Commerce extérieur de l'Albanie en 2019

Le volume des échanges commerciaux de l’Albanie continue de croître en 2019, mais le solde commercial du pays demeure structurellement déficitaire. Les exportations de biens enregistrent une légère baisse de ‑0,3 % en 2019, pour s’établir à 2,4 Mds EUR, tandis que les importations enregistrent une progression de +4,8 %, à 5,3 Mds EUR. Le déficit commercial des biens se dégrade de +9,6 % en 2019, à 2,9 Mds EUR, soit 20,5 % du PIB. L’Albanie importe principalement des machines et appareils mécaniques ou électriques, des combustibles minéraux et des véhicules. Avec un indice de complexité économique de ‑0,29, l’économie albanaise demeure peu diversifiée ;  les exportations albanaises se concentrent autour des produits de l’habillement : les produits du textile et du cuir représentent 40,0 % des exportations albanaises en 2019. L’Italie demeure le principal partenaire commercial de l’Albanie, absorbant 47,9 % de ses exportations et représentant 25,3 % de ses importations.

1/ L’important déficit commercial sur les marchandises de l’Albanie est à l’origine d’un déficit courant

Le déficit commercial des biens de l’Albanie, structurellement important, s’accroît en 2019 pour atteindre 2,9 Mds EUR, soit 20,5 % du PIB.  Ce déficit commercial s’était pourtant réduit de 1,5 % en 2018, grâce à une forte hausse des exportations (+19,5 %).

L’accroissement du déficit commercial s’explique par la légère baisse des exportations de biens (‑0,3 %) et par la progression des importations (+4,8 %). Les exportations et importations de l’Albanie représentent respectivement 17,4 % et 37,9 % du PIB du pays en 2019, avec un taux de couverture de 46,0 %.

Le déficit de la balance commerciale des biens est à l’origine d’un déficit courant estimé à ‑6,2 % du PIB en 2019. L’important déficit de la balance commerciale des biens est partiellement compensé par :

  • d’importantes remises de la diaspora, estimées à 9,7% du PIB en 2018[1] par la Banque Mondiale,
  • le dynamisme des exportations nettes de services du pays (au premier rang desquelles le tourisme), de l’ordre de 9,3 % du PIB en 2019 selon le FMI,
  • les flux d’IDE entrants, de l’ordre de 7,5 % du PIB en 2019 selon le FMI.

Membre de l’Accord de libre-échange centre-européen (ALECE), l’Albanie a également conclu un accord d’association et de stabilisation avec l’UE, des accords de libre-échange avec la Turquie, les Etats-Unis et l’Association européenne de libre-échange (AELE), ainsi que plusieurs accords bilatéraux de coopération économique et commerciale. Le 26 mars 2020, le Conseil européen a donné son aval au principe d’ouverture des négociations d’adhésion de l’Albanie à l’UE.

2/ Peu diversifiées, les exportations albanaises se concentrent autour des produits du textile, du cuir et des minéraux

Souffrant d’une base de production étroite, l’Albanie importe l’essentiel de ses besoins, notamment en biens d’équipement. La composition de ses importations demeure relativement stable. L’Albanie importe tout d’abord des machines et appareils mécaniques ou électriques (14,4 %), des combustibles minéraux (11,3 %), et des véhicules autres que ferroviaires (6,9 %). Aux 5e et 6e postes des importations albanaises, on trouve le fer et l’acier (4,0 %), puis les produits pharmaceutiques (3,7%).

Avec un indice de complexité économique de ‑0,29[1], l’économie albanaise demeure peu diversifiée ; les exportations albanaises se concentrent autour des produits de l’habillement : le textile (20,3 %), les chaussures (18,8 %) et autres cuirs (0,8 %) représentent à eux seuls 40,0 % du total des exportations albanaises en 2019.

Au deuxième poste des exportations albanaises, on trouve les produits minéraux (16,9 %) : il s’agit de combustibles minéraux (11,2 %), de minerais (3,0 %) et autres sels et soufres (2,7 %). L’Albanie exporte également du fer et de l’acier (8,5 %).

3/ L’Italie demeure le principal partenaire commercial de l’Albanie

Les pays de l’Union européenne absorbent la grande majorité des exportations albanaises (76,3 %).. Malgré des échanges en baisse, l’Italie reste de loin le premier client de l’Albanie en 2019, recevant 47,9 % des exportations albanaises, principalement composées de chaussures (33,6%) et de produits textiles (30,0%). L’Italie reste le premier fournisseur de l’Albanie, à l’origine de 25,3% des importations albanaises. Les importations albanaises en provenance d’Italie se composent principalement de machines et équipements mécaniques ou électriques (14,9%), et de cuirs et peaux bruts (8,2%). Représentant respectivement 8,4 % et 7,2 % des importations albanaises en 2019, la Grèce et l’Allemagne sont également des partenaires commerciaux importants. La France est le 10e client de l’Albanie, et représente 1,5% de ses exportations, en hausse de +8,7 M EUR. La France est le 8e fournisseur du pays, à l’origine de 2,0 % des importations albanaises, en hausse de +5,0 M EUR en 2019.

Les exportations vers les pays membres de l’ALECE représentent quant à elles 17,2 % du total des exportations albanaises en 2019. Le Kosovo demeure la deuxième destination des ventes albanaises, avec 10,0 % de ses exportations, et l’Espagne la troisième, avec 8,0% de parts de marché.

La Turquie est le deuxième fournisseur de l’Albanie (9,5 %).La Chine s’installe pour la seconde année consécutive au 3e rang des fournisseurs du pays (9,2 %), avec des importations en provenance de Chine en hausse de +11,0 % en 2019. La Chine passe également du 8e au 7e rang des clients de l’Albanie, absorbant en 2019 2,1% des exportations albanaises.

Commerce extérieur de l’Albanie, M EUR :

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Source : Douanes albanaises

Principaux clients de l’Albanie, en % des exportations totales :

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Source : Douanes albanaises

Principaux fournisseurs de l’Albanie, en % des importations totales :

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Source : Douanes albanaises

Principaux postes d’exportations et d’importations :

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Source : Douanes albanaises



[1] Selon l’Atlas of economic complexity du Growth Lab de l’université d’Harvard. L’indice de complexité économique (ICE) mesure la diversité et la complexité des exportations d’un pays. Plus la structure des exportations d’un pays est complexe, plus son ICE est élevé. A titre de comparaison, la France avait en 2017 le 16e indice de complexité économique le plus élevé au monde, à 1,60.

 


[1] Selon le FMI, le montant des remises des travailleurs de la diaspora s’élevait à 5,2 % du PIB en 2018, et à 5,1 % en 2019.

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