Le commerce bilatéral France – Azerbaïdjan en 2021

En 2021, les flux commerciaux bilatéraux représentaient 186 M EUR, en chute de 14,3% par rapport à 2020. Les exportations françaises vers l’Azerbaïdjan ont baissé de 5,3%, à 106 M EUR, poursuivant leur contraction entamée en 2019, tandis que nos importations, constituées à 98,2% de pétrole brut, ont chuté de 23,8% pour atteindre 80 M EUR. Notre solde commercial, historiquement largement déficitaire en raison de nos achats d’hydrocarbures, a maintenu un léger excédent pour la seconde année consécutive, en s’établissant à 26 M EUR, contre 7 M EUR en 2020.

1. Nos ventes, structurées par la chimie, la cosmétique et le matériel électromécanique, sont occasionnellement stimulées par les équipements industriels.

En 2021, nos exportations vers l’Azerbaïdjan ont enregistré une légère baisse de 5,3% par rapport à 2020, à 105 M EUR, en raison notamment de l’effondrement des livraisons d’équipements électro-médicaux (à 0,7 M EUR, -93%), du matériel électrique (à 4,3 M EUR, -55%) et des produits sidérurgiques (à 0,87 M EUR, -81%). Nos ventes vers l’Azerbaïdjan se sont néanmoins maintenues à un niveau sensiblement similaire de celui atteint en 2020.

Les exportations de parfums et produits cosmétiques, point fort traditionnel de nos ventes dans ce pays, ont à nouveau progressé en 2021 (+83,2%, après +21,7% en 2020 et +38,6% en 2019) pour s’établir à 8,8 M EUR. Les produits chimiques divers se sont maintenus à 27 M EUR, tandis que les produits chimiques de base se sont contractés de moitié, à 3,6 M EUR. Ensemble, ces trois postes d’exportations forment la catégorie des produits chimiques parfums et cosmétiques, et représentent, depuis en 2020, notre premier poste d’exportation vers l’Azerbaïdjan à 40 M EUR (37,8% des ventes, contre 35,3% en 2020).

Les ventes d’équipements mécaniques et de matériel électrique, électronique et informatique, demeurent notre 2ème poste d’exportations vers l’Azerbaïdjan et ont diminué de 7%, à 34 M EUR (32% des ventes contre 32,8% en 2020). Dans cette catégorie, la baisse de nos ventes de produits informatiques, électroniques et optiques (-22,3%, 11,4 M EUR) et d’équipements électriques et ménagers (-54,6%, 4,4 M EUR) est partiellement compensée par une hausse de 50% de nos ventes de machines industrielles et agricoles (à 18,2 M EUR).

Les livraisons de matériels de transport ont poursuivi leur contraction, passant de 4,3 M EUR en 2020 à 2,8 M EUR (-33,7%, contre -83,1% en 2020), et ne représentent plus que 2,6% de nos exportations (contre 3,8% en 2020 et 17,7% en 2019). Cette évolution s’explique par le calendrier d’exécution du contrat signé par Alstom en 2014 pour la livraison de 50 locomotives de fret et de transport de passagers, qui touche à sa fin.

On notera également la poursuite du repli, de 8 à 4,6  M EUR, de nos exportations de produits métallurgiques et métalliques (-39,3% contre -54,8% en 2020). Nos ventes de produits pharmaceutiques se maintiennent dans l’ensemble, malgré une légère baisse de 7,2%, passant de 4 à 3,7 M EUR.

Enfin, après une contraction de 12,6% de 2019 à 2020, nos ventes de produits agroalimentaires se sont stabilisées autour de 10 M EUR en 2021 (-1,5% de 2020 à 2021), tandis que nos ventes de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture enregistrent une hausse de près de 60%, passant de 1,4 à 2,2 M EUR.

2. Le repli de nos achats d'hydrocarbures induit une croissance progressive de notre excédent commercial.

Nos importations en provenance d’Azerbaïdjan demeurent constituées à 98,2% de pétrole brut. En 2021, ce poste d’importation a continué de se contracter de 24,3% à 78,6 M EUR, après son effondrement de 83,8% en 2020 (606 M EUR en 2019). Ceci confirme la tendance générale entamée en 2020, de réduction des achats d’hydrocarbures naturels par la France (-48,7% au niveau mondial en 2020).

Pour l’année 2020, les douanes françaises notaient dans leur commentaire annuel que la baisse de l’activité et la chute des cours du pétrole expliquaient cette évolution statistique par la réduction des besoins énergétiques de la France et la baisse de la valeur des importations d’énergie. Le maintien, en 2021, des achats français de pétrole brut azerbaïdjanais à un niveau relativement proche de celui de  2020, alors qu’à la fois les cours mondiaux et l’activité économique du pays se redynamisent, traduit une réorientation des importateurs français vers d’autres pays fournisseurs.

En raison de cette évolution, notre solde commercial, historiquement largement déficitaire a maintenu un léger excédent pour la seconde année consécutive, en s’établissant à 26 M EUR, contre 7 M EUR en 2020 (le déficit s’était creusé à 462 M EUR en 2019).

3. La France, 14ème fournisseur de l’Azerbaïdjan et 3ème au sein de l’UE, retrouve un rang semblable à 2019.

Selon les douanes azerbaïdjanaises, les exportations françaises vers l’Azerbaïdjan représentaient 181 M USD en 2021 et les importations françaises de marchandises azerbaïdjanaises, 64,6 M USD. Après le bond de 2020 (6ème fournisseur, 4,2% de parts de marchés – pdm), la France n’aurait été que le 14ème fournisseur de l’Azerbaïdjan en 2021 avec 1,5% pdm et retrouverait donc un niveau semblable à celui de 2019 (12ème avec 1,8% de pdm). Cet écart de chiffres, déjà observé en 2020 (pour les exportations françaises vers l'Azerbaïdjan, écart de 324 M USD entre les données des douanes françaises et azerbaïdjanaises)  pourrait être attribuable à une méthodologie différente des douanes azerbaïdjanaises. En 2021, ce différentiel entre les données azerbaïdjanaises (181 M USD) et françaises (106 M EUR) s’est considérablement réduit, à 63 M USD, pour retrouver un niveau semblable à celui de 2019 (86 M USD).

En totalisant 0,29% des ventes azerbaïdjanaises et 1,55% de ses achats (selon les douanes azerbaïdjanaises), la France ne s’est pas classée parmi les 20 principaux partenaires commerciaux de l’Azerbaïdjan, en 2021. La faible pénétration des exportations françaises ces dernières années s’explique par le positionnement relativement haut de gamme de nos produits de commerce courant ; la crise de 2015-2016 a accéléré la pénétration de produits très bon marché, souvent chinois. La Russie (17,7% pdm en 2021 contre 18,3% en 2020) et la Turquie (15,7% pdm contre 14,6% en 2020), fournisseurs traditionnels de l’Azerbaïdjan, maintiennent leurs positions tandis que la Chine (14% pdm contre 13,2% en 2020) confirme sa place au sein du trio de tête, loin devant l’Allemagne, 4ème avec 5,4% de pdm (comme en 2020). Avec 1,55% pdm, la France serait le 3ème fournisseur de l’Azerbaïdjan au sein de l’UE en 2021, derrière l’Allemagne et l’Italie (3,6% pdm).

 

ANNEXES

 

 Evolution des exportations et des importations françaises vers l'Azerbaïdjan (en M EUR)

 

Principaux clients de l'Azerbaïdjan en 2021  (en % des exportations)

 

 Principaux fournisseurs de l'Azerbaïdjan en 2021  (en % des importations)

 

Échanges France – Azerbaïdjan par catégories de produits pour 2021 (en EUR)

Échanges France – Azerbaïdjan par catégories de produits pour 2021 (en EUR)Source : Douanes françaises 

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