Indicateurs et conjoncture

Situation Economique et Financière de L’Arménie

L’économie est peu diversifiée et repose sur l’exportation de matières premières.

  • En 2017, le PIB s’est élevé à 11,6 Mds$, soit un PIB par habitant d’environ 3 861 $/hab. L’indice de développement humain est de 0,743, plaçant l’Arménie au 84ème rang mondial selon ce critère.
  • L’industrie représente 29% du PIB et l’agriculture – spécialisée dans les produits céréaliers - représente 19% du PIB. L’économie repose largement sur l’exploitation des matières premières : les métaux et les minerais (cuivre, diamants) représentent près de 60% des exportations. De plus, l’Arménie est fortement dépendante des transferts de migrants (15% du PIB en 2017).

Après une année 2017 dynamique, la croissance et le déficit commercial devraient se maintenir en 2018.

  • Contrairement aux prévisions des IFIS et des autorités elles-mêmes, le service national de statistiques a annoncé une croissance du PIB de +7,5% pour 2017. En effet, les IFIs prévoyaient+3,5-3,7% en 2017, tenant pourtant compte d’une révision à la hausse à l’automne. La croissance du PIB avait ralenti à partir de 2014 et s’est établie à 0,2% en 2016. Elle a été plus vigoureuse en 2017 : le PIB a crû de 7% en g.a. au T1 puis de 5,5% en g.a. au T2 et 3,5% au T3. En 2017, la production industrielle a gagné 12,6% et les ventes de détail, 5,5% en g.a. D’après les données préliminaires, le PIB a crû de 9,6% au 1er trimestre 2018 et l’indicateur d’activité économique arménien (proxy du PIB) a augmenté de 9,3% en g.a. sur janvier-juillet 2018. Pour l’année, les prévisions des IFIs sont de +2,9%-3,5%.
  • L’Arménie est fortement dépendante de la Russie, d’où sont venus près de 90% des transferts de migrants sur 2010-2017 et la majeure partie des IDE. En lien avec la crise économique russe, les transferts de migrants ont diminué de 23,5% entre 2014-2015 et de 6% entre 2015-2016. Ils sont ensuite repartis à la hausse, affichant +14,6% en 2017 et +25% en g.a. en février 2018.
  • En 2017 et sur janvier-juillet 2018, les importations ont cru plus vite que les exportations (les exportations ont progressé respectivement de 25,2% puis 17,3% en g.a., tandis que les importations ont augmenté de 27,8%  puis 32,1% en g.a.) portant le déficit commercial à respectivement 1,9 Md$, puis 1,4 Md$. Le FMI estime ainsi un creusement du déficit courant à 3,6% du PIB en 2017. Il a atteint 208,7 M USD au 1er trimestre 2018, soit une hausse de 140% en g.a.
  • Depuis 2015, l’Arménie a rejoint l’Union économique eurasiatique (UEE).
  • L’Arménie a bénéficié d’un programme FMI de facilité élargie de crédit (EFF) d’un montant de 111,6 M$, totalement déboursé depuis juin 2017.
  • Les autorités tentent de limiter l’augmentation de la dette tout en préservant les investissements. La devise est stabilisée, l’inflation est redevenue positive depuis la fin du premier trimestre 2017.
  • Le déficit budgétaire, inférieur à 3% du PIB entre 2011 et 2014, s’était creusé à 4,8% en 2015 puis 5% en 2016. Selon les premières estimations, le déficit budgétaire aurait atteint 4,8% du PIB en 2017 malgré l’activation d’une règle budgétaire (Cf infra). Il s’est établi à 0,1% du PIB au 1er semestre 2018 et devrait atteindre 2,6% du PIB en 2018.
  • En 2016, la dette publique, en atteignant 55% du PIB, avait dépassé le seuil d’activation d’austérité budgétaire. L’effet des projets d’investissements publics sur la croissance économique étant important, les autorités, en accord avec les services du FMI, ont décidé d’augmenter ces derniers de 1% de PIB, ce qui aurait dû porter le déficit 2017 à 3,3% du PIB. La dette publique a poursuivi son augmentation en 2017, à 59% du PIB. La dette publique a augmenté de 8% en g.a. au 1er semestre 2018 à 6,7 Mds USD, soit 56% du PIB.
  • La devise, le dram, est globalement stable depuis le début 2015. Elle s’était dépréciée face au dollar en 2014 (-16%) consécutivement au rouble. La Banque centrale a partiellement reconstitué ses réserves de change, qui avaient fortement baissé fin 2014. Au 1er mai 2018, elles s’élevaient à 2 Mds USD – en hausse de 1,3% en g.a. couvrant environ 5 mois d’importations.
  • L’Arménie déploie une politique monétaire de ciblage de l’inflation (4% +/- 1,5 point), des interventions stabilisatrices sur le marché des changes persistant ponctuellement. L’inflation est cependant sortie de ce corridor en octobre 2015, et s’est trouvé en territoire négatif de décembre 2015 à mars 2017. Ainsi, en 2016, l’inflation moyenne a été de -1,4%, contre 3,8% en 2015. L’inflation, repassée en territoire positif en avril 2017 pour la première fois depuis fin 2015, a augmenté, au 1er semestre 2018 de 2,4% en g.a. par rapport au 1er semestre 2017. Le taux directeur, rabaissé de 10,25% en octobre 2015 à 6% en février 2017, est resté inchangé depuis.
  • Le secteur bancaire, qui a relativement bien résisté à la crise, demeure solide mais très dollarisé. La supervision renforcée et la taille du marché limitée poussent les banques à la consolidation.
  • Début 2018, le secteur bancaire est constitué de 17 établissements, dont quatre détiennent près de la moitié de l’actif. Il demeure de faible dimension : le taux de pénétration (crédits) ne s’élevait qu’à 45,8% du PIB en 2016.
  • Fin 2017, la dollarisation des dépôts était supérieure à 60% et celle des crédits à 44%.
  • Les actifs du secteur bancaire ont augmenté de 9,3% en 2017, à 7,5 Mds€. Le portefeuille de crédits a affiché une hausse de 10,2% en g.a. fin 2017. Les créances douteuses sont relativement faibles (5,5% du portefeuille fin décembre 2017). De plus, le ratio d’adéquation des fonds propres (18,6% fin 2017) excède les 12% réglementaires. La plupart des banques arméniennes se sont mises en conformité avec la multiplication par 6 des exigences de fonds propres minimum (entrée en vigueur début 2017).

Le climat des affaires, insuffisamment favorable, représente un obstacle à la hausse des investissements. Des réformes structurelles sont inévitables.

  • Dans le Ease of Doing Business 2018, l’Arménie est 47ème (elle était 38ème dans l’édition précédente). Le rapport 2017 du World Economic Forum a quant à lui classé l’Arménie 73ème. Par ailleurs, l’Arménie s’est classée 107ème (sur 168) pour l’indice de perception de la corruption de Transparency International (+6 positions par rapport à 2016). Les IFIs rapportent que le climat d’investissement s’est dégradé dans plusieurs domaines, la crise ayant également entraîné une hausse du niveau de pauvreté.
  • En 2017, les investissements étrangers dans l’économie arménienne ont enregistré une baisse de 16% s’élevant à 227,5 M $. Au 1er semestre 2018 ils ont augmenté de 12,7% par rapport au S1 2017, et sont principalement le fait de la Russie, l’Allemagne et Chypre.

maj sept 2018

Publié le