Relations bilatérales

ÉCHANGES COMMERCIAUX BILATÉRAUX EN 2025 – FRANCE / ARGENTINE

Le commerce bilatéral a légèrement progressé en 2025, porté surtout par les exportations argentines, tandis que 2026 s’annonce plus contrastée dans un contexte d’ouverture commerciale et de recomposition concurrentielle.

En 2025, les échanges commerciaux franco-argentins ont progressé de +4 %, à 1,2 Md EUR, portés davantage par le dynamisme des importations françaises en provenance d’Argentine (+8,7 %, à 439 M EUR), que par celui des exportations (+1,6 %, à 781 M EUR). Alors que l’économie argentine a rebondi de +4,4 % en 2025 et que les importations du pays ont augmenté de près de 25 %, sous l’effet combiné de l’appréciation réelle du peso, de la levée de barrières commerciales et de la normalisation des procédures d’importation, les exportateurs français n’ont capté qu’une part limitée de cette reprise. Cela s’explique par la structure sectorielle des exportations françaises, dont la progression est restée concentrée sur un nombre limité de postes. La France conserve toutefois un solde commercial positif vis-à-vis de l’Argentine, à 342 M EUR, mais en recul par rapport à 2024, tandis que sa part de marché s’érode légèrement, de 1,6 % à 1,5 %, dans un contexte de forte concurrence du Brésil et de la Chine.

La structure des exportations françaises vers l’Argentine s’est concentrée en 2025 autour des produits pharmaceutiques. Ils deviennent de très loin le 1er poste d’exportation avec 182,2 M EUR, en forte progression de +39,9 % sur un an (représentant 23,3 % du total). Ils sont suivis par les machines et équipements d’usage général atteignent 72,3 M EUR, soit 9,3 % du total, en hausse de +11,4 %. Les parfums, cosmétiques et produits d’entretien s’élèvent, eux, à 54,5 M EUR, soit 7,0 % des exportations françaises, en progression de +9,6 %. À l’inverse, d’autres postes reculent nettement et neutralisent une partie de la hausse tirée par la pharmacie, notamment la chimie, qui chute de 48,9 % à 37,2 M EUR, les machines d’usage spécifique, en baisse de −34,2 % à 23,8 M EUR, et les produits du raffinage, en net recul de −72,7 % à 9,9 M EUR.

Les importations françaises en provenance d’Argentine restent dominées par les produits agro-industriels. Le principal poste d’importation, les huiles et graisses végétales et animales, atteint 145,8 MEUR (33,2 % du total) soit +34,5 % en 2025. Cette dynamique s’explique par un effet prix, suite à l’augmentation des cours des huiles végétales et par une augmentation des quantités importées ainsi qu’un positionnement sur des produits à plus forte valeur unitaire. Les produits à base de fruits et légumes atteignent 68,0 MEUR et progressent de +7,2 %, alors que les préparations et conserves, y compris de poisson, s’élèvent à 61,8 MEUR avec une hausse marquée de +32,4 %. Ces évolutions soulignent que les importations françaises se concentrent sur les produits transformés et semi-transformés.  En parallèle, certaines importations en provenance d’Argentine marquent le pas. Les produits de la culture et de l’élevage chutent de −33,5 % (à 35,1 MEUR), les boissons reculent de −40,3 % à 14,2 MEUR, ce qui illustre une recomposition interne du panier importé plutôt qu’une hausse uniforme. Dans l’ensemble, la progression des importations en 2025 accentue mécaniquement la pression sur l’excédent français, non pas par un changement structurel de la relation, mais par un rebond cyclique de quelques postes clés.

La France conserve un solde commercial positif vis-à-vis de l’Argentine en 2025, atteignant 342 M EUR, mais en recul par rapport aux 365 M EUR enregistrés en 2024 et aux 496 M EUR enregistrés en 2023. L’excédent français est positif mais s’érode graduellement. Il ne repose plus sur une augmentation généralisée des exportations françaises mais sur un équilibre plus fragile, concentré autour de la pharmacie, tandis que les importations françaises depuis l’Argentine restent fortement exposées aux aléas climatiques, aux rendements agricoles et aux prix mondiaux. Une flambée des prix agricoles suffit ainsi à augmenter le montant importé et à réduire l’excédent sans que les volumes n’aient réellement changé.

Les perspectives pour 2026 apparaissent plus contrastées. D’un côté, la poursuite de l’ouverture commerciale engagée par le gouvernement, l’assouplissement progressif des procédures d’importation, ainsi que l’application provisoire de l’accord UE-Mercosur à partir du 1er mai, qui devrait contribuer à améliorer l’accès au marché pour les exportateurs européens, pourraient soutenir les exportations françaises. Dans un contexte où la demande intérieure argentine pourrait continuer de se redresser, ces évolutions sont susceptibles de créer des débouchés supplémentaires pour les entreprises françaises, en particulier dans les secteurs à plus forte valeur ajoutée. D’un autre côté, l’appréciation réelle du taux de change pèse sur la compétitivité de certains secteurs exposés à la concurrence internationale et pourrait accentuer les tensions sur l’équilibre externe du pays. Parallèlement, la progression rapide de l’offre chinoise sur le marché argentin, souvent plus compétitive en prix et désormais présente sur un nombre croissant de segments industriels et de consommation, risque de réduire les marges de progression des exportateurs français. À cela s’ajoute l’accord commercial et d’investissement signé le 5 février 2026 avec les États-Unis, qui est susceptible de renforcer la concurrence sur certains segments stratégiques du marché argentin.

Si les perspectives françaises apparaissent favorables, elles s’inscrivent désormais dans un environnement plus concurrentiel. La pérennité de l’excédent commercial français dépendra non seulement du maintien de positions solides dans ses secteurs traditionnels, notamment la pharmacie et les équipements industriels, mais aussi de sa capacité à élargir sa base exportatrice, à se positionner sur de nouveaux créneaux portés par la reprise et à mieux résister à une concurrence internationale intensifiée.

Investissements directs français

Selon la Banque Centrale argentine, la France disposait d’un stock d’IDE de 7,6 Md USD fin 2024, ce qui la plaçait au 6e rang des investisseurs en stock en Argentine. Le stock total d'IDE atteignait 182,3 Md USD au 30 septembre 2025, avec en tête les États-Unis (32,0 Md USD), l'Espagne (25,0 Md USD) et les Pays-Bas (21,3 Md USD). S’agissant des flux, la position française a été plus volatile : après 1,1 Md USD sur l'ensemble de l’année 2024 (5e rang) et 307 M USD nets au T2 2025 (4e rang), elle a enregistré des sorties nettes de 358 M USD au T3 2025.

Présence française

La présence française demeure néanmoins relativement forte et diversifiée. Quelque 250 filiales représentant 160 groupes différents sont présentes en Argentine, avec près de 53 000 employés. Seuls 7 membres du CAC 40 n'y ont pas d'implantation physique.

Cette présence couvre des secteurs variés et stratégiques :

  • La distribution, Carrefour étant le premier employeur français du pays (17 000 salariés). A noter le retour de Decathlon fin 2025, avec des perspectives de développer leur réseau de magasins de sport.
  • L'automobile, où Stellantis et Renault maintiennent une présence industrielle significative, employant plusieurs milliers de salariés à travers le pays, notamment dans deux usines.
  • Les transports avec Airbus et Air France dans l’aérien et Alstom dans le transport ferroviaire.
  • Le négoce agricole et l'agroalimentaire, avec Louis Dreyfus Company, Danone (plus de 3 300 employés) ou encore Savencia, Lesaffre et Boortmalt (filiale d’Axéréal), actifs dans les filières céréalières et laitières.
  • Les énergies renouvelables et les hydrocarbures, où TotalEnergies figure parmi les acteurs de référence du secteur énergétique argentin, avec plus de 1 100 salariés. Dans le secteur on observe aussi une importante présence d’Air Liquide.
  • Les mines et la transition énergétique, notamment autour du lithium et du cuivre, avec la présence d'Eramet, Stellantis, Eurodia, Adionics, Geolith et d'autres acteurs français engagés dans le développement de ressources critiques.
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