Le commerce bilatéral France – Azerbaïdjan en 2020

En 2020, les flux commerciaux bilatéraux représentaient 217 M EUR, en chute de 71,0% par rapport à 2019. Les exportations françaises vers l’Azerbaïdjan ont baissé de 21,9%, à 112 M EUR, annulant les gains réalisés en 2019 tandis que nos importations, presque exclusivement constituées de pétrole brut, ont chuté de 83,8% pour atteindre 105 M EUR. Notre solde commercial, traditionnellement déficitaire en raison de nos achats d’hydrocarbures, est ainsi devenu légèrement excédentaire, à 7 M EUR.

1. La fin des livraisons des locomotives d’ALSTOM a pesé sur les exportations françaises.

En 2020, nos exportations vers l’Azerbaïdjan ont baissé de 21,9% par rapport à 2019, à 112 M EUR en raison de la contraction des livraisons de matériel de transport, à 4,3 M EUR (-83,1%). Les exportations françaises vers l’Azerbaïdjan ont ainsi retrouvé  un niveau similaire à celui observé en 2018.

Les exportations de produits chimiques, parfums et cosmétiques, point fort traditionnel de nos ventes dans ce pays, ont à nouveau progressé en 2020 (+21,7%, après  +38,6% en 2019) pour s’établir à 39 M EUR. Cette catégorie de produits représente désormais notre premier poste à l’exportation vers l’Azerbaïdjan (35,3% des ventes).

Les ventes d’équipements mécaniques et de matériel électrique, électronique et informatique, second poste d’exportations françaises vers l’Azerbaïdjan (32,8% des ventes) ont diminué de 3,8%, à 37 M EUR. La baisse de nos ventes de produits informatiques, électroniques et optiques (-22,2%, 15 M EUR) est compensée par une hausse de 56,9% de nos ventes d’équipements électriques et ménagers à 9,8 M EUR.

Les livraisons de matériels de transport se sont contractées de 83,1% en 2020, passant de 25,3 M EUR en 2019 à 4,3 M EUR, et ne représentent plus que 3,8% de nos exportations contre 17,7% l’année précédente. Cette évolution s’explique par le calendrier d’exécution du contrat signé par Alstom en 2014 pour la livraison de 50 locomotives de fret et de transport de passagers, la livraison des 10 locomotives de passagers produites en France ayant pris fin.

On notera également le repli de 54,8%, de 17 à 8 M EUR, de nos exportations de produits métallurgiques et métalliques et la baisse plus limitée de nos ventes de produits agroalimentaires (10 M EUR, -12,6%).

2. La chute de nos importations de pétrole brut a généré un léger excédent commercial.

Nos importations en provenance d’Azerbaïdjan demeurent constituées à 99% de pétrole brut. En 2020 ces achats se sont effondrés de 83,8% en valeur pour atteindre 105 M EUR (606 M EUR en 2019). Ceci reflète une tendance plus générale de réduction des achats d’hydrocarbures naturels par la France (-48,7% au niveau mondial en 2020).

Le commentaire annuel des douanes françaises pour l’année 2020 précise ainsi que « les besoins énergétiques de la France se sont réduits du fait de la baisse de l’activité en 2020 (chute du PIB de 8,3%) liée à la situation sanitaire et aux mesures restrictives, en particulier les confinements. En outre, la chute des cours du pétrole (-36,4% par rapport à 2019) a accentué la baisse de la valeur des importations d’énergie. »

En raison du poids de nos achats d’hydrocarbures, notre balance commerciale avec l’Azerbaïdjan, structurellement déficitaire, est devenue pour la première fois excédentaire en 2020. La France a ainsi dégagé un léger excédent commercial de 7 M EUR en 2020 (le déficit s’était creusé à 462 M EUR en 2019).

3. Un différentiel important apparaît entre les données françaises et azerbaïdjanaises.

Selon les douanes azerbaïdjanaises, la France serait devenue le 6ème fournisseur de l’Azerbaïdjan en 2020 avec 4,2% de parts de marché (12ème avec 1,8% en 2019). Cette évolution est attribuable à la méthodologie des douanes azerbaïdjanaises, selon lesquelles les importations de marchandises françaises ont atteint 448 M USD en 2020, soit le quadruple des ventes comptabilisées par les douanes françaises. En 2019, ce différentiel entre les données azerbaïdjanaises (251 M USD) et françaises (149 M EUR) était de moitié inférieur.

Les bulletins des douanes azerbaïdjanaises ne détaillent pas la composition des importations par type de marchandise et il n’est donc pas possible d’identifier où le différentiel se situe ; il est possible qu’il s’explique pour partie par une différence de méthode en matière de détermination de l’origine des locomotives Alstom produites au Kazakhstan et importées en Azerbaïdjan. Les données de l'International Trade Centre npour l’Azerbaïdjan en 2020 ne fournissent pas d’éclairage supplémentaire sur ce point.

La faible pénétration des exportations françaises ces dernières années s’explique par le positionnement relativement haut de gamme de nos produits de commerce courant ; la crise de 2015-2016 a accéléré la pénétration de produits très bon marché, souvent chinois. La Russie et la Turquie, fournisseurs traditionnels de l’Azerbaïdjan, maintiennent leurs positions. En 2020, selon les données azerbaïdjanaises la France se serait ainsi classée derrière la Russie (18,3% de parts de marché), la Turquie (14,6% pdm), la Chine (13,2% pdm), les États-Unis (5,9% pdm), et l’Allemagne (5,4% pdm).

 

ANNEXES

 

Exportations et importations France-Azerbaïdjan

 Source : Douanes françaises

 

Principaux clients de l'Azerbaïdjan en 2020

Source : Comité des Statistiques de la République d’Azerbaïdjan

 

 

Principaux fournisseurs de l'Azerbaïdjan en 2020

Source : Comité des Statistiques de la République d’Azerbaïdjan

 

 

Échanges France – Azerbaïdjan par catégories de produits pour 2020 (en EUR)

Echanges France-Azerbaïdjan en 2020 

Source : Douanes françaises

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