Présentation économique du pays

L’Azerbaïdjan, situé au carrefour de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient, est peuplé de 10 M d’habitants, dont 90% d’Azéris. Il est dirigé par le Président M. Ilham Aliyev, qui a succédé à son père M. Heydar Aliyev en 2003.

carte AZ

L’Azerbaïdjan est un acteur économique important de la région du Caucase grâce à ses richesses naturelles en pétrole et en gaz. Le pays dispose des 20èmes réserves mondiales prouvées de pétrole (0,4% du total) et des 25èmes réserves mondiales prouvées de gaz (0,5% du total) mais avec un potentiel offshore non exploré encore substantiel. L’essentiel de la production d’hydrocarbures est situé en mer Caspienne, et en particulier sur le champ d’Azeri-Chirag-Guneshli (ACG) qui représente 75% de la production nationale de pétrole et 45% de la production de gaz. Le contrat d’exploitation de ce champ, signé en 1994 entre la compagnie pétrolière nationale SOCAR et le consortium AOIC mené par le britannique BP, a permis à l’Azerbaïdjan de connaître un véritable boom économique quelques années après son indépendance de l’URSS. De 2005 à 2007, la croissance s’est située entre 25% et 35%, soit la progression la plus élevée au monde. Fortement tributaire du cours du brut, l’économie azerbaïdjanaise  s’est contractée de 3,1% en 2016 avant de renouer avec une croissance modérée en 2018 (+1,4%) et 2019 (+2,3%) tirée par la remontée du cours des hydrocarbures. La nouvelle chute des cours observée depuis mars 2020 vient s’ajouter à la crise sanitaire liée à la COVID-19, dégradant la conjoncture économique azerbaïdjanaise.

Les dernières prévisions du gouvernement publiées le 24 septembre 2020 anticipent une récession de 3,5 à 3,7% en 2020. Les projections budgétaires sont désormais basées sur un prix du baril moyen à 35 USD, contre 55 USD précédemment. Les institutions financières internationales avancent des données similaires, le FMI et la Banque asiatique de développement tablant respectivement sur une récession économique de 4,0% et 4,3% en 2020. A noter que ces estimations n’ont pas été revues depuis la reprise des combats au Haut-Karabakh le 27 septembre. Dans ce pays où l’exploitation des hydrocarbures représente une part majeure du PIB (90% des exportations) les principaux déterminants de la croissance restent les cours du pétrole et l’accès aux marchés internationaux. La finalisation du corridor gazier Sud, dont le dernier tronçon (gazoduc transadriatique, TAP) devrait être opérationnel dès le mois de novembre 2020, permettra à l’Azerbaïdjan de diversifier ses débouchés et de développer ses exportations de gaz vers les marchés turc et européen.

La baisse des prix des denrées alimentaires et la stabilité du taux de change ont permis de contenir l'inflation à 2,6% en 2019, et encouragé la Banque centrale d'Azerbaïdjan à poursuivre l’assouplissement de sa politique monétaire. Selon les dernières estimations de la Banque centrale et du FMI, l’inflation devrait s’établir respectivement à 3,2% et 3,3% en 2020. Malgré les abaissements successifs du taux de refinancement de la Banque centrale (6,50% depuis le 18 septembre 2020, contre 9,75% début 2019), les taux d’intérêts commerciaux toujours élevés (entre 12% à pour les prêts à court terme et 18% pour les prêts à long terme) indiquent un secteur bancaire qui peine encore à se relever des deux dévaluations de 2015 malgré la restructuration en 2017 de son plus grand acteur, la Banque internationale d'Azerbaïdjan (IBA) et la rationalisation du nombre d'établissements.

A la suite du choc créé par les dévaluations de 2015, les autorités ont annoncé depuis le début de la crise sanitaire et énergétique leur intention de maintenir jusqu’à la fin de l’année 2020 le ferme arrimage du manat azerbaïdjanais au dollar américain (1,70 AZN/USD depuis 2017). Cet objectif semble atteignable au vu de la taille des réserves stratégiques du pays. Celles du fonds souverain SOFAZ ont été mobilisées pour soutenir le taux de change du manat (5,6 Mds USD entre janvier et septembre 2020, soit+25% en g.a.).

La dette extérieure de l'Azerbaïdjan reste faible et maîtrisée (19% du PIB en 2019), assurée par des réserves de la Banque centrale et du fonds souverain SOFAZ en hausse constante, avoisinant 50 Mds USD en 2019. L’exécutif est cependant réticent à recourir à l’emprunt extérieur, et souhaite ramener le poids de sa dette extérieure autour des 10% du PIB. Le gouvernement a notamment adopté en 2018 un décret visant à assurer la soutenabilité de la dette publique azerbaïdjanaise. Le texte prévoit en particulier un seuil de croissance maximale des dépenses de 3% par an, un encadrement des transferts du fonds pétrolier vers le budget de l’Etat, une diminution de la dette publique à moins de 20% du PIB et un remplacement progressif des obligations en devises étrangères par des obligations en monnaie nationale.

Vue Bakou

 

Les réserves pétrolières et surtout gazières, significatives, permettent à l’Azerbaïdjan d’envisager les prochaines années avec sérénité, mais le défi de la diversification reste entier. Les enjeux principaux sont le développement des activités non extractives, la diversification des exportations et le renforcement de la concurrence sur le marché intérieur. Dans cette perspective le gouvernement a entrepris d’améliorer l’environnement des affaires afin notamment d’attirer les investissements privés. Un plan stratégique pour la diversification de l'économie azerbaïdjanaise a été adopté en 2016, identifiant 11 secteurs économiques à développer. Les efforts ont jusqu’à présent porté principalement sur le secteur agricole et le tourisme, pourvoyeurs de devises et d’emplois, ainsi que sur le soutien aux PME. En raison du contexte économique contraint, les autorités ont décidé de consacrer leurs ressources financières en priorité aux projets stratégiques, et en particulier aux corridors de transport (gaziers, ferroviaires, maritimes et routiers).

L'Azerbaïdjan est le 73ème partenaire commercial de la France. Au sein de la région Europe continentale / CEI, le pays est le 7ème client de la France et son 3ème déficit. En 2019, les échanges commerciaux de la France avec l’Azerbaïdjan se sont élevés à 749 M EUR (+22% par rapport à 2018.) : 143 M EUR d’exportations françaises (+26%) et 606 M EUR d’importations (+21%). Le déficit de notre balance commerciale s’explique par la prépondérance des hydrocarbures dans nos importations en provenance de ce pays (99%). La France est un investisseur étranger important en Azerbaïdjan, avec des investissements engagés essentiellement dans l’extraction de gaz naturel. L’Agence Française de Développement est active dans le pays : trois premières opérations de financement dans le secteur du transport ferroviaire ont été validées pour un engagement total de 275 M EUR.

 

 

Azerbaïdjan: données générales

 

Superficie : 86 600 km²
Dont Nakhitchevan : 5.500 km²

Population : 10,1 millions d'habitants (2020)
Dont Nakhitchevan : 459 600 habitants (2020)

Régime politique : République présidentielle
Parti au pouvoir : YAP (Parti du nouvel Azerbaïdjan)
Président de la République : M. Ilham Aliyev
Premier ministre : M. Ali Asadov
Ministre de l’Economie : M. Mikayil Jabbarov
Ministre des Finances : M. Samir Sharifov
PIB : 48,0 Mds USD (2019)
Estimations FMI pour 2020: -4,0%

PIB / habitant : 4 793 USD (2019)

Azerbaïdjan: données conjoncturelles

Monnaie : Manat azerbaïdjanais (AZN)
Au 16/10/2020 (données Banque centrale d'Azerbaïdjan): 
USD/AZN : 1,7000
EUR/AZN : 1,9896
Indice des prix à la consommation (inflation) : 2,6% (2019)
Estimations FMI pour 2020: 3,0%
Dette publique (% du PIB) : 19% (2019)

Solde commercial  : +6,0 Mds USD (2019)

Exportations : 19,6 Mds USD (2019)
Importations : 13,7 Mds USD (2019)
Taux de chômage : 5,0%, salaire moyen 710 AZN (août 2020)
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