Indicateurs et conjoncture

Suite à la crise liée à la pandémie de Covid-19, le pays a connu une récession de -4,2 % en 2020. Dotée d’un régime de caisse d’émission, la Bulgarie suit une politique budgétaire prudente. Le déficit, limité en 2020 à ‑3,4 % atteindrait ‑3,9 % en 2021 selon la Loi de Finance 2021 (‑3,2 % selon la Commission européenne) pour revenir à ‑2,0 % en 2022-2023, avec une dette publique 2021 contenue à 24,5 % du PIB. Le paquet budgétaire d’urgence adopté en 2020, a consisté principalement dans la prise en charge à 60 % du chômage partiel, ainsi que de mesures sectorielles et sociales. Selon la Commission européenne, le pays renouerait avec une croissance de +3,5 % en 2021, puis +4,7 % en 2022. Le PIB/hab. PPA du pays équivaut en 2020 à 55 % de la moyenne de l’UE 27.

1/ Des marges de manœuvre budgétaire pour adopter une stratégie contra-cyclique.

La situation des finances publiques était solide avant la pandémie, avec des excédents publics chaque année depuis 2016 ; le déficit budgétaire de -1,0 % du PIB observé en 2019 était entièrement lié à des achats militaires ponctuels et ne reflétait aucun déséquilibre structurel des finances publiques. Fin 2019, la dette publique était de 18,4 % du PIB. 

La crise du Covid-19 a fortement impacté l’économie bulgare, entrée en récession de -4,2 % du PIB en 2020, après une croissance de +3,7 % en 2019. Le ralentissement de l’économie, conjugué aux mesures de soutien budgétaire direct (2,4 % du PIB, avec pour principale composante la prise en charge à hauteur de 60 % du chômage partiel) a amené le déficit public à -3,4 % du PIB en 2020. La Commission européenne prévoit que le déficit public devrait être de -3,2 % en 2021 avant de se résorber à ‑1,9 % en 2022, notamment sous l’effet de la reprise de la croissance du PIB de +3,5 % en 2021 et +4,7 % en 2022. La dette publique, qui a progressé de +4,8 pp à 25,0 % du PIB en 2020, se résorberait à 24,0 % en 2022.

2/ Le pays présente une bonne capacité d’absorption face aux chocs externes.

En 2020, le solde courant s’est établi à -0,7 % du PIB, alors qu’il était excédentaire depuis 2013, et ce en dépit d’une forte demande interne. Si le solde commercial des biens est déficitaire (-4,7 % du PIB en 2019 et -3,1 % en 2020), il est compensé par la balance des services (8,0 % du PIB en 2019 et 4,9 % en 2020), grâce, en 2020, aux revenus des transports terrestres.

L’endettement externe de la Bulgarie est passé de 108,4 % à 57,6 % du PIB de 2007 à 2019, mais est remonté à 63,4 % du PIB en 2020. Les avoirs en réserves de la Banque centrale représentaient 11,1 mois d’importations en 2020, signe de sa capacité à assurer la stabilité du régime de change fixe par rapport à l’euro.

3/ La Bulgarie a pris des engagements de réformes importantes auprès de l’Euro-groupe.

La Bulgarie a rejoint le MCE II le 10 juillet 2020 et en octobre la BCE a placé 5 banques bulgares sous sa supervision directe[1]. Dans ce cadre, le pays a renouvelé 4 engagements auprès de la Commission européenne :

  • Assurer la soutenabilité du secteur non bancaire, en appliquant l’ensemble des obligations relatives au système des assurances européennes (Green Card system), tant en termes de mise aux normes des ratios prudentiels, que d’évaluation des actifs et de gestion des litiges.
  • Assurer la bonne mise en œuvre de la loi sur la gouvernance des entreprises publiques (adoptée en octobre 2019, amendée en janvier 2021).
  • Améliorer le cadre judiciaire des faillites, sachant que le taux des NPL des entreprises non financières s’élève à 6,5 % fin mars 2020 (contre une moyenne UE27 à 3 %) ;
  • Intensifier la lutte anti-blanchiment en renforçant les moyens alloués aux institutions de lutte contre la fraude financière.

Les autorités bulgares ont annoncé souhaiter voir la Bulgarie rejoindre la zone euro en 2024.

4/ Des réformes structurelles nécessaires pour accélérer la convergence réelle.

La situation de plein emploi n’a, à ce stade, pas été contrariée par la crise. Le taux de chômage n’a progressé que de +0,8 pp à 6,7 % en 2020. Le taux d’activité a toutefois reculé de ‑1 pp en 2020 à 72,2 %, signe des tensions générées par la récession. L’inflation (+1,7 % en 2020) devrait se stabiliser à moyen terme autour de +2,0 %.

Si le rattrapage économique du pays a été réel depuis son accession à l’Union européenne en 2007, il reste toutefois des marges de progrès possible pour réduire les inégalités avec le reste de l’UE et au sein de la Bulgarie. En 2020, le PIB/hab. PPA de la Bulgarie ne représentait que 55 % de la moyenne de l’UE 27, allant de 32 % dans le Nord-Ouest du pays à 89 % dans l’Ouest, où se situe la capitale Sofia. Les disparités sont également intergénérationnelles : en 2020 près de 33 % des plus de 60 ans (contre 16 % au sein de l’UE 27) étaient exposés à un risque de pauvreté[2]. Ce phénomène est d’autant plus alarmant que la population du pays est âgée et vieillissante. La pyramide des âges se détériore : en 2020, près d’1/4 des adultes sont âgés de plus de 64 ans ; ce ratio pourrait atteindre près d’1/3 en 2050.

Le niveau de la croissance potentielle de la Bulgarie reste freiné par des investissements limités. L’investissement total reste faible à 18,7 % du PIB (contre 21,4 % en moyenne pour l’UE), les dépenses en R&D demeurent très modestes à 0,84 % du PIB (contre 2,2 % en moyenne pour l’UE). Les investissements publics restent faibles dans les domaines de l’éducation (3,9 % du PIB contre 4,7 % de moyenne UE) et de la santé (5,0 % du PIB contre 7,0 % au sein de l’UE) : 40,5 % des dépenses de santé (contre 15,6 % en moyenne UE) sont directement prises en charge par la population. La corruption reste une barrière à l’investissement dans le pays. Selon l'indice de perception de la corruption 2020 de Transparency International, la Bulgarie se classe au 69ème rang sur 180 pays, après tous les autres Etats membres de l'UE.

Le Plan National de Relance et de Résilience -repoussé à plusieurs reprises en raison des élections législatives[3]- devrait être présenté après la constitution d’un nouveau gouvernement à l’été par la Bulgarie à la Commission européenne, dans le cadre de Next Generation EU, et devrait constituer une nouvelle opportunité de réformes structurelles.

La Bulgarie devrait également recevoir 11,5 Mds EUR au titre du Cadre Financier Pluriannuel 2021-2027. A noter que programme de convergence 2021-2023 de la Bulgarie ne prend pas en compte le PNRR, ce dernier devrait donc également avoir un effet important sur la croissance du pays à compter de 2022.




[1] Unicredit Bulbank, DSK Bank, United Bulgarian Bank, Eurobank Bulgaria et Raiffeisenbank (Bulgaria).

[2]  20 % pour les des moins de 60 ans (contre 17 % au sein de l’UE, 27) /Source : Eurostat

[3] Les élections législatives du 04 avril n’ont pas permis de dégager de majorité parlementaire et ont conduit à la mise en place d’un gouvernement intérimaire et à la tenue de nouvelles élections prévues le 11 juillet 2021

 

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