BULGARIE
La situation économique et financière de la Bulgarie
La Bulgarie, Etat membre de l’Union européenne depuis 2007, compte une population de 6,4 millions d’habitants - en déclin de 10 % au cours de la dernière décennie - et un PIB de 116,1 Md EUR à prix courants en 2025. Le pays présente un PIB/hab. en SPA de 68 % de la moyenne de l’UE. La Bulgarie a enregistré une croissance de 1,7 % en 2023, de 3,4 % en 2024 et de 3,1 % en 2025. La croissance devrait s’établir à 2,6 % en 2026 sous l’effet de la consommation. Le pays est entré dans la zone euro le 1er janvier 2026 sans problèmes techniques majeurs mais avec une loi de prolongation du budget 2025, compte tenu du fait que le projet de loi de finances proposé par les autorités a provoqué des manifestations massives et la démission du gouvernement en décembre 2025. Un nouveau gouvernement régulier a été formé le 8 mai 2026 suite aux éléctions législatives du 19 avril 2026 et la victoire de “Bulgarie progressiste”. Il est dirigé par le PM Roumen Radev, ancien PR (2017-2026).
1/Les fondamentaux macroéconomiques sont bons
L’économie bulgare a crû de 3,1 % en 2025[1], après 3,4 % en 2024 et 1,7 % en 2023. Selon les prévisions macroéconomiques du ministère des Finances de printemps 2026, la croissance diminuerait à 2,6 % en 2026 en raison du ralentissement de la consommation et de la formation brute de capital fixe.
L’inflation moyenne annuelle[2] s’est établie à 3,5 % en 2025. Les prévisions macroéconomiques de printemps du ministère des Finances l’estiment à 4,3 % en 2026. La situation de plein emploi est maintenue. Le taux de chômage était de 3,5 % en 2025 et se maintiendrait pratiquement au même niveau en 2026. Le taux d’emploi (15-64 ans) à 70,9 % en 2025 est identique à celui en 2024. A noter cependant la pénurie de main d’œuvre dans plusieurs secteurs qui affecte les employeurs et les décisions d’investissements potentiels.
En 2025, le solde courant s’est établi à -5,7 % du PIB, contre -0,4 % en 2024. Cette forte dégradation est attribuable à l’augmentation du déficit commercial des biens. Le solde courant resterait négatif les années suivantes en raison de déficits de la balance commerciale des biens.
A 3,7 % du PIB en 2025, les flux d’IDE dans le pays restent relativement faibles. Lе ministère des Finances prévoit un niveau de flux d’IDE de l’ordre de 3,7 % du PIB en 2026.
2/La situation des finances publiques s’est détérioréе mais demeure encore sous contrôle
Dotée d’un régime de caisse d’émission depuis 1997 (1 EUR = 1,95583 BGN), la Bulgarie suivait une politique budgétaire prudente avec des déficits limités. Le pays est entré dans la zone euro le 1er janvier 2026 sans problèmes techniques majeurs. Du 1er au 31 janvier 2026, la Bulgarie a connu une période de double circulation, durant laquelle les paiements en espèces pouvaient être effectués en léva ou en euros, au choix du client.
La situation des finances publiques est relativement bonne malgré la période d’instabilité politique que le pays a traversé ces cinq dernières années. Huit élections législatives ont eu lieu depuis avril 2021 en raison de la difficulté des partis politiques de former un gouvernement stable. Après la victoire de la coalition « Bulgarie progressiste » avec 44,6 % aux élections législatives du 19 avril, un nouveau gouvernement a été formé dirigé par le PM Roumen Radev, ancien PR (2017-2026).
Le déficit budgétaire était de -2,9 % du PIB en 2022, de -2 % en 2023, de -3 % en 2024 et de -3,5 % du PIB en 2025. Le nouveau ministre des Finances et vice-Premier ministre Galab Donev souhaite que le pays revienne à la discipline budgétaire et que la LF 2026 soit adoptée par l’AN d’ici le 1er juillet 2026[3].
La dette publique s’est élevée à 22,9 % du PIB en 2023 et à 23,7 % du PIB en 2024. Elle s’est établie à 28 % du PIB en 2025 et était prévue de dépasser 30 % du PIB en 2026 selon le projet de loi de finances 2026 mais ce dernier n’a pas été approuvé par l’AN suite aux manifestations massives et la démission du gouvernement en décembre 2025.
Une loi de prolongation du budget 2025 a été approuvée par l’AN dans l’objectif d’établir le cadre juridique et financier nécessaire au bon fonctionnement de l’État et des municipalités jusqu’à l’adoption d’une loi de finances 2026 après les élections législatives le 19 avril 2026.
Le PNRR révisé de la Bulgarie a été adopté le 18 juillet 2025 d’un montant total de 6,2 Md EUR. Il est financé par le volet subventions de la FRR (5,7 Md EUR) et le chapitre REPowerEU (0,48 Md EUR). Le PNRR de la Bulgarie est structuré autour de 4 chapitres : (i) une Bulgarie verte ; (ii) une Bulgarie innovante ; (iii) une Bulgarie connectée ; et (iv) une Bulgarie juste. Pour l’instant, la Bulgarie n’a reçu que trois tranches du PNRR, la première - à hauteur de 1,4 Md EUR, la deuxième – de 439 M EUR et la troisième – de 1,47 Md EUR. 215 M EUR de la deuxième tranche ont été provisoirement retenus par la Commission européenne du fait de manquements dans la mise en œuvre de la réforme de la Commission anti-corruption. Par ailleurs, la Commission européenne a provisoirement retenu environ 150 M EUR au titre de la troisième tranche du PNRR en raison de la non mise en place de mesures relatives à la création d’un organisme indépendant de lutte contre la corruption et à la responsabilité du Procureur général. Début avril 2026, la Bulgarie a adressé à la Commission européenne sa quatrième demande de paiement au titre du PNRR d'un montant de 900 M EUR.
Pendant la période 2021-2027, le pays devrait également recevoir environ 11 Md EUR au titre de la politique de cohésion, soit 15 % du PIB 2021. Le taux d’absorption est cependant relativement faible (22,1 % au 30 avril 2026).
3/L’entrée dans la zone euro : une perspective positive pour le développement économique du pays
Membre de l’Union bancaire et du Mécanisme de change européen (MCE II) depuis 2020, la Bulgarie est entrée dans la zone euro le 1er janvier 2026 suite à des rapports de convergence positifs de juin 2025 de la Commission européenne et de la BCE. Une loi sur l’introduction de l’euro encadre la transition vers la monnaie unique. Les autorités ont adopté un dispositif de contrôle des prix pour une durée d’une année afin de limiter les hausses des prix de détail susceptibles d’influencer négativement la confiance des consommateurs mais sans que cela ne porte fondamentalement atteinte aux principes de l’économie de marché.
Le pays est membre à part entière de l’espace Schengen à compter du 1er janvier 2025. La perspective d’adhésion à l’OCDE est également une priorité importante pour le développement économique de la Bulgarie.
Des réformes structurelles nécessaires pour accélérer la convergence réelle
Si le rattrapage économique du pays a été réel depuis son accession à l’Union européenne en 2007, il reste toutefois insuffisant. En 2025, le PIB/hab. en SPA de la Bulgarie ne représentait que 68 % de la moyenne de l’UE 27. La vitesse de convergence s’est accrue depuis 2018 mais cette accélération est en partie due à la diminution de la population. A noter également les inégalités en termes de revenus. La Bulgarie présente le coefficient de Gini le plus élevé de l’UE (37,7 en 2025, contre une moyenne de l’UE de 29,2).
Il existe de fortes disparités régionales : le PIB/hab. en SPA varie entre 42 % de la moyenne de l’UE 27 dans la région du Nord-Ouest du pays à 107 % dans le Sud-Ouest, où se situe la capitale Sofia.
Les disparités sont également intergénérationnelles : en 2024, près de 35,3 % des plus de 65 ans étaient exposés à un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale contre une moyenne nationale de 29 %. Ce phénomène est d’autant plus préoccupant que la population du pays est âgée et vieillissante. La pyramide des âges se détériore : en 2025, près de 24 % de la population est âgée de plus de 64 ans ; ce ratio pourrait atteindre près de 30 % en 2050.
Le niveau de la croissance de la Bulgarie reste freiné par des investissements encore relativement limités[4]. En 2025, l’investissement total (20,1 % du PIB) est inférieur à la moyenne de l’UE (21,7 % du PIB). Les dépenses en R&D demeuraient modestes à 0,77 % du PIB en 2024 (contre 2,24 % en moyenne pour l’UE). Les investissements publics dans les domaines de l’éducation (4,1 % du PIB) et de la santé (5,5 % du PIB) s’avéraient inférieurs à la moyenne européenne (de respectivement 4,7 % pour l’éducation et 7,3 % pour la santé).
Michel Roseau
Chef du Service économique
Ambassade de France en Bulgarie
[1] Données préliminaires de l’Institut national statistique.
[2] Indice des prix à la consommation harmonisé.
[3] Le pays fonctionne actuellement sur la base d’une loi de prolongation du budget 2025.
[4] Selon le ministère des Finances, les dépenses en capital devraient s’élever à environ 5 % du PIB en 2025.