économique, qui encapsule la diversité et le niveau de sophistication des capacités productives telles qu’elles ressortent des exportations de biens d’un pays.

[2] Le producteur de cuivre Aurubis Bulgaria OOD par exemple figure parmi les exportateurs les plus importants du pays et son bénéfice net en 2018 était de 103,5 M EUR selon le classement de Seenews.

[3] https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/BG/loi-de-promotion-des-investissements

[5] Les statistiques sur les IDE des banques centrales sont fondées sur la méthodologie de l’« investissement direct » et non « ultime » (origine ultime de l’investisseur), minorant ainsi la présence réelle de certains pays d’origine, dont la Chine.

 

 ANNEXES

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