Commerce bilatéral France-Argentine

Evolution globale des échanges et de nos exportations vers l’Argentine (jusqu'à décembre 2019)

Il convient de distinguer deux périodes dans les échanges commerciaux entre la France et l’Argentine au cours des dix dernières années. Jusqu’en 2015, nos échanges enregistraient une tendance très nette à la progression, passant de 1,2 Mds MEUR en 2009 à 1,73 Mds en 2015, soit une hausse de 45,1% en sept ans. Dans un contexte où l’Argentine affichait une certaine croissance (1,69% en moyenne annuelle sur la période, malgré le trou d’air de 2009 – récession de 5,9% - dû à la crise des subprimes), et par ailleurs une surévaluation manifeste du peso, cette progression était au demeurant beaucoup plus marquée pour nos exportations (+89% à 1,29 Mds en 2015), si bien que notre solde commercial progressait régulièrement, de 173 MEUR en 2009 à 853 en fin de période.

Toutefois, la fin du super-cycle des matières premières à partir de 2014/2015, et le fort ralentissement de la croissance qui en est résulté pour l’Argentine (une seule année de croissance positive depuis lors - 2017 - et une récession moyenne de 1,4% sur la période), ont conduit à un brusque renversement de tendance. Nos exportations s’affichent ainsi en repli chaque année depuis 2016 : la baisse atteint désormais 50,29%, nos exportations passant de 1,29 Mds en 2015 à 643 MEUR sur les douze derniers mois glissants, soit leur niveau le plus faible depuis au moins 10 ans.

Notre part de marché est ressortie en 2018 à 1,7%: la France est le 10ème fournisseur de l’Argentine (6ème en 2016, 8ème en 2017), et le 4ème parmi les pays européens, derrière l’Allemagne (5,1%), l’Italie (2,4%) et l’Espagne (2,2%).

L’Argentine a reculé d’un rang en 2018 dans la hiérarchie de nos débouchés sud-américains : dépassée désormais par le Chili, elle n’est plus désormais que notre 4ème client sur le continent (derrière aussi le Brésil et le Mexique), et devrait perdre cette position en 2019 au bénéfice de la Colombie. Plus globalement, l’Argentine est, sur les 10 premiers mois de 2019, notre 60ème client dans le monde (50ème en 2016, 55ème en 2017, 58ème en 2018), entre la Colombie justement et l’Ethiopie.

Nos principaux produits d’exportation sur les 10 premiers mois de 2019 ont été les préparations pharmaceutiques (67,5 MEUR, soit 12,3% du total), les parfums et produits pour la toilette (42,4 MEUR) et les produits chimiques organiques de base (41,6 MEUR). Nos exportations de véhicules et de pièces automobiles, qui ont longtemps figuré au premier plan dans nos exportations, s’effondrent : respectivement -55,6 et -68,5% depuis le début de l’année.

Notre solde commercial, en forte baisse et à son niveau le plus faible depuis 2010 (225MEUR sur les douze derniers mois glissants, contre 853 MEUR en 2015), ne constitue plus que notre 6ème excédent en Amérique latine et le 39ème dans le monde (24ème en 2018).

Importations françaises en provenance d’Argentine

En sens inverse, l’Argentine, dont les exportations vers la France ont sensiblement progressé sur les douze derniers mois glissants (+9,9% à 418 MEUR), est actuellement notre 70ème fournisseur dans le monde (74ème en 2018, 72ème en 2017), mais seulement le 5ème sur le continent, derrière le Brésil, le Mexique, le Chili et le Pérou.

Les principaux produits que nous importons d’Argentine sont les huiles et graisses (71,6 MEUR depuis le début de l’année, soit 20,7% du total), les préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche (51,8 MEUR ou 14,9% du total) et les produits du raffinage du pétrole (12,6% du total). Viennent ensuite, de manière sans soute contre-intuitive, les céréales, légumineuses et oléagineux (9,7%) et les viandes de boucherie (à peine 3,9% du total,  peut-être du fait d’effets statistiques (réexportations depuis le Royaume-Uni ?).

Investissements directs étrangers

Selon les données de la Banque de France, le stock d’investissements directs français en Argentine s’élevait fin 2018 à 1,88 Mds d’EUR. L’Argentine est ainsi le 4ème récipiendaire de nos Ide en Amérique latine, très loin derrière le Brésil (23,7 Mds), et à bonne distance du Mexique (4,9 Mds) et du Chili (4,2 Mds).

Ces données sont peu ou prou cohérentes avec celles de la Banque d’Argentine, qui fait état d’un stock d’investissements français de 2,76 Mds Usd fin 2016 (dernier chiffre disponible), soit 3,7% du total. La France figure ainsi au 8ème rang des investisseurs étrangers en Argentine et au 4ème rang des investisseurs européens derrière l’Espagne (17,6%), les Pays-Bas (12,2%) et la Suisse (4,6%), la première place étant occupée par les Etats-Unis (22,7%).

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