L' Autriche, petit pays certes mais au carrefour de l'Europe

  L’Autriche est un pays alpin d’environ 84 000 km² et qui est couvert à plus de 60 % par des zones montagneuses. Le territoire autrichien est limitrophe à huit pays, dont six de l’Union européenne. Il s’agit d’une république fédérale composée de 9 Länder (régions politiques) disposant d’une forte autonomie en matière de dépense publique : la capitale, Vienne, compte 1,7 million d’habitants et la région qui l’entoure, la Basse-Autriche un peu plus de deux millions. Le pays est dirigé depuis janvier 2020  par un gouvernement de coalition entre le parti conservateur (ÖVP), dont est issu le Chancelier Sebastian Kurz, et le parti des Verts (Die Grünen, Vice-Chancelier Werner Kogler), composé suite aux élections législatives anticipées du 29 septembre 2019.

 

Carte Autriche

Membre de l'Union européenne depuis 1995, pays prospère avec un produit intérieur brut de 375,6 Mrd EUR en 2020 pour plus de 8,9 millions d'habitants, l'Autriche affiche, en termes de PIB par habitant, un des plus hauts niveaux de l’Union européenne (42 110 EUR/hab en 2020). Après avoir progressé de 1,6 % en 2019, le PIB  s'est contracté, sous l'effet de la pandémie de COVID-19, de 6,6 % en 2020 et devrait rebondir à +3,4 % en 2021 (Commission européenne, prévisions de printemps 2021). Le succès du pays alpin est notamment lié à son réseau de petites et moyennes entreprises, généralement familiales, très industrielles et centrées sur des marchés de niches à haute valeur ajoutée. L’industrie (secteurs extractif et manufacturier, énergie et eau, économie circulaire, construction) représentait en 2020 ainsi encore plus de 28,4 % du PIB (source : Statista).

Largement ouverte vers l'extérieur, l'économie autrichienne a su profiter du marché européen : les échanges avec les pays partenaires européens représentent 70 % des échanges. Après avoir connu en termes d'exportations de biens une dynamique encore vigoureuse en 2018 (+5,8 %), puis plus modérée en 2019 (+2,3%), le commerce extérieur a, à l'instar de presque tous les pays, souffert des répercussions de la crise sanitaire sur les échanges mondiaux; les exportations ont reculé en 2020 de 8,6%Le solde commercial est resté négatif en 2020 avec un déficit de 2,3 Mrd EUR (4,3 Mrd EUR en 2019). Le compte courant est resté excédentaire en 2020 (9,5 Mrd EUR) mais en recul de 16,2% par rapport à 2019, notamment en raison de la crise sanitaire affectant le secteur touristique. Ce secteur, attirant été comme hiver majoritairement une clientèle étrangère, notamment allemande, et jusqu'alors en excellente santé car reposant également sur des structures familiales traditionnelles, a fortement été affecté par la crise sanitaire Covid-19,  les confinements sucessifs et les restrictions de voyage. En ce qui concerne le commerce bilatéral, la France enregistre un déficit en repli (-1,7 Mrd EUR en 2020 après 2 Mrd EUR en 2019) principalement lié à nos importations de produits pharmaceutiques. La France reste le cinquième client de l'Autriche et son dixième fournisseur. Selon les Douanes Françaises, les exportations du pays alpin vers la France ont atteint en 2020 un volume de 5,4 Mrd EUR (-11 % en glissement annuel), dominées par les principies actifs pharmaceutiques (1,1 Mrd EUR) quand les importations depuis la France se sont établies à 3,6 Mrd EUR (-9 %), dont 531 M EUR pour les matériels de transport.

Grâce à un système de partenariat social qui permet un dialogue structuré et constructif entre les partenaires sociaux, la paix sociale est préservée tandis que les évolutions salariales sont fixées dans le cadre des négociations collectives de branches entre la Chambre fédérale d’économie WKÖ, qui regroupe l’ensemble des employeurs, et la Confédération des syndicats ÖGB à travers la Chambre fédérale des travailleurs.

Après avoir atteint 1,5 % en 2019, l'inflation (IPCH) est restée positive en 2020 à +1,4 % dans le contexte de la crise sanitaire.

Touchant 4,5 % de la population active en 2019, le chômage a rebondi en 2020 à 5,4 %, toutefois en partie contenu par le dispositif adapté de chômage partiel mis en place dès mars 2020 et dont le maintien, avec quelques adaptations, est envisagé jusqu'après l'été 2021. Les projections de la Commission européenne laissent espérer une baisse du chômage à 5,0% en 2021 et 4,8% en 2022. Surtout un dispositif d’apprentissage (formation duale) permet d’éviter un chômage de masse des jeunes (10,5 %), également en hausse en glissement annuel

Enfin, les comptes publics sont bien tenus : le solde public en 2019 était positif à +0,7 % du PIB (+0,2 % en 2018). Sous l'effet de la pandémie et des mesures de soutien engagées par le gouvernement, une forte dégradation du solde public a été observée en 2020 avec un déficit de 8,9% du PIB.  L’endettement public, en baisse de 3,5 points entre 2018 et 2019, a rebondi à 315,2 Mrd EUR en 2020. La dette publique s'est établie en 2020 à 83,9 % du PIB après 70,5 % en 2019 alors qu'elle affichait un recul depuis 2015 de 14,5 points. En 2021, sous l'effet de la pandémie et malgré une reprise économique attendue pour le second semestre, le déficit public de l'Autriche pourrait atteindre -7,6 % du PIB (-3,0% en 2022), selon les prévisions de printemps de la Commission européenne, par ailleurs plus optimistes que celles du gouvernement autrichien.

La présence française en Autriche, avec près de 330 entreprises filiales de groupes français, emploie environ 18 000 personnes. Par ailleurs, on dénombre près de 250 filiales autrichiennes en France employant plus de 12 000 personnes.

 

(mis à jour le 20 mai 2021)

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