Relations économiques bilatérales en 2019

Les relations économiques bilatérales sont solides mais souffrent d’un déficit de visibilité.

Sur le plan bilatéral, les évolutions récentes en matière d’investissements croisés sont positives, reflétant pour les IDE vers la France, l’amélioration de l’image de la France parmi les investisseurs autrichiens.

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Progression soutenue des échanges commerciaux bilatéraux jusqu’en 2018
  • En lien avec les développements économiques en Autriche (croissance du PIB de 2,5 % en 2017 ; 2,7 % en 2018 ; 1,7 % en 2019), les échanges commerciaux bilatéraux avaient connu une belle progression au cours des trois années précédentes mais ont légèrement reculé en 2019. De l’ordre de 10 Mrd EUR de flux dans les deux sens (avec respectivement 4 Mrd EUR d’exportations, soit 2,7 % de part de marché et 6 Mrd EUR d’importations), la France perd trois rangs pour devenir le 10ème fournisseur de l’Autriche (derrière l’Allemagne, l’Italie, la Chine, les USA, la Tchéquie, la Suisse, la Pologne, la Hongrie et les Pays-Bas). Elle reste le 5ème client en 2019 de l'Autriche. Le déficit commercial français oscille autour de 2 Mrd EUR par an.

  • Nos excédents commerciaux traditionnels avec l’Autriche restent ceux de l’automobile (en fort recul l’an dernier), du textile-habillement et des produits chimiques/parfums et cosmétiques. Nos déficits commerciaux traditionnels sont outre le poste pharmaceutique, les machines industrielles et agricoles, les produits métallurgiques et métalliques et le bois papier-carton.
  • La crise sanitaire affecte fortement nos échanges : au cours des quatre premiers mois de l’année 2020, les exportations de la France ont chuté de 17 %, tandis que les importations de la France en provenance du pays alpin ont moins reculé (-6,3 %), selon les données des Douanes françaises.
Une relation dense en termes d’IDE croisés
Les investisseurs français restent attentifs au marché autrichien
  • C’est en termes d’investissements croisés que la relation est la plus dense. En termes de stocks, la France était le 14ème pays destinataire des investissements autrichiens et occupe la 8ème place (2018 : 9ème) comme investisseur étranger en Autriche (OeNB).
  • Les filiales françaises en Autriche sont au nombre de 300 environ, employant 18 000 personnes pour un chiffre d'affaires global de 6 Mrd EUR, avec pour nombre d’entre elles une couverture régionale liée au positionnement central de l’Autriche au cœur de l’Europe. L’ossature de l’implantation française s’est mise en place jusqu’à la fin des années 90, avec des filiales de production essentiellement constituées par des rachats d’entreprises locales, des filiales de commercialisation et des bureaux de représentation. Les dernières opérations importantes réalisées en 2017 furent l’arrivée d’Amundi (1er gestionnaire d’actifs), la reprise de l’usine d’Opel à Vienne Aspern par PSA , l’acquisition en 2019 d’un parc de loisir par la Compagnie des Alpes et le rachat par Delachaux de l’entreprise d’ingénierie ferroviaire Frauscher. Thales a racheté la société en faillite Steyr Motors GmbH détenue par l’investisseur chinois Phoenix Tree Investment tandis qu’ENGIE a repris Powerlines spécialisée dans l’électrification ferroviaire. A noter que le premier employeur français en Autriche est le spécialiste des maisons de retraite ORPEA (3 000 salariés) suivi d’ACCOR (plus de mille emplois) et d’ATOS (1 700 avec un centre de compétence à Aspern Industrie 4.0).
L’intérêt des investisseurs autrichiens pour la France ne faiblit pas
  • A ce jour de 250 à 300 entreprises autrichiennes -selon la source- sont présentes en France, employant 12 000 personnes.  Le stock d’IDE serait de 4 mrds EUR (OenB) et les entreprises autrichiennes seraient responsables de 4 Mrd EUR d’exportations (Douanes françaises). Les 5 premiers investisseurs en termes d’effectifs  sont Fritz Egger (bois, 900 emplois), Mayr-Melnhof Karton (emballage, 800) ; Wienerberger (matériaux de construction, 800) ; BWT (filtrage eaux ; 800), Voestalpine (Acier, 700).
  • Le flux de projets est régulier avec une vingtaine de décisions d’investissements par an. En 2019, les investissements autrichiens ont permet la sauvegarde ou la création d’environ 300 emplois (Stölzle Glas du groupe CAG ; RHI matériaux réfractaires, Montana sous-traitance aéronautique, Coveris-emballages…). Selon l’agence Business France, l’an dernier, la France est même devenue pour les investisseurs autrichiens le deuxième pays de destination des projets créateurs d’emplois en Europe après l’Allemagne et avant la Slovaquie.
  • Les dernières transactions réalisées ou annoncées au 1er semestre 2020, malgré  le contexte COVID, confirment cette dynamique. La reprise de Conforama par  le groupe autrichien Lutz, spécialisé dans l’ameublement, conjointement avec l’investisseur financier américain CD&R en est une nouvelle preuve et qui devient le numéro deux du marché français avec désormais deux enseignes (BUT et Conforama). On notera aussi l’ouverture par Speed Invest, la plus grosse société de capital-risque autrichienne, d’un bureau à Paris pour investir dans l’écosystème des start-up ; Zumtobel, spécialiste des solutions d'éclairage modulaire a repris une usine en Normandie ; enfin la filiale ferroviaire de Voestalpine a racheté la Société d’Equipement Industriel Lietaert, située près de Paris, pour devenir un fournisseur majeur de la SNCF.

 

 

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