ARMÉNIE
Situation économique et financière de l’Arménie
Les fondamentaux économiques de l’Arménie, pays du Sud Caucase entouré de la Géorgie, de la Turquie, de l’Iran et de l’Azerbaïdjan, demeurent solides. Le pays connaît une croissance soutenue (7,2 % en 2025), tandis que les finances publiques restent maîtrisées. Il demeure néanmoins exposé à plusieurs vulnérabilités, liées notamment à son enclavement, aux tensions géopolitiques régionales, à sa relative dépendance économique à la Russie et à l’importance de son déficit commercial. Le FMI souligne ainsi la nécessité de poursuivre les réformes structurelles afin de renforcer la résilience et le potentiel de croissance de l’économie
1. Une situation macroéconomique favorable.
L’Arménie est la plus petite économie du Sud Caucase (PIB de 29,2 Mds USD, 3,0 M d’habitants), derrière l’Azerbaïdjan (75,9 Mds USD, 10,5 M d’habitants) et la Géorgie (38,1 Mds USD, 3,9 M d’habitants). L’économie arménienne est principalement structurée autour du secteur des services (71,5 % du PIB : commerce, finance, immobilier), du secteur industriel (20,6 % : industrie manufacturière, construction et exploitation minière – cuivre, bauxite, zinc et or) et du secteur agricole (7,9 %).
L’économie arménienne connaît une forte croissance depuis 2021 (8,1 % en moyenne entre 2021 et 2024, puis 7,2 % en 2025). Cette dynamique a été favorisée par l’afflux de migrants et de capitaux en provenance de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie depuis 2022, stimulant la consommation, la création d’entreprises et les flux financiers. La croissance en 2025 a été principalement portée par la construction (+21 % en glissement annuel), les activités financières et d’assurance (+14,7 %) et les TIC (+18,6 %). La consommation, qui représente 81,3 % du PIB, reste par ailleurs le principal moteur de l’activité. Elle est soutenue par des transferts de fonds élevés (6 Mds USD en 2025, dont 65 % en provenance de Russie). Le chômage, bien qu’en recul à 13 % en 2025, reste structurellement élevé.
Les finances publiques demeurent sous contrôle malgré un creusement du déficit budgétaire à 5,5 % du PIB en 2025 (+0,9 point de pourcentage par rapport à 2024). Le ratio de dette publique atteint 49,0 % du PIB en 2025, selon le FMI, qui anticipe une hausse à 50,2 % en 2026. En décembre 2025, le FMI a approuvé un nouveau programme de trois ans (SBA de 175 MUSD), saluant la résilience de l’économie arménienne ainsi que les progrès accomplis en matière de gestion des finances publiques, de politique fiscale et de cadre monétaire. Dans ce contexte, l’OCDE a relevé la classification risque-pays de l’Arménie de 6 à 5 au début de l’année 2026.
2. Une situation monétaire maîtrisée mais des pressions inflationnistes qui persistent
L’inflation annuelle est repartie à la hausse en 2026, atteignant 5,1 % en glissement annuel en juin contre 3,3 % fin 2025. Elle dépasse ainsi la cible de la Banque centrale d’Arménie (BCA), fixée à 3 % ± 1 point de pourcentage. Cette évolution conduit l’institution à maintenir une politique monétaire prudente, avec un taux directeur à 6,5 %.
Le secteur bancaire arménien est solide et bien capitalisé. Le ratio d’adéquation des fonds propres (CAR) s’établit à 20,6 % en février 2026, au-dessus des exigences réglementaires. L’appréciation de la monnaie local, le Dram arménien, a favorisé la dédollarisation de l’économie : la part des dépôts en devises est passée de 43,4 % fin 2022 à 32,3 % en mai 2026, et celle des prêts de 35,0 % à 32,1 %, tout en restant relativement élevée.
Par ailleurs, les réserves de change ont fortement progressé pour atteindre 5,5 Mds USD au 1er avril 2026 (+41 % sur un an), soit 4,1 mois d’importations. Cette hausse résulte de l’accumulation de réserves en devises par la BCA, complétées par les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI.
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