Indicateurs et conjoncture

Les données présentées ici sont antérieures à mars 2020 et ne prennent pas en compte l’ensemble des mesures et impacts économiques engendrés par la pandémie de Covid-19.

La Bulgarie (PIB de 59,1 Mds € en 2019 pour 7,0 M d’hab.) enregistre une croissance  moyenne de +3,6 % depuis 2015, qui s’est établie à +3,7 % en 2019, tirée par la demande interne. Avec un PIB/hab. PPA de 50 % de la moyenne de l’UE, la Bulgarie doit, par des réformes structurelles au service de la  cohésion sociale et territoriale, stimuler sa croissance afin d’accélérer le rythme de sa convergence avec l’Union européenne (UE). La cohérence du policy mix –stabilité monétaire (régime de caisse d’émission) et équilibre des finances publiques- offre un cadre macroéconomique favorable. Le pays connait le plein emploi avec un taux de chômage de 4,2 % (contre 4,7% en 2018), l’inflation se situant à +2,5% en territoire positif. Dans le cadre de la préparation de sa candidature au Mécanisme de Change Européen (MCE II) et à l’Union bancaire, la Bulgarie a demandé une coopération étroite avec la BCE. Celle-ci a procédé à une évaluation du secteur bancaire (examen des actifs et stress tests de six banques), à l’issue de laquelle la BCE a estimé que deux banques locales doivent mettre en oeuvre des plans de recapitalisation.

1/ La Bulgarie présente une bonne capacité de résilience aux chocs externes.

En dépit d’une forte demande interne, le solde courant se maintient en excédent depuis 2013 et a représenté 9,7 % du PIB en 2019 selon la Banque Nationale Bulgare (BNB). Le solde commercial des biens s’est situé quasiment à l’équilibre (-0,2 % du PIB) et la balance des services enregistré un excédent (6,6 % du PIB) grâce aux revenus des transports terrestres et du tourisme.

L’endettement externe de la Bulgarie est passé de 108,4 % à 55,8 % du PIB de 2007 à 2019, composé à près de 80 % d’endettement du secteur privé. Les avoirs en réserves de la Banque centrale représentent 8,7 mois d’importations.

2/ Les équilibres internes sont maîtrisés.

La situation des finances publiques de la Bulgarie est très solide, avec un endettement public limité à 21,1 % du PIB en 2019 et en deçà de 20 % en prévision pour 2020. Le solde public n’a été en déficit en 2019 (-2,0 % du PIB) qu’en raison d’achat exceptionnel de matériel militaire (F16). La loi de finances pour 2020 prévoit un équilibre budgétaire, en se fondant sur un scénario de croissance de 3,3 %, une inflation de +2,1 % et un taux de chômage à 4,1 % : à relever, parmi les mesures nouvelles, des hausses salariales de +10 % pour les fonctionnaires, de +17 % pour les enseignants et une augmentation du salaire minimum de +9 % (à 312 euro mensuel).

Pour mémoire, les fonds UE s’élèvent, hors aides agricoles directes, à un total de 10,2 Mds € sur la période 2014-2020. Quant aux aides agricoles directes (5,3 Mds €), elles représentent annuellement 1,5 % du PIB.

Afin d’améliorer la réalisation des investissements publics programmés, la Bulgarie coopère avec la Banque Mondiale dans le cadre d’un programme d’optimisation de la dépense publique. Avec un niveau de recettes limité à 29,9 % du PIB (contre 40,3 % en moyenne au sein de l’UE), un impôt non progressif de 10 % sur les revenus (entreprises, ménages), le pays dispose néanmoins d’une marge de manœuvre budgétaire pour augmenter ses dépenses publiques d’investissement, par exemple dans la R&D (0,21 % du PIB en 2018).

3/ La Bulgarie a pris des engagements de réformes auprès de l’Euro-groupe.

Dans le cadre de la préparation de la candidature de la Bulgarie à l’Union Bancaire, la Banque Centrale Européenne (BCE) a procédé à une évaluation du secteur bancaire bulgare (examen des actifs et stress tests de six banques), à l’issue de laquelle la BCE a estimé que deux banques locales doivent mettre en œuvre des plans de recapitalisation. Une fois ces plans mis en œuvre, la BCE réévaluera alors l’état du secteur bancaire.

Dans le cadre de la préparation de sa candidature au Mécanisme de Change Européen (MCE II), la Bulgarie a, outre le renforcement de sa supervision bancaire et de son cadre macro-prudentiel (d’ores et déjà mis en place par la Banque Nationale de Bulgarie), pris aussi plusieurs engagements fondamentaux pour sa stabilité financière et pour l’accélération de la convergence dans les domaines suivants :

  • amélioration de la supervision du système financier non bancaire et adoption des normes Solvency II (assurances) ;
  • transposition complète des  4ème et 5ème directives communautaires de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, majeure pour combattre la corruption[1] de haut niveau ;
  • établissement d’une feuille de route approfondie pour la résolution des faillites, incluant le renforcement des procédures judiciaires : une proposition législative est attendue d’ici juin 2020, sachant que le niveau encore élevé (11,1 %) des NPL des entreprises non financières se situait à 11,1 % fin 2019 (contre 15,4 % fin 2018) ;
  • réforme de la gouvernance des entreprises publiques (dont le chiffre d’affaires consolidé représente encore 10% du PIB et 5% de l’emploi) en conformité avec les Principes Directeurs de l’OCDE.

La Commission européenne évaluera la bonne mise en œuvre de ses engagements dans un rapport qu’elle présentera à l’Euro-groupe.

4/ Des réformes structurelles nécessaires pour stimuler la croissance et accélérer la convergence réelle.

La Bulgarie a perdu près de 20 % de sa population en 30 ans, et compte aujourd’hui 7,0 millions d’habitants. Selon les projections des Nations Unies, à paramètres constants, le pays ne comptabiliserait plus que 5,6 millions d’habitants en 2050. Ce déclin démographique majeur, trouve sa cause première dans l’émigration massive des années 1990 qui se poursuit encore aujourd’hui, mais dans une moindre mesure : au cours des 10 dernières années la Bulgarie a vu en moyenne son solde migratoire annuel net s’établir à -5 000 individus. Cette émigration persistante et un faible taux de fécondité (1,7) font perdre chaque année au pays -0,4% de sa population. Si ce phénomène permet de maintenir un niveau de chômage très bas, il génère toutefois un manque de main d’œuvre qualifiée dans nombre de secteurs.

Le PIB/habitant en PPA atteint seulement 50 % de la moyenne UE. A 46 % de la moyenne de l’UE, la productivité du travail reste la plus faible au sein de l’UE et le processus de convergence a nettement décéléré depuis quelques années : 3,5 % de croissance moyenne depuis 2015 contre 6 % de 2000 à 2008. Dans ce contexte, des réformes structurelles doivent être menées pour accélérer le rythme de la convergence réelle et augmenter le niveau de la croissance potentielle : actuellement de +3,0 % et prévu à seulement +2,5 % en 2021 selon les projections de la Commission européenne.

En effet, l’investissement total reste faible à 18,6 % du PIB (contre 21 % en moyenne pour l’UE), Aussi les investissements publics s’avèrent-ils primordiaux, qu’il s’agisse :

  • des infrastructures (extension du réseau autoroutier, modernisation ferroviaire, gestion de l’eau, recyclage des déchets, amélioration de la qualité de l’air) ;
  • de l’éducation (3,6 % du PIB contre 4,6% de moyenne UE) et de la santé : 14 % de la population ne bénéficie d’aucune couverture sociale ; 50% des dépenses de santé (contre 15,8 % en moyenne UE) sont directement prises en charge par la population. Le taux d’abandon scolaire est élevé (12,7 % contre 10,6 % en moyenne dans l’UE) avec des disparités régionales et ethniques fortes (26,2 % d’abandon scolaire dans les régions rurales et 67 % au sein de la population Rom). Près d’1/3 de la population se trouve encore exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (86 % au sein de la population Rom) ;  
  • de mise en œuvre des solutions digitales : e-santé, e-administration ; la plate-forme d’e‑procurement, plusieurs fois retardée, n’a démarré -partiellement- qu’en novembre 2019 : elle devrait en principe être totalement fonctionnelle avant janvier 2021, pour le démarrage de la nouvelle programmation budgétaire européenne.

 

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