Le commerce extérieur de la Bolivie connait une récupération en 2017, avec une hausse des échanges commerciaux de +9,7% (17,3 Md USD), mais il se situe encore nettement en retrait par rapport à la période 2013 - 2014. Le déficit commercial se creuse légèrement de 15 M USD, à hauteur de -1,3 Md USD, soit le niveau le plus élevé au XXIème siècle. Ceci malgré un dynamisme plus fort des exportations (+10,5 % ) que des importations (9,1%), ces dernières ayant cru davantage en valeur absolue. La hausse des cours des matières premières en 2017 explique en grande partie la meilleure performance des exportations en 2017. Les ventes de gaz naturel au Brésil et à l’Argentine représentent 33 % du total. Il s’agit toutefois d’une part moindre que les années précédentes alors que la contribution du secteur minier aux exportations est en augmentation et atteint 28 % du total. Les importations ont connu une augmentation en raison d’une demande intérieure vigoureuse et du maintien d’une croissance économique soutenue du pays.

 

1) Les échanges commerciaux progressent en 2017 mais se situent encore nettement en deçà du niveau des années 2012 - 2014

Après deux ans de repli, les échanges commerciaux (exportations + importations) de la Bolivie s’élèvent  à 17,3 Md USD, soit une hausse de 9,7 % par rapport à 2016 (Cf annexe). Il s’agit néanmoins, hormis l’année 2016, du niveau le plus bas des échanges depuis 2012. La hausse de 2017 s’explique principalement par l’évolution favorable des prix des matières premières, notamment du pétrole (sur lequel le prix du gaz exporté est indexé) ainsi que par la forte reprise du commerce bilatéral avec l’Argentine (+40,4%), deuxième partenaire commercial de la Bolivie (2,4 Md USD ; 13,9% des échanges en 2017).

Cependant le déficit commercial de la Bolivie se maintient à -1,3 Md USD (léger creusement de 15 M USD), soit la troisième année de déficit consécutif alors que le pays avait enregistré des excédents entre 2007 et 2014 (+2,3 Md USD en 2014 et un pic de + 3,4 Md USD en 2012). Le taux de couverture des importations par les exportations reste stable à 86% contre 85% en 2016.

 

2) La relative récupération des exportations est due aux résultats du gaz naturel et plus encore des produits miniers

a) Les exportations ont atteint un niveau de 8,0 Md USD, en hausse de 10,5% par rapport à 2016. Une part de 32,9% (soit 2,6 Md USD) des exportations provient des hydrocarbures - dont 98% de gaz naturel à destination du Brésil et de l’Argentine. Cette part est en hausse de 9,6 points par rapport à 2016 mais reste nettement inférieure à celle de plus de 40% enregistrée aux débuts de la décennie 2010 (49% en 2013). Les exportations d’hydrocarbures connaissent ainsi une hausse de 23,9% en valeur (+25,6% pour le gaz), en raison de la hausse du prix du gaz bolivien (indexé sur l’indice pétrolier WTI).

Les exportations de produits miniers progressent fortement avec une hausse de 28,2 % (2,3 Md USD) et une part importante du totale des exportations (28,3 %) qui se situe ainsi à un niveau proche des exportations de gaz. Parmi les minerais exportés, le zinc représente 16,9% du total des exportations (hausse de 36,9% avec 1,4 Md USD, l’argent (part de 7%) connaît, en revanche, une baisse de 10,7% (558,1M USD). On relève également la bonne performance de l’or métallique (12,9% des exportations, +38,6%, soit 1 Md USD).

En revanche, les exportations de soja et ses produits dérivés (568 M USD) connaissent une forte chute (-33,7%) et réduisent leur part dans les exportations de 11,8% en 2016 à 7,1% en 2017.

 b) En ce qui concerne les pays clients de la Bolivie, le Brésil (18,1% du total des exportations soit 1,4 Mds USD ; +5,7%) conserve sa première position, suivi de l’Argentine (15,4% soit 1,2 Md USD +52,4%) qui récupère sa deuxième position. Les hausses observées pour le Brésil et surtout l’Argentine s’expliquent par l’importance des contrats gaziers avec ces pays[1]. La Corée du sud[2] (7,6% soit 609,9 M USD ; +58,1%) vient en 3ème position (98 % des produits exportés vers ce pays sont miniers - zinc, argent et plomb) et se classe même comme le premier pays d’exportation hors gaz naturel. Les exportations aux Etats-Unis (7,3% soit 582,3 M USD ; -39,6%) sont marquées par 2 années de baisse, puis vient le Japon (7,1% soit 567,7 M USD ; +36%). La France, reste le 25ème client, représente 0,23% des exportations boliviennes[3], soit une baisse prononcée de 4,5 M USD pour atteindre 18,5 M USD en 2017 (-19,3%)[4].

 

3) Une hausse des importations sur quasiment tous les postes

 a) Composées à 98,4% de produits manufacturés, les importations boliviennes atteignent 9,3 Mds USD en 2017 soit une hausse de 9,1%. Par secteurs, quasiment tous les postes et sous-postes ont progressé en 2017, ce qui témoigne d’une reprise de la demande interne.

 Parmi les principales importations industrielles, on relève les machines et équipement électrique (18% soit 1,7 Md USD ; +25,5%) ; substances et produits chimiques (14,1% soit 1,3 Md USD ; +9,1%) ; automobiles (12,1% soit 1,1 Md USD ; +3,5%) et coke et raffinés de pétrole (10,1% soit 936,5 M USD ; +17,5%).

 Les grandes catégories de produits importés sont principalement des fournitures industrielles (29,8% soit 2,8 Md USD ; +6,2%) et des biens d’équipements (23,5% soit 2,2 Md USD ; +15,3%). Puis le matériel de transport (16,4% soit 1,5 Md USD ; +2%) et les autres biens de consommation (13% soit 1,2 Md USD ; +8,5%) ; enfin les combustibles (9,9% soit 917,4 M USD ; +20,7%) et les produits alimentaires et boissons (7,3% soit 678,4 M USD ; +7%).

 L’augmentation du déficit commercial a encouragé le gouvernement à promouvoir une substitution sélective des importations dont les résultats commençaient à se voir en 2016. Malgré tout, les importations ont continué d’augmenter en 2017 et le déficit s’est maintenu. Une des raisons de cette situation est que les importations sont facilitées par le taux de change fixe qui surévalue la monnaie et les rend moins chères.

 b) Les principaux fournisseurs de la Bolivie sont la Chine (21,8% soit 2 Md USD ; +19,5%), le Brésil (16,8% soit 1,6 Md USD ; +4,3%), l’Argentine (12,5% soit 1,2 Md USD ; +29,6%), les Etats-Unis (7,9% soit 737,1 M USD ; -11,2%) et le Pérou (6,6% soit 609,4 M USD ; +3,4%). La France, 17ème fournisseur, représente quant à elle 1% des importations boliviennes, soit 94,8 M USD[5] (-41,3% par rapport à 2016) un effondrement de 6 positions.

 

4) Des échanges extérieurs toujours très dépendants du contexte régional

Pays géographiquement enclavé, les échanges commerciaux de la Bolivie demeurent concentrés sur l’Amérique du sud : parmi les 10 premiers partenaires commerciaux du pays, 5 sont issus de la région (Brésil, Argentine, Pérou, Colombie et Chili) et représentent 42,4% du total des échanges en 2017 (part quasiment équivalente à celle de 2016).

Cette forte concentration des échanges extérieurs rend la Bolivie dépendante de la conjoncture régionale. Alors que les contractions du Brésil et de l’Argentine en 2016 ont pesé lourdement sur les échanges (exportations surtout), la reprise d’une croissance dans ces deux pays clé en 2017 (+1% et +2,9% respectivement) a tiré la reprise des exportations boliviennes.

La dépendance de la Bolivie envers la Chine s’est accrue ces dernières années mais, en 2017, sa part de marché (14,15%) est restée stable par rapport à 2016 (+0.2 p.p) avec un fort excèdent commercial en faveur de l’empire du Milieu de 1,63 Md USD qui plombe la balance commerciale de la Bolivie.

La France est le 23ème partenaire commercial de la Bolivie (en recul de 7 places): avec un volume total de 113,4 M USD, elle représente 0,65% des échanges, en baisse de 39,5% par rapport à 2016. Elle est le 8ème partenaire européen, et 7ème de l’UE de la Bolivie. On remarque le faible poids de l’UE dans le commerce extérieur bolivien : les 7 premiers partenaires communautaires de la Bolivie ne représentent que 8,5% de ses échanges[6].



[1] En 2017, 96% des exportations boliviennes vers le Brésil et vers l’Argentine sont issues des ventes de gaz naturel.

[2] Hors exportations de gaz, la Corée est le premier client de la Bolivie, jusqu’à 2016 c’était les États-Unis.

[3] Chiffres préliminaires de 2017 actualisés en septembre 2018. Les réexportations et effets personnels n’ont pas été inclus dans le total des exportations.

[4] Les statistiques boliviennes font apparaitre un excédent en faveur de la France dans notre commerce bilatéral alors que les douanes françaises affichent le résultat inverse : ces divergences statistiques ne sont toutefois pas inhabituelles (comptabilisation FOB vs CIF).

 [5] Idem.

[6] Chiffres préliminaires de 2017 actualisés en septembre 2018. Les réexportations et effets personnels n’ont pas été inclus dans le total des exportations.