Présentation économique du pays

L’Azerbaïdjan, situé au carrefour de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient, est peuplé de 10 M d’habitants, dont 91% d’Azéris, et est dirigé par le Président M. Ilham ALIYEV depuis 2003.

carte AZ

 

 

L’Azerbaïdjan est un acteur économique important de la région du Caucase grâce à ses richesses naturelles en pétrole et en gaz. Le pays dispose des 20èmes réserves mondiales prouvées de pétrole (0,4% du total) et des 25èmes réserves mondiales prouvées de gaz (0,5% du total) mais avec un potentiel offshore non-exploré encore substantiel. L’essentiel de la production d’hydrocarbures est situé en mer Caspienne, et en particulier sur le champ d’Azeri-Chirag-Guneshli (ACG) qui représente 75% de la production nationale de pétrole et 45% de la production de gaz. Le contrat d’exploitation de ce champ, signé en 1994 entre la compagnie pétrolière nationale SOCAR et le consortium AOIC mené par le britannique BP, a permis à l’Azerbaïdjan de connaître un véritable boum économique quelques années après son indépendance de l’URSS. L’économie du pays étant fortement tributaire du cours du brut (l’activité liée aux hydrocarbures représente 36 % du PIB et 90 % des recettes d’exportations), la croissance du PIB, tantôt dynamique, tantôt atone, évolue au gré de ses variations. En raison de la chute des cours à partir de mars 2020 et de la crise sanitaire, l’économie s’est contractée de 4,3% en 2020.

Sur les 8 premiers mois de 2021, l’activité renoue avec la croissance (+3,6 %), à un rythme supérieur aux prévisions du FMI (+3,0 %). La croissance est tirée par la reprise de la demande et des cours des hydrocarbures : le baril de pétrole s’est apprécié de 43 % entre le 1er janvier et le 31 août et son cours moyen sur cette période est de 67 USD, alors que le budget de l’Etat repose sur l’hypothèse d’un baril à 40 USD sur l’année. Du côté du gaz, la mise en service du TAP fin 2020 a permis à l’Azerbaïdjan d’exporter 3,5 Mds de m3 de gaz vers l’Europe sur les 8 premiers mois de 2021 (soit 27 % de ses exportations de gaz sur cette période) et pourrait acheminer 10 Mds de m3 supplémentaires en 2022. De son côté, la Turquie mise sur le gazoduc TANAP pour répondre à sa consommation croissante et, selon un accord intervenu en octobre 2021, devrait se faire livrer un total de 11,5 Mds m3 de gaz d’ici 2024. Enfin, l’économie bénéficie aussi de la hausse des cours d’autres matières premières, dont l’Azerbaïdjan est exportateur, comme l’aluminium et les polymères.

En 2022, d’après le ministère des Finances qui a construit son budget sur l’hypothèse d’un baril à 45 USD, le PIB devrait croître de 4,0 %, un niveau également supérieur aux prévisions du FMI (1,7 %).

L’inflation, contenue en 2020, affiche une augmentation sensible en 2021. En 2020, l’inflation était restée modérée (+2,8 %) du fait des restrictions à l’activité économique prises par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie au 1er semestre et de la baisse de la consommation dans le contexte de la guerre au Karabagh au 2ème semestre.

Sur les 8 premiers mois de 2021, la dérive des prix affiche une hausse sensible de 4,8 % en g.a., tirée par l’augmentation des prix des produits alimentaires (+5,4 %) et la reprise de la consommation intérieure en lien avec la réouverture progressive des lieux publics (restaurants, centres commerciaux, etc.).

Dans ce contexte, la Banque centrale d’Azerbaïdjan (BCA) a relevé en septembre 2021 son principal taux directeur de 25 pdb, de 6,25% à 6,5%. Elle a ainsi mis fin à un cycle de baisses des taux d’intérêt enclenchée depuis le début de l’année 2018, dans le sillage du ralentissement de la hausse des prix, passée de 12,8 % en 2017 à 2,3 % en 2018. La Banque centrale a de nouveau décidé d’augmenter le taux de refinancement de 50 pdb au mois d’octobre (portant le principal taux directeur à 7,0 %) en raison des pressions inflationnistes persistantes. A cet égard, le FMI prévoit une accélération de l’inflation en 2021 (4%) avant un ralentissement en 2022 (3,2%).

Les dévaluations de 2015 ayant ébranlé la confiance dans la monnaie nationale, les autorités maintiennent un arrimage ferme du manat azerbaïdjanais au dollar américain (1,70 AZN/USD depuis 2017). Cette politique est rendue possible par les réserves stratégiques du pays, voisines de 50 Mds USD au 30 juin 2021, soit 115% du PIB, et qui se répartissent entre le fonds souverain SOFAZ (44 Mds USD) et la BCA (6,5 Mds USD). Sur les 8 premiers mois de 2021, les interventions sur le marché des changes pour soutenir le taux de change du manat se sont élevées à  3,7 Mds USD, en baisse de -25,3% en g.a.

Dans le même ordre d’idées, la dette extérieure de l'Azerbaïdjan est faible et maîtrisée (19% du PIB en septembre 2021). Bien que disposant de réserves confortables lui permettant de couvrir largement ses emprunts, l’exécutif est réticent à être exposé davantage et prépare une nouvelle stratégie visant à ramener la dette extérieure autour de 15 % du PIB à l’horizon 2025.

 

Vue Bakou

 

Les réserves pétrolières et surtout gazières significatives, permettent à l’Azerbaïdjan d’envisager l’avenir avec sérénité, mais le défi de la diversification reste entier. Les enjeux principaux sont i) le développement des activités non-extractives, ii) la diversification des exportations (la part des hydrocarbures dans les exportations est stable, à 90%, depuis 10 ans) et iii) le renforcement de la concurrence sur le marché intérieur. Dans cette perspective les autorités ont lancé plusieurs chantiers : i) un plan stratégique pour la diversification de l'économie a été adopté en 2016, identifiant 11 secteurs économiques à développer. Les efforts ont jusqu’à présent porté principalement sur le secteur agricole et le tourisme, pourvoyeurs de devises et d’emplois, ainsi que sur le soutien aux PME ; ii) des parcs industriels ont été créés en 2018 dans plusieurs villes (Soumgait, Mingachevir, Hajigabul notamment) pour développer de nouvelles activités dans les secteurs de la pétrochimie, du textile et de l’agroalimentaire ; iii) une grande réforme des entreprises publiques a été lancée à l’été 2020, afin d’en améliorer la gestion; iv) une zone franche est en construction à proximité du port d’Alat et devrait accueillir ses premières entreprises (tous secteurs hors hydrocarbures) à l’été 2022.

Enfin, les autorités ont identifié comme priorité nationale la reconstruction des districts recouvrés à l’issue de la guerre, fin 2020, qui représentent 9000 km2 soit 10% de la superficie du pays, 25% de ses ressources en eau et d’où sont originaires les 800 000 déplacés internes de la première guerre du Karabagh (début des années 1990). Les préalables à toute action sont le déminage de ces territoires puis le rétablissement des infrastructures de base (routes, chemin de fer, électricité, eau), afin de pouvoir ensuite favoriser le retour d’une vie économique. À cet égard, ces régions présentent un potentiel considérable dans les secteurs de l’agriculture, des minerais et des énergies renouvelables. Le budget alloué à la reconstruction par le ministère des Finances en 2021 s’élève à 2,2 Mds AZN (env. 1,1 Md EUR).

L'Azerbaïdjan était le 109ème partenaire commercial de la France en 2020, contre 73ème en 2019 : ce recul est imputable à la forte contraction des importations françaises de pétrole azerbaïdjanais en 2020. En 2020, les exportations françaises vers l’Azerbaïdjan représentaient 112 M EUR, en baisse de -22 % par rapport à 2019, en raison d’une réduction sensible des livraisons de matériel de transport. Les exportations françaises vers l’Azerbaïdjan ont ainsi retrouvé  un niveau similaire à celui observé en 2018. Cependant, la part de la France dans les importations azerbaïdjanaises semble avoir progressé en 2020. Selon les douanes azerbaïdjanaises, la France serait devenue le 6ème fournisseur de l’Azerbaïdjan en 2020 avec 4,2% de parts de marché (12ème avec 1,8% en 2019, et 13ème en 2018). Les importations françaises quant à elles, constituées à 99% de pétrole brut, se sont contractées de 83,8% pour atteindre 105 M EUR, en raison du ralentissement global de l’activité mondiale en période de pandémie. Ainsi, en 2020 la balance commerciale franco-azerbaidjanaise présentait un excédent commercial de 
7 M EUR en faveur de la France.

La France est un investisseur étranger important en Azerbaïdjan, engagé essentiellement dans l’extraction de gaz naturel. Plus généralement, les sociétés françaises sont présentes dans tous les pans de l’économie : énergie, transports, aéronautique et spatial, services urbains, secteur financier, tourisme, agriculture.

Enfin, l’Agence française de Développement est active dans le pays depuis 2016 : avec trois opérations de financement dans le secteur du transport ferroviaire, son exposition sur le pays atteint 272 M EUR.

 

 

Azerbaïdjan : données générales

 

Superficie : 86 600 km²
Dont Nakhitchevan : 5.500 km²

Population : 10,1 millions d'habitants (2020)
Dont Nakhitchevan : 459 600 habitants (2020)

Régime politique : République présidentielle
Parti au pouvoir : YAP (Parti du nouvel Azerbaïdjan)
Président de la République : M. Ilham Aliyev
Premier ministre : M. Ali Asadov
Ministre de l’Economie : M. Mikayil Jabbarov
Ministre des Finances : M. Samir Sharifov
PIB : 43,0 Mds USD (2020)

Estimations FMI pour 2021 : +3,0%

PIB / habitant : 4 210 USD (2020)

Azerbaïdjan: données conjoncturelles

Monnaie : Manat azerbaïdjanais (AZN)
Au 04/10/2021 (données Banque centrale d'Azerbaïdjan): 
USD/AZN : 1,7000
EUR/AZN : 1,9711
Indice des prix à la consommation (inflation) : +2,8% (2020)
Estimations FMI pour 2021 : +4,0%
Dette publique (% du PIB) : 21,4% (2020)

Solde commercial  : +3 Mds USD (2020) /+6 Mds USD (2019) 

Exportations : 13,7 Mds USD (2020) / 19,6 Mds USD (2019) 

Importations : 10,7 Mds USD (2020) / 13,7 Mds USD (2019) 

Taux de chômage : 5,0% | Salaire moyen : 710 AZN (août 2020)

Publié le