AUTRICHE
Relations commerciales bilatérales en 2025
Un commerce bilatéral affecté en 2025 par la faible croissance de l’Autriche, même si notre solde s’améliore
Dans un contexte de conjoncture économique maussade en Autriche, les échanges bilatéraux entre la France et l’Autriche se sont inscrits en baisse en 2025 : -3,7 % pour les exportations françaises, -6,1 % pour les importations. Ce recul est principalement dû à la forte baisse des exportations de joaillerie et bijouterie (-72 %). Les produits pharmaceutiques restent les premiers produits d’exportation de la France, tandis que les produits métallurgiques et métalliques sont nos premiers produits d’importation. Notre déficit bilatéral, qui s’améliore chaque année légèrement depuis 2019 (-2 Mds EUR), a atteint 791 M EUR.
Avec une part de marché de 2,5,% du total des importations autrichiennes, la France est le 9ème fournisseur de l'Autriche (rang inchangé par rapport à 2024). Dans le sens Autriche-France, notre pays est le 8ème client de l'Autriche (6ème en 2024), avec 3,5% du total des exportations autrichiennes.
La légère reprise économique en Autriche a des effets limités sur le commerce bilatéral
La récession en Autriche (-0,7 % en 2024, après -1 % en 2023) a entraîné en 2024 une baisse des importations globales de l’Autriche à hauteur de -6,8 % (après -5,8 % en 2023). En 2025, l’Autriche aurait retrouvé une croissance d’environ 0,6 %, selon l’institut de conjoncture Wifo. Au cours des onze premiers mois de l’année 2025 (derniers chiffres disponibles), les importations ont augmenté de 3,1 % (dont +1,6 % pour les importations intra-européennes) pour atteindre 180 Mds EUR, reflétant la légère amélioration de l’activité économique, tandis que les exportations ont reculé de -3,7 % (inchangées pour les exportations intra-européennes) pour atteindre 175 Mds EUR. La France n’a pu qu’en partie profiter de la légère reprise économique. Selon les Douanes françaises, les exportations de la France vers l’Autriche ont diminué de -3,7 % en 2025, pour tomber sous le seuil de 5 Mds EUR (4,9 Mds EUR), tandis que les importations ont reculé de -6,1 % pour passer de 6,1 Mds EUR en 2024 à 5,7 Mds EUR en 2025. Notre déficit s’est par conséquent amélioré pour atteindre 791 M EUR contre 974 M EUR en 2024.
Les produits pharmaceutiques restent les premiers produits d’exportation de la France vers l’Autriche
Avec 684 M EUR (+14,4 %), les produits pharmaceutiques (notamment sous forme de préparations pharmaceutiques) qui, en 2024, étaient passés de la troisième à la première position, restent les premiers produits d’exportation de la France vers l’Autriche. Suivent, en deuxième position, les matériels de transport (véhicules automobiles en premier lieu), qui ont progressé de 17,1 %, passant de 559 M EUR en 2024 à 655 M EUR en 2025. Viennent en troisième position les produits chimiques, parfums et cosmétiques, avec 545 M EUR (-4 %). Les articles de joaillerie et bijouterie affichent le recul le plus important (-72,6 %) pour se limiter à 79 M EUR contre 288 M EUR en 2024. Ce recul pourrait s’expliquer notamment par une demande intérieure atone en période de récession. Mais il est probablement dû aussi à un résultat 2024 qui était exceptionnel, avec une croissance de 563,9 %, qui ne s’est donc pas confirmé l’an dernier.
Les produits métallurgiques et métalliques sont les premiers produits d’importation de la France en provenance de l’Autriche
Avec une valeur de 1 Md EUR (-1 %), les premiers produits importés par la France en provenance de l’Autriche sont les produits métallurgiques et métalliques (notamment sous forme de cuivre). Suivent les machines industrielles et agricoles avec 0,9 Mrd EUR (-10 %). Les produits pharmaceutiques, dont la valeur avait plus que doublé en 2024 pour dépasser le seuil de 1 Md EUR, ont affiché, en 2025, la contribution négative la plus importante à l’évolution des importations de la France en provenance de l’Autriche (-30,1 %) pour atteindre 597 M EUR. Traditionnellement, ces importations sont principalement issues du site du groupe suisse Sandoz/Novartis à Kundl dans le Tyrol, et portent notamment sur des principes actifs. Elles sont soumises à d’importantes fluctuations d’une année à l’autre. De plus, en 2022, a été lancé un nouveau programme de subventions pour les entreprises pharmaceutiques et des sciences de la vie, incluant le soutien aux études cliniques, grâce auquel l’Autriche a su attirer plusieurs entreprises du secteur, comme le groupe pharmaceutique allemand Boehringer-Ingelheim avec une nouvelle usine à Vienne, spécialisée dans la production biopharmaceutique.
Le déficit bilatéral de la France continue de s’améliorer
Le déficit bilatéral de la France avec l’Autriche passe de 947 M EUR en 2024 à 791 M EUR en 2025. Les soldes négatifs les plus importants sont pour les produits métallurgiques et métalliques (-711 M EUR) et pour les machines industrielles et agricoles (-502 M EUR). La France affiche un excédent significatif pour le poste des textiles, habillement, cuir et chaussures (334 M EUR), les matériels de transport (310 M EUR), les produits manufacturés divers (149 M EUR) et les produits pétroliers raffinés (135 M EUR).
Ce recul confirme l’évolution positive observée depuis 2019 où notre déficit avait atteint 2 Mds EUR.
Source : SER Vienne, Douanes françaises, Statistik Austria