Situation Economique

Huitième pays du monde par sa superficie (2,8 M km², soit plus de 5 fois la France), l’Argentine représente la 4e plus grande population d’Amérique Latine (40 M d’habitants selon le recensement de 2010, après 37 M recensés en 2001), derrière le Brésil, le Mexique et la Colombie. Avec un PIB d'environ 540 Mds USD en 2016, l’Argentine est la 3e économie d’Amérique Latine, derrière le Mexique et le Brésil, et la 21e économie mondiale. Son revenu par habitant (12 500 USD en 2015) la place au 3e rang en Amérique latine, derrière l’Uruguay et le Chili. Selon le PNUD, le pays occupe le 1er rang continental et la 40e place mondiale en 2014 en termes d’Indice de Développement Humain, devant le Chili (42e), faisant de l’Argentine un pays de « très haut niveau de développement humain ».

Evolution politique et macro économique

À la tête de la coalition Cambiemos, regroupant les libéraux-conservateurs (PRO), les radicaux (UCR) et les socio-démocrates (CC-ARI), Mauricio Macri a été élu Président le 22 novembre 2015, à l’issue d’un second tour, face au candidat peroniste Daniel Scioli, avec 51,4% des voix. Son élection met fin à une période de 12 ans pendant laquelle Nestor Kirchner (2003-2007) puis Cristina Kirchner (2007-2015) ont successivement assumé les fonctions présidentielles. Son cabinet, formé le 10 décembre 2015, est dirigé par Marcos Peña et comporte 20 ministres.

L’ensemble des mesures économiques prises par le Président Macri au début de son mandat visaient à une plus grande insertion dans le commerce international ainsi qu’une normalisation des relations avec les investisseurs et les marchés financiers. Les Investissements Directs Etrangers (IDE) sont désormais perçus comme un des principaux leviers de croissance par les autorités argentines, en rupture avec le gouvernement précédent. L'objectif est de rééquilibrer l'économie argentine en stimulant davantage l’offre via l’investissement privé et public.

La sortie du strict régime de contrôle des capitaux – ou «cepo », expression traduisant une situation de blocage – mise en place par l’ancien gouvernement est effective depuis fin 2015. Les entreprises étrangères peuvent désormais rapatrier librement les dividendes et procéder au paiement des dettes commerciales.

Le Gouvernement actuel a par ailleurs supprimé l’ancien système de déclaration des importations (DJAI), pour le remplacer par un système de licences obligatoires et non-obligatoires, Sistema Integral de Monitoreo de Importaciones (SIMI), libéralisant ainsi environ 80% des lignes tarifaires. Certains secteurs comme l’automobile, le jouet ou encore le secteur textile continuent de faire l’objet de demandes d’autorisation d’importation.

Le litige avec les fonds procéduriers à New-York a été résolu dès le début de 2016, permettant au pays de sortir du défaut « partiel ». L’État argentin et les provinces ont levé plus de 35 Mds USD sur les marchés en 2016 ; d’autres litiges doivent encore être résolus. .

Après une récession de 2,1% en 2016, la hausse de l’inflation ayant eu un coût élevé sur l’activité (baisse des ventes au détail de 7%, de la production industrielle de 5%), la croissance a redémarré en Argentine et s’est établie à 2,9% en 2017. La production industrielle a progressé de 1,8% en 2017 et la reprise est également portée par l’investissement, qui a augmenté de plus de 10% sur l’année. Seules les ventes au détail montrent encore des signes de fragilité : en hausse sur le dernier trimestre de l’année après sept trimestres de repli, elles se sont de nouveau contractées en début d’année 2018. La croissance devrait se poursuivre en 2018, malgré une grave sécheresse ayant affecté les récoltes de soja, qui devrait peser sur l’activité. Le FMI table ainsi sur une hausse du PIB autour de 2,2% en 2018.

Avantages comparatifs

L’Argentine dispose d’un clair avantage comparatif dans le secteur primaire (60% des exportations sont des produits primaires ou primaires transformés), agriculture et agroalimentaire notamment mais aussi ressources minières, qui représentent aujourd’hui une source essentielle de devises. La filière soja, notamment, pèse près de 30% des exportations (soit environ 20 Mds USD). En outre, l’Argentine se classerait au 2e rang mondial par ses réserves de gaz de schiste (22 710 Mds de m3) et au 4e rang par ses réserves en pétrole de schiste (27 Mds de bbl) techniquement extractibles.

L’Argentine est également le pays d’Amérique latine avec le meilleur niveau de capital humain. Le système scolaire et universitaire argentin est réputé pour ses ingénieurs, qui constituent une main d’œuvre bon marché au regard de leur niveau de formation.

Le secteur des logiciels argentin est particulièrement dynamique. De nombreuses entreprises internationales sous-traitent leur production de logiciels et services informatiques dans le pays et le montant des exportations dans ce secteur s’élevait en 2016 à plus d’1,5 milliard de dollars (USD). La facturation totale du secteur, quant à elle, s’élevait à 3,5 Mds USD. Ce dynamisme dans le secteur des logiciels et des services informatiques, ainsi que la qualité de la main d’œuvre dans ce domaine se retrouvent également dans la capacité qu’a le pays à créer de grandes entreprises digitales. Ainsi, sur les 9 « licornes » que compte l’Amérique latine, 4 sont argentines (Despegar.com, MercadoLibre, Olx, Globant).

Situation des comptes publics

Ayant hérité d’une situation budgétaire très problématique, le Gouvernement a stabilisé le déficit public en 2016 (-7% du PIB dont 4,6% de déficit primaire, 7,5% en 2015, dont 4,8% de déficit primaire) avant de le réduire en 2017 (-6%, 3,9% de déficit primaire). Un trajectoire ciblée du déficit primaire a été définie (-3,2% en 2018, -2,2% en 2019, -1,2% en 2020).

La dette de l’État a atteint 54,2% du PIB en 2017 et est libellée à 80% en monnaie étrangère ou assimilée (dollars, euros, dette payée en pesos mais indexée sur le dollar). Près de 60% de la dette de l’État est détenue par des contreparties publiques argentines (provinces, Banque Centrale, organisme de sécurité sociale, etc.). Hors contreparties publiques, la dette atteint ainsi un niveau raisonnable d'environ 20 points de PIB. La dette à moyen et long terme représente près de 80% de l’endettement total. La dette à court terme provient essentiellement des prêts de la Banque Centrale au Trésor, de faible maturité et à taux zéro.

La loi d’amnistie fiscale a conduit à régulariser 117 Mds USD d’actifs, un succès remarquable : la participation au programme de régularisation des avoirs est considérable, très loin devant celles enregistrées au titre des précédentes lois d’amnistie. Les recettes fiscales engendrées par la loi devraient permettre de récupérer 0,5 point de PIB supplémentaire par an, en raison de l’élargissement de la base fiscale. Il s’agit pour l’Argentine d’un important pas en avant vers davantage de transparence financière, dans un pays dont l’un des principaux problèmes demeure le contournement de l’impôt et l’économie informelle, évaluée à environ 35% du PIB.

 

Pour plus d'informations sur les derniers indicateurs, vous pouvez consulter :

-le site de l'Institut de Statistiques argentin (INDEC) : https://www.indec.gob.ar/index.asp

-le site de la Banque Centrale d'Argentine : http://www.bcra.gov.ar/

 

 

 

 

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