Présentation de l'Angola

 

Contexte politique

Ancienne colonie portugaise dont l’indépendance a été proclamée le 11/11/1975, l’Angola a retrouvé la paix en 2002, après 13 ans de guerre d’indépendance et 27 ans de guerre civile alimentée par l'affrontement est-ouest dans le contexte de la "guerre froide". La guerre a considérablement réduit l’activité agricole du pays, largement détruit son industrie et provoqué un afflux de ruraux vers les villes, en particulier Luanda qui accueille actuellement entre un quart et un tiers de la population du pays.

L’Angola appartient à la fois à l'Afrique australe - il est membre de la SADC - et à la zone de l'Afrique équatoriale, puisqu’il est également membre de la CEEAC - Communauté économique des États de l’Afrique Centrale.

Le pays est dirigé par le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA) depuis son indépendance. Les dernières élections nationales, en aout 2017, se sont déroulées dans un climat pacifique. Elles ont été remportées sans surprise par le MPLA face à l’UNITA et CASA-CE, avec toutefois un moindre score que les deux élections précédentes. Le nouveau Président élu, João Lourenço, ancien ministre de la défense, a succédé à José Eduardo dos Santos, qui exerçait cette fonction depuis la mort d’Agostinho Neto en 1979. Il a entrepris un programme de réformes : moins de centralisation économique ; plus grande ouverture envers de nouveaux partenaires, dont la France ; lutte contre la corruption et le népotisme ; diversification de l’économie.

 

Contexte économique et financier

L’Angola est la 3ème économie d’Afrique Subsaharienne derrière le Nigéria et l’Afrique du Sud, avec un PIB d’environ 110 M€ en 2017. C’est un pays riche, son PIB moyen par habitant était de 3 700 USD en 2018, mais très inégalitaire. Selon la Banque Mondiale, 36,6 % de la population vit avec moins de 2 USD par jour et le taux de chômage atteignait 29% début 2019. Le taux de mortalité infantile est l’un des plus élevés au monde (5,5 % en 2016), l’espérance de vie à la naissance y était de 61 ans en 2015, et l’IDH y est très faible (158ème rang/193 pays en 2015) La capitale, Luanda, qui concentre près de 65 % du PIB, est confrontée à d’importants problèmes d’urbanisation.

L’Angola est l’un des pays d’Afrique les mieux dotés en ressources du sol et du sous-sol. Il est le deuxième producteur subsaharien de pétrole avec 1,4 Mb/jour. Ses réserves de gaz, peu exploitées, sont estimées à 300 Md de m3. Il est le 4e producteur de diamants au monde. La forêt tropicale s’y étend sur 70 M ha, dont 2,4 M ha considérés comme productifs. Il possède d’importantes ressources hydriques et hydro-électriques, en particulier grâce aux barrages de Cambambe, Capanda et Lauca sur le fleuve Kwanza. Les terres arables représentent une surface de 35 M ha dont 5,6 M ha seulement sont cultivées. Le pays détient de grandes réserves de diamants, notamment à la mine de Catoca, ainsi que quelques mines de fer, de cuivre et d’or.

L’essor de la production pétrolière entre 2004 et 2008, accompagné par une progression des cours, a généré d’énormes revenus qui ont bouleversé la structure de l’économie. Le pays a connu un taux de croissance annuel de 14,5 % en moyenne sur la période, la monnaie s’est appréciée, la production intérieure s’est affaiblie au profit des importations. Les autorités, qui n’avaient pas anticipé le retournement du cycle, ont dû affronter une crise de change en 2009, contraignant la banque centrale à restreindre l’accès aux devises, et à conclure en novembre 2009 un Accord de Confirmation de 1,4 Mds USD avec le FMI d’une durée de 27 mois. A partir de 2010 et jusqu’à la mi-2014, la reprise des cours du pétrole a créé un nouveau climat d’euphorie financière mais dont l’économie a peu bénéficié, le taux de croissance moyen annuel sur la période n’a pas dépassé 4,7%. La chute brutale des cours au second semestre 2014, auquel le pays n’était à nouveau pas préparé, a plongé l’Angola dans une profonde récession dont elle n’est toujours pas sortie : la croissance a été négative sur les 3 années 2016-2017-2018 et devrait l’être à nouveau en 2019.

En 2016, la baisse drastique des rentrées fiscales a obligé les autorités à réduire d’un tiers les dépenses budgétaires. Les réserves de changes ont été mises à contribution pour défendre le taux de change fixe mais sont aujourd'hui à un montant plancher de 10 M USD. Après un premier réajustement de la partié du Kwanza début 2016, le taux de change a été partiellement flexibilisé en janvier 2018. Le niveau de flottement du Kwanza a été encore accru en octobre 2019. Entre janvier 2015 et octobre 2019, la monnaie s'est dévaluée de 370% face au dollar. La dévaluation alliée à l’effondrement des rentrées fiscales ont causé l’envolée de la dette publique, passant de 39,8% du PIB en 2014 à 120% du PIB fin 2020.

Le nouveau gouvernement angolais issu des élections d’aout 2017 a donc du entreprendre un certain nombre de mesures destinées à assainir l’économie : ajustement de la politique monétaire, resserrement des dépenses publiques pour équilibrer le budget de l’Etat et stabiliser l’endettement du pays, lutte plus sérieuse contre la corruption. A plus long terme il promeut une politique de diversification économique, de développement de l’activité privée et de frein à l’interpénétration entre intérêts privés et publics. Le pays peut en outre compter sur un Etat fort et bien implanté sur tout le territoire et sur un appui financier très important de la part des bailleurs de fond multilatéraux qui parient sur le fait que la cure d’austérité actuelle a de bonnes chances de parvenir à assainir puis ranimer l’économie. Ceci est illustré par la signature fin 2018 d'une facilité financière étendue (EFF) de 4,5 Mds USD (3,7 Mds USD initalement, augmentation accordée en septembre 2020) sur 3 ans avec le FMI, couvrant la période 2019-2021.

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