Commerce extérieur et investissements directs étrangers

La Bulgarie est dotée d’un indice de complexité économique encore assez faible (0,35[1]). Suite à une hausse des exportations de biens similaire à celle des importations, le solde commercial en 2019 (-3,4 Mds EUR) est resté pratiquement au même niveau qu’en 2018. En revanche, lе compte courant était toujours excédentaire (4% du PIB[2]), confortant les réserves de change et la crédibilité de l’ancrage du lev à l’euro. L’UE dans son ensemble et surtout l’Allemagne restent le premier partenaire de la Bulgarie. Les investissements étrangers jouent un rôle important dans l’économie bulgare, le stock d’IDE est évalué à 46,2 Md EUR fin 2019, soit 76,1 % du PIB. En 2019, les flux d’IDE ont augmenté de 6,3 % en ga et atteignent 1,09 Md EUR  (1,8 % du PIB). Les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne sont les trois premiers pays d’origine directe des investissements en Bulgarie, détenant à eux seuls 34,5 % du stock.

1 - Malgré la hausse du déficit commercial, le compte courant est toujours excédentaire

L’activité commerciale de la Bulgarie a connu une accélération en 2019. Les exportations de biens ont augmenté de +4,2 %, s’établissant à 29,9 Mds EUR. Les importations se sont quant à elles accrues de +3,6 % pour atteindre 33,3 Mds EUR. Le solde commercial est resté pratiquement au même niveau, atteignant -3,4 Mds EUR ou -5,7 % du PIB.

Ce solde négatif s’explique entre autres par l’importation d’hydrocarbures, notamment en provenance de Russie. Le solde commercial hors énergie demeure néanmoins aussi négatif -1,6 Md EUR, soit -2,7 % du PIB.

Le compte courant est excédentaire, s’établissant à 4% du PIB, porté surtout par l’excédent des services (+6,2 % du PIB), notamment dans le tourisme (+3,7 % du PIB)[3].

2 - Les échanges extérieurs de la Bulgarie sont dominés par les matières premières et les biens d’investissement

Les exportations bulgares se caractérisent par une valeur ajoutée relativement faible. En 2018, l’indice de complexité en Bulgarie était de 0,55 pour la production de biens en Bulgarie (41ème pays sur 133). L’indice de complexité économique permet d’estimer le niveau de sophistication de la production d’une économie au vue de la diversité des biens produits et de leur degré de différenciation avec les productions de pays tiers.

La Bulgarie exporte principalement des matières premières et matériaux, qui représentent, en 2019, 39,1 % des exports (soit 11,7 Mds EUR), incluant notamment des matières premières pour l’industrie alimentaire (7,8% du total) et des métaux non-ferreux (7,8% du total). Les biens de consommation forment le deuxième poste d’exportation de la Bulgarie, comptant pour 25,4 % des ventes totales avec une valeur de 7,6 Mds EUR, se situant pratiquement au même niveau que l’année précédente (7,2 Mds EUR). Le pays exporte des aliments (6 % des ventes totales) ainsi que des vêtements et chaussures (5,4 % des exportations). Les biens d’investissement sont le troisième poste d’exportation (24,3% des ventes, soit 7,3 Mds EUR) et inclue les machines et appareils (6,2%) ainsi que les pièces de rechange et équipements (6,2%).

Parallèlement, les importations bulgares sont dominées par les matières premières, qui comptent pour 34,6% du total (11,5 Mds EUR). Les plastiques et caoutchouc constituent 5,5% des achats totaux. Au second rang se trouvent les biens d’investissement, dont les imports s’élèvent à 9 Mds EUR, représentant 26,9% du total, dont 2,9 Mds EUR pour les machines et appareils, soit 8,6% des importations totales.

Le degré d’ouverture, mesuré par la somme des exportations et des importations de biens, rapportée au PIB, est de 104,1% en 2019.

3- L’UE demeure le premier partenaire commercial de la Bulgarie

L’UE reste la première destination des exportations bulgares en 2019, en absorbant 66,4 %, proportion en légère baisse par rapport à 2018. Les exportations vers l’Allemagne (1er rang en 2018 et 2019) ont augmenté de +5,5 % en ga à 4,4 Mds EUR, soit 7,3 % du PIB, suivies de celles vers la Roumanie (2,6 Mds EUR, soit 4,3 % du PIB) et vers l’Italie (2,2 Mds EUR, soit 3,6 % du PIB). La France est le 6ème client de la Bulgarie en 2019, important 3,8 % de ses exportations, soit 1,1 Md EUR, contre 3,9 % en 2018. Les exportations vers la Turquie ont baissé de -3,1 % en ga (4ème pays client en 2018 et en 2019). Celles vers la Chine se sont accrues de +6,8 % (9ème pays client en 2018 et 8ème en 2019). Les exportations vers la Russie (17ème pays client en 2019) ont augmenté de +28,1 % par rapport à l’année précédente (19ème). Les exportations bulgares à destination des pays des Balkans Occidentaux représentent 4,4 % des exportations totales.

Les Etats membres de l’UE sont les premiers fournisseurs de la Bulgarie en 2019, avec 51,6 % de ses importations (17,2 Mds EUR), une part similaire à celle en 2018 (51,1%). Le premier fournisseur du pays est l’Allemagne avec 3,6 Mds EUR (10,9 % des achats). La France est le 9ème fournisseur de la Bulgarie avec 997,6 M EUR (3% des achats).

Les pays tiers à l’UE occupent une place importante dans les importations bulgares avec des parts similaires à celles en 2018. La Russie se place au 2ème rang des fournisseurs de la Bulgarie (3,1 Mds EUR et 9,3% des achats), sachant que la Bulgarie importe plus de 95 % de ses besoins en gaz de Russie. La Chine est en 3ème place avec 2,8 Mds EUR et 8,4% des importations. La Turquie (2,2 Mds EUR et 6,6% des achats) se positionne en 5ème place.

Les importations bulgares en provenance des pays des Balkans Occidentaux s’élèvent à 1 Md EUR, soit seulement 3% des achats, contre 3,2% en 2018.

 4- Les firmes étrangères occupent une place significative dans l’activité économique en Bulgarie

Le stock total d’IDE cumulé en Bulgarie jusqu’en 2018 s’élève à 46,2 Md EUR selon la BNB, soit 76,1 % du PIB. La Bulgarie a bénéficié d’importants investissements avant la crise de 2008 ; le stock d’IDE a quadruplé entre 2004 et 2008, mais n’augmente que modestement depuis. Fin 2019, les principaux investisseurs en termes de stock d’IDE sont les Pays-Bas (1er avec 18,6 % de stock d’IDE), l’Autriche (2ème avec 8,9 %), l’Allemagne (3ème avec 7,0 %), l’Italie (4ème avec 5,8 %) et le Royaume uni (5ème avec 5,5 %)[6].

Le stock d’IDE se répartit, fin 2019, entre les secteurs suivants : l’immobilier (23,1 % du stock), l’industrie manufacturière (18,2 %), les activités financières et d’assurance (17,6 %) suivis par le commerce à hauteur de 15,3 %.

En 2019, les flux d’IDE se sont élevés à 1,09 Md EUR, soit 1,8 % du PIB. Les principaux investisseurs en termes de flux ont été le Royaume-Uni, les Pays Bas, l’Allemagne, la Russie et l’Autriche. Les secteurs ayant attiré le plus d’IDE ont été le commerce, l’immobilier et l’industrie manufacturière.


[1] Il s’agit ici d’un indicateur synthétique, établi par l’Observatoire de la complexité économique, qui encapsule la diversité et le niveau de sophistication des capacités productives telles qu’elles ressortent des exportations de biens d’un pays. Par comparaison, en 2018 (dernières données disponibles), l’indice de complexité économique de la Roumanie était de 1,09 (25ème pays) et de la Croatie de 0,87 (30ème pays).

[4] Classement de Seenews.

[5] Le pays dispose également d’une raffinerie Lukoil à Bourgas qui exporte une grande partie de sa production.

[6] Les données ont été compilées selon la méthode de l’investissement direct (et non ultime), dans le respect des exigences méthodologiques de la 6ème édition du Manuel de la balance des paiements et de la position extérieure globale du FMI.

 ANNEXES

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Source : BNB

Principaux investisseurs en termes de stock d'IDE fin 2019 :

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Source : BNB

Répartition sectorielle du stock d'IDE à fin 2019 en % du stock total :

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Source : BNB

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