Présentation de l'Angola

Contexte politique

Ancienne colonie portugaise dont l’indépendance a été proclamée le 11/11/1975, l’Angola a retrouvé la paix en 2002, après 13 ans de guerre d’indépendance et 27 ans de guerre civile.

Le pays est dirigé par le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA) depuis son indépendance. Les dernières élections nationales, en aout 2017, se sont déroulées dans un climat pacifique. Elles ont été remportées sans surprise par le MPLA face à l’UNITA et CASA-CE, avec toutefois un moindre score que les deux élections précédentes. Le nouveau Président élu, João Lourenço, ancien ministre de la défense, a succédé à José Eduardo dos Santos, qui exerçait cette fonction depuis la mort d’Agostinho Neto en 1979. Le nouveau Président a largement renouvelé le cercle des dirigeants économiques. Il s’est efficacement attaqué aux failles les plus criantes de la politique économique de son prédécesseur. Il a su gagner la confiance des bailleurs multilatéraux et de nombreux chefs d’Etat étrangers. La situation politique du pays est stable, malgré une situation sociale difficile accentuée par la crise économique et les mesures liées à l'épidémie de COVID. Les tensions se sont cristallisées en octobre 2020 conduisant à des manifestations contre le gouvernement en raison de ses difficultés à se débarrasser de la corruption et à relancer l’économie. 

 

Contexte économique et financier

L’Angola est la 3ème économie d’Afrique Subsaharienne derrière le Nigéria et l’Afrique du Sud, avec un PIB d’environ 62 Mds€ en 2020. Son PIB moyen par habitant, en forte chute depuis 2014, était d’environ 1910 USD en 2020. Cet indicateur ne reflète pas les inégalités particulièrement fortes dans ce pays. Selon la Banque Mondiale, 36,6 % de la population vit avec moins de 2 USD par jour et le taux de chômage atteignait 30.6% fin 2020. Le taux de mortalité infantile est l’un des plus élevés au monde (5,5 % en 2016), l’espérance de vie à la naissance y était de 61 ans en 2019 et l’IDH y est très faible (148ème rang/189 pays en 2019). La capitale, Luanda, qui concentre près de 65 % du PIB, est confrontée à d’importants problèmes d’urbanisation.

L’Angola est l’un des pays d’Afrique les mieux dotés en ressources du sol et du sous-sol. Il est le deuxième producteur subsaharien de pétrole avec un peu moins d’1,2 Mb/jour, en dépit d’un déclin assez rapide de la production (10% par an). Ses réserves de gaz, peu exploitées, sont estimées à 300 Md de m3. Il est le 5ème producteur de diamants au monde en valeur (9,5 M de carats en 2020), notamment grâce à la mine de Catoca. La forêt tropicale s’y étend sur 70 M ha, dont 2,4 M ha considérés comme productifs. Il possède d’importantes ressources hydriques et hydro-électriques. Les terres arables représentent une surface de 35 M ha dont 5,6 M ha seulement sont cultivées. Le pays possède également des ressources en fer, cuivre, or, manganèse et terres rares.

La croissance économique angolaise, qui avait atteint 12,9% en moyenne par an sur la période  2005-2008, a considérablement ralenti aux alentours de 4% - 5% en 2009-2014. La baisse des prix du pétrole à partir de la mi-2014, et la crise économique qui en a résulté, ont entrainé des taux de croissance négatifs en 2016 (-2,6%), 2017 (-0,2%), 2018 (-1,2%) et 2019 (-1,1%). 2020 aura connu une 5eme année de récession (-4%) sous l’effet également de la crise sanitaire qui a lourdement affecté le pouvoir d’achat des ménages et les projets d’investissement publics et privés. Un léger retour à la croissance est attendu en 2021 (0,9% selon la Banque Mondiale, 3,1% selon la BAD), assez largement grâce à des perspectives plus favorables sur le prix du pétrole (53 USD en 2021 et 51 USD en 2022 d’après Fitch Solutions), avant une reprise plus franche en 2022 (+3,5% selon la Banque Mondiale). La reprise de la production de brut continuera toutefois d’être bridée en raison du manque d’investissements depuis plusieurs années  et du déclin naturel de la production de 10% par an (et non par les quotas de l’OPEP calculés sur la base de l’exercice 2018). Sur le front de la consommation des ménages et de l’investissement public, il conviendra de vérifier si les clignotants positifs qui semblent s’allumer en janvier se confirment.

La libéralisation du système de changes qui a officialisé le flottement du kwanza en octobre 2019 a mis fin à la surévaluation de la monnaie angolaise qui favorisait les importations et permettait les transferts d’avoirs à l’étranger à un taux de change très favorable. La dépréciation du kwanza a été sévère : -210% entre février 2018 et février 2021 (dont -53% en 2019). Mais elle connait un ralentissement en 2020 (-34% sur l’année) et même une stabilisation voire à un léger mieux depuis novembre 2020 (à 650 AOA puis depuis le début mars à 625 AOA pour 1 USD).

Le gouvernement angolais issu des élections d’aout 2017 a donc du entreprendre un certain nombre de mesures destinées à assainir l’économie : ajustement de la politique monétaire, resserrement des dépenses publiques pour équilibrer le budget de l’Etat et stabiliser l’endettement du pays, lutte plus sérieuse contre la corruption. A plus long terme il promeut une politique de diversification économique, de développement de l’activité privée et de frein à l’interpénétration entre intérêts privés et publics. Le pays peut en outre compter sur un Etat fort et bien implanté sur tout le territoire et sur un appui financier très important de la part des bailleurs de fond multilatéraux qui parient sur le fait que la cure d’austérité actuelle a de bonnes chances de parvenir à assainir puis ranimer l’économie. Ceci s'est illustré par la signature fin 2018 d'une facilité financière étendue (EFF) de 4,5 Mds USD (3,7 Mds USD initalement, augmentation accordée en septembre 2020) sur 3 ans avec le FMI, couvrant la période 2019-2021, et par le second appui budgétaire de la Banque Mondiale d'un montant de 700 M USD en 2021, s'appuyant sur deux piliers en faveur de l'amélioration de l'environnement macro-financier et institutionnel et de la protection des personnes les plus pauvres et vulnérables

Publié le